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voulu animer des
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que le sommaire de la
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Poésie de Jean-Michel GUYOT
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Jean-Michel GUYOT publie chez Le chasseur abstrait "À voix presque nue" précédé de "Un cri dans la nuit", récit - collection L’imaginable.

 

L’impuissance de toute littérature, le dégoût qu’elle inspire, et dans le même temps la nécessité d’écrire et de travailler, voilà l’arc bandé par Georges Bataille et quelques autres.

Entre tous, Bataille aura permis de décocher quelques flèches vénéneuses qui ont volé loin.

Elles n’ont pas encore touché leur cible. Elles vibrent dans la solitude des œuvres.

Mais les œuvres, qui s’en soucie ?

J’aurai écrit pour rejoindre les autres, avec souvent l’espoir de changer un peu la donne, avec l’ambition de dévier le malheur vers des eaux plus claires.

Je n’y suis pas entièrement parvenu.

Le malheur est coriace. Il est vrai qu’il a de nombreux alliés et qu’il sait trouver des appuis jusque chez ceux et celles qu’il tourmente…

Restent - subsistent ? - alors des textes, nombreux, très nombreux, comme des graines de bonheur pas encore germées que je dissémine au hasard de ma vie.

Pas seulement.

Mes textes - c’est tout ce que je leur souhaite - ne sont pas que des traces laissées dans la neige ou la boue, ce sont avant tout des signes d’amitié lancé à l’inconnu sans ami, mais - c’est pure merveille - de signe en signe, ce n’est pas un nouvel amour qui est né dans l’écheveau du temps, mais un amour nouveau, et c’est bien ainsi.

 

Jean-Michel GUYOT publie chez Le chasseur abstrait :

 Quelque part entre vivre et écrire - Prix Chasseur d’essais 2011.
 À voix presque nue précédé de Un cri dans la nuit

En ligne dans la RAL,M :

jean-michel-guyot.ral-m.com

- D'hier et d'aujourd'hui
Si nécessité faisait loi, c’est peut-être ton corps tout entier que j’habiterais, par intermittence à tout le moins car je ne cesse depuis la nuit des  [...]

- Sur la lande
Plane une brume sur le vélin vierge
Dans l’encre sympathique, j’ai trempé ma plume d’or
Ah tes larmes étaient brûlantes encore
Au moment d’écrire  [...]

- Tournoi
A Michel Guyot
Prends le temps de tourner les mots qui tournent en toi.
Jamais tu ne sais à l’avance la tournure que prendra ce jeu, ce tournoi  [...]

- Allez au diable !
Dans la nuit cruelle
Je cherche la louve qui apaisera ma faim
Et lente, si lente la descente en ses lieux
Et fourbes les dieux d’hier,  [...]

- Comme sur un terrain vague
Ah l’étrange figure que voilà ! Cette femme parmi les femmes n’incarne en rien la gente féminine, ne symbolise rien, n’est d’aucune part un fétiche,  [...]

- L'écheveau du temps
Pour Emmanuelle
Si « rien ne remplace le vécu », alors que reste-t-il une fois que tout a été vécu ?
Mais, dis-tu, « le vécu » n’est pas ce qui  [...]

- Midgard
J’aimerais être ce dieu
D’une pichenette faire rouler le rocher millénaire
Aborder la vie enfin
En solitaire
Averti
Du haut de
Dans les  [...]

- A une musique
Ici et là fait tout le sel d’un lieu exorbitant absolument visible
Depuis qu’à la mer retirée un temple fut élevé de joncs et de sphaignes
Eaux  [...]

- Kreuzberg
Voicique le ciel se voile ce soir
A tâtons, les doigts cherchent la main amie
La main agrippe les draps frais de la couche fleurie,
Odeurs  [...]

- Le ravin de Valbois
Qu’y puis-je si une chappe d’azur constamment allège mes vers ?
Le bleu des fleurs a mon assentiment.
A la mort me lie toujours une anecdote ou  [...]

- Débâcle
Oh que j’aime entendre deux glaçons s’entrechoquer quand je secoue le verre rempli de ce whiskey tourbé que j’adore !
C’est un crime, je sais, que ce  [...]

- Dans le sillage
Dans le sillage herbu, je n’ai vu qu’herbes folles foulées à la hâte mais avec une grande régularité, aucune herbe n’ayant été épargnée par le massif  [...]

- Une diva
La belle en pâmoison goûte la fleur exquise de sa mise, trouve dans les cordes la force de se tenir droite dans une posture de diva inaccessible.  [...]

- Entre terre et ciel
Entre terre et ciel, jamais l’inverse,
Aulnes et châtaigniers
Tellement que le ciel se penche sur la terre
Pour y chercher l’ombre,  [...]

- D'un miel à l'autre
Muse indésirable
Nue follement pourtant
Avide de rhétorique
Dans tes plis, je me glisse
Sourdement
J’entends l’orage qui gronde
A l’horizon  [...]

- Am Runengestein
J’irai par les temps qui courent en moi
Couvent sous la neige ardente
Cheminent sous le givre
Caressent la fine couche de glace de l’aube  [...]

- Flèches et carquois
Le long de tes reins me promène
Douces frontières flexibles
Souples à en mourir
Et fluviale ton échine
Qui emmène ma main jusqu’à l’oasis de  [...]

- Le petit étang
La courtoisie de tes pas de feu
La sagesse des neiges tombées dans la nuit
La brosse à reluire de l’aube, lumière mesquine
Pour qui grelotte de  [...]

- Vents tournants
Non, ce n’est pas nous,
Mais c’est tout un
Dans le tout qui flue et reflue
S’impose par son absence-présence,
Sa mouvance de vagues,
Ses  [...]

- Un combat invisible
Begonnen hat der Zauber heute morgen, ich weiß nicht warum... aber mir war danach vorab noch zu räuchern... und die Hexenhöhle für alle Wesenheiten  [...]

- Cantilène d'hiver
Les temps dans lesquels tu consens à vivre ne sont qu’écran de fumée, pollution vieille de plusieurs millénaires qui stagne dans l’air, un air ancien  [...]


- Nuit de glace
Dans la nuit noire
Le feu courtois
Ne déchire pas les ténèbres,
Fait danser des ombres plutôt,
Lambeaux de nuit
Le feu à la nuit voué,
Par  [...]

- A l'écoute de Wardruna
Pures ou éraillées, travaillées ou naturelles, mâles, femelles ou enfantines, les voix affirment, disent une intention.
Le chant en impose,  [...]

- Beauté
Ne convoque pas la beauté
Ni ne la provoque
Laisse-la venir à toi
Quand bon lui semble
Cette nuit, elle est venue
Comme si elle veillait sur  [...]

- In ObhutFreyjas
Es gabharte, schlimme, Zeiten, gradanfangs in ObhutFreyjas... die mir mehrabverlangthatalsichdachteertragenzukönnen. Auch  [...]

- La petite fiole
Et bouillonne le brouillon d’indécences,
Ce brouet
Dans les limbes encore
Tes jarrets
La beauté de tes jambes éclate au grand jour
Un homme  [...]

- Tout sourire
Dessus le pont se lève le vent
Pour ta gouverne
Le vent du Nord, plein d’aspérités,
Ne renverse rien que les voiles qui se rengorgent
Plus  [...]

- Elds ok isa
Germano-polonaise
Ou autre, comme il vous plaira, amis géographes,
Insignifiante la plaine,
Et vide de conquête
Par la force exercée, rompue,  [...]

- De plume et de vent
Dans la paume de tes mains
Tes seins rougis
Et malaxés, triturés
Par tes soins
En prélude aux orages bondissants
Qui sourdent en ton fond  [...]


- Nord
La seule façon de lui rendre hommage, c’est encore de le rompre, en cela il peut être dit l’ami du pain béni ou non, tel serait le silence qui, lui,  [...]

- Nocturne
Du sein l’hors
Hormis le sens appauvri
Dans le cœur des étincelles
Vastes ailes nocturnes battent en rythmes
La chamade anonyme
J’irai par  [...]

- Enfances
De songe en songe, nuit après nuit, il devenait cette ombre gracile posée sur l’herbe fraîche.
Il avait bien tenté, enfant, d’en éloigner la  [...]

- Elixir
Je suis l’élixir d’éloquence
Qui s’insinue dans tes cris
De tes cris, la musique prend l’essor
Qui bat dans les lames de ton cœur océanique
Le  [...]

- Elfique, delphique
Mais de quel animal serais-tu le totem, si, de toi, j’explorais tous les bonds, tous les cris pour ainsi dire à l’infini ?
De loin encore,  [...]

- Tout sourire
Dessus le pont se lève le vent
Pour ta gouverne
Le vent du Nord, plein d’aspérités,
Ne renverse rien que les voiles qui se rengorgent
Plus  [...]

- A pas de loup
Hors cadre préétabli,
Hors champ tout autant,
Les empreintes de la louve dans la neige fraîche
Fugace allure de qui a épousé la force du vent,  [...]

- Axiale
Axiale, je la dirais,
La tentation qui nous anime,
N’étaient les méandres qu’elle dessine,
Les lignes qu’elle déplace,
Les paysages qu’elle  [...]

- Norvège
Enfant, enfant dans l’école des mots
Sans dieu, sans maître, sans boussole
Sans le sein, sans le giron, seul dans le grand jardin
Epiaison sans  [...]

- La voix
J’adore ta voix.
Serais-je amoureuse ?
La voix te rend-elle amoureuse ou bien aimes-tu ma voix parce que tu es amoureuse ?
Tranchons là ! Tu  [...]

- Passages
Ce qui,
Hors parole
Mais non hors-champ,
Relève du poème
Assurant pour ainsi dire sa relève
Le soulevant de terre
Telleune jeune pousse  [...]

- A l'église
En passer par le feu
Dans la béance amère du souffle
Et cracher, vitupérer
Tempêter vainement contre la porte fermée
Tambouriner encore et encore  [...]

- Cheval fou
Cheval piaffe dans l’estomac
Lourdement s’abat
Dans l’humide voisinage
Bruits sourds montent de la terre
Comme si le sol trépignait le ciel  [...]

- Dans le miel de tes yeux
Dans le miel de tes yeux,
Je plonge
Pupilles brillantes
Souffle long, profond,
Comme tourné vers l’intérieur de ta mise
Pas de pose, pas de  [...]

- Mauvaise volonté
Il y a ceux qui
Et ceux qui pas
Ne veulent pas, ne peuvent pas ?
Ne peuvent-veulent pas,
Veulerie ?
Vouloir à partir et d’après ce que  [...]

- Dun poème à l'autre
Le poème est plus grand que nous
Serait plus grand
N’était la vie absorbante dont il provient
Sans y revenir
Le poème fait retour néanmoins
Ce  [...]

- L'eau de feu
Envolées les vestales
Disparus les forgerons
Mais où donc est passé le feu ?
Il erre en toi
*
La pureté de l’eau, oui, j’y souscris,
Y croire  [...]

- Islande
Le mutisme du voyageur confié à ses seuls carnets de voyage qu’il n’écrit pas faute de temps, faute de conviction.
Un babil viendra bien assez  [...]

- Baldr
A deux pas de la mer violacée,
Assise en tailleur, dos au soleil couchant,
Dans ma main le sable
Dans mes cheveux en bataille
La brise marine  [...]

- Du miel sur tes lèvres
De prouesses tant et tant
Tant et si bien
A en frémir
D’aise ou d’effroi
Va savoir
*
Un murmure
Dans le vide spacieux résonne comme jamais  [...]

- Des rives
Et ronde enfin la lune
Le paysage s’estompe devant la route abrupte
Pas le temps de flirter avec les effluves
Tout au plus savourer les  [...]

- Blanche écume
J’aborde aux rives heureuses.
Se fait jour une certaine perfection formelle patiemment désirée.
Terre, terre ! lance la vigie.
Mais ce n’est  [...]

- Brittania
Comme aux premiers jours, je parais nu devant toi.
Ma puissance est telle qu’elle lèche tes rives, en berce les arrêtes trop vives, en sape  [...]

- Lupa
Et si le vent, dans sa noirceur abyssale, effaçait les étoiles nombreuses ?
Un rayon de lune caresse ce soir les roches bleutées qui se  [...]

- Wardruna
Je ne l’oubliais pas, le monde est fondé sur lui-même, et seule la terre est l’assise des dieux. De là encore le sentiment si lourd de ma  [...]

- Méli-mélo
Si d’aventure je disais tout ce que je pense, ma pensée excèderait la pensée, ce serait le comble de l’horreur, car loin de penser le tout, loin de  [...]

- Tes seins
Ce en quoi, par quoi même, ta vie ne saurait se résumer, se déploie plutôt, dans la discrétion bondissante, tes seins de neige que mes mots abordent  [...]

- Le soir venu
Les ciseaux de tes jambes nues avaientfière allure dans les hautes herbes.
C’est ce que tu m’as dit la nuit même de notre rencontre.
Tu fendais  [...]

- Maudites échelles
Sur une vaste, trop vaste surface poudreuse aux coloris indistincts, miroitants, ternes à en pleurer à certains instants, joyeusement lumineux à  [...]

- Dans l'extrême
Dans la retenue d’abord que l’affût précéda d’un fil
Ta conscience vive fait des nœuds que ton âme embrouille
Ce que tu appelles ton âme, ces herbes  [...]

- Le moment venu
Peu d’images dans ta besace tiennent la route, vieux poète fourbu.
Tu laisses à ta jeunesse le soin de renouveler ton fourniment.
Quelques  [...]

- Vita nuova
Des excuses seraient malvenues. Je crois bien que le temps est venu d’oublier jusqu’à ton nom.
Cette longue phrase gravée dans la pierre avait  [...]

- Solaire
L’ombre de tes bottes posées sur le pas de porte indiquait l’heure aussi sûrement qu’une horloge solaire.
Discrétion et direction confondues dans un  [...]

- De la main à la bouche
Encore serait-ce comme ces mots qui se prennent pour des herbes folles
Arrimées aux terres humides
Elles n’ont pas leur place ici, purs  [...]

- Liberté
L’écrin est de velours, le cocon ouaté à souhait.
Tu tisses une toile légère et si fine, et presque invisible, je n’y échappe pas plus qu’elle ne  [...]

- Bondissante
Qui suis-je ? Voilà une question qui restera sans réponse.
Qui suis-je pour t’aimer comme je le fais ? en est le corollaire obligé qui attend sa  [...]

- Tournant du temps
A l’aube, assis en tailleur dans les sphaignes, devant ma tente, j’ai bu le lait chaud, les yeux rivés sur les eaux noires du petit étang.
Hier  [...]

- Arborescente
Du poème la présence fébrile,
Et sans exemple
Et tard à venir le passé inachevé
L’écorce du déjà protège le tronc en fusion
Des racines montent  [...]

- D'aube et de vents
Pincée de sel sur tes seins
Envol
La bouche gourmande se repaît
Il faut dire sa délicatesse insigne
La ferveur des mots obscurs qui s’en  [...]

- Gebo
An Helga Feruna Angerer, germanische Schamanin
Elle était de pluie. Fine, obtuse, insinuante.
Elle se frayait un chemin multiple au travers  [...]

- Ingrid
Un arc-en-ciel, cette femme nimbée de mystère ? Aussi cristalline que la plus pure des eaux de roche, aussi troublante qu’une caresse, véritable  [...]

- Parole d'homme
Depuis que le monde est monde
Depuis quand ?
Depuis que les hommes font ce qu’ils font,
Ainsi font, font…
Fontaine sans fond,
Sang, larmes  [...]

-
Là est le lieu, le dit aussi bien, le dédiant à la pure présence indécise, raturant l’ici et l’ailleurs.
Fugace dédicace, tant la lourdeur échappe, non  [...]

- Le poème
Entêtante, la solennité du murmure,
Et délicieuse et féconde
Dans mon âge mûr, un vieil homme me reprocha d’écrire des poèmes juvéniles
A l’éros  [...]

- Amante
Il est des accords inouïs. Dès qu’entendus, ils sombrent dans la masse informe de la culture admise ou restent en attente de perception.
La seule  [...]

- Comme par avance
Oui
Oui oui
Mais oui
Si
Si si
Mais si
Etc…
Je t’assure
*
Bannière qui claque au vent plutôt que girouette qui grince sur son axe, tel je  [...]

- Courbes sur courbes
Souplesse des lignes félines.
Encore est-ce peu dire, tant, quand elle se love, la courbure de ses reins fait signe vers le point de rupture qui  [...]

- Les neiges
Les neiges avaient duré. Un vrai bonheur au-delà de toute espérance.
Il avait fallu l’apprivoiser, cette masse blanche devenue si dure.
La nuit  [...]

- Le feu sacré
Nombreuses
Les flammes dans le bain de feu
Foyer improvisé dans la tente nomade
Feu voyageur fixe le regard sur les flammes agiles
Jaunes  [...]

- On Green Dolphin Street
En marge des mots, hors d’eux,
Se pencher sur le puits pour y chercher les souvenirs
Ourdis par un passé lointain
Les figures dansent dans  [...]

- Un bonheur
Du vivifiant a jailli l’insolite figure d’une femme sans visage
Comme née des flammes
La chair n’est pas hiératique
Nous ne voyons pas là un  [...]

- Draumstafir
Une semaine a passé, et déjà j’ai pris mes distances.
C’est terrible, cette distance qui me prend, je ne la contrôle pas, pas plus que je ne maîtrise  [...]

- Merci à toi, Jens
Te voilà donc planté là, Algiz.
Le Doubs te regarde le regarder. Par temps de crue, ta base baigne dans les eaux sombres.
De dos, je te vois,  [...]

- Les flots bleus
Deux fils tendus au-dessus du non-sens, l’un reste muet, l’autre aboie.
Un danseur approche.
Laine virginale, mauve un peu le soir venu,
 [...]

- Au premier rang
L’apparition nocturne - de minuscules lucioles bleues azur dansant au plafond baigné dans un rayon de lune -cessa le jour où tu te mis en tête de  [...]

- De dieux choses l'une
Une parole, ainsi, demeure à l’écart
Parole de l’écart qui n’écarte pas,
Ecartèle plutôt le vide qui s’y risque
Ne demeure que le souffle du matin  [...]

- Eihwaz
Blanche écume
Tu aveugles qui ne plonge pas en toi
Dans le sillage aveuglant, j’ai vu ton visage souriant
Singulière invite à sortir de moi  [...]

- Jouissance
Le chant
Le chant perçant de Persée
Dans Danaé
Pluie d’or !
Et léger le corps,
Le corps de plomb en fusion
Qui te pousse dans le ventre,  [...]

- Oui
A tes yeux de mer,
Je dis oui,
Cette grisaille inquiète dans la solitude houleuse
Perdue dans l’immensité amicale de tes rires
A la voilure  [...]

- Babil
Et reflue le temps
Par où séjourne le dicible
Retour, retour au départ qui divise
Horizon émietté, renfort d’oubli
Ta langue revient,
Tourne  [...]

- Imke
L’infini des possibles m’importe peu, quand bien même je saurais les envisager tous. M’emporte plutôt un élan contraire, né sans doute d’une  [...]

- Ajournement
Dans l’ajour
Hors-jeu l’attente
Ajourné le jeu des lampes et des tempêtes
A la mollesse de ton époque
Oppose le fer de lance de ta patience  [...]

- A tort ou à raison
Les secrets les plus hauts s‘y laissent concevoir,
Et l’on sait tout chez moi, hors ce qu’il faut savoir.
Molière, Les Femme savantes, Acte II,  [...]

- Evidence
A la longue qui n’est pas la fin ni la longe du chien si longue soit-elle, à la longue se fait jour dans le jour quelque chose de plus précieux  [...]

- L'orange et l'oronge
Complètement stoned, j’ai voyagé dans la peau d’un ange.
Je n’étais plus que poussière au vent.
Oh pas de grandes ailes déployées, restons calmes !  [...]

- Solstice d'hiver
L’idée en boule, buisson plus ou moins ardent, nid d’épines que la pensée féconde déroule, avant de prendre son envol.
Déboule parfois une pensée  [...]

- Douceur
Comme d’une plainte, et d’après elle,
Des hautes terres venue,
Rassembler le jour
Dans l’épais charroi des nuits glacées,
Et qu’à l’aube le  [...]

- Ralenti
Doucement, tout doucement, l’image te demande de lui parler.
L’évoquer serait vain, s’y vouer abyssal.
Il faut s’en tenir à ce regard lumineux, à  [...]

- Freyja
Lent à venir
Le pont
En une nuit bâti
Une pluie rose arase les terres humides de mon pays,
A la croisée des chemins dévale
De Damas et  [...]

- Dans l'aride
-  1-
Dans l’aride, la trop vive lumière
Que le vent du Nord apaise
De Lesbos tard venu, le cri,
Maintenant renverse
-  2-
Ça ne se  [...]

- D'or et de feu
De l’or
De l’or fondu
Fondé sur le silence
Mais alors jamais froid, toujours fondant, grondant et brûlant
Sous les langues de feu de ce  [...]

- Pinède
Enfants, nous n’allions jamais dans le Sud,
Nous allions dans le Midi
La chaleur des pins, respiration marine
Somnolence bercée par le chant  [...]

- Foudres
Foudre, coups d’éclats
Sur l’enclume d’argent des nuages
Qui vomissent la fulgurance
Forge électrique
Le ciel-miroir n’en reflète rien  [...]

- Suède
Dans les pierres, le bois, bois pierreux, remblais
Couche sur couche, histoire dénudée
Carte majeure, lacs et fleuves et terres rosées déposées  [...]

- Le pont du Diable
La mère des terres
S’est perdue dans les mers
Salines toutes deux
Et de père en perte, à cœur perdu
Dans les hautes sphères
Navigation lente  [...]

- L'olivier
Danseurs miment les vagues au soleil couchant
Pieds nus dans l’estran
Cheveux au vent
Bras tendus, genoux fléchis
Croupe tendu
Hanches  [...]

- Nos pas pour seule demeure
Ichglaubenicht an die Götter, auchnicht an die Anderswelt. Daswäreso,alsobich an meineFreunde hier "glauben" würde, oder an meineEltern.  [...]

- Une certaine poésie
La phrase fut d’abord longue, tortueuse, tourmentée même parfois, mais toujours animée par cette sorte d’aisance serpentine dénuée de contorsions, à  [...]

- Runi
De ton corps émane une pensée douce.
La tendresse des lieux parachève l’acte aimé.
Je te suis dans les bois par la pensée.
A la rude écorce, tu  [...]

- Loin des terres
C’est l’échec assuré
Rassurante idée, perspective délétère
Le monde et ses plis
Des nappes de brume
Je donnerais cher pour te voir crever
 [...]

- Le sommeil est impossible
J’aimerais dormir dans un poème
M’endormir dans les vagues nombreuses de ton éloquence,
Fin limier
Mais c’est impossible
Tes mots poudroient,  [...]

- Germes
Au gré des blés
Si tu veux, maugrée le vent
Au gré du gré
Vraiment
Gaiement
S’emporte Hélène
Le visage du vent s’en trouve changé
De villes  [...]

- Ashtray heart
On brûle d’adorer
On adore brûler
Puis on brûle ce qu’on a adoré
Déclarer sa flamme
Comme dans une tragédie de Racine
L’écume aux lèvres
Se  [...]

- Dans le saut des arbres
Ils n’aimaient que le papier inscrit dans la matière des arbres
N’ont cure de tes soucis, ceux-là
Ne réclament aucun soin particulier
L’arbre  [...]

- Eclats
Le silex veille.
D’âpre mémoire ouverte aux mots de demain.
J’entends crisser sous mes pas le chemin de pierres tendres.
Une allée de roses  [...]

- Les pierres posées
Quarante années passées à nomadiser t’ont appris la prudence.
Ce que tu cherches, jamais tu ne le trouveras. Il ne faut rien chercher ni personne,  [...]

- De terres et de feu
Ah le feu n’est jamais neutre, il signale un foyer, une grillade entre amis, un incendie, une volonté de nuire ou bien une forêt en flammes, un  [...]

- Lignes de front
Il faut à la figure la figure anémiée de l’ange défié
Défi à relever dans le sans cesse de l’ascendance
La parole ascendante s’envole des tréfonds  [...]

- La sébile de Cybèle
-  1-
Dans Séville endormie
Sybille marche à perdre haleine
Perd le fil ténu de sa parole
Rencontre le sosie de son mystère
Se plaît en lui, y  [...]

- La parole nue
Présence des temps ingénieux
Qui agrègent les agressions
Les fondent comme or précieux
En entassent d’autres pour que lauriers et eau pure
De  [...]

- Delphique
Le paysage s’est posé sur le poème
Fond gris bleu sur la blancheur de la page neuve
Que les herbes arrêtent
Le paysage nu habille le poème
De  [...]

- La rime intérieure
Tout le monde sait dire « Je ceci, Je cela »
C’est à la portée du premier venu
Je pourrais vous la faire solennelle et ampoulée
Façon canard  [...]

- Filigrane
Dans les écorces
J’ai laissé un chemin aller au loin
Le ciel bleu tète les cimes
Les tétait encore quand, d’orient revenu,
J’ai délabré l’azur  [...]

- Dans la tourbière
A pas de géant
Marcher dans les yeux nains
D’une bille de bois faire un destin
Qui roule de siècle en siècle
Malgré la fragilité des sols  [...]

- La clairière
Dans la petite clairière connue de toi, petite bombe de lumière, à midi, tu me rejoindras, légère et nue sous ta robe de soie bleu écru.
J’entends  [...]

- La longue marche
Je marche sans marcher, me regardant marcher loin de mes pas
Ombre portée par un regard
Clin des eaux figées
Une branche morte s’avance, rude  [...]

- Azur
A une nudité sans fard
A un désastre absolu
De l’un à l’autre, sans lien aucun,
Jeter un pont de lianes fraîches
L’abîme alors s’essaie à fleurir  [...]

- A une transparence
Dans la transparence, trop de savoir
Encombre les berges humides
Qu’un courant trop fort emmené par la subite crue
L’emporte
Décrue un jour  [...]

- Sans rime ni raison
A Philippe Lacoue-Labarthe
in memoriam
-1-
Cela Celan le sut
Cela qui, sans nom, les emprunte tous
Et la barbe tord le cou du pur sens  [...]


- Le vide, le plein
Ce ne peut être une question de plein et de vide, de vide ou de plein.
La pensée qui s’essaie là dans ce qu’elle ne peut nommer que d’un mot : là,  [...]

- La petite vieille et le renard
J’ai plus d’un tour dans mon sac, se dit le renard
Aux avant-postes de son flair
Et la vieille, toute songeuse, se dit qu’elle a plus d’une  [...]

- Foudre
N’était la nuit, le jour serait bien pauvre
La vie prend des couleurs la nuit,
S’amollit ou vibre le jour
La nuit-arc-en-ciel, oui, c’est ça  [...]

- Quand mon cœur…
Quand mon cœur renoue avec l’inspiration, les images aimées ne se bousculent pas en moi.
Comme autant de renouées qui fleurissent près des eaux,  [...]

- Quatre à quatre
1.
Petite luciole ne s’égare jamais dans les prés, ne montre pas le chemin
La nuit la fait briller
2.
Ah ce coquin de seigle qui ergote  [...]

- Un ciel…
Un ciel comme tu n’en vis jamais, couleur d’eau
Un ciel où kobold et cobalt se disputent la flamme bleue,
Flammèche bleue, vacante,
Occupée à  [...]

- L'Homol
J’ai la nage dans les eaux tièdes en horreur. Il me faut le courant rapide, l’écume de l’eau vive qui se brise sur les rochers.
Fétu de paille  [...]

- Sol Invictus
Wegottakeepmovin’, gottakeep on groovin’
Understandbothsides of the sky
Jimi Hendrix, Midnight Lightning
*
Ah les violons de Violaine,  [...]

- Marcelline
Ton visage enjoué dit tout. Tes yeux y pétillent d’audace à peine retenue. Le noir est cet écrin tactile qui propulse ta beauté dans mes yeux. Nos  [...]

- En attendant Noël à Noyelle-Godot
C’est bientôt Noël à Noyelle-Godot, mon pote
Plus qu’à attendre que les poubelles passent
Belle métonymie, ya pas à dire !
Tu en redemandes ?  [...]

- Ivresse
De spasme en spasme Spasmes mobiles Mobilité des jours Invasion des plaisirs Freins à l’allégresse Plaisir entropique à renouveler pour contrer  [...]

- En montagne
Un grain de montagne dans ta voix vaudou Enchante le glacier tout proche Une lueur d’alcool dans tes yeux Danse dans les hêtres amis Flammèches  [...]

- Ode au lointain
Le poète à la voix nue tremble comme une feuille
Dans le froid imposé par sa quête
Feuillesjaunies d’aulne ou de tremble
Pareils aux mots usés  [...]

- Jetée
D’un détail faire jaillir la figure vivante
La recueillir, lui offrir le gîte et le couvert
Devenir l’abri qui n’enferme pas
Poème-monde aux  [...]

- Voodoo
D’une musique qui effleure les mots Jamais ne déflore le paysage La claire présence d’un continuum Un bain de coton Une fleur Fleur de coton Que  [...]

- Fjord
Les donnes les plus improbables, Elles sont bien alléchantes Elles nous sauveraient de l’ennui Mais qui en dispose ? A vrai dire personne Les  [...]

- Banco
Saleté de banque Saltimbanque
Deux chats se regardent en chiens de faïence
Allez va, fais sauter la banque, Tu en meurs d’envie Saut mortel dans  [...]

- Charroi
C’est folie, ce charroi
Aubépines en fleur
Sureaux chargés de fruits
Je traverse la saison sèche
La soif aux lèvres
*
A la pointe sèche
Dans  [...]

- La balancelle
Mais la pensée qui nous relie de toi à moi hésite
Le même soleil
La même ardeur sur mille et un visages
Connus, inconnus de nous
Des derniers  [...]

- Lignes
Petit matin blême. Une lueur danse sur la lande, ne déchire pas les brumes, brille tel un follet que le feu affole. Flammèche de méthane issu de  [...]

- La haine
Comme un miroir qui absorberait toute la lumière réfléchie par une personne et qui ne lui renverrait que l’image radiographique d’un squelette  [...]

- Mémorandum
Monstres en main,
Le temps nous est compté
Fasse que les tourbières empoignent la lande
L’éloignent à jamais des sables mourants
*
En qui la  [...]

- Le donjon de Don Juan
Monte en lui le chant aigu Encore indéfini
Dans un cri recueille à perdre haleine tout le silence possible Condensé des temps anciens
Dans le  [...]

- L'autre rive
Humides, les berges,
Presque friables, n’étaient les hautes herbes qui tiennent la rive
Jusqu’à la crue prochaine
*
Cet été 76, la chaleur était  [...]

- L'auberge espagnole
Ca ne dure jamais très longtemps, Mais ça ne vous aura pas échappé Ce n’est pas une question de poids ou d’envergure Ni de volonté C’est vrai, faut  [...]

- À une rivière - Jean-Michel Guyot
On aimerait dire la rivière.
Dire qu’elle charrie des eaux grosses d’avenir. Il n’en est rien. La rivière ne charrie que la présence du présent qui  [...]

- Acide
Assis sur une poubelle, un bourreau se prend à rêver La fumée de sa cigarette blonde achève de semer le trouble dans les rangs des anges Il a le cœur  [...]

- Dans les vagues écumantes
Il est sage de ne pas réveiller le papillon endormi Sa trompe repliée, ses ailes aussi Ivre d’un nectar Amoureux des fleurs vagabondes Un  [...]

- Eaux troubles
Elle n’était guère froide ce matin Elle prenait le train souvent Paris, les quais de Seine, un amant Compression du temps Passé-présent, c’était  [...]

- Musique
Mais quelle musique pourrait bien accompagner tes stances ? Tes sens disent ce qu’il ne faudrait pas faire, Ils ne se prononcent jamais sur la  [...]

- Oui et non
Monte en lui, depuis si longtemps, l’envie de plonger dans la noirceur la plus vive, La plus intrigante, Une noirceur jamais assez noire Crocs de  [...]

- Une pagaille monstre
Monstres en main Les yeux rivés sur le compteur Dans le bouge, ça remue, ça beugle, ça guinche On beugle un nom dans le brouillard Silence de mort  [...]

- Alcool
Ronde fend le temps Nuit bercée de lune Cynisme des étoiles toutes proches Les fils éclectiques de tes goûts Grésillent Fritures sur la ligne Comme  [...]

- Dans le vif du sujet
Sujet vivifiant Loin de l’air lourd ambiant Eloigné des ambiances stériles de fin de monde Auxquelles parfois il cédait quand la lassitude parlait  [...]

- La nuit, Rouen
Le ciel flamboie, ne brûle pas, ne consume pas la ville embrassée qui ne le regarde pas, pas plus qu’elle ne le concerne le moins du monde. Comme  [...]

- Le soir venu
Monte en elle ce qui a coutume de tomber froidement, une pluie de rivages encore inconnus que la mer rejette. Sur la grève de ses yeux verts, le  [...]

- Ni repos ni repas
Le repas du guerrier Dans le commun des jours Walhalla, Walhalla Sans repos aucun Je mange du fer, je mâche des clous, Les sables grincent sous  [...]

- Toute ivresse bue
Le temps ne ménage pas sa peine à travers le labeur des hommes. Entends-tu le minuscule grésillement du sable fin qui tombe dans le sablier à  [...]

- Le vent a tourné
Le vent a tourné Ignore les cartes d’état-majeur Ne se veut libre d’aller et venir, et de tourner Qu’en ma présence hostile Girouettes assemblées,  [...]

- Dans le lieu vient à se déployer le temps
Attirante-émouvante l’ombre sous le pont, mais qu’il est bon le rayon de soleil qui inonde de sa présence l’humble courbe du pont par où cheminent les  [...]

- Terre et ciel
A des années-lumière de tes buts, dans la vie, mais comme à l’écart, perdue entre ici et nulle part, tu as vécu bon an mal an des années durant,  [...]

- Samja
Chemins menteurs Voués à l’oubli tenace, toute mémoire ouverte A ce qui chemine en vérité
Abus de pouvoir, abus de mots Lente blessure qui  [...]

- Note à note
Assise au piano, elle laisse aller sa rêverie tactile. Accord après accord, elle déroule un bonheur qui n’exclue ni heurt ni passion. Fluide,  [...]

- Fille de la forêt
Un soupçon d’éternité Une poussière d’étoile Un sillon perdu dans le champ labouré Labour, labeur Grasse matinée Elastique, pratique, comique, tragique  [...]

- Améthyste
Des gorges chaudes Des sources chaudes pleines de ressources, Et bouillonnantes ?
C’est à voir Vues de près, il n’y paraît rien Le proche n’est  [...]

- Germination
Lent le fruit A la graine promise Qui donnera des fruits
Les ébauches ne s’agrègent pas, se détruisent en série Fournaise, malaise
L’arbre, en une  [...]

- Moments
En chiens de faïence Sourires de porcelaine Laine douce à venir Naissance des seins lourds Si légers sous la plume taquine Oiseau nocturne vole  [...]

- Orages
A Samja na Nevoi, die Runenhex
Je suis poète d’origine.
Au fil des pages et des années, le souvenir m’en est revenu. Souvenir lent à se  [...]

- Non qu'il faille…
Non qu’il faille…
Cette phrase inachevée venait souvent le visiter, quand il se sentait d’humeur poétique. Un entrain particulier s’en dégageait,  [...]

- Plumes
Temps chahuté du renouveau Précipices-délices Pente douce du plaisir de vivre Absolu égoïsme de la chance saisie, violentée Partage de la faveur ailée  [...]

- Alpine
Les plus hauts sommets ne sont jamais que sous le ciel toujours plus haut qu’eux.
C’est les gravir qui importe le plus, l’effort qu’il en coûte et  [...]

- Echo
A l’abri des grandes sentences molles Nes’attarder que le temps de goûter l’ombre d’un doute S’attarder reviendrait à faire allégeance A chausser  [...]

- Le temps suspendu
Dans le jeu le temps suspendu
Le jeu de la marchande qui marchande son temps
Time is money
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme  [...]

- Renverse du temps
Liens défectibles se disséminent à la faveur des lieux Par amour de dieux enfuis
Odin veille Dans la roche souriante
A l’orée du bois, A la  [...]


- Violon-celle par qui la musique résonne
Comme s’il nous restait à faire vibrer toutes nos cordes en de nombreux accords encore inconnus de nous…
*
Cette phrase innocente venue  [...]

- Au piano
Dans le rêve, une fine couche de givre recouvrait les touches noires et blanches du piano à queue posé là, tard dans la nuit noire, exposé à la  [...]

- A la faveur de l'écume
pour Isabelle
Glauque, la mer, parfois, Ou sanglante-cinglante, Ou bien décidément trop calme, Plate comme une limande, insipide et revêche  [...]

- De vent et de pluie
Les chanterelles
Dans la sylve bruissante, te voilà devenu ce lilliputien qui chemine à l’ombre des grandes chanterelles multicolores.
Un air  [...]

- Regain
La main fanée enchaîne les tropes, Andains de bon augure Dans le pré dépeuplé.
Un rescapé sourit, Bleuet qui n’a de bleu que le nom.
Le pré n’a  [...]

- Avant-dernière pensée - Hommage à Guerre froide
Chant noyé dans les effluves vénéneux d’une musique en apesanteur La basse tricote dans l’espace ouaté des effluves qui en émanent Perles roses,  [...]

- Le cri
A la route arrimer les maisons Comme les bateaux allés à la mer sans commencement ni fin Et j’ai faim de toi, si tu savais, pierre à mâcher Je te  [...]

- La noyade
Le silex tendre de tes yeux
Ta peau de marbre
Tes mains de jade
Tes bras de porphyre
Tes jambes de grès
Tes pieds d’argile
Défient la  [...]

- A cucklinghen
La mélodie est si fière.
Elle se dresse sur ses rythmes,
Comme le coq sur ses ergots,
Ergots de seigle qui saignent dans le cerveau ardent,  [...]

- La goutte des saules
Je soutiendrai ma lecture, la lecture me soutiendra. Ensemble, nous soutiendrons le monde.
Deux verbes en octobre, deux seulement, ont salué ma  [...]

- Serpentine
Ca ne te touche pas, alors n’y touche pas ! Laisse aller, laisse flotter. Dans l’air suspendu. Question d’ambiance, De mots choisis qui créent  [...]

- Un grand malaise
Ambiance lourde, dans ce vide même. Un désert ? Une chambre d’hôtel ? Une cabine de bateau ? Une cellule ? Un lit mal bordé ? Une foule nombreuse ?  [...]

- L'onde
A l’ombre d’un grand soleil ardent, laisse aller ta peine, petit ruisseau d’argent qui ne brille pour personne.
Tu t’en voudrais de mordre dans ce  [...]

- Dans la blancheur de midi
Passent les fleurs, Fleurissent les heures. Heureux accord, pas un contrat, Rien qu’un accord ouvert sur lui-même.
Le temps contracte alliance  [...]

- Frémissements
Son corps n’a pas dit son dernier mot.
Nulle épitaphe ne viendra couronner cette part d’ombre qui accompagne cette viequi est la sienne, menée en  [...]

- Grouillantes gargouilles
Amante-gargouille
Vomit la présence flatteuse de l’air ambiant.
Sure de ses aises, elle offre son cul au vent.
Fribourg frémit, toutes cloches  [...]

- Flux et reflux
De sa lecture, elle fait un acte érotique.
Il faut que sa lecture en passe par son corps, fasse battre son cœur, la prenne aux tripes, tout cela  [...]

- Son corps
Son corps balance entre deux rives.
La nage impersonnelle n’est pas son fort.
Quand elle nage, elle souque ferme, son corps-barque élague  [...]

- Le loriot
Cette toute brûlure, qu’avait-elle encore à me dire après toutes ces années passées dans l’attente ?
Ecrire arrête l’attente, réfrène l’étreinte.
Et  [...]

- A une mélodie
L’orage gronde, lointain, dans les harmonies basses que tu pars chercher dans les tréfonds de ton souffle amoureux.
Faveur des hauts bois qui  [...]

- Vibrations
Femme aux faveurs cristallines, elle lisait jusque dans le cœur des morts.
Les tables ne tournaient jamais, les cartes restaient muettes, le  [...]

- Bestiaire
Verdeur
Voilà qui est dit.
Ainsi donc je serai le fer de lance d’une avant-garde éphémère.
Avant-garde préhensile qui sacrifie son temps et sa  [...]

- Fêtes
L’image étale, pas plate, toute en surfaces irisées, L’image étale ses charmes lents, Pervers ou non, Lents toujours. L’image étale ses appâts,  [...]

- Les amants
Vague à vague, les amants. Vague après vague, goûter l’ampleur. De leurs pleurs goûter le sel dans la vague amie qui déferle sur ma pensée. Dans ma  [...]

- Errance
Ne rien savoir. De cette femme, ne rien savoir Hormis qu’elle est femme. Abeille, fourmi, cigale, Gazelle ou panthère, Mante religieuse,  [...]

- Dans la reculée
Bol de café noir et pain grillé, beurre salé et confiture de coing sur la table de ta cuisine de bon matin. Tu t’accordes le temps de rêver avant  [...]

- Une femme
Il m’aimait. J’ai manqué de l’aimer.
Il m’aura manqué de ressentir son amour, d’en prendre la juste mesure plutôt, et ce n’est que maintenant  [...]

- Dans l'argile des courbes naissantes
Les temps n’étaient plus aux empoignades épiques dans les jardins du ciel. Trop d’orages et trop de calmes plats étaient passés par là.
Il fallait  [...]

- Les veines du vent
De lieu en lieu monte une ferveur Se pose dans la paume de nos mains détendues Petite mésange bleue Sourire des terres
La ramure des chênes verts  [...]

- Vous avez dit poésie ?
Poésie
Toujours vivante !
Alors une fois que vous avez composé, vous considérez l’objet : parce que c’est un objet : et vous évaluez son équilibre :  [...]

- L'encre vive
Fut un temps où j’ignorais jusqu’aux limbes, cet enfer mou et humide, cette nausée faite paysage, ce marécage noirâtre immergé dans la mêlée des âmes  [...]

- A une voyageuse
Lien par-delà les liens qui ne lient pas, mais délient l’acte et la parole, parole en acte au-delà de toute parole qui rassemblerait ce qui ne peut  [...]

- Midi
La dépouille du temps gisait à l’écart du vent.
Ni l’ancien ni le nouveau pour le soutenir, l’envelopper ou l’emporter, il gisait, ni plus ni moins,  [...]

- Sarabande
L’instantané fixerait en somme ce que le flux de nos actes empêche de fixer.
Il serait comme un bonheur second, le souvenir fixé d’instants perdus  [...]

- Les coquelicots
Cette envie de toi passe par le texte.
Il s’agit encore et encore de tisser les fils de couleur pour habiller ce désir insinuant qui court entre  [...]

- Le commencement de la fin
Non qu’il faille y revenir sans cesse, y revenir pour ne pas faillir faute d’avoir défailli la première fois dans les parages douteux de la mort  [...]

- C'est l'heure
Voyage l’heure. Sans rien ni personne pour en dénoncer la présence, en annoncer la venue, en déplorer l’absence. Les quatre saisons dans une  [...]

- De proche en proche
Si d’aventure en aventure je pouvais entrer dans tes pensées, s’il m’était donné d’en rendre compte à la lettre, alors aussitôt le mouvement d’écrire qui  [...]

- Le vin chaud
Les ponts nous regardent. Les tours, elles,nous guettent, mais sont d’un autre temps. Et le silence embaume. Bougie odorante, réfractaire au  [...]

- Lumière du Nord
Elle a du Nord une vision plus juste que moi, une approche plus rude, plus rudoyante aussi, comme par la force des choses, ayant séjournéauprès du  [...]


- L'étoffe des jours - recueil
Quelque chose qui ne t’intéresse plus est pour ainsi dire mort pour toi, mais si d’aventure plus rien ne t’intéresse, alors n’est-ce pas toi qui es  [...]

- Hivernale
J’irai de ce pas saluer l’étang gelé.
J’aime entre tout le givre cristallin.
La lourde pierre n’a pas brisé la glace. Nous pouvons donc nous aventurer  [...]

- La belle et la bête
La caresse est le produit d’un long polissage de la bestialité.
Pierre Reverdy
Le feu dévorant, contenu, continué
Qui palpite dans le foyer des  [...]

- L'air du temps
L’air du temps, nauséabond, fétide, délétère, tout ce que vous voulez, c’est l’air du temps. Cette tautologie gluante est votre élément. Sa viscosité est  [...]

- Tu plonges
Un moral d’acier,
un regard d’acier,
un cœur de pierre,
des couilles en or,
de l’or dans tes mains.
Pas pour toi tout ça !
C’est la jungle  [...]

- Birmad Gilr
On dirait le nom de quelque oiseau fou venu de la lointaine Islande, mais non elle est de France, voyageuse ailée portée par le vent de l’histoire,  [...]

- L'inavouable
J’ai traversé le mur du silence. Ca a fait du bruit. Tout s’ébruite puis s’effrite.
L’impossibilité de garder le silence, de tenir sa langue, est-ce  [...]

- Les arpèges de ta beauté
Dans un élan mauvais, cette fusée : « Vous croyez profiter de la vie, mais c’est elle qui profite de vous ! » Elle s’adressait à un jeune freluquet,  [...]

- Ta beauté
Ta beauté, tu en joues en arpèges colorées.
Chaque corde pincée ou frottée appelle ces tutti gracieux qui explosent en clusters monstrueux dans la  [...]

- Tomorrow
http://www.youtube.com/watch?v=8qFIvnWy07w
La parfaite illustration d’un certain vécu, heureusement révolu. Demeure cette musique qu’il ne faut pas  [...]

- Ardente
Etant devenue tout entier arbre - ce pin sylvestre qui me fait face, ce châtaignier qui balance sa ramure au vent, ce chêne vert qui reste coi,  [...]


- Le livre
J’ai pris le livre, je l’ai jeté au feu. Il ne brûlait pas, ne chauffait pas, refusait de partir en cendre. Je l’ai pris dans mes mains, encore chaud.  [...]

- Le chevreuil couronné
Un chevreuil couronné de liane enneigée ne regarde pas la rivière couler, la salue pourtant.
Fièvre hivernale des sens.
C’est que la rivière  [...]

- Fleurs de lin
Du temps a passé. Tu te rappelles nos rires, nos courses folles dans la neige toute fraîche tombée dans la nuit ?
La mélancolie n’est pas pour moi,  [...]

- Dans le feu des accords
Des vitres à l’épreuve des balles : même teintées, le regard les traverse, mais pas les balles.
A croire que seule la lumière a le dernier mot, mais  [...]

- Dans la brume
Des nappes de sons plus lourdes qu’un épais brouillard qu’un blizzard emporte.
Dans quelques heures, le granit de l’air aura fait son œuvre, emporté  [...]

- Tes mains
« Frôler, caresser, toucher, effleurer, retenir, poser, sentir et se lover. Profitons tout doucement de ce bon temps. »
Pas de questions ni  [...]

- En ton nom
J’ai fini par aimer mon nom et mon prénom, hérités tous deux, non choisis comme il va de soi.
Contrairement au corps qui naît, grandit, vieillit et  [...]

- En hiver
Ce qui délie l’esprit - la pensée déliée d’autrui que nous fréquentons dans ses écrits - noue avec nous, et en nous avec ce qui n’a pas de nom, n’en aura  [...]

- Métamorphoses
Trois heures du matin et quelques rayons de lune. La séance nous a arraché des larmes.
La neige tombe à gros flocons depuis plusieurs heures  [...]

- Douce chaleur
Le livre, dans un sourire, se laisse faire.
Son lecteur respire avec gourmandise l’odeur de papier et de colle qui en émane, et ses doigts palpent  [...]

- En hiver
Ce qui délie l’esprit - la pensée déliée d’autrui que nous fréquentons dans ses écrits - noue avec nous, et en nous avec ce qui n’a pas de nom, n’en aura  [...]

- Une question de regard
L’aile ou la cuisse ?
Cette option, on me permettra de la passer sous silence. La trop grande facilité du choix, le fait même qu’un choix soit  [...]

- Rupture
Heu, miseraude puer, si qua fata aspera rumpas,
Tu Marcellus eris !
L’espérance d’une mère cruellement déçue ou fauchée par la mort prématurée du fruit  [...]

- Le sourire des eaux
Et si c’était l’onde qui frissonnait, et non l’eau étale sur laquelle la pierre plate habilement lancée ricoche pour aller se perdre sur l’autre rive ?  [...]

- Dans un murmure
Ne crains pas de faire de tes rêves cet écrin qui ne cache rien de ton amour, en étale au contraire les gemmes colorées qui se répondent d’image en  [...]

- Le tout un chacun
A moi tout seul, je suis l’esthétique, étant tout entier esthesis, mais esthétique franche et tranchante, c’est-à-dire retranchée de toute prétention  [...]

- Le rêve
Au rêve, le rêve ne saurait suffire, même s’il suffit à combler le rêveur.
Le rêve est en germe dans toute chose, en cela que toute chose et le tout de  [...]

- Le creuset
La mollesse des chairs m’ennuie. Le coup de couteau n’y suffit pas. Il faut broyer, déchiqueter, réduire en bouillie la mollesse des jours qui  [...]

- Un juste retour des choses
Le juste état d’esprit qui répond à l’événement qui fait souche en nous et devient réseau radiculaire de correspondances fines qui investit le terreau  [...]

- Triade
De toutes les vérités que tu auras pu assembler, rassembler, tu feras une ronde enfantine, un collier de perles de corail rouge ou bien encore un  [...]

- Elle
Il l’aimera, dans le silence des lignes, là où les mots rêvent de croiser le fer. S’en suivra un cri, une libération, une jubilation.
Son corps n’est  [...]

- Le temps de la chose
Sache dès à présent peser le pour et penser le contre, t’appuyer sur la ferme assise de tes désirs nomades pour, le cas échéant, ravir au temps sa  [...]

- Finitude
La paradoxale intersection.
Ce qui, de tout temps, arrache au temps sa mesure sans mesure, distord l’abîme autant que les brumes éparses pour en  [...]

- Sentes et sentiers
Tu te tiens devant moi. Tu me demandes la route à suivre. Tu me barres la route. Ton attente exorbitante exige de moi l’arrêt, la réflexion, la  [...]

- Au pays
En aurai-je jamais fini avec la vie qu’étreint la solitude, là, dans le cœur battant des mots ?
Aucun drame digne de ce nom ni aucune obscure  [...]

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