Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Texte in progress : Phénomérides - roman de LUCE
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 16 novembre 2018.

oOo

luce est le personnage de LUCE. Fille de bonne famille parisienne, elle refuse la révolution des déclassés. Elle devient anarchiste, casseuse et connaît des ennuis avec la Justice. Puis, le plaisir aidant, elle rencontre Karim et devient avec lui pourvoyeuse des financements du terrorisme. De casse en casse, elle finit par participer à un meurtre. Enfermée, violée, droguée et sans amour elle s’évade enfin. Mais est-ce une évasion, ce récit ? En tout cas, la voici « ouvrière des petits pains du terrorisme », ce qui constitue peut-être une allégorie. Texte sans syntaxe, sans musique, sans rien. Entrecoupé des « branlettes* » de Karim qui croupit, dit-elle, dans une prison turque (un WC ?).

*La "branlette" est une sorte de nouvelle — une paresse narrative... invention de Patrick Cintas que LUCE s’est fourrée dans la chatte... On peut lire ces branlettes [ICI] (in progress) Ainsi, Phénomérides serait un "branlo" comme Niebla est une nivola et Paludes une sotie...
** Pierre Vlélo s’introduit aussi avec ses "dreams" qu’on peut lire [ICI] (in progress)


 : il était une fois une conasse d’emmerdeuse de française parisienne qui passait ses vacances de merde en andalousie en compagnie d’un terroriste que les turcs ont fini d’achever sans toutefois mettre la main sur son œuvre littéraire considérée aujourd’hui comme l’expression la plus nationale de l’idéal musulman :: : est-ce que quelqu’un connaît le fin mot de l’histoire… ? ô svp

Le plan actuel est le suivant (mais ça peut changer...) :

I - MINUTES DU PROCÈS (Bagdad) [section IV]
Auteur : greffière du juge Babouch el Babouchi

(0) AUCUNE BRANLETTE POUR L’INSTANT
(1) BRANLETTE DE LA COLÈRE
(2) BRANLETTE AU THÉÂTRE
(3) BRANLETTE DU BATACLAN
(4) BRANLETTE DE L’OUVRIER
(5) BRANLETTE DU BALADIN OCCIDENTAL
(6) BRANLETTE DE L’ÉMIGRÉ
(7) BRANLETTE DU VIOLEUR
(8) BRANLETTE DE LA MÉMOIRE
(9) BRANLETTE DE L’AMITIÉ
(10) BRANLETTE DE L’ÉPECTASE
(11) BRANLETTE DU PÈRE-QUI-ÊTES-AU-CIEL
(12) BRANLETTE DES RELIGIONS

II - VOYAGE EN FRANCE (Dream) [sections I, II, III & VI]
Pierre Vlélo s’introduit aussi avec ses "dreams" qu’on peut lire [ICI] (in progress)

III -BRANLETTES [section V]
On peut lire ces branlettes [ICI] (in progress)


(0) AUCUNE BRANLETTE POUR L’INSTANT

Le yacht LongSong os de cachalot anus de Jim John comme une huître et Karen qui se pâme cadavres sur l’eau Karen envoie en l’air une fusée signal attendu la barque pirogue se lance entre deux vagues Jim vomit il en a assez à la barre Karogne gueule d’ici je vois le Monde j’ai l’intention d’en profiter ô sirènes d

 

Vive l’Islam cria l’ami de toujours projet insensé cul du monde occidental déchiré l’Occident qui se sert quand ça lui chante Karim justifie ainsi la mort du douanier pauvre type trois gosses il se balançait au bout de la corde Jim bandant lui aussi masturbé par John qui gueula plus fort que Karogne quand la pirogue toucha notre coque blonk ! on a assez de pognon pour recommencer s’écria Karen ô missives

 

À Brindisi l’os dans le nez des boucles tombaient de ce visage enfantin John fit le tour du jardin je me souviens trois grammes à l’aéroport il lisait ou relisait Moby Dick on ne sait jamais bombes quelque part à Gaza le type nous proposa trois grammes et Jim paya avec son cul déjà Karogne était quelque part en mer aux commandes du LongSong une propriété familiale j’aimais Karim mais ô sourates

 

— explique-lui que je n’ai pas l’argent…

— …

— pas encore…

— …

— ensuite je t’injecte les mots du lexique kinoro © patrick cintas // je paierai avec les clopinettes de mon cul // dis-lui que j’ai jamais ô persée

 

Dans quel monde vivons-nous si celui-ci n’est pas le nôtre ? et Jim innova en tapissant le roof de faux billets — dollars arabes avec allah et compagnie / « j’ai besoin seulement d’un jour » et il le répétait ah ! ce que je peux en souffrir aujourd’hui parlant dans ce micro (j’ai pas l’habitude) extrait d’une chanson ô mes aïeux mes

 

Ça me revient ! Ça me revient ! Éteignez cette lumière ! Ne me regardez pas ! Je suis moche depuis // inventez un nouveau langage et j’injecte sa grammaire dans les veines de cet Arabe qui me veut du bien … ! une sorte de brique qu’il partagea entre lui et ce type que nous ne connaissions pas : dire que je suis née dans une bonne famille !!! j’avais tout l’avenir devant moi papa papa papa ô papa p

 

J’ai rencontré Karim chez Jim cul cul cul j’en avais mal ça vibrait du matin au soir sueur balcon avec vue sur la mer vacances de rêves je ne savais plus on a inventé un nouveau langage et on est allé sur un champ de bataille patrouille et encore patrouille portes défoncées murs écroulés // cadavre d’enfant tué en pleine joie son jouet sans trace de lutte mitraille du petit cul Jim bandait bandait ô je me souviens de toi fellah

 

Bref l’écran s’éteignit et on s’est mis à jouer aux cartes là sur le balcon plutôt une terrasse mais sans vue sur le voisinage la mer métallique cargos lointains des voiles blanches bleues l’écume d’un cachalot du moins dans l’imagination de Karim qui relisait lui aussi Moby Dick — tout le monde relisait Moby Dick et je suis descendue pour trouver un exemplaire que personne n’a encore touché hôtel espagnol avec un parvis où des gosses jouaient avec leurs tongs j’ai joué moi aussi Bang ! Braoum ! et j’ai failli perdre une jambe ô miss France

 

Nous nous battrons jusqu’à ce que l’un de nous gagne et quand je dis gagner je parle de tout rafler le jackpot plus de blancs plus de noirs plus de juifs plus de tout ce que vous voudrez tuer sauf ma race ô minarets comme j’aime la voix de tes muezzins ! … dit Karim en caressant mes seins mes cuisses ô minaret d’Andalousie ô

 

La Puissance (divine ou autre) — la Domesticité (présidentielle, salariale, enculée et tout ce que vous voudrez mettre dans cette catégorie) — et NOUS / les autres / esclaves et hommes libres / N O U S les animaux couverts de la poussière de vos déserts — le matin (depuis longtemps) je me réveillais avec ce désir de commettre ce que vous appelez un crime ; prouesse du bienfaiteur qui brandit le mot d’ordre — CHANGEZ LE LANGAGE POUR UNE SECONDE DE JOIE SANGLANTE — apologies … ! apologies … ! je suivais des quidams des cons des merdes et je rêvais d’en tuer au moins un ô mes juges Ulysse

 

— Dis-lui !

— Il comprend mais il a des devoirs…

— J’ai l’argent ! Je l’aurais demain !

— Il vient avec nous… c’est ce qu’il dit…

— Pas de bougnoule sur mon rafiot ! lança Karogne.

Et on s’est mis à souquer ô anus

 

Cartes jetées sur le tapis dans la nuit mes cris de chatte montée au ciel avec les héros Karim me montra la vidéo ô promesse de m’empaler avec ce canon d’invention soviétique — impossible de me retourner sans risquer le coup de feu (un jour tu deviendras la cochonne d’un député au fin fond de la campagne française avec des rubans rouges et bleus dans les cheveux ô cérémonie ô) « ils ont tué tellement de Palestiniens qu’ils peuvent plus passer eux-mêmes pour les seules victimes de l’Occident en phase de purification — la purification gagnée sur toute idée de perfection ô »

 

À Rome dans le métro avec un exemplaire de Madame dans la poche il cherchait le langage et Karim lui mit le Koran sous le nez « enfer ô enfer » madame se plia sous lui et s’échappa le gaz qu’il injecta dans l’anus déjà douloureux de la petite fille que j’étais en apprentissage car ces types n’avaient aucune idée de la manière d’inventer un langage capable de se substituer aux réseaux — belle bite presque rose qui giclait sur l’écran à un mètre de distance // John rentra la sienne dans son slip maudit de luthérien ô façons

 

On est alors tombés sur ces filles — des danseuses nues — et Karim les a invitées à prendre un verre dans un endroit tranquille où elle pourraient montrer leurs cuisses sans attirer le badaud parisien qui empeste les valeurs républicaines — et Jim brandissait le fouet en montrant mes fesses mon anus et sa petite merde et les poupées confectionnées par maman qui en savait long sur les langages de la bourgeoisie en gésine façon Blanqui et consort (vous n’aurez pas l’alsace et la lorraine) « écartez-vous c’est plus grave qu’on pensait » et John s’est accroupi sur le parapet façon Utrillo ne riez pas ô mes sœurs

 

Et ainsi en voyage dans le monde de papa qui n’a jamais enculé maman — molestant le petit bourgeois parisien qui se plaint d’être mal payé et le provincial qui ne veut plus travailler dans ces conditions — luce la pute s’envoya en l’air avec les plus dégueulasses d’entre eux :: : des types dont personne ne voulaient pas même pour travailler au service de l’entreprise :: : j’ai prié moi-même pour qu’on m’encule — plages de ces pays de rêve où le rêve est entre les mains d’allah — et papa me suivait sur sa bicyclette façon outil municipal — des enfilades à même le sol des corridors de la mort — tandis que Karim inventait un nouveau langage antijuif anticapitaliste antipaganiste antipoétique « ô vous »

 

Le LongSong prenait l’eau par la quille à cause de Moby Dick — Karogne n’en pouvait plus de gueuler mais on s’est fait dix mille dollars chacun et personne n’a été volé — les vedettes juives patrouillaient au large des côtes libyennes — le capitaine avait appris la marine dans un bar de Marseille où son papa avait ses habitudes pendant que maman était la mienne — dix mille dollars que Karim m’a proposé de dépenser à Málaga où il connaissait d’autres fourgueurs et on y est allé par le chemin le plus court — à travers les écrans qui parlaient le même langage malgré les nations en périls ô Islam

 

Remarquez bien que je n’ai pas de thèse à soumettre à votre esprit en cavale dure… la liberté c’est le pognon — et le pognon c’est le vol — voire l’assassinat — considéré comme un des beaux arts — on a évité de tenir le pinceau des murs et on a fini par trouver l’endroit idéal pour s’abandonner à l’autre — Karim brancha le PC et on a communiqué avec la pédophilie l’islamisme l’antisémitisme la pornographie les idées interdites et les libertés d’expression en danger… Karim aux anges dans la poussière d’ange… « trouver du fric et le dépenser » voilà la seule grammaire possible si on veut vivre jeune… ! ô maman

 

Mais n’allez pas croire qu’on faisait tout pour se faire remarquer ! Que non ! Jamais ! Des gardes civils prenaient le frais dans le bar en attendant que l’heure tourne dans le bon sens (jamais une cuisse dans le profil de cet escalier qui montait plus vite qu’il descendait de toute façon Karim avait une gueule de chanteur andalou on l’entendait imiter la guitare pendant qu’il me sautait dessus — même qu’un académicien royal est passé pour prendre la mesure de l’endroit — un hôtel sur le bord de la route avec des eucalyptus comme des bites alentour — et je n’ai connu aucun autre amant ô jamais ô

 

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des foutoirs à humanité en berne — et le fric coulait doucement de nos poches — sauf qu’il a fallu se ravitailler et on a tué quelqu’un — tellement bêtement que je savais plus si c’était de ma main ou de celle de Karim qui pleurait comme un gosse quand on a pas osé retourner à l’hôtel — on a descendu la route jusqu’à la côte et on a appelé John qui sévissait pas loin à Cadix — Karogne avait eu le temps de faire le tour de la Méditerranée — et des innocents aux mains pleines étaient tombés sur le champ d’honneur à Paris — j’en avais marre de réfléchir — et je n’avais pas l’intention de mourir à la place des autres ô Hamas

 

[non mais écoutez ce péteux !... :: : « faut aimer la France, son drapeau et son hymne… » — hé ben non… ! foireux… ! moi j’aime pas la France : et tu sais pourquoi hé proxo… ? :: : parce que c’est pas une république : lis Rousseau avant d’ouvrir ta fiole à poison libéral : et puis j’en ai rien à foutre des drapeaux : en général : et des croix : et des croix sans : et des croix croix : hé corbeau : anonyme… ! quant à ta musiquette de kiosque : c’est très simple : j’adhère pas à ce genre : et je parle pas des paroles : je me vois pas les prononcer : surtout en public : c’est les tiennes si tu veux : mais pas les miennes : je fais ce que je veux de ma parole : et la mienne c’est pas du fake hé putain de la com !... j’ai le cœur et la raison en république moi !... pas en banque hé pisseux discours !.. mets-toi-le où je pense : ton ballon !... te manque plus que le saucisson-beurre du prolo : mais avec ta gueule d’ado à sa maman : ça fait fake ô miches]

 

Tiens t’as des mecs qui se prennent pour les poètes des temps modernes et qui montrent leurs petits culs dans des films que j’aurais honte d’être dedans si ça arrivait — ah ! ça manque pas d’études ces fils du déclassement socialiste ! et des leçons en veux-tu en voilà avec des pages et des pages que ça ressemble à du cut-up et que c’en est pas ! Je passais justement à Paris… j’entre pour feuilleter (les librairies c’est des bibliothèques gratuites) et qui je vois si c’est pas cette crevure de Jim qui se branle dans les pages de modiano en poussant de petits cris façon camus ! — ah ! que je lui dis en me voyant dans un miroir sécuritaire ah ! mais je reconnais bien là ta philo ! — c’est pas ici que je voulais entrer, dit-il en ânonnant, mais pisque t’es là… et on est allé se faire enculer par John qui créchait lui aussi dans la rue ô légion

 

On n’a pas grand-chose à faire quand on ne fait rien — dans ce monde qui n’est fait que pour faire sinon on est fait — c’est Jim qui s’exprimait de la sorte — moi je disais plus rien depuis que John m’avait entreprise — je faisais faillite dans un canapé qui avait connu pire — et j’étais loin des questions de langage « is a virus » — d’ailleurs des lunes que je me suis pas payé un prof pour en savoir plus sur la façon de vivre en animal domestique donneur de leçon à ceux qui n’y arrivent pas — « Ah j’ai une de ces envies d’écrire un roman » dit John qui cherchait une raison d’enculer Jim — et de verre en verre on en est arrivé à ô messires

 

« Tuer ? » ben oui on l’avait fait et c’était pas écrit dans un roman — on risquait vraiment de se faire arrêter et juger et jeter dans un cul de basse fausse — Karim avait disparu dans un train en partance pour la Turquie… il me restait du fric mais pas assez pour réinventer l’injection — on a pété une vitrine pas très grande et on a filé dans l’ombre avec le butin — et comme y avait à bouffer chez les nazis on y est allé avec les bouteilles et les dattes… Karogne brandit son bras olympique tellement qu’il a failli éborgner John « Z’avez pas encore inventé un langage ? » s’offusqua-t-il et on s’est assis avec les autres pour bouffer du juif ô Ismaël

 

« Qu’est-ce qui va se passer maintenant… ?

— Ça dépend si c’est moi ou si c’est Karim qui l’a tué…

— Tu crois qu’ils savent déjà de quoi il retourne… ?

— Je crois en rien, moi ! Je sais même pas ce que ça fait de tuer quelqu’un !

— Et si ça te faisait rien… ?

— Et ben il faudra qu’on me dise… Ô misère d’avoir eu une mère pour maman ! »

 

On a beau dire mais chez les nazis la fraternité ça compte et on bouffe bien quand on boit ! On a prié pour le salut de ceux qui sont morts pour rien et on est rentré dehors pour se coucher et rêver chacun dans son carton doublé d’angoisse — mon rêve c’était que j’étais née dans la domesticité d’une famille royale et j’avais appris à parler comme il faut — ce qui m’a réveillée pour la nuit / obligée de me lever pour chercher l’amour et j’ai trouvé dix euros par terre juste avant de me faire embarquer par un fonctionnaire provincial en vadrouille parisienne — « si c’est te faire enculer que tu veux va falloir que tu regardes à deux fois avant de demander ! » et le mec m’a quitté avec l’idée que j’étais un mec — le crime m’avait changée à ce point ô missel

 

Le lendemain j’achète un bouquin tout neuf avec mes dix euros et je m’en vais le lire à la campagne au bord d’une rivière que si Bashô l’avait connue il serait mort en France — le livre contenait les idées d’un jeune type qui savait pas grand-chose mais qui en parlait tout en trafiquant le langage des mortels au point que je me suis dit que j’aurais mieux fait de tuer pour une idée au lieu de me laisser embringuer à le faire pour de l’argent — vite une AK47 ! pour faire des trous dans ce bouquin à dix euros (des idées j’en ai moi aussi mais j’ai pas encore le langage) « vous aimez les chips, mademoiselle ? » si je les aimais ! à douze ans je m’étais vendue pour moins que ça ! Et on a loué une barque pour visiter le dessus de la Marne ô Du Guesclin

 

Ah ! J’évoluais ! Je l’avais mon bourgeois déclassé ! Et bien peigné avec ça ! Il rêvait de faire du cinéma « maman en faisait dit-il mais papa est mort avant » j’ai pas cherché à approfondir le sujet de la relation sans doute complexe mais le type avait une queue grande comme l’Oural et on en a parlé des heures avant de peaufiner des projets qui n’avaient plus rien à voir avec Karogne et son équipage — des fois on a le droit de changer les rails de l’existence pas vrai ô oui que c’était vrai et on est retourné en Espagne sans que je change de nom mon passeport était resté à l’hôtel mais j’avais ma carte d’identité avec mon ancienne gueule — et puis j’aime le risque surtout que j’avais aussi envie de Karim et de ses projets d’attentats ô pastilla

 

Je vous raconte pas tout parce que c’est long et ennuyeux — Jasmin ne voulait rien savoir… il me prenait comme j’étais… avec mes poils et mon odeur… et ma seringue autoinjectante — « quand tu le trouveras, ton langage…

— Ah mais c’est pas le mien mon coco ! Je m’en voudrais !

— De l’universel dis-tu !

— Que si c’en était pas, tu t’appellerais Persil ! »

Et on en est resté là — à la télé Paris avait encore morflé — pas de sang sur les murs mais ça sentait les tripes et la cervelle même n baissant le son ! Ah ! le petit procureur au visage blême comme une pizza sans sauce !

« le voilà ton langage ! s’écria mon mentor qui savait pas ce qui allait lui arriver parce qu’il pensant à autre chose.

— Même que j’ai étudié le Droit ! Ah ! j’étais bonne en religion ! »

ô Sorbonne

 

Le yacht LongSong en panne à Alicante — Karogne avait perdu un bras (il nous offrit des sucreries turques) mais rien sur Karim — John et Jim s’enculaient dans un camping sévillan — « Jim encule John ! » et Jasmin qui s’étonne — « j’ai plus besoin de fric expliquai-je au capitaine j’ai trouvé ma fontaine et je dépasse pas les limites — ça durera pas ma vieille t’es un cloche je te connais » et Jasmin tomba presque mort au premier round (il faut dire que Karogne avait forcé la dose pour m’avoir à lui seul et on a passé le reste de la nuit à se raconter des histoires ô confessionnal de mon enfance

 

« des fois je supporte des fois non ça dépend de je sais pas quoi — il faudra qu’on t’explique mon pauvre jasmin » il a répété le mot pauvre et j’ai entrepris de lui soutirer une goutte de sperme parce que j’avais les poches pleines ô monde sans argent qui m’appartienne de droit ! et la journée s’est passée sans nouvelles d’orient à peine si deux flics m’ont regardée comme s’il m’avaient déjà vu — à la télé peut-être — je regarde pas la télé espagnole « nous irons manger des clovisses avec du pain et du vin rosé » mais oui mon coco les soirées sont agréables à cette époque de l’année même si je pense à Karim qu’est pas encore dans les journaux comme il en rêve ô Palestine

 

Je vais te le distiller moi ton roman sans langage nouveau ! et que je m’interrogerai sur les grandes questions de constitution et de morale personnelle !... tiens quand j’étais ado j’avais un ami qui écrivait des choses que lui seul comprenait mais qui résonnaient très bien dans le corps de sa guitare classique — aujourd’hui je le cherche sur la toile et je ne trouve rien qui y ressemble — ah cette nostalgie des moments passés en analyse de la phrase ! et Jasmin me tenait la main dans son assiette de coquilles vides — moi qui prenais le risque de me faire arrêter pour meurtre en relation avec l’argent en compagnie d’un terroriste qui ne parlait que sa langue ! ô mes yeux

 

Mots dévalisés par des flics — j’ai reconnu l’eau de toilette du sargento Yúpala — on se connaissait lui et moi — lui parachutiste à Bayonne et moi serveuse dans la boulangerie qui fait coin ? : saut dans le vide d’une poignée de billets qui avaient déjà servi à Kolwezi // tulipán negro des poissonnières de la Marina à San Juan de Luz — à la gare on se frottait le nez contre ces culs qui avaient connu la trouille ? : et encore des valises de mots qui arrivaient de Syrie par la Turquie : Karim pris pour un messager : et moi pour radio-daesh : ? le sargento renvoya ses sbires et s’excusa pour l’accueil : qui était Jasmin ? ô Joyce

 

Carabanchel transformé en centre culturel avec des tas de poètes disciple des mots-valises ! en fait j’avais rêvé à cause d’un marin qui s’appelait lui aussi Yúpala originaire des Andes avec la marque de la misère sur la paupière gauche — « Creo en Dios » yo no ? pero me dieron la llave — et Karim épuisait son inspiration dans un nouveau bouquin qui allait changer le monde en monde et les cachalots en cachalots / merde en stock . épuisement. je reconnaissais ces signes de fatigue intellectuelle. il m’avait habituée à ça. tripoli sous un soleil blanc comme la forge de mon papa. les cathédrales et les palais de Matorral. bourgeoisie inaccessible. c’est par accident qu’on devient esclave aux ordres des domestiques. Karim se sentait libre. Mots dans mots et les valises de nos voyages ô Elpenor

 

Yúpala (l’un ou l’autre) langue en moi . . . les clovisses de Jasmin pimentées aguardiente ou machaquito — verres était-ce bien le sargento que j’avais aperçu sur le paseo ? Jasmin reluquait le contenu d’une vitrine dédiée à l’armurerie et je l’ai tiré par la manche — on descendit vers le port. putes en sueur. le pied sur le bord du trottoir. et nous remontâmes pour rentrer à l’hôtel. je vivais plus. mais qu’est-ce qui m’avait pris de revenir sur les lieux du crime ? sans Karim à la clé (qu’est-ce qu’il foutait maintenant) et le réceptionniste me remit les lettres. mots dévalisés par des flics. peut-être Yúpala. j’avais pas ma photo dans les journaux. je pouvais aller consulter les adresses du passé à l’hémérothèque. Jasmin commanda des clovisses et moi du pain et du saucisson. avec du beurre oui ô salades

 

les minables de ce monde font la guerre . et ils la perdent . Karim n’avait pas disparu à Bagdad… . qui disparaissait maintenant. Karogne débarqua dans notre chambre. je lui présentai Jasmin qui se remettait lentement des évènements de la veille . quelqu’un l’avait pris pour Karim . mais qui ? il a vomi avant de me renseigner sur ce point crucial de mon futur de prêtresse . sifflez serpents !... ouais ouais dit Karogne tous des minables et nous on profite de la vie j’ai une valise sans mots dedans je sais pas si monsieur… ? mais Jasmin roupillait dans les coussins… « une valise sans mots dedans ? » et bien d’autres ! fit Karogne et on s’est donné un rendez-vous sans Jasmin mais avec des clovisses pimentées ô marées

 

Karogne me renseigna. Il avait conservé les coupures de journaux. J’étais dedans. Photo en deux pièces mini… ? et moi quand j’étais petite ? mon papa témoignait « elle a jamais fait de mal à personne / mais les fréquentations ô monsieur les fréquentations ! » et la gueule de Karim enturbannée façon assassin du Vieux de la Montagne — rien sur sa pratique des mots-valises ? rien sur Ulysse et ses voyages circulaires ? rien sur les sentiments ? « heureusement que tu as changé de gueule !

— Sinon Jasmin s’expliquerait pas…

— Il a du pognon ?

— Pas des tas… mais on profite. Ah ! ça oui ! On profite ! »

Karogne baissa la lumière // injection et fulguration ? mots dévalisés par un type qui n’en avait rien à foutre de ce que Karim espérait de la poésie de combat ô culuc

 

mettons que j’ai pas donné . je m’appelle luce . en ce jour ensoleillé je me réveille la tête en bas . Jasmin ronfle entre mes cuisses. cuissssses . tu te sentirais pas si bien si je m’ouvrais vraiment ? vrais cadavres . à la télé les gens étaient heureux comme des fous . en veux-tu en voilà des raisons de ne pas te plaindre — (le rideau plein de soleil rouge) — je suis recherchée et on me trouvera . mais ne comptez pas sur moi pour le documentaire de ma cavale . Karin m’avait prévenue : « ils ne comprendront pas / ils n’ont qu’une idée en tête

— ouais mais ce type le mort le tué

— qui c’était j’en sais rien ? »

tout Karin en ce rien ! il m’envoyait des lettres remplies d’inventions poétiques / « mais comment sait-il où tu te trouves ? » vrai que je m’étais pas posé la question ? Jasmin !

ô trahisons ô châteaux cuisssssses

 

Yúpala revient me hanter. « Jasmin m’a tout dit ! » ainsi il sait tout… si Jasmin se met à dire tout… ! tu imagines l’épaisseur du manuscrit !... ouvrait-il mon courrier quand j’étais pas là (j’étais avec Karogne si j’étais pas là ? nouvelle aventure sans lendemain) ? cette fois je vérifie l’intégrité de l’enveloppe . le réceptionniste en position de défense « oh ! Madame ! » Edwarda que je m’appellerais si j’étais toi ! et on s’est regardé comme si l’un en savait plus que l’autre et que cet autre voulait savoir — mais rien n’indiquait une ouverture à la vapeur « j’ai encore rien dit conard ! » mais peut-être en voulait-il seulement à ma chair — j’avais changé de gueule . certes . mais pas à ce point ô tempora

 

en cavale ? mais qui le dit ? je savais même pas si j’étais coupable ? je vis en marge ? et les valises de Karim ne me renseignent pas ? j’ai même pas de goût pour les cruautés que l’homme peut infliger à l’homme avec ou sans son accord ? « ne mélange pas l’eau et l’huile » conseilla Yúpala et Jasmin se met à la mayonnaise et au morceau de pain trempé dans le gaspacho ? c’est tout l’effet de la substance que Karogne m’injecte quand j’arrive plus à jouir sans — « on ira en croisière toi et moi — on passe par Tripoli et on met le cap sur Saint-Jean-D’acre » toute une vie devant l’écran avec les alertes dans un coin — intermezzo : le Bataclan et ses morts traversés par le feu d’un combat qui n’était pas le leur — l’union qui s’ensuit — Jim mima un instant la douleur d’un ventre mais John se jeta entre ses jambes pour imiter le cri du nouveau né — qu’est-ce qu’on pouvait s’amuser à cette époque-là ô France

 

pluie de manifestes dans ma chambre — je lis tout — j’arrive pas à me décider — Karim me montre la photo d’un Palestinien qui se plaint d’avoir perdu une jambe ou un enfant . je sais plus . « je vais écrire le roman de cette jambe !

— ou ce cet enfant…

— tu seras mon égérie ! »

et on est allé voir des photos d’Israël dans la vitrine de l’Atalante — belles juives en maillot — on est rarement parfaite . et pas pour longtemps . et les manifestes pleuvaient comme si le toit s’était ouvert pour que je connaisse le monde sans la télé . « faut que tu te décides luce ! tu peux pas rester comme ça à rien faire ! Ou tu travailles ou tu te révoltes ! Mais rien faire ah ça non ! » ô maîtres

 

« ma pauvre chère enfant braoum mmmmm » elle me téléphonait d’Istanboul voyage payé par je ne sais quelle maison où elle « travaille » ? ils sont allés une fois à Rome et puis Séville et encore à Saint- ? braoum c’est dehors que ça se passe des tircs perdent leur moustache et des touristes reviendront sur les lieux pour se recueillir « j’ai perdu un proche » ma pauvre chère enfant ? elle savait ce que je pouvais attendre d’Interpol ? mais Jasmin appela l’hôtel braoum vlam crack et ils firent voile vers la Crète où les attendait la guide qui était tombé malade en cours de route . sur la route de Brindisi . un rhume de cerveau . Ida . hercules sur la plage . maman ? Elafonisi ? Jasmin racontant comment j’étais tombée dans les bras d’un guardia civil que j’ai appelé « Yúpala » . cellule de dégrisement . du noir au blanc . ? braoum à Istanboul ? et Karim m’a envoyé une valise pleine de mots que personne n’a dévalisée parce que je voulais être seule ô capitale

 

« je ne sais pas pourquoi je te raconte ça nous bourgeois de Paris ou domestiques importés des provinces classe tellement moyenne que j’ai honte de lui appartenir papa : mais comment veux-tu que le peuple . ignare par définition . fasse la révolution ? hein ? heu ! braoum ! qui est Karim ? Que dire ce mot qui n’est pas dans le dictionnaire ? Élevons nos enfants avec le journal télévisé » crack ? débris de missiles . ô librairie au passage de la petite bourgeoisie qui réinvente la poésie . fascicules des bibliothèques du mérite national . tous profs . ou en passe de l’être . c’est pas Yúpala qui me démentira . « cuidado con el machaquito mujer ! cuidado ! con el Karim ! cuidado ! a ver si nos entendemos” cavale des cucarachas sous le lit . ¿ Jasmin sur le balcon pour écouter les coplas et Karogne est arrivé avec Karen . LA Karen . Elle avait rencontré Karim à Jérusalem . il était avec une autre femme ô croix

 

¿ ¿ ¿ ¿ ¿ un poète français était tombé dans mon verre // ô rage ô désespoir ô mots valises sans qui la poésie n’est plus française ! et il s’est mis à nous vanter les mérites de la quatrième grammaire ? Karogne n’en pouvait plus ! il voulait parler du LongSong . mais en termes techniques . au Caire des frères l’attendaient pour prendre livraison d’un cadavre qui avait son importance politique . il le conservait dans un congélo à bord du LongSong . le poète qui s’appelait ou se faisait appeler Jarive voulait « voir ça de près » et Karogne . bon capitaine . a lu Moby Dick sans sauter de pages . Karogne lui demanda pourquoi il était nécessaire de compliquer la langue qui « l’est déjá assez comme ça nom d’une pipe à Achab » et le poète français qui ne parlait pas un mot de castillan se mit à faire des bruits avec sa bouche « ah mais j’ai connu ça s’écria Karogne / t’es en retard mon pote ! Tarive pas à l’heure ! » et on s’est marré jusqu’à l’heure de plus pouvoir distinguer la nuit du jour ô maurras

 

« elle où luce ? » toujours recherchée ? elle est revenue sans Karim qui écrit un bouquin quelque part dans le désert . alors Karen a sauté au cou de Jasmin et elle l’a emporté dans son sac à main parce qu’elle avait besoin de liquide . ? ¿ j’ai rien dit pour pas envenimer . et en effet Jasmin est revenu sans elle . qu’est-ce qu’il en avait fait ? « qu’est-ce que t’en as fait ? » et comme il savait pas Karogne a retourné le poète français sur l’autre face celle des poches et il a trouvé un dictionnaire de rimes ? elle est où Karen ? Jasmin n’avait pas son visage de d’habitude . je le connais dis-je à Karogne qui me parla tout de suite de viol avec étranglement de la victime « nous en tout cas on témoignera pas » et Jim et John se sont envoyés en l’air sur un canapé de soie rouge qu’on aurait fait exprès pour ça . je raconte ces choses c’est pas pour témoigner con se le dise une bonne fois pour toutes ô misses

 

sur l’écran l’anus de Jim avec dedans une fleur genre années soixante — le café préparé par Karogne était coriace ? on était maintenant à bord du LongSong ? sur le roof où John préparait des lignes en chassant le soleil du revers de la main ? ou les mouches ? machaquito ou aguardiente je me souviens plus ce que Jasmin vantait en secouant un ruban bleu sous le nez du poète français Jarive ou Tarive . la modernité prise au piège d’un manque flagrant d’imagination . moi j’avançais peut-être plus vite que Karim sur les traces du roman . et toujours pas de traces de Karen depuis que Jasmin . depuis que Jasmin . hé jasmin qu’est-ce que t’as fait de Karen ? « Ouais dit le poète qu’est-ce qui est arrivé à Karen ? J’avais rendez-vous avec elle ?

— rendez-vous où ? s’étonna Karogne.

— ici même…

— sur le LongSong ? continua Karogne sur le même ton.

— je vous crois ! moi . poète français . ami de l’homme et homme de l’ami . amiome . je suis l’amiome présent . écartez-vous, prêcheurs !

— il est dingue dit Jim et il changea de position » ô merde

 

toute la matinée avec de l’eau dans le machaquito et pas assez de machaquito pour retourner d’où on venait ? j’étais à poil dans une bouée jouant avec les doigt de John qui revenait bredouille de la pêche . alignement des lignes . une araignée tentait l’ascension d’un haïku (le poète frémit au son haï ou ku) ? « j’inventerai le Nord pour toi ! » et le flic que j’avais pas vu arriver mis sa carte sous le nez de Karogne qui faillit tomber de son fauteuil d’osier ? « vous connaissez ce mec ? » ah la la ! si c’était pas Karim c’était moi (j’avais des airs de mec à cette époque et j’ai pas beaucoup changé depuis ? je dis pour prévenir en cas de coup de foudre) — bref Karogne se lève et comme il est plus grand que le flic celui-ci se raidit comme une queue qu’on attrape par le n bout du prépuce ? je m’approche . j’ai tort de m’approcher . Karogne me le dit avec ses yeux de mérou ? ¿ Jim cessa de s’enfoncer des trucs dans le cul . John revenait de la pêche… alors… si c’est pas toi c’est Karim et inversement ? ? ? mais c’était Jasmin ! ! il dormait dans le gaillard d’avant ô charpentier

 

une vie que des emmerdes et encore je les regarde jamais de près de peur d’en devenir SDF — Jasmin recherché par la police . et l’espagnole que c’est pas la meilleure . on a tout de suite pensé à Karen . « il est à bord ou il est pas ? » demande le flic qui n’a pas l’intention de se laisser avoir par la bouteille qui rutile sur un plateau avec son torero dessus et ses promesses de paradis islamique . « il est pas à l’hôtel ? couinai-je lamentablement.

— qui êtes-vous ? m’assène le flic.

— lu… lu…

tartamuda fit Karogne en sortant la langue.

— quel hôtel ? dit le flic sans sourire.

— le mien… je veux dire… jasmin et moi…

— il s’appelle Jasmin !

— C’est ce qu’il m’a dit…

— Vous le connaissez comme ça… »

le flic tourne sa main d’un côté de l’autre . je sais pas somment expliquer : pronation-supination . « pas plus » fit Karogne ô song

 

ça se complique — me dit le poète pendant que le flic saute sur le quai . on le regarde s’éloigner . il va à l’hôtel . Jasmin n’y est pas puisqu’il est ici . Karogne est déjà en bas . l’écoutille a volé dans les airs puis giclé sur le pont . une seconde plus tard (c’est peu) la tête de Jasmin apparaît dans l’écoutille . il est mal réveillé . « on est là pour se marrer / alors je me marre / un point c’est tout ! » et il gicle hors de l’écoutille pour se ramasser sur le pont parmi nos pieds nus . Karogne est encore en train de grogner là-dessous . « quand c’est-y que tu sors, Karogne ? On a besoin de toi ? » mais il sortait pas et continuait de grogner comme un ours en cage . il avait une raison de pas sortir – Jasmin pouvait nous renseigner . mais il se tenait accroupi les mains sur son visage . grelottant comme un gosse qui savait pas que ça pouvait faire si mal . moi-même j’ai rien dit . John dit : « le flic va revenir on ferait mieux d’appareiller j’ai le compas dans l’œil » & Karogne surgit à ce moment-là avec Karen dans une main et une valise dans l’autre ô Fram

 

Lettre de Karim

 

(1) BRANLETTE DE LA COLÈRE

Cliquer ici pour lire

finis

 

le poète français (quel que soit son nom) trouvait que ça devenait « vachement complexe comme situation dramatique » et je me suis dis que Karim ne penserait certainement pas comme lui . « elle a droit à une explication merde » rugit John en me caressant les cheveux . Karen n’avait pas envie de rire mais elle riait . et Jasmin se sentait plus mâle que jamais . « elle devrait s’en foutre dit Jim . après tout elle et Karim…

— il est plus là Karim !

— elle s’est un peu foutue de moi dit Jasmin qui s’arrête de rire juste le temps de le dire.

— ah les femmes et le pognon ! Ah ! tiens… j’en respire plus ! »

c’est Karogne qui s’exprime de cette manière théâtrale . je suis au centre du texte . d’ailleurs c’est moi qui l’écrit . même si Karim est bien là . là . là . là . ô chouette

 

si y avait pas eu de flic dans la tourmente on aurait laissé pisser . chacun à sa place et Karogne à la barre . mais y avait un flic . et il allait revenir . qui éprouve l’envie de se tailler en douce ? nous si solidaires dans la guerre . Karogne, John et Jim, Jasmin Karen et moi… et Jarive qui n’a aucune raison de rester . il savait même pas de quoi on parlait . « et alors ? et alors ? me siffla-t-il dans l’oreille : Karim n’est pas là . jasmin vous a trahi . Jim et John sont ensemble . et Karogne est capitaine . vous et moi (ma chère luce) c’est possible . POSSIBLE . et quand je dis possible je dis pas autre chose . il est où votre hôtel ? »

« bob bon : s’il revient…

— il reviendra !

— on sera là pour l’accueillir.

— et moi… ?

— Jasmin à la baille ! »

c’est comme ça qu’on a tué Jasmin ô Karen

 

donc quand le flic est revenu il a constaté qu’on était un de plus et il a reluqué Karen sans lui poser de questions . Jasmin n’était pas à l’hôtel . on s’en doutait . quand est-ce qu’il allait revenir j’étais seule à pouvoir le dire puisque j’étais avec lui . le flic avait réfléchi sur le chemin « quand il rentrera vous lui direz que le sargento Yúpala désire s’entretenir avec lui…

— Yúpala ! Avec Jasmin ? Mais mais mais…

— ya pas de perro !

— et s’il ne rentre pas… ?

— il rentrera et vous direz que le sargento

— Yúpala ? Yúpala le sargento ?

— Vous le connaissez madame ?

— ¡ Ay ! » ô mamamía

 

étant donné que Jasmin n’était plus là . il ne rentrerait pas . et s’il ne rentrait pas . ô Yúpala . « tu peux pas rester là » dit Karogne . et on était là à penser la même chose : pourquoi Jasmin ? Avec Yúpala à la clé ? et moi avec Yúpala si Jasmin n’était pas avec Yúpala . « vous croyez que c’est facile m’écriai-je en larmes . ma carte d’identité est restée à l’hôtel !

— avec Jasmin !

— sans Jasmin ! pas de Jasmin à l’hôtel ! Et pas de carte d’identité !

— Oh ils la demandent rarement…

— et s’ils la demandent ?

— s’ils la trouvent, ouais…

— ils la trouveront ! »

j’étais cuite //// sans Jasmin chez Yúpala et avec ma carte d’identité entre les mains de ce sargento . j’étais cuite et recuite . « et les lettres de Karim ? Vous y avez pensé aux lettres de Karim ? ô Lettres

 

Ça devenait romanesque ! ? les ressorts de la comédie . au cinéma . ah ! j’ai eu la tentation de revenir au château . chez papa-maman . me cacher dans la cave . ou dans un trou du mur . comme Anne . moi aussi j’ai voulu devenir écrivaine . mais je suis pas morte assassinée . je mourrai dans une prison espagnole . mieux que dans le mur . ma vie comme un roman . et avec des ressorts . et que maintenant que tout est joué ? cartes sur table ? ya plus qu’à lasser couler le récit jusqu’à sa chape finale . de page en page ménageant la curiosité maladive du lecteur ? bougre extrait du métro . « veux pas aller travailler ! » et que ça gueule en soi . croquant la chocolatine du matin ? ? ? me lisant cartes sur table . comme si je jouis avec ma propre vie ? ô roman

 

plus de Jasmin pour la pitance . et s’ils avaient tué Karim ? ils tuent tout ce que je possède . un jour ou l’autre ce que je possède de mieux à ce moment-là . Jasmin attaché à un rocher sous l’eau . et Karim ? là-bas de l’autre côté de la Méditerranée . ils ont tué papa . et Alfred . et le joujou qui me possédait un peu lui aussi . ils tuent pour vous donner une raison de renaître . ô récit ! . récits . tous les récits que j’ai pu inventer pour me tirer de là ! dire que j’aurais pu avoir des enfants à la place ! — mais je ne serai jamais votre domestique ! même bien payée comme chez Google . et respectée façon bouddha . ah ! s’ils avaient aussi tué Karim ! s’ils m’avaient enlevé ma seule raison de vivre dans la merde ! ah ! mais alors MES AMIS qui a écrit les lettres de Karim s’il n’est plus là pour les écrire ? ô mystère

 

j’en avais des lettres . et de Karim . une ou deux de maman qui s’inquiétait pour mes diplômes . lettres de Karim . Yúpala tomberait dessus . il aurait vite fait de se faire une idée de ma situation romanesque . Yúpala la grosse queue ah ! Pas de Jasmin — ma carte d’identité — les lettres de Karim — écrites par je ne sais qui ? QUI a écrit les lettres de Karim ? — Karogne était en train de calculer comment COMMENT il allait me sortir de ce pétrin en forme de roman — il avait déjà tué Jasmin — et Karim ? s’il l’avait tué ô délire les lettres qui les avait écrites ? ô pas moi

 

Veuillez sortir de mon existence !

 

Je comprenais maintenant pourquoi Karogne s’était affublé de ce poète français — Jarive ou Tarive selon l’angle de prise de vue — si Karim était mort (donc assassiné) (donc par Karogne) alors il n’écrivait pas les lettres que je recevais et Yúpala aurait vite fait de se rendre compte que ce n’était pas des lettres de Karim . et non seulement j’aurais à m’expliquer sur la présence de lettres de Karim dans mon tiroir à culottes . mais il me faudrait aussi expliquer avec encore plus de détails pourquoi elles n’étaient pas écrites par Karim ! . « et en plus, gueula Yúpala (imité par Karogne) il va falloir que tu nous expliques QUI les a écrites ! » Ah ! les explications qu’il faut fournir quand one st en garde à vue ! ô pandores

 

Fuir ! là-bas fuir ! mais où là-bas ? MÉOULABA « ah ! le titre rêvé pour une adaptation littéraire de ton existence ! » exultait JTarive (on va l’appeler comme ça pour moins de confusion) à qui j’avais confié mes malheurs . MÉOULABA ça somme comme une rumba cordobaise ah ! CORDO BAISE ! encore ! encore ! beuglait le poète dans mes draps . « qui c’est Cordo ? me demanda-t-il après éjaculation.

— qui c’est ? j’en sais rien ? quelqu’un…

—mais quelqu’un qui ?...

— c’est donc quelqu’un pisqu’il s’appelle…

— Cordo ! ah ! ça me donne envie d’en écrire l’épopée !

— les popés… ? »

et on dialoguait dans la soute en attendant que Karogne ait trouvé une solution ô Platon

 

« et ces lettres de Karim ? me demanda JTarive en m’explosant l’anus.

— elles sont dans ma chambre à l’hôtel que je te dis ! et comme Jasmin n’arrivera pas au rendez-vous fixé par Yúpala / il va tomber dessus ?

— Ah ! le salaud ! Si j’avais su !

— si t’avais su quoi JT… ?

— rien… rien…

— il a tué Karim n’est-ce pas ? »

mais quand on a la bite coincée dans un anus on est plus en état d’avouer les crimes commis par les autres . surtout ceux qui vous emploient ô Granada

 

ah ! c’est qu’il cherchait le poète ! . et partout où y avait des trous assez grand pour contenir le microfilm d’une lettre . il trouvait pas . certes . mais qu’est-ce que j’y pouvais ? j’ai jamais eu le temps de compter mes trous . il devait y en avoir des tas . parce que le poète hexagonal n’arrêtait pas de fouiller . des lettres . oui . il en trouvait ? mais pas de Karim . il en avait rien à foutre des lettres de maman . « et Cordo ? hein ? sale pute ? qu’est-ce que t’en as fait de Cordo ? ah ! la fouille à merde !

— mais enfin j’en sais rien moi qui c’est ce Cardo dont j’ai jamais entendu parler ?

— tu diras ça à Yúpala quand il te déchirera le cul avec sa machine à écrire ! »

et Karogne qui trouvait rien pour m’éviter les ennuis ! ô des fois

 

« si jamais ils trouvent les lettres de Karim on est foutu ! » grogna Karogne en entrant lui aussi dans le lit . machaquito . torero en ribote . ça te met les jambes en enfilade :

« et ma carte ! m’écriai-je entre deux.

— on s’en fout de ta carte ! tu sais ce que tu peux en faire de ta carte !

— Yúpala sait ! il l’a déjà fait !

— t’es sûr de ton coup au sujet de Jasmin… ?

— sûr comme si c’était moi qui l’avais fait… » ô la menteuse

 

le policier m’attendait sur le quai . des heures qu’il attendait . on aurait dit un panneau de signalisation genre stop . et j’arrivais pas : « quand est-ce qu’elle arrive vous avez dit ?

— elle se maquille monsieur . les femmes ça sort pas avec des crottes dans les narines . monsieur peut comprendre ça ! »

il comprenait . surtout que c’était Karen qui le disait . il reluquait ses jambes . ah ! elle pouvait attendre la luce qui avait rendez-vous avec Yúpala ! ô universités

 

ah ! on dit jamais tout ! même dans les meilleurs romans de la vérité en conserve . on en garde pour la faim . fallait que j’y aille :

« bon ben quand vous aurez fini j’y vais…

— ou elle veut aller la petite ?

— chez Yúpala hé conard ! que j’ai un rendez-vous !

— ah ! mais il en est pas question ! »

je pâlis ! . sans question pas de réponse . et sans réponse c’est qu’on a plus les moyens d’en donner . qu’on est mort quoi ! :

« vous allez tout de même pas me tuer les mecs ! Jasmin ! Moi ! Karim..

— Quoi Karim ?

— J’ai rien dit…

— t’as dit Karim…

— mais j’en sais rien moi !

— elle en sait trop ! » ô trot

 

Karen sauta sur le quai . jupette sans culotte . et sans poils . le flic aima ça . il en oublia pourquoi il était venu . à l’époque que je vous parle y avait pas de téléphone mobile . on se téléphonait pas librement et à crédit . on allait de cabine en cabine . comme à la pêche au cachalot : « des fois je supporte pas la chaleur fait la Karen en minaudant.

— et des fois je la supporte, dit le flic en montrant la meilleure de ses dents.

— vous voulez pas m’amener me rafraîchir… ?

— ah ! mais non madame ! je peux pas boire en service…

— mais j’ai pas parle de boire… je pensais à trempette…

— trempette comment… c’est que ça peut en dire des choses TREMPETTE…

— voyons comment que vous les disez… » ô sea

 

j’étais mal barrée . et sans savoir pourquoi que je l’étais . tellement mal barré que je commençais à me rappeler de comment qu’on raconte les faits sans passer pour un poète . ah ! c’était clair et j’avais deux mecs dans mon lit pour m’éclaircir la transparence :

« t’as pas parlé de la tuer des fois… ? dit l’un ou l’autre.

— si Karim est mort . va falloir expliquer comment qu’il fait pour écrire des lettres…

— et les envoyer » ajoutai-je façon tremblote.

fallait se rendre à l’évidence . : j’étais devenue le centre sur quoi tout pivotait . tuer le pivot et ça s’arrête . des mecs comme ça : ça réfléchit pas longtemps . et si Karim n’avait pas écrit les lettres : c’est qu’il était mort ? et moi avec ô sinon

 

ah ! ce que j’avais peur ! t’es partie pour écrire un pamphlet contre le monde qui te fait chier parce qu’il ne te donne pas l’argent gratuitement — et te voilà en plein merdier à chercher à t’en sortir même avec ou sans amputation . peut-être qu’ils m’attachaient par une patte au fond de la mer au rocher qui avait connu l’agonie de jasmin . peut-être que je m’amputerais rien qu’avec les dents comme un renard pris au collet . j’étais dans les plans . déjà . alors qu’il s’était pas passé grand-chose . et que ma langue retrouvait des accents néoclassique :

« ah ! mais j’ai reconnu l’écriture ! lançai dans l’air raréfié de dessous les draps. vous pensez si je suis en mesure de dire si oui ou non c’est l’écriture de Karim : et ça l’est !

— forcément que ça l’est pisque c’est Karim qui les a écrites tes putains de lettres à la con qui vont nous foutre dans la merde si on fait pas quelque chose ! »

Ça . c’était le la poésie . JTarive n’en revenait pas d’avoir pu s’exprimer avec autant de clarté . et avec une économie de vocabulaire qui méritait de la reconnaissance nationale . mais j’ai pas eu le temps de m’exprimer à mon tour sur ce sujet délicat comme une hémorroïde mise en vers à la mode alexandrine : Karogne avait son idée : ô ben

 

Karim était mort ou pas . là n’était plus la question . les lettres allaient être dévalisés par Yúpala . non pas Yúpala . il est trop con pour être autre chose qu’un flic . bref elle seraient dévalisées et leur contenu en apparence anodin révèlerait des choses que ça en expliquerait bien d’autres . et pendant que John enculait Jim . Karogne et JTarive m’ont piquousée de tous les côtés pour pouvoir réfléchir sans moi ô je vous quitte

 

C’est comme ça que je me suis mis à voyager… en attendant de crever… au fond de l’eau… attachée par une patte à un rocher ou une ancre… pas même une minute d’agonie… et au lieu de ça . je me retrouve à Phen . que ça s’écrit comme ça même pour les illettrés : Phen c’était le paradis de mes adolescences : : on y parlait le phenex :: : à la pelle qu’on le parlait ::: : mais comme le plus souvent on se parlait pas :::: : je le parlais mal quand j’y pensais ::::: : et je le pensais bien quand je n’avais plus que ça à faire ? ô patrie

 

l’ennui avec les bouées . c’est que tu remontes . mais si tu y mets du plomb à la place de l’air . tu remontes plus : j’aurais bien aimer y rester . mais j’avais encore du temps à faire avant d’arriver . alors une fois au fond je larguais le plomb . et j’avais assez d’air pour remonter / « mais pourquoi tu remontes si c’est pour revenir dans la même merde ? » on se demande : ou plutôt je ne me le demandais plus : au fond si tu y restes c’est pour toujours : : ça en fait du temps :: : et j’en ai pas autant / tandis qu’à la surface . même avec de la merde . ya assez de plomb pour recharger et descendre au fond pour au moins le temps d’une nuit / ? « ouais mais alors comment tu maîtrises ? » ? : je maîtrise pas . je tente ma chance . je fais durer . voir jusqu’où je peux endurer . et je deviens ce que tu vois ::::: : une phenex ô magie

 

ah ! je savais que le roman reprendrais où je l’avais laissé . pour plonger . aller au fond quand ça me chante . remonter et laisser le roman de ma vie reprendre son cours . mais seconde après seconde . pas plus d’une seconde : ? le temps de pousser un cri au lieu de me révolter avec les autres . les Palestiniens . les Quetchuas . les islamistes . les anarchistes . les cons . les miens . me voilà à la vitre . hôtel Phen . c’est là que j’ai rencontré Karim . les mots nous tombaient dessus descendus du plafond . et dessous la terre trahissait la présence d’une vie magmatique . ya que les poètes pour sentir ça . mais avant il fallait ? comment dire ? : démissionner : : déclarer forfait :: : pas seulement dire non ::: : ni s’avouer vaincue :::: : le cri au lieu de la révolte ::::: : ça ne concerne que soi ? les autres sont pas invités ? sauf pour crever dans l’explosion du martyr ? retraite spirituelle sans les bijoux de famille / sans la tradition nationale / sans les cahiers de l’enfance / pas invités les autres ? rien que Karim et moi dans un hôtel ? planète Phen & les phenex partout dans les rues et derrière les murs & les cris qu’on s’inflige & les cadavres des gentilles personnes aux terrasses des théâtres où se joue l’avenir du seul être qui compte & ô bateaux ivres

 

faut fuir le roman & tuer tout ce qui ressemble à un personnage : quidams des rues & clients des vitrines & spectateurs de séries & religieux & innocents & joueurs d’échecs & aventuriers des mers aux océans ventrus & bêtes immondes remontées des profondeurs & ces plages qui limitent le monde & ces horizons aux navires en fumée & ces chevaux qu’on ne monte pas & ces héroïnes flasques & ces héros nerveux et blancs de peur & ma poupée aux yeux arrachés par mon frère & toutes ces conneries qu’on m’a mis dans la tête pour que je ressemble à quelque chose d’humain & ces collègues pressés & toute cette valetaille qui se déplace à la vitesse des trains & ma main dans la poche qui caresse une crosse & personnages de vents et de papier : *histoire de sortir de là & de finir par accepter d’avoir vécu ô machines

 

*rarement nous sortons de notre coquille pour aller se faire foutre dans un roman ? moi je l’ai pas fait exprès ? qui qu’a compliqué j’en sais rien ? et si je savais ? si je savais qui a écrit les lettres de Karim (voir plus loin au moment où Yúpala les lit) ? qui n’est pas venu au rendez-vous pour me sortir de là ? 10000 dollars en espèce au douanier censé ne rien voir ne rien entendre ni même comprendre pourquoi & comment & la phen nous sortait par les yeux & on n’avait plus envie d’être là & l’argent : ce satané argent : : que tu as ou que tu n’as pas :: : que tu as gagné ou volé ::: : yen a même qui emprunte ? : « devine pourquoi je suis là ma chérie ? » (épouse embarquée à bord du Pequod) — j’avais juste de quoi passer une dizaine de nuit sans le capharnaüm qui sert de pyramidion au soleil ? je dis ça en note **parce que ce soir j’ai pas la peau assez tendu pour en jouer ô mes filles

 

***ce qu’il faut comprendre c’est que j’ai pas trouvé autre chose pour continuer de vivre (c’est pas faute d’avoir cherché mais faut croire ô Antonin que c’était pas le bon théâtre) & j’enfilais des perles sur le fil d’une histoire qui n’était pas la mienne : dans la fonction publique : : avec des devoirs à accomplir et des fers à tordre dans le rouge :: : ? forge de l’enfer bien payé & oh ah le joli maillot que tu portais en Grèce ::: : vacances payées par la Nation ou l’État je sais plus à quel saint me nouer dans ce pays de merde (que de pays de merde dans cet océan !) & moi griffonnant des kukus (sorte de haïkus mais en moins gentils) que mes collègues lisaient à la récré et sous le manteau & on se sentait bien dans la domesticité : bien que : : et voilà comment on en vient à crier au lieu de se révolter « mais dites quelque chose au nom de Dieu ! Dites ce qui vous passe par la tête ! on est là pour comprendre & une fois qu’on a compris :: : on n’est plus là ! » au suivant ô bordel

 

****ah ! je me lasse pas d’en prendre des notes ! après j’ai le temps de me forniquer toute seule & : ? je descends sur l’oblique des profondeurs (pas de verticale pour ce prix ma p’tite dame) & je réfléchissais à cette histoire qui m’arrivait & ce sac de nœuds que si j’avais su j’aurais pas venu « ne vous tenez pas ma bonne p’tite dame ne tenez rien laissez-vous aller comme si c’était le sein de votre maman ou la queue de votre papa papap papapap et braoum en plein le bataclan et ses spectacles nourris de messes et de popcorns » &&& des fois j’ai pas honte d’être là avec les autres : une galerie de bouées et de cartes postales & on se marre au crocodile & les chapeaux les fleurs les pipes en bois les coquillages les canifs suisse les naïls en pneu les & je suis là avec les autres : : pas plus conne :: : la même sans le cri qui me bouffe la vie ::: : personne se révoltait ni ne criait & y avait un chemin à suivre et on le suivait & et bien payés & la critique est facile & l’art est difficile & maintenant je descends toujours dans le même sens : lasse lassitude : : croisant la petite fille en slip orange & ah ! ces yeux de merlan frit & déjà dans le papapapap et les miammiammiammans s s s s & ô texte

 

« Ah ! ça pour être textue elle était textue ! mais elle a bien changé maintenant ! » merci papa maman et les autres & changée ouais mais j’ai pas l’air d’une Africaine & « ya de l’écossais là-dessous » me dit l’autre papap en me grattant la joue que j’ai déjà rose bonbon (biniou des papas ça en joue sans souffler dedans) ? . . . changée en poup& ? c’était juste avant que je rencontre Karim — je portais des binocles avec un petit cœur sur la branche droite — le nombril à l’air pour pas avoir l’air tarte en société & j’avais encore rien rencontré & je cherchais comme une guêpe voletant autour des hommes attablés : « vous écrivez des trucs vachement pas marrant mademoiselle luce !

— que si je les écrivais marrant vous en ririez ô prince William ?

— que si ! ô ma branche ! mon pylône ! Oh ! que si !

— ah ! ben je va tâcher d’y mettre du vôtre ô mais c’est chaud !

— Aaaaaah ! je retire tout ce que j’ai dit ! »

ô Dieu

 

des pages que je pourrais en mettre si j’étais pas limitée par © patrick cintas & de Shakespeare à Proust en passant par Melville et Jules Vallès :: : ne demandez rien à mes maîtres :::: : je suis en train de me la couler douce & avec des mecs que je connais pas mais qui s’y connaissent & cérémonie des soirs d’été en Espagne & en compagnie de fillettes à épouser & « mais où va-t-on ? » à l’heure précise du bonheur qui double la mise & c’est là que j’ai connu John : sans Jim à cette époque : : il avait pas encore goûté à l’anus : sa langue était la mienne : ? et j’avais pas l’âge de tout comprendre sans qu’on m’explique ? clé en main ? quid des enjeux de la poésie ? ça commençait à aller mal ? je sentais que ça pouvait pas aller mieux ? clé dans le cul et ailleurs ? raturant la moindre ligne qui ne ramenait rien ? des pages et des pages de ratures ? et tu voudrais que je ne te parle pas de poésie ô ma bite

 

& donc… on arrive au Pavillon . réception feutrée . « appelez-moi DOC . comme ça . sans rien d’autre . juste doc . doc doc doc . la porte d’une liberté comme il ne s’en vend pas en République . d’ailleurs je ne vends rien . je donne . mon ètre d’abord . vous saurez qu’il est infini . mais le vôtre l’est aussi . je vous le garantis . vous aurez des poils pour m’en convaincre . le repas est à 16 heures . un seul oui . tous ensemble . ô doigts de l’autre . bienvenue ! bienvenue ! et encore bienvenue ! » tant et si bien que je me retrouvai seule . SEULE DANS UN LIT !... : et tout de suite j’ai remarqué que le fenêtre n’était visible que dans le miroir au-dessus du lavabo qui avait l’air d’un évier : : faïence ancienne :: : bronze vert ::: : « si vous avez besoin d’une serviette nous vous la fournirons gratuitement : machère : : ici tout est gratuit ::: : VOUS NE PAYEZ RIEN !... » traduction : vous entrez dans la possibilité de devenir vous-même telle que d’autres vous ont rêvée avant de vous envoyer ICI . décision de justice IRRÉVOCABLE . le cul d’un prêtre de la Nouvelle Religion Qui N’en Est Pas Une : « tout ce qui n’est pas rentable ne vaut rien… ! on entend par rentable vous entendez par rentable etc. ô fraîche

 

« en fait…

— continuez… continuez…

— en fait…

— continuez… continuez…

— en fait…

— continuez… continuez…

— en fait…

— continuez… continuez…

— en fait…

— continuez… continuez…

— en fait… » ô faits

 

« j’étais…

— vous étiez… ?

— j’étais…

— vous étiez… ?

— j’étais…

— vous étiez… ?

— j’étais…

— vous étiez… ?

— j’étais…

— vous étiez… ?

— j’étais…

— vous étiez… ?

— ô y être »

 

« c’est… c’est toujours… c’est toujours un peu… c’est toujours un peu le même…

— vous dites… ?

— scénario… je dis…

— le même… je vois…

— vous voyez… ?

— je VOUS voie… vous me voyez ?

— nous sommes fous !...

— toujours un peu…

— le même…

— ô scénario »

 

Lettre de Karim

 

(2) BRANLETTE AU THÉÂTRE

Cliquer ici pour lire

finis

 

& ils osent dire que le révolutionnaire n’est plus ce qu’il était . déclin du type révolutionnaire . pourtant ils se suicident toujours . enfin : je veux dire : : ils finissent tous comme ça :: : tués par les flics (à la fin le flic n’en peux plus : il tire dans le regard : : il voit le regard dans sa lunette :: : et il tire dedans :: : il n’en peut plus !) &

la télé crépitait comme une vieille cheminée

te souviens-tu du bois de charme c’était…

ce n’était pas . nous étions…

révolutionnaires !... sans suicide cependant . car nous avions beaucoup à faire . après la révolution . inutile de se tuer . on se souviendra de nous (et ils osent dire et répéter : « voyez comme ils ne se tuent plus eux-mêmes : : s’ils se tuaient comme ces… comme ces… »

mais qui sont-ils s’ils ne sont pas révolutionnaires… ? ô Allah

 

télé crépitant au-dessus de nous . le match commence à . et il commence . et se finit . au lit… !

« je ne dormirai pas ce soir… cette nuit…

— quoi cette nuit… ?

— cette nuit je…

— tu… ?

— c’est là… en dedans… je tiens plus… ! faut que ça…

— finisse… ce monde est conçu pour les fous et les crapules… nous ne sommes pas fait pour ce monde… et pourtant… le changer… nous le changerions si…

— cette nuit… ?

— peut-être… qui a gagné ? »

ô tache sur le mur

 

rien à voir avec ces organisations complexes qui structurent le roman de l’aventure humaine :: : non :: : rien à voir :: : avec ces lunes envoyées dans l’espace conçu :: : je souligne conçu parce que :: : rien à voir :: : pas de personnage maître d’œuvre au-dessus de la hiérarchie des fonctions :: : pas de théorie délirante :: : pas d’anecdotes pour illustrer l’ampleur de la fresque :: : pas de fil d’Ariane :: : tout :: : est beaucoup plus trivial :: : tout :: : depuis l’entrée :: : un jour de pluie ou d’été :: : un jour comme il y en a des tas à passer avec ou sans les autres :: : jusqu’à la première manifestation de l’espoir d’en sortir :: : « serez-vous indemne ô ma petite dame qui ne fait pas son âge… ? » (si jamais ça arrive) (mais d’après le voisin de lit ÇA n’arrive qu’aux autres :: : comme les maladies qui déciment) tout :: : aussi simple qu’une feuille de papier blanc :: : rien d’écrit :: : rien à écrire :: : sinon le journal :: : petites inventions :: : genre haïkus :: : aphorismes des choses :: : ô ça alors

 

parano des complots pas possible sans organisme pour la secréter . vous verrez ça . le seul problème . c’est vous . vous et vôtre… & ne regardez pas derrière vous . les guerres . les travaux des jours . les systèmes relationnels . y compris ce qui vous manque . regardez-vous dans le miroir . il est fait pour ça . pas d’existence sans au moins une idée à propos de miroir . vous vous voyez et vous voyez les autres . sans les autres impossible de s’imaginer autrement . ça devient sacrément profond cette story on board… !... « cherchez l’animal qui correspond au fond de votre pensée… Melville et son cachalot… Valéry et son serpent… Hemingway et son taureau… Faulkner et son ours… cherchez vous ne trouverez rien… ! » qu’est-ce que je fous ici ?... mais qu’est-ce que je fous ici quand je serez mieux ailleurs ? :: : ailleurs :: : métabolisme des substances :: : religieuses :: : toxiques :: : intellectuelles :: : poétiques & regardez-les chercher encore alors qu’il est l’heure de manger :: : ensuite à l’heure de dormir ils trouvent et alors ô alors

 

ne cherchez pas à construire un pont & ni le mausolée & ni la route & ni l’amour d’une femme ou d’un homme :: : restez seul ! ne vous aventurez pas dans la fonction publique, privée ou spirituelle :: : gagnez du terrain et droppez juste !... pauvres déplacés du matin :: : minables revenants des soirs :: : ne cherchez rien qui vous projette sur l’écran des publicités :: : joies chèrement acquises :: : tout est beau si on a les moyens :: : un conard me chantait la Marseillaise en zézayant :: : « ah si j’avais une étoile pour expliquer l’inaccessible… ! » mais qui possède ce genre d’article dans sa boutique à Panurge ?... il ne s’agit que prendre place dans le train national :: : et d’être prêt à faire la guerre :: : ou en tout cas d’en accepter l’idée :: : et que d’autres la fassent :: : les volontaires :: : intermédiaires télévisuels denses & Jadis . le Grand Jadis . beau comme un fer de lance . la bite dans sa tirelire . et le cul en phase avec l’ambiance générale . le GJ percute de plein fouet la porte de votre chambre et Bobonne le prend pour la Constitution même . ah ! et ô styles

 

« vous avez commencé à raconter votre histoire… même qu’on y a cru… et maintenant vous ne racontez plus rien… ! Qu’est-il arrivé ensuite… ? Yúpala ? Le corps de jasmin ? L’Interrogatoire ? Ah ! L’Interrogatoire !!! & tout ce qui s’ensuit !... du moralisme et de l’aventure !... des leçons à recevoir avec le style qui s’impose aux grandes causes éthiques dont ce monde ne peut se passer ! & vous interrompez le fil pour vous reposer dans on ne sait quel organisme nécessaire à l’explication du Grand Foutoir qu’est devenu le monde à cause de personnes — si on peut appeler ça personne — comme vous qui ne désirez plus rien alors que jamais ô grand jamais on a été aussi proche de l’orgasme définitif… ! ô épectase »

 

et ça courait sur les murs comme au plafond . le sol était transparent . tellement que je voyais tout . aussi loin qu’il est possible de voir . et les murs et le plafond crépitaient sous les pattes, les ventres, les langues, les manuscrits… ça crépitait mais je voyais ce que je voyais : une distance impossible à décrire autrement qu’en termes poétiques : : inefficience des mathématiques en la matières : : au diable les religions et leur corollaire le Droit : : ah je sais pas comment expliquer ça ! : : je voyais ! et ÇA se voyait, ironisait le personnel interne : : feuilles volantes après l’horaire fixé par le règlement intérieur : : ils s’en allaient à bord de leurs bagnoles : : jamais d’accidents mortels : : ironies de retour dès le matin : : et de toutes façons il y avait un personnel de nuit :: : « mais non luce luce luce ! vous n’avez jamais tuez personne ! tout ça c’était dans votre premier roman et il n’a jamais été publié & les autres sont bien rangés dans votre dossier ::: : ah elle est belle votre postérité » ô luce

 

étages

de vent

ô façade

et le type qui me regardait à travers la vitre répétait ça en souriant comme s’il m’avait déjà vue

étages

de vent

ô façade

et je le croyais ô dis donc ! dis donc ! dis donc ! et il pénétra & il pénétra & et je fus pénétrée & comme ça ne m’a jamais traumatisée & même n période de viol & j’ai pas dit un mot

étages

de vent

ô façade

ah c’est pas ce qui se fait de mieux question diversion mais j’en ai eu pour mon argent et le personnel nous a escortés et on a dû s’expliquer & on s’est & surtout lui :: : moi je :: : « réfléchissez ! » à quoi… ?

étages

de vent

ô façade

 

je sais plus qui est qui :: : je l’ai su mais aujourd’hui je m’en fous :: : le couloir n’était pas celui de la mort :: : ma mort :: : au contraire on m’a poussée dehors « vous voyez… c’était pas difficile… vous avez même réussi mieux que beaucoup d’autres… » : des autres… ? des autres autres… ? alors que tout était si facile du temps de Karim…

— quelqu’un est venu vous chercher…

— quelqu’un… ?

— vous verrez bien…

— je n’ose pas dire son nom…

— sortez et rejoignez le sas d’entrée… on vous attend…

— si court ! si vite passé ! cette folie…

— mais personne n’a dit que vous êtes malade !

pourtant… les commentaires… la famille… retour à la case départ… à la cause départ… sans révolutionnaire à la clé…

— ne pensez plus au suicide des autres ô luce :: : ceux qui se sacrifient au nom ô nom

 

*****après tout c’est peut-être ça la poésie — ces matins avant de partir en voyage quotidien :: : « alors comme ça on vous a soupçonnée d’avoir ô d’avoir ô comme la justice peut se tromper quand elle n’a pas de chance ! » j’étais enceinte alors un poète entre deux âges m’a cédé sa place et on à fait la causette en attendant de se séparer sur le même quai :: : j’écrirai ça demain :: : promis juré :: : si j’oublie pas :: : toujours j’oublie :: : je sers à quelque chose :: : je sers à quelque chose :: : et en montant je répétai ça sans y croire :: : « tout le monde y croit ! » même ceux qui ne croient en rien :: : révolutionnaires du jour chômé :: : non ce n’était pas moi :: : j’ai voyagé avec Karim :: : et on a vécu avec l’argent :: : on l’a dépensé :: : durement gagné à le voler :: : et partagé entre nous :: : chacun sa peau mais ensemble :: : . . . dans la coupure :

COUPLE DIABOLIQUE ETC.

— ne pensez plus au suicide des autres ô luce . LE VÔTRE N’A PAS PLUS D’IMPORTANCE . qui se souvient de Juju… ? (un gosse du néolithique supérieur . son squelette fossilisé en témoigne) :: : Juju dans la bande dessinée . Juju ô Juju

 

******ô peut-être

 

« voilà… c’est ça… j’ai tout mis dans un sac… j’ai secoué… et voilà… le plus grand poème épique du XXe siècle… » putains d’

 ???? . aaaaaaaaaaah proxénètes d’

 ??????? : : l’anus est entre les fesses . pas ailleurs . aaaaaaaaaaaah ! quel pied !... pauvres cons d’ « auteurs » du Milieu ô pivot

 

Juju pète le feu ! & nous voilà torchant le cul de la société constituée démocratiquement avec la couverture des illus empruntés à une enfance hésitant entre papa et maman :: : Zembla Bleck X13 Tartine :: : tout ça foutu dans le sac à Pound :: : comme poulet à l’américaine :: : la fumée de la chair pique les yeux des collabos & ah Juju s’élance dans le ciel des missiles et y laisse sa trace & trace d’ange & sa petite queue pas encore déflorée par la voisine qui fréquente déjà l’adolescence & « tu veux que je te dise Karim… ?

— dis toujours…

— j’arrive pas à suicider l’enfant que j’ai été…

— ya pas de solutions pacifiques nénette…

— tu veux dire que la guerre est en nous… ?

— où veux-tu qu’elle soit conasse ! » ô mores

 

alors comme ça ils sont venus te chercher et &

& rien / je savais pas qui ils étaient /

& ?

& rien !

& tu les as suivis… ?

& oui…

& alors… ?

& rien ! nada !

& ils t’ont violée ?...

& ils étaient pas venus pour ça… je suppose…

& le monde luce ! LE MONDE !

& j’en avais plus rien à foutre…

& parce que t’avais appris des choses…

& je savais pas tout

& eux ? ils savaient… ?

& ils n’ont même pas essayé ! ô Sade

 

phénoméride . n . fem . eth. montreuse de cuisses poe. court texte sur la trace du roman cit. « luce n’a pas vécu assez longtemps pour démontrer la pertinence de sa thèse » . arto . verset 3 . sourate 0 . « je dansais et forcément ça m’amusait je veux dire que ça a fini par m’amuser parce qu’au début ça m’amusait pas du tout j’étais payé au poil chaque poil tombé sur le zinc était comptabilisé dans la caisse enregistreuse glink glink ça vous fait (ici le nombre) poils divisé par (ici le taux d’intéressement) glink et je repartais chaque soir avec mon pognon de quoi passer le reste de la nuit oui j’en témoigne devant cet autel de la toxicité avérée ya pas de roman sans phénomérides et là je parle pas de moi mais de ô chougne

 

et donc je suis sortie et une fois dans la bagnole j’ai commencé à poser des questions sur mon avenir d’auteur de ma propre épopée & :: : « attendez luce ! » un silence à cet endroit . le moteur tourne à vide « allez Juju enclenche la première » « qu’est-ce que vous attendez de moi… ? » mais le silence s’installe entre nous & je vois les panneaux défiler :: : « un jour tu comprendras… » ou :: : comment on trahit son propre enfant :: : celui de sa propre chair :: : papa avait fait le service militaire dans le renseignement :: : « attendez luce ! » me voussoyant maintenant que je n’étais plus leur fille & « ah ! il s’en est passé du temps depuis cette sale histoire policière !... » la bagnole chavirant dans les fossés & le désert qui sentait la figue et le burnous & « luce ! luce ! luce ! tu n’es que ton propre personnage :: : ne t’occupe pas de ces cons :: : cette populace qui ne mérite que le travail non désiré :: : chômeurs en puissance :: : on en fait ce qu’on veut :: : des soldats :: : des ouvriers :: : des fonctionnaires :: : des prisonniers :: : des cobayes peut-être ô luce imagine le Laboratoire :: : et toi aux commandes d’un engin de malheur ô malheur

 

« alors comme ça on est contente d’avoir inventé sa propre unité de mesure… ? on en dépose les limites sur le plan sécant de la vie quotidienne & on en parle à la télé & phénoméride = ballon rond ou ovale selon la situation géopolitique & mais c’est qu’elle a un joli cul la luce ! lucez-moi svp avant qu’on me fusille ! :: : voici le fragment d’un chant qui ne vous concerne pas !... ah ! je suis moi et vous êtes ah ! vous êtes… ! vous êtes… ! plus perverse que la dernière des putes :: : qu’est-ce que vous faisiez avec cet Arabe… ? Et en Espagne par-dessus le marché… ! à part voler vos prochains… à part les assassiner… ?

— mais on n’en a assassiné qu’un !

— qui le dit ? la Justice… ?

— la Justice (celle des fous mais aussi la vôtre) dit que je n’ai rien vécu de tout ça & qu’il s’est passé autre chose & que ça n’a rien à voir avec Hollywood & ô laissez-moi »

 

on a traversé le désert en quatrième vitesse & vieille guimbarde des années 60 avec frein à main sous le volant . et les affiches exhibaient le visage déterminé du modèle à suivre . la viande est excellente à cette latitude . le Pequod sur une mer de sable tranquille . carcasses entre les bornes kilométriques . pas de cadavres . « la justice de ton pays t’a lavée . on est d’accord là-dessus mais explique pourquoi :: : qu’est-ce que tu foutais dans cet asile de fous… ? qu’est-ce qu’ils ont fait de toi… ? » ils se sont arrêtés chaque fois que j’ai exprimé mon envie de pisser . à force de thé . j’avais même pas une photo de Karim . ah ça avait failli mal tourner . avec Karogne sur le pont . défiant le flic imperturbable . où est Karim était la question récurrente :: : « ils te l’ont pas posée chez les fous — ah ! laisse-la tranquille ! ils y posent pas de question aux fous… ! laisse-nous vivre notre aventure :: : seul avec les autres :: : jamais abandonné :: : sacrifié ça oui !... mais jamais abandonné ! — fourre-toi ça dans le crâne ô guerrière »

 

moi qui aimais les récits en trois temps tout d’une pièce !... « vous êtes luce… ? on vous a vue à la télé… à l’époque on était en Espagne… Atocha… vous savez qu’ils ont fait un centre culturel de Carabanchel… ? tournez-vous… vous l’impure compagne de Karim… comment voulez-vous que je vous donne sa position sur le planisphère coranique en usage ici !... tournez-vous !... avancez !... les femmes c’est par là… non !... tournez maintenant… vous les voyez… ? appelez la première !... Karen !... c’est toi Karen !... ils t’on pas enfermée… ? explique-moi tout » ô femme

 

de l’asile de fous français au harem salafiste il n’y avait qu’un pas et je l’ai franchi & oh pas toute seule . dans la bagnole ils avaient ri parce que maintenant je retournais chez moi sans maman sans papa sans Karim sans Espagne et sans papiers . aventure loin des partisans de l’Ordre nouveau . et même sans un seul anar dans ma culotte . plus de poils à recompter pour pas se faire voler par l’employeur . « tu dois être propre luce & ici c’est la propreté qui fait force de loi & tant que t’as pas compris ça t’as rien compris à ce qui est en train de se passer dans le Monde & nous n’avons pas à nous préoccuper de perfection & au Diable la perfection !... ce qui importe est pur . ce qui est pur vient de loin . de très loin ô luce . et Karim est déjà en route ô terre

 

Karen était devenue poétesse . pas question de phénomérides ici !... la poésie doit rimer à quelque chose . attention au mensonge !... on te coupera la langue si tu mens… regarde le couteau :: : un couteau pour chaque langue :: : voici le tien :: : luce :: : le couteau qui coupera ta langue si ta poésie de rime pas avec :: : ô luce :: : comme il est difficile de rimer dans ce monde !... pourquoi n’es-tu pas restée avec les fous :: : en France :: : avec les extrêmes :: : cassant du flic en douceur :: : sans rimes :: : sans contraintes d’aucune sorte :: : alors qu’ici :: : mais qu’est-ce que je fais ici ?... oui Karen :: : qu’est-ce qui est arrivé ensuite ?... ô folie

 

« je vais t’apprendre à écrire de la poésie qui n’en est pas…

— j’ai déjà donné en France…

— ouais d’accord mais dans une optique perfectionniste !...

— j’écrirai plus de poésie !

— ils t’ont enlevée pour ça ô luce !

— quoi !... c’était pas par amour…

— tu parles…

— mais c’est que je l’aime moi mon Karim !... »

ensuite on leur a fait à bouffer . les uns revenaient de patrouiller au sein de la populace des marchés . les autres se réveillaient à cause de la nuit . et karen qui cherchait des rimes !... Karen qui ne m’avait pas oublié…ah ! si je vous racontais… ô partisans

 

comme si j’avais déjà écrit ce roman après en avoir écrit le récit complet . repassant plutôt deux fois qu’une sur les chemins qui mènent à la fin . the end . après ça on sort dans les rues passant devant les terrasses où la petite bourgeoisie parisienne jouit de ses salaires et de ses avantages sociaux . viande à munition . barbaque des plaisirs terroristes . inconsciente arrogance occidentale . tak tak tak . bouclier de la bourgeoisie de haute volée parisienne . la masse vrombissante des couches inférieures servant de cachette à ces soldats venus de la Montagne . HLM aux fenêtres soucieuses . ici on respecte les pelouse . et à Paris le pavé sonne le creux de ses libérations douteuses . et moi entre le pain qui monte à l’ombre des fenêtres de ce pays sans arbre . et le sac de couchage où je crois planquer mes proses . sans dico pour nuancer . sans mes volumes de connaissance . recevant les cartes postales . « mais enfin luce !... penses-tu un instant à ce qui t’arrive… ? » non… conards… anarchistes et fascistes… je ne pense pas… je ne suis pas… je m’éternise et ça ne va pas durer ô merde

 

800 pages que j’en avais mis . toute mon aventure . et des détails !... de la documentation… du Melville sans cachalots… « ah mais c’est que ça va pas être possible !... » s’est écrié mon éditeur à Mazères & « aujourd’hui plus personne ne lit !... le lecteur se fait rare en ces temps audiovisuels… pas plus de vingt minutes !... je vous accorde vingt minutes pas plus !... au-delà on ne publie plus… ! relisez en vitesse . foi d’éditeur !... » et c’est ce que j’ai fait . relire . et maintenant que je ne suis plus avec les fous . je relis ma relecture . et je crée un nouveau genre que j’appelle phénomérides (allez donc savoir où j’ai cueilli ce mot) & ah ! c’est que j’ai le temps de laisser perler cette sueur sur mon front de femme courbée devant le fourneau . ce que vous lisez là mes amis :: : c’est la troisième couche :: : après un roman tout ce qu’il y a de roman et la relecture entre deux piquouses dans la tête . ces miettes désertiques . ô Sahara

 

Karen écrivait de tellement bon poème qu’elle arrivait plus à les signer . elle revenait avec l’œil au beurre noir . ou en boitant . la lèvre pissant un sang presque noir . et pour pleurer ah ce qu’elle pleurait !... elle en mettait partout . et sans oser contester . juste pleurer . et un guerrier tout propre déposait un sac de farine à même le sol . ça sentait la levure de bière dans cette pièce . sans la bière . le mec qui revenait délirant avait une balle dans la tête . un autre l’empêchait de raconter sa vie finissante . le Diable inspire les mourants . surtout quand ils souffrent . la peur de ne plus être là demain . Karen écrivant le couplet . pendant que je pétrissais . Juju alimentant le feu avec des brindilles qui se consumaient trop vite . ah ce pain blanc comme ma conscience !... ô croissant

 

« t’as revu les autres…

— les autres… ? quels autres ?...

— hé bé les autres… du LongSong

— t’aurais dû rester chez les fous luce…

— pas chez les fous !... en France…

— t’as pas oublié le sel des fois… ?

— j’oublie jamais rien ô Karen…

— des fois tu ferais mieux… Karim… et les autres… mieux oublier…

— je peux pas !... l’amour !... ma chair qui veut se reproduire…

— bientôt tu pourras satisfaire ce saint désir ô luce…

— tu crois… ? ô Karen en poésie !...

— je crois pas la même chose que toi lulu mais j’en suis sûre…

— ô la foi »

 

il a pas fallu longtemps pour qu’un mec (pas mal foutu d’ailleurs) se mette à me tourner autour & savait-il que j’avais compté mes poils sur le zinc avant d’être enlevée ?... et que j’avais fréquenté le milieu psychiatrique français de mauvaise réputation scientifique… ? et Yúpala ? connaissait-il l’Espagne… ? ses exigences de chant ? & il fallait bien que je lui parle de Karim avant qu’il ouvre lui-même sa bouche & Karen est sortie (soi-disant pour aller chercher quelques gouttes de fleur d’oranger dans l’immensité gluante du marché) — attention à la cuisson ma chérie !... et à peine sortie voilà le type qui se débarrasse de ses brêlages & il vole un instant au-dessus du fourneau . ses mains tâtant la tôle brûlante . il ignore tout du feu de cuisine . son genou touche la terre battue . ou la moquette en une autre occasion . mes mains brûlées au contact du pain . ou d’un verre . l’acier rutilant dans son cuir . ah la la ! ya rien de plus beau qu’un guerrier qui a reçu l’ordre de se marier et d’avoir beaucoup d’enfants !... complètement tordus du ciboulot des ô islamistes

 

chaque fois que je suis sortie de ma coquille . ou qu’on m’en a jetée . chaque fois j’ai connu l’amour . et j’ai avorté . en Espagne . à bord du LongSong . sous les doigt expert de DOC qui se renseignait au fond d’un verre . et là on (Karen) me parle de cinq ou six gosses minimum . elle qui est stérile . qui vend sa poésie par amour . « on fait comment pour se débarrasser de six gosses merde !... » & j’avais pas de plan . juste cuire le pain et aller chercher du pétrole lampant . ma seule sortie parce que j’étais célibataire . quel type désirant épouser une phénoméride ?... dans la boutique à pétrole et autres consommables de la cuisine arabe . mon visage en sueur sous les voiles . et ma taille encombrée de sacs de légumes . ah ! je me voyais pas en mère de famille au service de Dieu et de ses ouilles assassines !... mais à qui écrire ?... à Karogne qui existait peut-être encore si le LongSong n’a pas coulé en plein bourbier internationalement conçu ô signes

 

entre voiles divers et moucharabié . j’étais mal partie pour revivre une aventure intense jusqu’à la condamnation ou l’enfermement . j’étais déjà enfermée !... je d’abord enfermée et ensuite :: : pas question d’être libérée :: : ici les histoires qu’on lit pour s’instruire ne commencent pas par la liberté :: : elles se finissent par où elle commencent :: : et ça fait des mortes sans visage :: : tout se passe dans l’enfermement :: : alors qu’avant :: : du temps de ma vie brève et heureuse :: : je commençais par la liberté :: : je la perdais pour une raison ou une autre :: : pénale ou mentale :: : et à la fin j’étais libérée ou j’étais en cavale :: : de pareilles conditions d’existence alimente le roman :: : autant dans ses ambitions philosophiques que commerciales :: : ah je promettais !... mais ici :: : dans cet étrange désert peuplé de villes grouillantes comme l’infection :: : toute mon aventure était confinée dans des murs que j’avais pas conçu et que jamais je considérerais d’un œil expert de cet extérieur signé Allah :: : « ne dis pas ça !... pas ici !... » s’écria Karen :: : certes mais c’est où que je le dis ô sibylle

 

tu vois comme ça va vite de phénoméride en phénoméride :: : pas de détails pour alimenter le récit :: : si t’as besoin de détails regarde la télé et écoute ce qu’on te dit avant de le répéter :: : j’étais sur le point de me marier :: : avec un type beau comme un dieu qui s’appellerait pas Allah :: : sauf que j’avais pas envie de faire des gosses :: : à moins de les confier aux bons soins d’Allah toujours assis sur son trône en tapis :: : et le guerrier et moi on aurait du bon temps :: : comptant les poils cette fois sur les tapis que le bon dieu a déserté pour aller se faire enculer ailleurs :: : ah quel beau destin pur et pas cher !... ô DASS

 

*******le pire c’est quand ils te mettent dans une bagnole et que tu sais pas où tu vas . et quand tu arrives sur les lieux de ton exécution on te donne un balai un seau et une serpillère et te voilà en train de préparer le décor idyllique d’une fiesta dont tu ignores les tenants et les aboutissants & et en plus tu entends une voix masculine qui répète le dernier poème de Karen :: : sans Karen :: : car elle est restée chez nous :: : si c’est chez nous :: : pour préparer les douceurs au glucose qui accompagneront le thé ou ce qui se cache dans la théière :: : et moi récurant la dalle aux interstices de missiles non explosés :: : écoutant le chant guerrier que Karen a composé pour son homme :: : le seul qui ne lui fait pas d’enfant :: : ah ce que j’ai aimé ce calme de Pequod entrant dans le pacifique !... ô merci

 

un seul peuple !... au four les Juifs !... et que les autres se tiennent à carreau… va falloir prier dur et construire des mosquées !... que tous les chemins mènent à Médine !... ah j’en ai entendu des vertes et des pas mûres !... j’en ai tombé des poils en secret !... « et Karim… ? t’as entendu quelque chose… ? il sait que je suis là… ? à l’attendre… » mais Karen ne savait rien . elle savait ce qu’elle savait et c’était tout . et pendant que l’Humanité continuait de se réduire à ce seul peuple qui allait un jour déterminer l’avenir de l’espèce :: : moi je me plaignais dans mon mouchoir :: : mon mouchoir sous les voiles :: : derrière le moucharabié visité par les mouches coraniques :: : drones avant-coureurs du pire :: : t’en écrase une et Allah te pétrifie sur place :: : toi folle jadis ::: : et aujourd’hui :::: : capable du pire ::::: : sait-on jamais ce qui peut arriver même à l’âme la plus pure si on lui met un couteau sous la gorge et un autre dans la main… ? hein ô naguère

 

manquerait plus que des coupures de journaux pour alimenter ce livre . avec des photos éloquentes à tous propos . honnêtement . moi enculée chaque soir par le guerrier qui doit m’épouser sinon il aura des problèmes . en attendant ce jour bénit . il m’encule :: : je vais bientôt parler sa langue couramment :: : et je saurai des poésies en arabe . langue de Dieu . si Dieu existe . et s’il n’existe pas :: : langue du meilleur de l’homme :: : son sperme éjecté de mon ampoule rectale chaque fois que je pète dans le Koran :: : parce que j’y pète les amis !... tellement j’en ai marre du rituel pain-enculade quand c’est pas serpillère-poésie :: : mais les journaux n’arrivent pas jusqu’ici :: : faut sortir pour les quémander :: : et recevoir sa part d’infos :: : mais juste cette part :: : rien de plus à se mettre sous la langue :: : et ce livre n’est pas le témoignage initialement conçu pour servir de scénario au meilleur film de l’année :: : ah j’y avais cru tellement j’y avais mis du mien :: : mais vingt minutes c’est le maximum que je peux vous accorder . avait dit l’éditeur . et je me suis mis à compter . non plus les poils comme sur le zinc . mais les minutes . minute alimentaire de la lecture contemporaine . ô épistémologie

 

la goutte s’émancipant . hors de son cul . chaque matin une goutte . comme traversant une hémorroïde . et s’émancipant entre les fesses écartées . comme pour chier . mais il ne chie pas . il est inspiré par l’envie d’écrire . d’allonger la liste de ses pages . de ses interventions rendues possibles par l’extension de la toile d’araignée . de ses réseaux . de ses connexions . goutte pleine de reflets . reflets comme sur la mer un soir de cavale marine . le monde jeté en poussière à la surface de l’eau . et bien ici c’est la surface de son tapis . de sa main peut-être . de n’importe quel objet faisant office de réceptacle . car il veut conserver cette trace . il en accumule l’apparition matinale et quotidienne . il a même donné un titre à l’ensemble . ça stimule ses raisons de penser qu’il en sait autant que les maîtres d’œuvre de sa connaissance du Monde . goutte grasse de vocabulaire . d’images reflétant les écrans . raclures d’écran . cristaux recomposant le modèle envisagé & puis la goutte se détache . elle ne vole pas car il n’est pas dans le vent . il est entouré de murs . pas de place au souffle dans ce cabinet de travail poétiquement conçu . la goutte tombe verticalement sur le plan qu’il lui présente . un plan blanc parfaitement uniforme . elle s’écrase selon des principes de goutte . et maintenant elle s’épanche . elle se limite . elle prend forme . et elle sèche . son eau s’évapore . il reste l’essence de la goutte . son fantôme . ce qui peut revenir . traverser les murs . hanter d¡abord son propre esprit : « ô moi le suis-je poète chaque jour recommencé puis revu par empilement sans transparence . ô moi le suis-je et si je le suis… » ô dis

 

le commun des mortels n’a pas de langage . pas de virus en dehors de la parlote . grand bavardage publicitaire définissant la politique à voter sous peine de perdre la paix . pais des ménages . des héritages . des circuits touristiques . des spectacles aux terrasses et dans les salles . on ne parle pas de la même maladie . quand on en parle . parce que parler peu souvent revient à lire ce qui a été écrit . et pensé avant d’être écrit . long couloir de la mort sans cellule en rivages . sol montant ou descendant selon des principes d’eau . l’horizontale réduisant toute verticale à sa perpendiculaire exacte . pas de langage la populace . et portant ce sont tes fils et tes filles . tes pères et mères . tes semblables par effet de miroir seulement . et dès qu’il est question de s’arrêter pour parler avec eux . n’as-tu pas ressenti le soulèvement de terre que ce simple fait provoque ? :: : reste à savoir si leurs maladies peuvent t’affecter comme le tienne (unique et vengeresse) s’en prend à tes neurones (cela dit en attendant une meilleure appréhension du phénomène cerveau) :: : en attendant :: : en attendant ô merveille

 

la chronique exacte (impossible à traduire en langage d’homme) réduite à la fable . celle-ci fricotant avec la fiction . « on voit ça tous les jours :: : mais bon Dieu quand vas-tu te permettre de ne plus regarder ?... » ah comme s’écrivent les livres en marge des écrans !... comme nous sommes emportés par ces vagues d’infos et de pubs… ! où va se loger le plaisir ?... de la simple tentation pédophile à la négociation internationale . collez vos coupures sur vos murs . et invitez vos voisins de palier à dormir avec vous . en tout bien tout honneur . vos coupures non pas de journaux ni d’écrans (on appelle cela des captures) ? ? ? ? Juju le poupon exutoire :: : nu maintenant qu’il n’a plus rien à se mettre :: : Juju sans sexe :: : quelquefois un petit trou par où il pisse quand on lui presse le ventre . ou il est programmé pour ça . familles entières déplacés sur le parcours historique de la guerre :: : après les missions internationales destinées à protéger l’avenir de la démocratie :: : jouet épars :: : conservés en bien meilleur état que les cadavres d’enfants :: : où est la fable dans ce merdier ?... et comme je ne trouvais pas de force dans la prière :: : on m’a injecté la substance divine dans les veines :: : directement du producteur au consommateur :: : ah ! quel spectacle devant mes yeux !... j’en redemandais !... ô Lockheed

 

à chacun sa tête !... par Dieu ne vous gourez pas les filles !... Dieu vous en voudrait !... chacun a sa propre tête dans la vie comme dans la mort :: : c’est un bon exercice question connexion entre les hémisphères :: : si vous sentez une douleur lancinante dans les genoux :: : demandez à votre voisine si elle ne s’est pas trompé de tête elle-même :: : et disputez-vous jusqu’au dernier ongle si c’est ce que vous croyez juste :: : ô ciel de Syrie et du Monde tangent :: : chacun doit avoir sa tête sur ses épaules :: : une tête à soi que ni la vie ni la mort ne peuvent se disputer :: : soulevez le sable de nos déserts pour rendre la tâche encore plus pénible pour les yeux :: : & ne lésinez pas sur la sueur de vos enfants :: : le jour viendra où tout ceci sera clair comme l’eau de nos roches sacrées :: : rien ne manquera à une explication :: : qui vous est due :: : chacune avec sa tête à elle :: : pas celle d’une inconnue rencontré dans l’expansion du combustible ou de l’explosif :: : toi aussi luce :: : toi aussi tu connaîtras le bout du chemin :: : ce moment de joie si intense que tu accepteras enfin de mourir pour les autres ô trahison

 

ô mes phénomérides horizontale :: : où sont les zincs d’antan ?... les poils tombés et comptabilisés… ? les disputes avec le gérant toujours enclin à ne pas payer son dû… ? où sont nos cavales à la périphérie des asiles et des prisons… ? nos cavales d’hôtel en hôtel et de Karim en Karogne… ? ô verticales des perspectives d’artiste :: : où sont nos temps perdus jamais retrouvés… ? & le soir au milieu des insectes virevoltant comme autant d’étoiles terrestres :: : la queue de Karim dressée vers la Lune ? ? ? élévation d’un corps noyé au-dessus des dalles ocres du paseo :: : élisions de tous les s :: : « aspirez vos jotas !:: : » et nous nous prenions pour des Andalous :: : traversant bains et creusets :: : sans que tout ceci ait le moindre sens :: : le temps passant sur nos lèvres :: : ô beaux hôtels blanc et bleu des rives montagneuses & la bagnole avalait vaux et prairies :: : pare-brise crevé de bestioles jaunes écrasées :: : comme à la surface de ce massacre que maintenant j’examine de près :: : pas écœurée parce que personne ne crie :: : personne ne mesure la caresse du vent & ce soir je réchaufferai le pain pour l’ouvrir avec toi ô Bédouin encalminé ici-bas & celui qui me donnera un enfant me verra danser sur un cadavre de baladin occidental comme celui qui m’inspire en ce moment ô chasseur

 

« toi pas pouvoir faire enfants donc :: : toi tuer enfants… ! »

ah bé té pardi !... quand on manque de solutions on en trouve une de toute faite & si jamais vous n’êtes pas d’accord vous n’avez droit qu’à une explication conforme à l’idéologie / je me réveille en trombe parce que je suis en train de cauchemarder / et c’est moi qui fait parler les personnages :: :

« il est bon ton pain ô luce…

— moi pouvoir faire pain bon donc :: : toi tuer enfants… !

— courons à l’Occident pour y creuser nos tombes… celles qui serviront de berceaux à nos propres enfants !... »

on ne parlait que de ça : les enfants . les leurs et ceux des autres . ceux qui avaient le droit de vivre et ceux que Dieu lui-même voulait exterminer :: : car Dieu ne tue pas . il donne la vie et la reprend par l’intermédiaire des Pères et des Assassins :: : il n’a jamais procédé autrement & ce n’est pas maintenant qu’il va changer de méthode pour parfaire son œuvre infinie… ! ainsi vas-tu ô peuple

 

comme le Monde est petit maintenant que les voyages forment la jeunesse !... ô grammaire

 

ces hommes et ces femmes qui n’ont plus qu’une envie : laisser courir leurs plumes où elle va quand il n’est plus question de concurrencer Homère ou Shakespeare — écrire comme on s’entend le dire — ne rien construire qu’un rien pourrait détruire — vents d’autan des lectures improbables — larges jamais atteints — il en vient de toutes parts — migrants et autochtones — la plume facile sans automatisme pur — épanchements du sang dans la sève des arbres — ô pléthore des loisirs et des travaux mercenaires — que de prix à la clé — quelle animalité les inspire ô zut

 

je ne procède pas par multiplication :: : j’étage mes paliers & ma tour ne dépassera pas la hauteur définie par ses fondations :: : voilà ce que je dis :: : ô toit

 

certes il est nécessaire de militer… n’êtes-vous pas assez nombreux pour ça ? / dans tous les domaines tangents… ? / voici l’argent des autres :: : je le prends et OH ! je me fais prendre la main dans le sac !... mais n’étais-je pas la folle du village ?... moi luce la garce :: : aujourd’hui sans majuscule :: : maintenant commise au fourneau :: : celui du pain qui nourrit le guerrier aussi bien que la parole de Dieu !... ô blasphèmes silencieux des garces qui se terrent !... n’est-ce pas Karim lui-même qui m’a fait enlever ?... quand m’épousera-t-il pour que je puisse enfin mourir sans descendance ?... ou ne m’épouse-t-il pas parce que je suis stérile… en termes clairs : qu’est-ce que je fous ici… ? . . . ah ! tragédienne née pour la comédie parisienne !... comme je suis seule !... et comme le monde est vaste quand on ne sort pas de chez soi !... ô contrainte

 

« assieds-toi belle poulette du désert !... laisse-moi admirer l’ampleur de tes voiles !... j’ai un message de Karim…

— une lettre de Karim !...

— ou de celui qui se fait passer pour lui auprès de toi… ô poulette…

— encore cette histoire !... je croyais que la justice…

— la justice de ton pays… pas du mien…

— alors ce poète français :: : qui est-il ?

— tu voudrais bien le savoir ô poulette…

— le sais-tu toi-même ô Abbou… ?

— Dieu le sait !

— mais toi Abbou !

— voici la lettre…

— c’est la même écriture… celle de Karim… je la reconnais !...

— tu ne connais rien ô poulette »

 

Lettre de Karim

« Ma chère ô très chère LUCE

mon prénom en majuscule comme avant

voilà bien des mois, des années que je ne t’ai pas donné de mes nouvelles. C’est que pendant tout ce temps on m’a interdit non seulement d’expédier vers toi mes lettres d’amour mais de les écrire. Cette insupportable torture m’a changé, comme tu peux le deviner. Je ne peux même pas te dire où je suis enfermé ni pour combien de temps encore. Je suis désespéré, comme tu peux te l’imaginer.

Mes jours sont remplis de ta personne, du matin au soir sans interruption. Et les nuits, quand je ne rêve pas de toi, je t’imagine et je te vois presque à te toucher.

Comme je n’ai pas le droit de recevoir du courrier, inutile de m’écrire. Je ne sais pas ce qu’ils font du courrier reçu. Sans doute conservent-ils ces lettres dans leurs archives. Tu sais comme ils sont méticuleux et froids.

Qui sont-ils ? te demanderas-tu. Là encore, je ne peux te le dire. Je ne peux même pas te parler de mes conditions de détention. Tu ne sauras rien de ce que je mange ni s’il m’arrive de lire. Comme je n’aime que toi, ils ont fini par accepter que je t’écrive afin de ne pas rompre le lien éternel qui nous unit.

Alors de quoi parler ? me diras-tu.

De tout et de rien, comme ils disent. Je n’ai plus le droit de penser, même s’ils ne peuvent entrer dans ma tête. Je n’ai plus que toi et je me désespère de ne pas pouvoir te le dire comme un homme le dit à la femme qu’il aime. J’espère que tu ne m’as pas oublié…

On me dit avec enchantement que ton pain est de loin le meilleur du champ de bataille. Je suis fier de toi. Quant aux enfants que tu ne peux donner à Dieu, qu’Il continue de t’en priver s’ils ne sont pas miens.

Nous ne vivrons certainement pas assez longtemps toi et moi pour assister à Son triomphe. C’est ainsi et nous n’y pouvons rien. Je t’écrirai chaque fois qu’ils le voudront, forcé d’imaginer à la fois les détails de ton existence de combattante et les mots que tu me destine en pétrissant le pain de la Victoire.

Voici qu’ils m’ont autorisé à te communiquer un conte que j’ai imaginé pour toi. À ma grande surprise, ils n’en ont rien censuré. Mais pourquoi donc serait-ce à ma « grande surprise » puisque je n’ai pas même songé à y insérer je ne sais quelle idéologie contraire à leurs ambitions politiques ? N’est-ce pas, ma poulette ?

Voici ce conte. Et d’abord son titre :

 

Lettre de Karim

 

(3) BRANLETTE DU BATACLAN

Cliquer ici pour lire

finis

 

J’ignore, et j’ignorerai toujours, si cette histoire t’a amusée comme j’ai pris plaisir à l’écrire, ô ma poulette. Ils m’ont promis de te la transmettre sans en toucher une virgule. Comme tu peux te l’imaginer, Constance n’a jamais existé. Tant mieux pour elle. Et pour ce pauvre personnage de papier à qui je n’ai même pas songé à donner un nom.

Puisses-tu vivre assez longtemps pour entretenir mon souvenir ! Je t’aime comme si je t’avais créée de mes propres mains, dans la boue de ces déserts de l’Humanité que d’aucuns nomment l’Islam.

Ton Karim, pour toujours. »

 

Jim jeté du haut d’un pont (de loin pas un cri) ? ou ce n’était pas Jim ? grand pédé devant l’Éternel / (ils jetaient les hommes et les femmes dernière vision de ce monde pas fait pour eux ? pourtant à Los Angeles Jim avait été heureux) ? et de ma fenêtre à odeur de levain écran sur la ville :: : Jim et d’autres encore jetés du haut des édifices rouges :: : indésirables comme du temps où le Juif s’en allait en fumée :: : non ce n’est pas la télé c’est la fenêtre « j’ai connu ça » la fenêtre sur la ville poussiéreuse :: : soulevé par les chenilles mal ajustées :: : des gosses jouant à détruire l’indésirable :: : car nos désirs ne naissent pas en nous :: : ils sont les fruits de nos prières ? ? ? enfin le cri de Jim (ou de John voyant l’écran à Los Angeles) :: : la minuterie du four vient de sonner… ! « comme il est bon ton pain ô luce » comme j’aimerais tant qu’un autre homme meure ainsi à la place de Jim :: : mais non c’était Jim venu me voir juste pour me voir ? Jim venu de Los Angeles avec un sac sur le dos et un gode dans la poche ô God

 

alors je reçois une deuxième lettre de Karim (ou du poète français qui a pris sa place dans mon cœur) ô poésie

 

Lettre de Karim

« Ma chère ô très chère LUCE,

l’heure est au combat. Le sang se coagule sur les verres de mes lunettes. Je ne sais pas s’il faut écrire ou tenter d’appuyer sur la détente au lieu de me demander si je suis capable de tuer. Je choisis d’écrire. Mes amis n’y voient pas d’inconvénient. Ils tirent à travers les murs. Tuent-ils autant qu’ils le disent ? Je n’en sais rien. Nous mangeons ton pain, mais il est si poussiéreux que notre langue en est affectée. Nous ne buvons pas. Quelqu’un a oublié de nous ravitailler en eau. Ou le porteur est mort en route. Hier j’ai ramené le corps d’un enfant que je connais. Il portait de l’eau lui aussi.

 

Lettre de Karim

 

(4) BRANLETTE DE L’OUVRIER

Cliquer ici pour lire

finis

 

Ton Karim, pour toujours. »

 

je me vois morte . « je ne voulais pas mourir de cette manière » . nous les agenouillés de l’existence des autres . ceux qui recueillent les bons moments et en parlent savamment :: : il n’y a plus de vitrines dans ce pays . rideaux qu’on soulève à peine . de peur . des camions venaient de ramasser les corps tombés . la poussière que le vent dépose aussitôt . comme si Dieu avait honte : ? passant par là je me vois morte :: : non pas dans le reflet des vitrines comme à Paris :: : il n’y a plus de vitrines :: : souffles centrifuges balayant les surfaces écrasant les résistances suivant les chemins du quartier :: : je me vois morte :: : la nuit m’angoisse au point que je rêve d’un autre pays ? ? ? par exemple comme à Los Angeles avec Jim et John . partageant l’impossible pour goûter au possible ô oui

 

parle-leur simplement . parle-leur de ta mort . de ta soudaine vieillesse . alors que tu as l’âge d’exhiber ton anatomie sur les plages . sans te soucier d’autre chose que de ta jeunesse :: : ô slip

 

le rose de la vie sur les joues d’une enfant qui revient . cherchant ce qu’elle a perdu . encore essoufflée . les cheveux coiffés par le souffle . la robe déchirée sans ceinture . moi aussi j’avais perdu quelque chose :: : mais je n’ai rien fait pour la retrouver ô vitesse

 

devenu fou il enfonça sa bite tendue dans le pain encore chaud . et provoqua l’hilarité générale . je les avais toujours connu graves et silencieux . ce n’était plus des enfants . ils avaient même un nom maintenant que le feu avait léché leurs âmes en péril . ô porno

 

au moins dix anecdotes par jour :: : toutes se rejoignant ici même :: : à l’endroit où je me réduis au silence :: : de quoi alimenter au moins un volume de cris et de machines . ma tête les contiendra . le tissu se formera sur ma peau . je ne mourrai pas sans avoir achevé cet ouvrage de temps et de noms . ô édition

 

confusion globale qu’il est toutefois possible de raisonner dans son logis . ô douces pénates en forme de charentaises . avec cet écran qui ne reflète rien :: : qui envoie :: : jours et nuits au service de la réception :: : tatouage de l’esclave consommateur au détriment de l’esclave producteur misérable et écœurant . :: : nous la haine de la misère :: : compréhension de la misère :: : beaux objets inutiles des flux économiques :: : cherchant l’utile et ne le trouvant pas :: : ne trouvant plus rien là-dedans :: : comme si la poubelle n’était pas la poubelle d’une autre poubelle ô villes

 

où l’antan ? l’année ainsi passée . pain et poussière . voyages dans la ville à la recherche du camion . corps ici . enfants comme vieillard . dehors le temps est au beau . il ne manque que la plage des Sablettes . ses filles d’or . nues ou presque . spectacle du temps retrouvé après la lecture . ? ? ? où l’antan ? une année passée à espérer la fin de tout . « jette-toi sous un camion » mains crispées sur l’espagnolette . pendant que des corps silencieux chutent vraiment . jetés dans le vide . claquant comme drapeaux sur l’asphalte en fusion . « mais que s’est-il passé ? » nous demanderons-nous . une fois passé tant d’autres années . à revoir le même écran de gorges tranchées et de poussières noires . « de quel antan me parlais-tu ô mère ? » ô non

 

pourtant les filles ramenaient des couleurs du désert . revenant dans des robes aux mille et une couleurs . des filles que personne n’a encore violées . elles revenaient des déserts de l’Islam . dents au vent . foulards envolés . phénomérides heureuses de l’être . ici comme à Paris . ô les couleurs de ce désert éternel !... couleurs tissées ! couleurs broyées !... les chevaux soulevaient la poussière de la ville . petits seins aux tétons crispés . Dieu à la traîne :: : Dieu enchaîné :: : Dieu courant à perdre haleine :: : « nous sommes ce que nous sommes » :: : ô être

 

oui oui oui j’écris que je n’écris pas :: : oui mon corps n’en veut plus !... « luce ! » cette guerre interminable me cerne :: : journaux (quand je lis) :: : écrans :: : yeux :: : vitrines :: : guéridons tranquilles pour l’instant :: : à quatre pattes sur les trottoirs les guéridons de Paris :: : j’écris que je n’écris pas :: : dis-tu :: : sans le dire au passant :: : qui pourrait en prendre ombrage « ô ombrage des passants et des arbres » ô putes

 

les écrans mous de nos télés / n’ont pas le charme des vitraux / mêmes couleurs mais à l’envers / on dirait que tu n’es plus là ô cadavre

 

une enfant s’est enfermée elle-même dans un linceul de journaux :: : je l’ai seulement transportée du milieu de la chaussée au trottoir où s’ouvre la porte de l’immeuble qu’elle habite :: : je ne lui ai pas demandé son nom puis // … // « n’ouvre pas la porte ! je suis toute nue ! » j’entendais cela à travers la cloison puis // … // ? des fois je n’y crois plus :: : tu as peur :: : tu ne possède rien :: : voilà comment j’explique ta :: : « moi je n’explique rien . je cours sous la pluie . glissement à l’angle des rues . je n’explique rien ! » cette manie de tout expliquer !... là-bas : à Séville ou à Cordoue : les explications d’une vieille militante :: : « l’Islam ou autre chose… n’importe quoi pourvu qu’on soit en paix avec qui ? :: : soi-même :: : répétait-elle :: : soi-même ô ici »

 

« ils sauront le faire un jour… ils auront les hommes et les femmes… l’université… ils auront des usines sous le désert… mais qu’ils ne s’avisent pas d’occuper le ciel… ne serait-ce que pour organiser des voyages d’agrément…ah ! ça non !... » dans le Patio des Lions à Grenade . conversations des conversations . dans quel sens va le monde ? « et moi… où je vais ? » et le Turc s’empara de son passeport pour le lécher :: : « un jour ils auront assez de cran pour s’associer au Diable lui-même… » au bord du bassin du Generalife à Grenade . conversations de conversations . reluquant les murs couverts de signes plus ô moins

 

« tuez les gens armés… ! ne tuez pas l’innocent aux mains pleines !... les rues de Paris ne sont pas tranquilles . l’ont-elles jamais été ?... terroristes . pickpockets . commerçants . flics . curés . rabbins . musulmans . adeptes du thé et de la croix de fer . » et le type (à Málaga je crois) nous bassinait . banc face à la mer . brandissant sa pétoire d’enfant (c’était peut-être un enfant :: : tu les rencontres non pas par hasard mais parce que tu te balades avec les autres entre la plage et les terrasses :: : toujours ce goût inné pour les vacances de rêve :: : un enfant proposait ses beignets :: : huile noire des paellas :: :) « mais qu’est-ce que je fous ici . moi SDF parisien ? ::: : » comme le ciel est blanc en Andalousie !... ô salades

 

la colère . ce qui monte en soi . et finit par s’exprimer :: : dans la joie ou le cri :: : Allah Akbar :: : Vive l’Anarchie :: : l’Harmonie en forme d’Homme :: : lequel est représenté par une Femme :: : le patio où tout se décide :: : la cour des écoles communales :: : « connectez-vous avec le Monde !... » cette colère de l’individu qui ne parvient pas à rejoindre les siens . mais quel siens ?... qui sont les siens… ? à la balle et au couteau . colère sans résistance . ou après avoir résisté . mais était-ce de la résistance ?... ÇA :: : « ce que je vois de toi et du Monde que tu habites en étranger… » nous ne reviendront plus car nous avons été abattus par des flics ô échec scolaire

 

bruit de corps qu’on broie sous les roues . poitrail ouvert comme une valise . glissage dans l’hémoglobine . luges de la trouille . le cul par terre et tournoyant . happé par le sillage des balles . dans les chiottes n’en pouvant plus de retenir le cri . criant que ça n’a plus d’importance . seul ou seule dans ce réduit . la chasse automatique ponctuait l’attente . corps broyés . traversés . « on se serait cru à Utah Beach . plus tard on fouillera ces sols à la recherche des sensations que la mort a enterrées . « moi l’archéologue du terrorisme :: : fouillant sous les dalles :: : les pavés :: : les traces de pneus :: : grattant du bout des doigts les parois de la niche :: : ne trouvant rien conne de juste :: : c’était pas là qu’il fallait chercher !... » ô autres bruits

 

petites échappées de vapeur dense dans les fissures du couvercle sécuritaire :: : des cons s’habillent en flic :: : « on a la vocation ou on l’a pas » le mort et ses morts :: : on en oublie la chronologie :: : un ou deux noms demeurent :: : présidences en gloire :: : avec le ciel pour décor :: : et des trous dans la terre comme bouches de métro :: : voyagez avec eux !... entrez dans l’uniforme :: : vous ne serez plus vous-même :: : vous qui avez échoué à l’école :: : vous qui n’avez aucune chance dans le domaine de la connaissance :: : agissez par uniformité :: : vendez le peu qu’on vous a donné :: : et mettez le doigt dans ces fissures :: : 130 degrés Celsius :: : pas moins :: : et faites des enfants pour la suite :: : car il y aura toujours une suite :: : rivages des retraites :: : « ya assez de fric pour ça !... » ô éducation

 

« voilà comment je justifie ma colère !... » à la mode commando . la lame tranche l’artère . ô libération des substances apaisantes qui préparent la mort !... et tout ceci sans éprouver de plaisir :: : le travail bien fait :: : justifier sa colère en tuant l’inconnu :: : le porteur d’armes comme l’innocent aux mains plaines :: : salarié aux avantages sociaux :: : gréviste sans Histoire :: : même un enfant qui n’a pas encore voté :: : ô religion de la démocratie !... ce sentiment d’appartenir à la classe :: : cette recherche du héros :: : ô apologie

 

Dieu a voté !... et sortant du bureau électoral il prononça un discours attendu par des milliers d’électeurs . je le sais :: : j’étais là . il vota comme tout le monde . Dieu avec une majuscule . la majuscule qui le nomme . les autres dieux traînant leurs langues sur le trottoir avec les putes et les dealers . Dieu donc vota et sortit . il discourut et passa à la Une de la télé . et quand la bombe explosa sous ses pieds divins :: : il s’éleva avec les autres mais fut le seul à atteindre le ciel ô mathématique

 

je le suivis :: : pas jusqu’au ciel parce que l’air se raréfiait :: : on ne respire plus à l’approche des lieux saints :: : comme ils défendent pied à pied leurs murailles et leurs supplices !... bénissez les sacrifiés au nom de Dieu :: : le Dieu électeur qui descend sur terre pour donner l’exemple :: : je l’ai suivi :: : je ne suis pas entrée dans le ciel :: : j’ai touché ses voiles inconstants :: : et il s’est mis à pleuvoir dans ma maison :: : ô pas des gouttes froides de cumulonimbus :: : une pluie si fines que le soleil des fenêtres n’eut pas de mal à l’évaporer :: : des pages s’élevaient :: : j’étais si proche de ma victoire sur la colère :: : la colère que vous m’avez donnée pour ne rien me donner :: : voyez comme je suis !... je suis et donc je suis… ! je n’entre pas :: : je reviens chez moi :: : ô cette pluie qui lave mon visage noir de colère !... linges souillés pour le restant de mes jours :: : mes jours de condamnation :: : d’exécution :: : de lettres censurées :: : de gardiens illettrés :: : de justice moite dans son slip :: : ô votez pour moi !... une seule fois !... et promis !... je ne reviens plus ô naissance

 

partir avec les bagages des autres :: : ne pas partir sans ces bagages de domestiques :: : Dieu hait les valets :: : il s’entoure de guerriers et de mères :: : ô partir pour ne plus revenir . emportant avec soi les malles de l’aventure sociale :: : qui m’oubliera ?... ô solstices

 

petit à petit . entre le fourneau et la couche où je dormais seule . mon esprit s’est réduit à une seule pensée . vivre . voilà le verbe !... vivre… ne pas mourir encore . ne pas mourir de colère . vivre . avec les autres . le palier traversé par les gosses . le pain sortant de ma maison . ô patio mouillé . le beignet brillant de glucose . petit à petit . poquito a poco :: : disait notre SDF à Málaga ou ailleurs dans cette Andalousie où j’ai retrouvé mes racines . mon langage . mon hygiène . après la mort éclaboussante . ce patio sous ma fenêtre . la conversation discrètes des femmes :: : on ne rit plus :: : on s’observe :: : la vie commence ici :: : le verbe !... et toute la tragédie en lever de rideau :: : ô comme j’aimais me sentir vivre !... comme j’avais envie d’un homme pour moi seule ! ô poisson

 

John s’agitait sur l’écran . Karogne avait fait le tour du Monde . image clandestine diffusée par l’Occident . et John presque nu sur une plage exotiquement conçue . u autre Jim en carafe . sa bagnole au capot ouvert . ô allégorie . quel bonheur de chercher et de chercher encore !... « on finira bien par trouver…

— on ne trouvera rien !...

— mais pourquoi ô langue de vipère… ?

— parce qu’il n’y a rien ô stupide amant… !

— mais l’espoir ?... où caches-tu l’espoir ô pendu ?

— il n’y a pas d’espoir non plus !... nous sommes seuls…

— toi et moi…

— ni toi ni moi… eux ! »

et Jim arrosait les fleurs de son urine chaude :: : ô salaison

 

à bord du LongSong :: : tout allait bien pour Karen qui voyageait :: : en mission :: : trouver la cible qui fera parler d’elle une fois morte :: : Karen qui avait été une bête d’amour et de fric :: : la plus belle choune jamais rencontrée sur la Croisette :: : graine de star nue :: : jamais autant de bites n’avaient applaudi le canon féminin :: : « un jour vous reviendrez parmi nous… » et Karogne à la barre :: : encourageait l’équipage :: : composé de couleurs :: : il n’en manquait pas une :: : et la peau couleur d’ivoire de la belle Karen brillait sur le roof :: : massé par un de ces esclaves :: : tandis que le flot battait les flancs du beau navire en partance :: : toujours en partance :: : on ne l’avait jamais vu aller au-delà de l’horizon : règle number one ô CIA

 

le gosse ébouriffé monta la carte postale et la glissa sous ma porte . je buvais en cachette . arak précieux . sous le manteau de l’Islam . l’arak et l’herbe . le fourneau se chargeait d’avaler mes odeurs . le pain aidant . et la carte a glissé jusqu’u tapis . goélette en plein soleil d’une mer bleu comme une pierre . c’était l’écriture de Karen :: : « j’ai croisé Karim… il est triste… il n’écrit plus… » mais alors qui écrivait ses lettres d’amour et de songe ?... je posais la question à la surface glacée de la carte postale . à même ses voiles blanches et gonflées . ô vent moteur des voyages plus que les pistons des machines . mais Karen ne disait rien de l’endroit où elle avait « croisé » Karim . rien sur ces lieux sacrés . rien sur leurs conversations . s’il y eut des conversations entre cette voyageuse du désir et cet aristocrate des murs . rien d’autres que le bonheur des surfaces . Venise et son petit lion . un cadavre sur la plage . le café noir à Florence . toutes choses que je connaissais moi aussi . chocolat le soir à Alicante devant la mer frisée de moutons . les hommes promenant leur queue à moitié gonflée . quelques-uns sous la douche se donnant en spectacle aux femmes des terrasses :: : elles n’ont pas encore fait leur choix ô lui

 

« ils veulent nous changer par le langage… l’amour de Dieu contre la publicité et ses fictions… une seule langue est celle de Dieu !... » ô Tiffany’s

 

ô squelette !... tes dents me regardent :: : ô Islam

 

La Jonquera :: : trois mille euros en une journée :: : je voulais rester :: : Jim aussi :: : ah ! les belles journées au soleil !... le LongSong à l’amarre . quelle fête perpétuelle !... le paradis sur terre :: : et payant avec ça !... Karogne tenait la caisse… je pensais que ça ne finirais jamais :: : comme un roman circulaire mais sans début ni fin :: : le désir descendait du ciel comme Louis XIV de Henri IV — tu t’appelleras luce car tu est lumière : luce est le singulier de luces : : enfin… d’après moi :: : et ces lits de fleurs pendant la semaine sainte !... « jouons à papa et à maman !... » dressant la croix des bras et des jambes . petite douleur ascendante . solos des blancas . « oui oui ô ma femme de sapin !... » tu auras tout ce que tu désires : ainsi va la vie : : jusqu’à la mort :: : qui est résurrection ::: : la vie après la vie ::: : comme si la mort donnait la vie :::: : nous sommes tous nés de la mort… ! sans la mort ô Pénélope nous ne sommes plus rien que poussières d’étoiles . « ne plaisante pas avec ça… des fois la mort…

— Hé ben quoi la mort… ?

— je sais pas ce que c’est… mais je sais…

— et comment que tu le saurais… ?

— je suis une femme !... »

ô genres

 

Lettre de Karim

 

(5) BRANLETTE DU BALADIN OCCIDENTAL

Cliquer ici pour lire

finis

 

Ton Karim, court toujours. »

 

:: : attention au larbin :: : graine de collabo :: : le serviteur de Dieu comme le domestique de l’État . ils cherchaient à « déchiffrer » ces lettres . ce poète français les avait-il écrite ?... notre hiérarchie est-elle son mentor ?... nous ne les aurons pas :: : et moi au pétrin :: : au four :: : et au camion pour la farine turque :: : le fuel turc aussi pour le feu :: : ma cheminée ronflait comme à l’usine :: : je n’avais jamais vu autant de pains :: : ? ? ? // il ne pleuvra jamais dans ce pays . sauf des bombes occidentales . enfant déchiqueté en affiche sur le mur :: : puis l’ode à la branlette de mon ami :: : mon seul ami en ce monde que la haine détruit :: : aimez-vous les uns contre les autres :: : il fallait sortir de la ville pour refaire les chemins entre les dunes :: : nous sommes bien loin de la mer :: : ô pétrole

 

quand la Justice veut guérir l’anarchisme de ses enfants :: : anarchisme . trotskisme . islamisme ? ? ? « qu’est-ce qu’on a pu se marrer… ! et ces cons de salariés enculés par le préfet et ses bites . ah ! papa n’était pas content !... mais alors pas content du tout !... et la jugesse de me faire la leçon . la jugesse ma sœur . brandissant la morale et même l’esthétique :: :

— ah mais c’est que vous pouvez pas ! . c’est interdit par la Loi !... et la Loi c’est la République !... la République c’est la Démocratie !... et la Démocratie c’est l’Humanisme ! le seul !... le vrai !...

— on verra plus tard, conasse ! des fois on change et des fois non !... vive l’Action !

— qu’on la condamne ! papa l’a dit !... oh ! comme j’ai de la chance d’avoir été une adolescente conforme !... mauvaise en maths mais bonne en foi !... Vive le Droit et les Colonies… ! »

ô maman

 

il n’y a pas plus immobile que le temps :: : je m’explique :: : le temps, c’est le temps :: : connaissance figée semble-t-il pour toujours (j’expliquais ça à un croyant dur comme fer :: : du fer il en avait dans la peau :: : et la nuit ça le réveillait :: : on l’avait envoyé en Turquie pour la qualité de l’hospitalisation dans ce pays de merde) et je continuai : le temps, à force de s’immobiliser depuis toujours et pour toujours . le temps c’est notre perte de connaissance . bon pour l’horaire et les rendez-vous . et après ? la logistique . la civile come la militaire . tu veux que je te dise, Mokhtar ? on est nous aussi des statues . on a du mal à se plier pour se jeter sur nos tapis . et dans le bon sens sinon ça vaut pas . ou c’est une manière de blasphème . on ne montre pas son cul à l’Arabie . fais-toi pas chopé dans cette position . même si le fer que t’as dans la peau joue la boussole . on est pas des voyageurs . avec ou sans fer dans la peau, on des ermites . toi le balai et moi le pain :: : voilà nos temps persos . yen a pas d’autres ô saints

 

à Paris la jugesse ne m’en voulait pas . disait-elle . mais je ne pouvais pas continuer de trahir les convictions de ma classe . même Bakounine reconnaissait la nécessité d’un État . il justifiait la fatalité policière . ô providence partout dans toutes les idéologies !... disant cela elle jetait des regards d’adjudant au gendarme qui caressait son unique galon d’argent :: : un mois que j’ai pris ô Mokhtar !... et papa est venu me chercher au troisième jour . cette fois il ne m’a pas ramonée avec un cierge . il l’a enfoncé dans un trou à l’église . et le bedeau lui a fait de pas l’allumer . y avait assez de fumée comme ça !... ô todafé

 

du pain et de la viande . je chiais des cailloux . boïng ! boïng ! dans la faïence toute neuve . l’appartement sentait la peinture fraîche . et puis il s’est mis à sentir la suie du fourneau . et maintenant je me bats avec la poussière du dernier bombardement . on a eu de la chance ou Dieu lui-même l’a voulu . j’ai jamais pu concevoir un Dieu qui veut ou qui veut pas :: : pour moi Dieu ne voulait rien :: : il ne désirait pas :: : il n’avait pas de projet :: : il n’aimait personne :: : il ne haïssait pas non plus :: : il ne reconnaissait pas les siens :: : il ne se connaissait pas d’ennemis :: : il n’existait que pour exister :: : il n’expliquait rien :: : on le croisait ou pas :: : il n’était nulle part :: : il n’avait rien à voir avec ce qui nous arrivait :: : il était tellement rien et tout à la fois qu’il pouvait très bien ne pas exister :: : ou exister sans vie :: : exister mort :: : mort comme le temps :: : que de temps perdu à retrouver ces traces !... ô fouilles de ma robe

 

« mieux vaut chier dans cette blancheur immaculée que de poser son cul dans la broussaille du désert » dit-il . en reluquant ma cuvette . il en a une mais elle date de Hafez . à cette époque il conduisait son propre taxi . maintenant il conduit celui des autres . jamais il ne s’était autant laissé faire « des fois je me sens esclave et des fois non… » comment je me sentais quand j’étais anarchiste à Paris ?... bien… j’étais bien… je crevais pas de faim… ni d’autre chose… la question de crever ne se posait pas à mon esprit :: : j’étais déjà morte :: : extases opiomanes :: : « t’as déjà goûté au trottoir, Mokhtar… ! » le trottoir jonché de bris de verre . pas une trace de cervelle de flic . « qu’est-ce qu’ils ont à la place de la cervelle… ? plus la moitié d’entre eux vote à l’extrême droite… avec l’armée… la magistrature… essence pétainiste… le gaullisme est un pétainisme… qu’est-ce qu’ils ont à la place de la cervelle… ? bonne question, Mokhtar ! » ô élections

 

adhérer — être d’accord — souscrire — organisation — ah ! je pouvais pas !... mieux vaut retourner chez papa :: : comme ma sœur-jugesse-flic-députée . revenir dans le giron qui m’a vu naître :: : avec ma sœurette et mon frérot :: : et mes cousins et mes cousines :: : et la flopée de domestiques :: : les élus et les autres :: : tous ces petits culs en mal de collaboration !... ah ! ça me ferait mal !... mais moins mal que d’a-dhé-rer !... mettre ma chaise entre les chaises et m’asseoir dessus comme si rien ne pouvait se passer de cruel à mon endroit .et à mon envers donc !... non !... je ne franchis pas les portes . je ne les entrouvre pas non plus . je passe devant . sur le trottoir . je traverse hors des clous . je défie les bagnoles . et surtout les camions !... ah ! les camions !... comme à Nice !... ces corps broyés :: : craquements sinistres !... pas de pitié pour l’Occident !... pas de pitié pour l’Empire occidental :: : chkraoutch ! l’enfant transformé en pâté immonde :: : l’homme en femme :: : et la femme en tapis . comment voulez-vous que j’adhère ?... même en cas de promesse paradisiaque non opiomane… jvrack ! si ça n’adhère pas à la terre natale . et pour jamais . c’est que Dieu existe !... ô Bernadette

 

« comment qu’ils font pour renoncer aux plaisirs de l’existence ?… » cette chasse aux sybarites :: : insensée :: : Dieu le goinfre n’a pas voulu ça !... Dieu qui s’empiffre comme un épicurien // « ya pas tant de morts que ça… » // forcément, le nombre de morts n’atteint pas celui des vivants . tout compte fait . la vie a de l’avance . et elle augmente . pas dans des conditions idéales . mais ça avance . jusqu’à l’équilibre :: : on y travaille :: : tous les jours :: : que Dieu :: : veut :: : ça avance par milliards :: : toutes races confondues :: : cerveau commun :: : le jour où ils découvriront (si ce n’est déjà fait) que le cerveau de la race X est supérieur en connexions à celui de la race Y :: : alors adieu humanisme :: : bonjour religion unique :: : « vive la poésie qui ne fait de mal à personne . surtout si elle est de mauvaise qualité… ! » // on finira par tomber sur quelque chose… me disait le triste mollah qui m’accompagnait ô schisme

 

Lettre de Karim

 

« Ma chère et aimée luce,

que penseras-tu de cette nouvelle branlette… ?

 

 

(6) BRANLETTE DE L’ÉMIGRÉ

Cliquer ici pour lire

finis

 

Je suis sans nouvelle de toi… rien dans les journaux…

 

Ton adoré Karim.

 

:: : ils sont venus m’interroger . à propos du poète français . :: : Jarive :: : ou Tarive :: : « j’me rappelle p’us !

— t’es sûre qu’il était français ce poète… ?

— on n’est jamais sûr de rien… les mecs…

— mais moi je te demande de l’être…

— quelle importance ça peut avoir… ?

— ça c’est pas ton affaire !...

— vous avez un bissness ô les mecs !

— fais pas la conne ô luce !... tu vas morfler…

— comme Jim…

— tu le connaissais trop bien… Jim !

— je connais un tas de monde dans le milieu… je rends des services… et je ramasse pas mal de pognon pour la cause…

— on n’a pas dit le contraire… mais maintenant on veut savoir comment il s’appelle… le poète français…

— j’en sais rien moi si c’est Karim qui m’écrit ou si c’est un autre qui se fait passer pour lui…

— et pourquoi il se ferait passer pour Karim… ?

— je n’ai aimé que Krim à cette époque… on a fait des conneries…

— ça on le sait…

— je sais pas pourquoi on m’a pas jetée en prison… et je me suis retrouvée là… j’y crois pas — moi — à votre dieu vengeur… !

— ne blasphème pas !

— j’ai rien à faire ici… ou alors c’est ma prison… Karin est en cavale… et il m’écrit des lettres d’amour…

— t’en connais pas le chiffre… alors…

— parce que vous le connaissez, vous… ?

— on en sait plus que toi… et on a pas trouvé de Tarive ni de Jarive dans la liste des poètes français…

— ils ont une liste en France… ? ah ! si j’avais su !...

— qu’est-ce que t’aurais donc fait si t’avais su ô luce… ?

— je sais pas… à quoi sert une liste… et puis s’il m’a dit qu’il s’appelle Jarive c’est qu’il s’appelle Tarive… et inversement… !

— déconne pas ô luce… c’est du sérieux cette fois…

— qu’est-ce qu’il y a de pire que la prison… ? et avec un dieu à la clé… que j’y crois pas et même que je m’en fous !...

— blasphème ! blasphème !

— coupez-lui les couilles !

— mais j’ai pas de couilles !... et j’en aurais jamais !... »

et on m’a posé des tas d’autres questions . j’avais pas la télé . le journal était jaune pisseux . et il manquait des pages . « d’où viens-tu ô luce ?...

— je viens de Paris… mes amis étaient tous anarchistes . j’ai fait trois jours de taule . mon père…

— on sait déjà tout ça… quand as-tu baisé avec Jarive (Tarive) la première fois… ?

— on n’a pas baisé !... J’étais avec Karim… l’enquête n’a pas pu établir si c’était moi qui avais tiré.. ah ! ce que j’ai souhaité n’avoir jamais tué quelqu’un !...

— c’était quoi ton rôle à bord du LongSong… ?

— j’étais coq… personne l’a regretté… autant que je me souvienne…

— Karim dit le contraire…

— il ment !... il se régalait lui aussi !... j’ai fait cuire un douanier de Marseille… quel con ce pauvre type !... ils embauchent que des ratés !... des mecs et des meufs qu’ont pas de scolarité… alors je les pinçais au bon endroit et Karim les faisait parler… celui-là en est mort et je l’ai donné à bouffer aux petits poissons d’un élevage… ya pas d’mal !... ô Mohammed ! »

 

je sais pas si :: : vous savez ce que c’est :: : que d’avoir des cadavres :: : sur la conscience :: : mais le fric était partagé :: : entre la cause :: : et le plaisir :: : Karim savait y faire :: : je crois même qu’il a inventé ce poète français // lequel n’a jamais existé . pourquoi aurait-il existé… ? ? ? // ah ! mais qu’est-ce qui m’a pris d’entrer dans cette église à Jérusalem… ? un curé pas plus haut que ça se paluchait dans le confessionnal . si on peut appeler ça se palucher . et il m’a fait signe . et j’ai tout avoué :: : sale Juifs !... ils m’ont demandé si je racontais des salades ou j’étais musulmane :: : pas d’autres alternative :: : ou tu racontes des craques ou t’es musulmane :: : or il se trouve que j’ai des racines juives :: : même que la cousine Sarah est morte au Konzentrationslager Auschwitz . le 26 janvier 1945 . pas de pot ô Sarah . et quand je suis revenu dans cette église . des années plus tard . un autre curé m’a appris que mon curé était mort et enterré . son cadavre avait rejoint les siens dans la campagne française du côté de Vitré . ah ! tu parles si je connais ô Vitré

 

Karim… écrivis-je dans mon journal intime le 7 janvier 2015 :: : Karim je voudrais écrire le roman de notre aventure qui ne s’est pas encore terminée :: : à moins que je n’aie rien compris à la manœuvre :: : mais je sais pas raconter :: : je sais que brailler :: : en aveugle :: : avec le mégot au ras de la peau :: : mais pas sur les bras que j’ai quelquefois nus :: : quand je pétris :: : // si jamais ils m’enlèvent la culotte : je suis bonne pour l’asile ou la lapidation ? ? ? // mais tu ne dis rien de mon talent dans tes lettres . tu n’es peut-être pas Karim . et donc tu ne sais pas ce que je vaux quand j’écris . lui le savait . il m’en parlait . mais raconter je ne sais pas :: : j’ai besoin de toi pour ça :: : et pour autre chose aussi :: : j’en ai assez de me branler sans photo de toi nu sur le roof du LongSong ô phallus

 

et puis ils m’ont laissée tranquille . et même seule . à part ce gosse qui m’apportait le journal . avec quelle fréquence ?... pages jaunies par le soleil du désert ou les années :: : j’en sais rien !... // j’ai même eu droit à un pétrin mécanique :: : le fil électrique montait l’escalier et pénétrait chez moi par le trou de serrure :: : il ne manquait plus qu’un monte-charge pour les sacs . j’en ai parlé à Mokhtar qui s’y connaît en monte-charge . et il m’a dit qu’il en avait parlé . et que l’idée ne leur déplaisait pas . et que si j’avais encore des idées j’avais qu’à en parler à lui //Mokhtar// « le temps existe ô luce !... le temps existe !... le premier que tu rencontreras à l’entré du paradis ce sera ce sale flic juif qui t’as fait dire n’importe quoi au sujet de ta tante Sarah…

— ma cousine… Konzentrationslager Auschwitz… pas de pot !... oh ! pas de pot… !

— alors tu lui planteras un couteau dans le cœur…

— retuer Sarah… ? tu n’y penses pas… ! avec ce qu’elle a souffert… de crever la veille du jour…

— je te dis de le planter dans le cœur de ce sale Juif !... ah ! et puis pourquoi pas dans celui de la tante Sarah si elle est pas tout à fait morte… ils n’ont pas bien terminé le travail… les Chleus !... »

ô Berbères et Wisigoths

 

dans le grenier de la maison familiale . y avait les souvenirs de granpapa . la francisque et ces sortes de chose qu’on ne sort plus aujourd’hui . mais qui restent . des souvenirs d’antan . souvenirs de l’espoir . de changer les choses par une révolution . non pas individuelle . mais nationale !... nationale… ! même papa y croyait . et maman qui n’aimait pas cette odeur . qui répandait les siennes . à Paris nous respirions ses roses et ses jasmins . et je jouais avec les reliques de Vichy . en circuit fermé . parce que papa fréquentait maintenant des communistes ô que oui

 

ah la méfiance !... chaque fois que je croise quelqu’un et qu’on s’arrête pour dire du mal des autres :: : je chasse les signes d’une idéologie . mais je tire pas . j’absorbe . je mets de côté . c’est bon pour la poésie . et on a beau s’asseoir sur un banc, sur l’herbe ou à la table d’un café :: : je collectionne les signes . ah on dirait que je m’en nourris :: : que je vais en faire des personnages . et que le roman s’annonce enfin . que je n’ai plus besoin des autres . et que je vais arriver à la fin toute seule . sans l’aide de la nation ni de ses sbires . à peine payant son dû au régime opiomane qui fonde mon acratie interne . bonjour monsieur madame !... hello madame monsieur !... et sin on forniquait devant un café crème ?... là :: : devant tout le monde :: : à deux pas des librairies :: : luce cautèle // ah le beau pseudonyme :: : voyons ce que á donne en titre :: : Luce Cautèle /// Prix du roman algébrique :: : ? ? ? mais posez-vous la question mes sœurs !... le Polistar et le Babel !... rien que du neuf et du très-haut !... mais non !... mais non !... c’est moi que je paye !... vous l’avez bien mérité !... ah ! les personnages !... des personnages-textes comme j’en rêvais ado !... la scène avec les textes dessus… les textes entrant et sortant… les répliques des textes… leurs costumes… leurs caractères… sans comédie… sans comédien… rien que du texte… et du théâtre !... // tout ça parce que je vous rencontre . et qu’on suçote un café à la crème de banlieue . vous et moi ô adepte

 

ils avaient bien capturé Jim :: : quelle torture face à la mort !.. ils finiraient par trouver le poète français :: : dit PF :: : parce qu’on ignorait son identité occidentale . pas pef !... pf :: : comme pffff :: : onomatopée islamiste en usage dans les mosquée ralliée . pffff !... ils l’amènerait ici . et on aurait droit à un décollement du chef . par cisaillement lent du cou . à la télé dans le monde entier . même dans la campagne la plus reculée de la RF . rffff !... pas besoin de lui couper la langue comme le recommande le Prophète :: : envoyez sa tête à Pasteur // sa peau servira de parchemin . une sourate laïque pour commencer cette nouvelle ère de l’homme-dieu ô 1789

 

la perversion narcissique à tous les étages :: : auteurs en gésine :: : face au commerce du livre :: : « ici, peu de schizophrènes, beaucoup de paranos et surtout énormément de cons… » écrit PC . la lignée (je simplifie) andrébreton / pauléluard / jackkérouac / charlesbukovski / philiproth / et tant d’autres qui doivent tout à l’écriture automatique et au hasard objectif // finalement peu d’enquêtes // fenêtre ou écran :: : l’auteur se prend pour un écrivain . on lui facilite les choses :: : mais qui ça « on »… ? mais là !... les librairies + les municipalité + les maisons et autres centres et printemps !... et moi je suis là (pas même auteur) à fabriquer du pain pour les terroristes . pain d’opium et de chanvre . pain d’extase et de shoot . ô bon pain ma boutique de parisienne occidentale (je précise parce que n’est pas parisien qui veut) :: : ô te souviens-tu du douanier de Marseille empalé comme un hot dog . des gosses chez lui . et une veuve avec sa médaille . il a tiré sur nous . quel crétin !... on ne leur demande même pas de se cultiver aux mamelles universelles . avec ou sans dieu . des cons à tous les étages . manipulateurs manipulés :: : ô wc

 

faites-vous soigner au rythme des pubs et des infos !... la Clinique Républicaine Sentimentale vous accueillera dans son salon d’explications sans faille . vous aurez le Sentiment de vivre en société . et pour pas cher . le prix d’une croisière dans les îles grecques et turques . les billets sont à l’office . et moi dans les chiottes pour évacuer les petits pains de ma production . Jim m’attendait toujours devant un taxi « John est à l’hôtel… » et à trois dans un lit de luxe on s’envoyait des messages instantanés. « faites-vous soigner » :: : vous sauter directement du seuil de vos usines sur la passerelle qui mène à tout sauf à rien !... petits commis de commerce et d’administration . et tous ceux qui se croient en mission . les profiteurs moyens du système . lâches et Cie . « il en faut ô luce . je t’assure qu’il en faut…

— je peux pas vivre dans ce monde !... je…

— tu… ?

— moi… ce monde… ces larbins… ces échelles de la réussite et du devoir… ah ! non !... très peu pour moi…

— retourne à tes petits pains ô luce !... il faut nourrir le terrorisme… et ça c’est une chose que tu fais bien !...

— et sans médaille à la clé… je sais… »

ô mes conversations avec l’amour

 

la colère comme seule cause :: : du simple coup de pied dans une poubelle à l’explosion en joie au milieu d’une foule qui s’est rassemblée là pour commercer . ? ? ? toute la gamme des colères . « c’est fou ce qu’on peut être prudent quand on a la place… ! » // « collez-vous-y ! une fonction utile à tout le monde . n’importe quoi qui mérite le qualificatif d’humain . après études ou sans études . devenez ingénieur ou flic selon vos capacités d’enregistrement . pas besoin de courage . on en a pour vous… » // seule cause :: : rien d’autres à se mettre sous la dent :: : sauf les substances :: : les petits pains comme le pinard de l’ouvrier . qui d’ailleurs en boit de moins en moins . et qui boit de plus en plus :: : ouvrier base et ouvrier cadre dans le même sac :: : semence des collaborations nationales et internationales « nous sommes faits pour vivre ensemble / sinon tu ne vis pas / prenez un billet pour Istanbul ou Tel-Aviv » et j’écoutais ça sans broncher . le feu en moi . « tuez-moi maintenant ! » // ne pas finir en prison pour alimenter leur chronique du Bien . crever comme un poisson dans l’eau . au spectacle d’un effondrement :: : n’importe quel effondrement :: : l’estropié comme la veuve . chair humaine revisitée au fer . c’est là qu’il faut frapper !... et mes petits pains nourriciers… ? qui qu’en veut de mes petits chéris… ? ô toi

 

on le sait depuis toujours (valery) :: : c’est aux extrêmes qu’on trouve la vérité . et la joie d’être pris la main dans le vrai // le milieu est pourri :: : lâcheté – abandon – trahison – carrière – retraite – patrimoine – femme battue – enfant déçu /// depuis toujours la vérité est suspendue aux extrêmes :: : comme le temps aux cadrans . les autres forment le contenu de la poubelle humaine . nuances et variations dans la soumission . ces voyageurs du métro et du covoiturage . ces géniteurs patriotiquement conçus eux-mêmes :: : racaille du milieu . ni gauche ni droite . ou l’une dans l’autre . « trouvant » le travail . ou en panne dans les marges . du SDF au cadre supérieur :: : le milieu où ça « prend » :: : comme le ciment de vos murs :: : laïques et orthodoxes /// marginaux et adeptes . comment mais comment le rêve de vos enfants devient le vôtre ?... la trouille expliquerait cette sordide situation…/ phobies en tous genre… et au journal télévisé et dans les discours parlementaires la phobie dévient synonyme de haine :: : mais comment arrivez-vous à changer le sens des mots ?... des quiddités ?... quel chemin de la peur à la haine dans vos esprits journalistiques ?... ô pivot

 

on s’est amusé comme des folles dans le pétrin :: : moi et les filles . dans le pétrin formant les petits pains de la joie et du courage terroriste :: : elles ne portent pas encore le voile . il faut les deviner . et j’ai fermé la fenêtre pour ne pas entendre les sentences . sur le toit, la cheminée devait fumer noir . « pourquoi n’aimes-tu pas ton prochain ?

— n’importe quel prochain ?... tu charries…

— tu n’aimeras jamais personne… pas au point de mourir pour le dire… »

ô encore toi

 

 

(7) BRANLETTE DU VIOLEUR

Cliquer ici pour lire

finis

 

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2018 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Le chasseur abstrait éditeur - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

sarl unipersonnelle au capital de 2000 euros - 494926371 RCS FOIX

Direction: Patrick CINTAS

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs ou © Le chasseur abstrait (eurl). - Logiciel: © SPIP.


- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -