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![]() oOo Extrait : À la mémoire des martyrs de Gaza
j’ai entendu de votre sang les plaintes Qui irrigue les champs de la terre sainte J’entonne ce chant en votre honneur Qu’il résonne et tonne dans tous les cœurs.
Seigneur pardonne-nous notre silence Lorsque les enfants dans l’indifférence Sont massacrés au vue et su du monde Leurs corps purs déchiquetés par les bombes.
Le monde n’a-t-il pas vu ce carnage ? Cette douce barbarie d’un autre âge ? j’ai vu ces montagnes de corps en sang Dans les rues tels des déchets s’entassant.
j’ai entendu de votre sang les plaintes Qui irrigue les champs de la terre sainte J’entonne ce chant en votre honneur Qu’il résonne et tonne dans tous les cœurs.
Mamadou Sow Al-Joali in "Plus d’ombres que de soleils" Éditions l’harmattan, Avril 2025. |
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Mamadou Sow Al-Joali écrit avec le sang des absents, et c’est une stèle qu’il dresse, vibrante, dans l’argile encore chaude du massacre. À la mémoire des martyrs de Gaza n’est pas un texte écrit, mais un appel transcrit. Une voix recueillie sur le seuil du silence.
Dès le premier vers, « j’ai entendu de votre sang les plaintes », le ton est donné : c’est la chair qui parle, pas l’encre. La plainte circule comme un fleuve rouge dans la terre sainte, irrigant non pas les champs de blé, mais ceux de l’oubli. Le chant n’adoucit pas, il réveille. Il tonne, « dans tous les cœurs », pour bousculer les consciences endormies.
La prière n’est pas pieuse, elle est politique. « Seigneur, pardonne-nous notre silence » : ce « nous » nous engage tous. Ce n’est pas Dieu qu’il faut implorer, mais l’homme qu’il faut rappeler à lui-même. À sa honte. À sa surdité.
Le poème devient sépulcre et appel, chant de deuil et cri debout. Il nous montre l’enfant tué en plein jour, la rue qui devient charnier, et l’indifférence comme complicité. Il ne cherche pas l’effet, mais la justesse. Et dans sa structure cyclique, comme un psaume revenu du front, il grave sa mémoire dans nos veines.
À la fin, tout recommence : la plainte, le sang, la prière. Mais quelque chose a bougé. Le silence, cette fois, n’est plus intact.
Lecture et musique électro acoustique. https://youtu.be/vG_66ZQkM_4?si=vY6CRulmQ_O7ninc
Merci infiniment à Patrick, à Catherine Andrieu et à Lalande Patrick.