Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Auteurs invités [Forum] [Contact e-mail]
AUTEURS INVITÉS
Depuis avril 2004,
date de la création
du premier numéro
de la RALM.
Reste avec moi ce soir
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 18 mai 2025.

oOo

RESTE AVEC MOI CE SOIR,
laisse-moi être ton souffle,
que je reste dans ton corps
et que tu es
hirondelle dans mon nid.
Avec toi dans mes bras,
vos saisons s’uniront
et mon temps.
Les souvenirs vivront aussi,
dans le seul rêve
qui est la vie, sans oublier
l’exil et la douleur, le poids
de l’absence, du long tourment
d’attente. Mais maintenant tu es là
et je t’aime, comme il aime
la nuit ses étoiles, comme la lune
la mer dans laquelle elle se reflète.
Maintenant passe ta main sur mon corps,
caresse ma poitrine,
imprime un baiser sur ma bouche
et abandonne ton corps d’ombre
et la fantaisie. Fais-le à nouveau
que l’aube nous surprenne
avec sa lumière et ses dons
pour réaliser ce rêve.

FORUM
Pour participer, voir en bas de page>>


Commentaires :

  Reste avec moi ce soir par Catherine Andrieu

Reste avec moi ce soir de Maria Teresa Liuzzo appartient à cette lignée de paroles suspendues, entre l’attente et l’accomplissement, entre l’appel du cœur et la chair qui frémit au bord de son propre vertige.

Ici, l’amour n’est pas seulement une étreinte, il est un souffle que l’on prête, une respiration partagée dans le sanctuaire du vivant. Cette supplique d’une tendresse ardente s’élève comme un chant d’hirondelle à l’intérieur du nid, ce lieu fragile où les saisons consentent enfin à s’unir. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : rassembler les temps épars, panser les déchirures du souvenir, accueillir dans la nuit l’étoile absente et la lune désolée.

Mais au cœur de cette plainte douce résonne une lumière. La douleur n’est pas reniée ; elle est portée, offerte même, dans ce rêve unique qu’est la vie. L’absence, le long tourment de l’attente, s’inclinent devant la seule réalité qui vaille : la présence brûlante de l’être aimé, là, dans l’instant.

Et dans ce présent offert, tout devient possible. La main glisse sur la peau avec la gravité des gestes premiers, la caresse devient pacte d’éternité, le baiser imprime sur la bouche la certitude d’avoir franchi l’exil. C’est le moment de l’abandon, celui où l’ombre elle-même, lasse de ses linceuls, se défait dans la lumière d’une aube promise.

Alors, dans l’espace vibrant de ce poème, c’est bien plus qu’une nuit qui se joue : c’est la liturgie du recommencement. Lorsque la lumière s’avance, elle ne vient pas dissiper les rêves ; elle les accomplit. Elle est don, promesse tenue, l’éclaircie après l’épuisement des longues attentes.

Maria Teresa Liuzzo, dans cette prière d’amour, nous rappelle qu’il suffit parfois d’un seul souffle, d’une main posée avec justesse, pour que l’aube prenne corps et que la vie, dans sa fragile splendeur, recommence à nous surprendre.


 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2026 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - pcintas@ral-m.com - 06 62 37 88 76

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -

- Hébergement: infomaniak.ch -