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Dans les vagues écumantes
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 Article publié le 12 octobre 2014.

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Il est sage de ne pas réveiller le papillon endormi
Sa trompe repliée, ses ailes aussi
Ivre d’un nectar
Amoureux des fleurs vagabondes
Un cillement de toi et le monde s’écroule
Un oui de ton amant et une ville surgit
Tu n’as que quelques mots à dire pour déclencher l’inexorable
La vie, toute vie, est une fuite en avant
Tu n’échappes pas à la règle
Mais peu comme toi savent que rien ni personne ne l’a édictée
Elle trône pourtant dans les consciences bavardes
On lui érige des temples et des statues depuis que les hommes s’emploient à bâtir
Il faut garder le secret à tout prix
Maintenir vive la flamme élective
Croire et faire croire que rien ne bouge
Les ailes du papillon frémissent, quelque chose se prépare au loin,
Là-bas dans les vents du désert
Une foule s’anime, grossit, beugle sa joie d’être de la partie
Les pauvres, s’ils savaient que rien ne les attend que cette attente vaine
D’une attente se faire une joie et une peine,
Un sacerdoce, une mission sacrée
Cette fuite en avant qu’est l’attente
Cette attente qui est vie,
Elles te ressemblent,
Ne te rassemblent pas
Autour des éclats vivants de ta pensée qui se perdent dans les bois
J’ignore jusqu’à ton nom, petite fée
Mais guide-moi tout de même vers l’antre de ton être
C’est dans la gueule du loup qu’on sent le mieux le poids du monde
J’ai maintenant des dents assez acérés pour briser l’acier le mieux trempé
Au lieu de cela s’offre à moi, ici et là,
La pudeur d’un sourire d’enfant,
Les yeux brillants d’une mère amoureuse,
Toutes choses belles enfin
Que le papillon ignore, belles à son image cependant,
Image assoupie-assouplie en ces temps de rigueur
Où il ne fait pas bon vivre sous la loi commune
Sans mesure, j’avance dans la vie,
Me mêle aux autres qui n’en pensent rien
Proche de la fontaine, je ne puis que les inviter à boire,
A se reposer longuement à l’ombre des grands arbres
Quand l’heure sera venue de dire adieu à la chrysalide,
Quand mon heure sera venue,
Pensez au papillon zélé
Partez dans les bois annoncer la nouvelle
Les temples déchus, les idoles bafouées,
Toutes croyances mortes et enterrées
N’érigez pas de temple à la divinité
Tout ce qui respire ou dort dans l’incarnat de l’oubli
Tout être vivant, toute pierre a sa raison d’être en elle-même
Raison que tous et toutes partagent sans qu’il soit dit
Raison qui veut que les conséquences de leur présence
Déclenchent un dialogue salutaire
Que quelques-uns entendent
Dans le voyage de leur vie
Quand ça tangue, quand ça roule
Quand bord à bord le dauphin et le bateau se saluent
Avant de disparaître dans les vagues écumantes

Jean-Michel Guyot
28 septembre 2014
 

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