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 Article publié le 7 septembre 2014.

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A l’abri des grandes sentences molles
Nes’attarder que le temps de goûter l’ombre d’un doute
S’attarder reviendrait à faire allégeance
A chausser les béquilles des grands échassiers
Malodorantes, les grandes têtes molles des siècles passés, à venir, de tous les temps

Rafler la mise, n’en rien dire, tenir pour rien ce qui arrive
Hormis les conséquences
La mort est dans la fleur, elle te regarde,
Se regarde fleurir dans ton regard mourant

Tu demeures, indécis tu demeures, peu sûr de tes buts, ivres de tes outils
A fleur de peau, électricité des poisons glanés,
Pleine moisson,
Dans une large mesure, excédante, jamais repue, fourbue parfois
Jamais transformée, pur mouvement de rien en vue de rien
Glas des frissons

La flèche absorbe le réel, en boit le suc, en digère les émanations givrées,
Rare curare sans soucis du lendemain
Arrêt du cœur en plein corps
Cathédrale absurde, fragile, aux arcs-boutants de bras et de jambes
Ne chante pas la venue de dieu ni sa perte dans l’irrémédiable

Si l’existence n’était qu’un fait aux conséquences incalculables,
Ce serait peu dire, ajouterait le duvet de la plaie
Au grand vent des souffrances endurées par la faute de quelques-uns
Tous coupables !

Enfant, il reniflait les violettes des bois, déçu qu’elles ne sentent rien
Il n’en oubliait pas les bois odorants, respirait à pleins poumons
L’air libre
Forêts, lieux de combats incessants dans la terre et les airs
Bois de chauffe, affouage des signes,
A chacun sa peine
Graves les signes, grave les signes en lignes

Le salut ne vient pas des planches somnifères
Le naufrage de la nef multicolore n’a pas eu lieu
A petits feux, la terre se meurt, les hommes suivent, suivront
Comment leur en vouloir vu de Sirius ?
Ils ne font qu’imiter la nature désastreuse,
Ajoutent au chaos la variable d’inconnu qui fait vaciller le désordre
Equilibre rompu, amère pensée non dénuée de tendresse

En sursis, pur surplus, surnuméraire,
A l’image de tous les existants qui se ruent sur les miroirs
Impurs reflets d’un reflet de jadis, de naguère, de maintenant
Laisse les miroirs à leur indolence
Fais le saut
Rejoins la partie
Les fleurs poudroient dans le soir tombé,
Les blés s’affolent en pure perte
Pain et vin réunis festoient dans la bouche des hommes

Ce qui, de soi, ne va pas de soi,
Telle est l’énigme lancinante
Qu’approche le fragile désastre
Revenir à la ligne sans prévenir est une joie,
D’une joie incoercible
La prison de l’être
Les geôles, les oubliettes, les cachots humides,
C’est assez pour un seul jour
Demain verra la conquête des terres ravagées
L’obscur objet du désir
A pâli

Papier mâché, remâché des lettres anciennes
Dans lesquelles tu disais ton espoir d’y parvenir
Il y a,
Il y ton énigme,
Il y a que ton énigme tracasse jusqu’aux dieux impénitents
Pure célébration de ce qui est
Dans un élan cérébral

Convoque autant d’éléments que tu veux,
Tu resteras toujours sur ta faim qui seule importe
Ta soif, c’est autre chose,
Il faut la ménager, lui aménager des sources vives,
Des fontaines odorantes
Il n’y a qu’en elles que ta soif se reflète
Purement
Loin, si loin de Narcisse
De fait, tu n’as d’yeux que pour Echo, la foisonnante

Jean-Michel Guyot
19 août 2014

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