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Dans le vif du sujet
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 Article publié le 5 octobre 2014.

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Sujet vivifiant
Loin de l’air lourd ambiant
Eloigné des ambiances stériles de fin de monde
Auxquelles parfois il cédait quand la lassitude parlait en son nom
*
Entrée tout de go dans le vif du sujet, la vie en lui exigeait qu’il s’en éloignât quelque peu pour pleinement être cerné puis habité par lui, soucieux qu’il était au premier chef de seconder la vie dans ses éclats, ses écarts et ses échappées belles.
Aucune échappatoire donc à qui aime la vie telle qu’elle s’offre à lui jour après jour.
Le vif du sujet mourait renaissant.
L’asymptote tant aimée par le passé était congédiée au profit d’une méthode directe. Il affrontait son sujet en faisant front surtout ce qui, menaçant de l’en éloigner, l’en éloignait résolument, jetait un regard compatissant sur sa démarche exorbitée.
Ainsi intégrait-il le tout de la vie, le vif et le vivifiant, le mort et le moribond, sans égards aucuns pour le souffle d’air chaud en provenance du désert d’hommes qui lui enjoignait de ralentir l’allure, de ménager sa monture.
Il était la monture et le cavalier, les rênes, le mors et la gueule écumante de la bête lancée au galop, l’air ambient et les herbes qui fouettaient ses jambes lancées dans une course folle à la poursuite d’elle-même.
Il ne pouvait mieux faire.
Question d’honneur et d’honnêteté à l’égard de sa vie, à l’égard de cette vie qu’il partageait sans partage avec tous les vivants.
Une communauté se dessinait qui n’exigeant que la présence aux autres dans la plus extrême présence à soi, présence qui n’allait de soi qu’en écrivant-décrivant ce mouvement personnel-impersonnel qu’on appelle l’écriture du désastre.
L’écriture blanche bataille avec la mort commune.
Mouvement violent de la mort d’autrui qui nous renvoie l’image de notre propre-impropre mort, nous laisse impuissant à retenir l’ami qui s’en va, vécu au sein d’écrire dans le vif du sujet, avant que la mort n’ait raison de cette vie qui exige de nous l’entière vérité du mouvement de vivre-mourir dans un même élan.
*
La fin approche
S’approche
Je m’approche d’elle,
Lui murmure à l’oreille l’injure suprême faite de tous temps
Au temps
La fin tourne casaque,
Persuadée qu’elle est que l’inachèvement est
Sa vraie demeure
J’ai rompu le vœu de silence
C’est désormais dans le silence définitif
Que l’inachèvement trouvera à s’accorder
Avec l’impossible fin

Jean-Michel Guyot
21 septembre 2014

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