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 Article publié le 10 avril 2016.

oOo

Un arc-en-ciel, cette femme nimbée de mystère ? Aussi cristalline que la plus pure des eaux de roche, aussi troublante qu’une caresse, véritable clair-obscur.

Elle apparaît puis disparaît comme elle est venue. Pourquoi cela ?

Je la discerne certains jours de pluie, encore n’est-ce pas sûr. Imprévisible, elle parvient à m’étonner et me surprendre tout à la fois.

Mue par un pur caprice ou alors animée par un désir qui sourd de profondeurs qu’elle ignore elle-même ?

Qui suis-je pour elle à la fin ?

Un arc-en-ciel, des éclipses…

En désespoir de cause, elle s’offreà moisous la figure de métaphores météorologiques.

Les couleurs sont belles, affriolantes même, ne suffisent pas pour autant à former une image stable, charnue et pleine de sève, mais il y a son sourire rayonnant que rien ne semble pouvoir contrarier, et sa joie de vivre que rien ne paraît vouloir détruire.

De chair et de sang, animée-travaillée par des sentiments, peut-être même secouée par des émotions, en proie ou non à diverses sensations érotiques, qui est cette femme au juste ?

Pour moi, je veux dire. C’est qu’elle me rend kantien, la bougresse !

La chose en soi qu’elle est, je ne puis rêver de l’atteindre. Elle n’est pas plus accessible à elle-même, j’en ai l’extrême conviction, quand elle s’offre à ma vue.

Elle se voit me regarder, et me voit la regarder, sans parvenir à lever le voile sur nous deux, je le sens quand nous nous mettons à nu.

Ni aigles ni grenouilles tous deux, nous nous faisons face.

Peut-être est-ce ce jeu de miroir qu’elle recherche entre nous. Elle m’excite, au moment où elle n’est que pour moi lorsqu’elle daigne faire une apparition.

Un pour soi qui m’échappe quand elle s’éclipse, une présence spectrale qui diffracte la lumière qui me permet de l’entrevoir quand elle apparaît. Elle m’échappe toujours.

Elle ne sait pas plus qui elle est que je ne sais qui je suis.

C’est peut-être la réciprocité de cette ignorance qu’elle recherche entre nous. Cette âpre ignorance excite sans doute son imagination de temps à autres, mais comment expliquer ses longs silences, ces mois entiers où elle ne donne pas signe de vie ?

C’est vrai, c’est bon de se sentir mis à nu face par une autre nudité. Nous sommes deux amants folâtres pressés de se parer mutuellement de toutes les couleurs, de toutes les plumes, de tous les atours que l’autre nous inspire irrésistiblement.

Cette sensation me donne du bonheur, elle m’excite et rabat sur moi les émotions et les sensations vécues pendant nos grandes heures, quand nous faisions l’amour.

Je ne les ai jamais oubliées ni censurées. Pourquoi l’aurais-je fait ? L’énigme qu’elle est pour moi demeure intacte comme au premier jour.

Dans ces bras, en elle, sous sa langue, je me gardais bien de confondre les lignes abruptes ou serpentines qu’elle m’inspirait déjà avec ce qu’ensemble nous faisions en toute impudeur.

Elle était et demeure l’amante insaisissable-inoubliable.

Jean-Michel Guyot - 2 avril 2016

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