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 Article publié le 27 mars 2016.

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Entêtante, la solennité du murmure,
Et délicieuse et féconde

Dans mon âge mûr, un vieil homme me reprocha d’écrire des poèmes juvéniles
A l’éros trop présent-pressant

A présent que me voilà presque vieux,
Dis-moi, lecteur, ce que tu penses de ces lignes serpentines !

Le goût me vient de courir dans la lande fleurie
Trop de murmures, jamais assez de murmures dans le pays

C’est tout un pour moi qui tend l’oreille
J’ai soif d’insouciance féline

Tous, je les veux calés à mon oreille,
Dans le froid, dans la fournaise, partout où m’emporte le temps de mes humeurs

Pour cela ne confonds pas le chêne et le vent, je t’en prie,
La parole du chêne frissonne sousles caresses du vent, tu sais bien

L’écorce vit, l’arbre s’y sent à l’abri,
Exposé qu’il est à tous vents

Qu’une brise légère décille les frondaisons,
Et c’est l’œil du vide qui croît hors de toute mesure

Je ne désire pas cela pour toi, mon compagnon de fortune
Il m’arrive de te murmurer à l’écorce en en palpant les rugosités

Une femme, quoi que tu penses, t’accompagne,
Venue du fond de tes âges, mère des lieux, elle s’avance

Sur la grève, sur la lande,
Dans les prés, les brumes et les glaces

Sur la couche parfumée, dans le bois fleuri,
Devant l’âtre, elle t’écoute murmurer

Elle te poème, sais-tu ? L’espèce d’amour qui s’en dégage
Dépasse toute attente, tu ne le penseras jamais assez

Tu ne susurres jamais, la piété n’est pas ton fort,
Pas de brimborion ni de bréviaire

Tu as le souffle long des amants au long cours
Jamais tu ne t’essouffles,

Sauf à jouer du zarb en te jouant des mots,
Ils deviennent alors sous ta langue de petits grêlons incandescents

Tu les craches devant toi qui luttes avec les rythmes amis
Tu frises alors souvent l’indécence

Le ventre est encore fécond de la bête immonde,
Sa gueule, jamais en reste, crache ses insanités à qui veut les entendre

Pas de formule magique pour conjurer le danger
Pas de politique claire et nette non plus

Magique, politique, la parole tombée en discrédit
Ne reste que le poème qui t’aime, que tu aimes, que vous aimez

Vous tous, vous toutes que je poème à l’infini

 

Jean-Michel Guyot
21 mars 2016

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