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Liaisons cérébrales
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 Article publié le 19 novembre 2023.

oOo

C’est comme un minuscule roman plein de directions différentes, on y voit dans l’enchevêtrement du féminin et du masculin. Union de l’esprit à la matière dans l’inconscient de la création. Le corps sans une seconde de repos cherche sa fusion avec la terre par diverses pénétrations (si vous voyez ce que je veux dire).

 

 

I

 

"Ma folie" disait celui qui, reconnaissant se mit à bondir en criant "elle m’a ressuscité". Depuis pas un jour sans battement de coeur, sans déclaration. Les gens disent la bouche en cul de poule : ils exagères un peu quand même. Ce n’est pas une Sainte et lui un sacripan. Mais lui, franchissant son seuil par son encens elle le nuage.

 

II

 

Sous son mouton corsage rose à des filets de soie il la caressait. Tout cela sans crépuscule. Il la fit basculer pour la retenir et qu’elle ne se sauve pas parmi les vagues.

 

III

 

Yeux dans le vide. Puis halte. A la dérive. Puis le vide à nouveau. A nouveau la dérive. Quoi ? Qui ? Les voilà dans le noir. Et à leur lumière. Que les voilà punis pensent les imbéciles. Leurs péchés défilent tandis qu’il glisse en elle. Deux ou trois fois de suite selon certaines versions. Il éprouva un plaisir qu’il n’avait pas connu. D’où l’idée de punition. D’un péché quelconque. Au rayon de la lune. Et en cette lumière bizarre. Il l’attendait.

 

IV

 

A deux ils débusquèrent leurss fantômes tapis dans les odeurs des moisissures de la coque des bateaux au radoub sur les cales. Ils furent rappelés l’innommable qui jonchait le sol mental, riche des choses secrètes qui se déchiffrent si mal avec les mots. Ils devinrent enclos et carapace. Ce ne fut pourtant pas des doubles qui surgirent d’eaux car il y avait personne d’autres qu’eux dans le miroir de la salle de bains.

 

V

 

D’abord pourtant fantômes que fantômes. Pas de traces. Lui avait filé. Comme un bas. Avant de la retrouver dans un bar de Marseille. Vus peut-être mais inconnus à ceux qui, les regardant, estimaient qu’il n’y avait point d’amour entre ces deux là vu leur âge. Mais lui, l’imaginait dans l’arrière pays du côté Vallauris cherchant coucous ou primevères. Pour lui en faire une couronne de roi en quelque pas, en quelque sorte.

 

VI

 

Reconnaît à peine son nom. Sinon certaines voyelles. Pratiquement muette. Toute sa vie à penser et à se demander comment. Jusque là elle a toujours fait ce qu’elle avait à faire. Elle voudrait maintenant ce qu’il pourrait lui faire. Y étaient presque et prêts. Peu à peu ils ont senti leurs lèvres remuer. La machine toute entière.

 

VII

 

A croupetons dans l’herbe. Lui sur son giron. Personne d’autres à perte de vue. Jusque là Dieu étant poyrtant amour, n’aurait pas pensé qu’ils pourraient se sauver comme ça. Le visage dans l’herbe la voici moins seule au monde. Avec les coucous et les primevères. Elle se demande comment l’Esprit a pu descendre ici à travers lui. Ne l’imaginait pas comme ça. Devant elle. Et lui croyant aux déesses - donc à elle-même. Et pensant qu’à chaque nuit il faut son flot de voyelles, leur a, o, i sur son Y et son histme. Ne pas lâcher. Tenir jusqu’a tomber de fatigue.

 

VIII

 

Descendant de sa colline, elle laisse sa porte ouverte pour que, lorsqu’il sonne à sa porte, les voisins s’étonnent et se disent qu’il y a anguille sous roche. Elle si sérieuse pourtant laisse filtrer un tel serpent. Mais elle a une excuse : c’est pour faire de sa peau un nouveau sac et de belles. Mais sans doute aura-t-elle consommé avant celui à qui elle a perdre la tête. Ame aussi nue que ventre. Et dans leur connivence, à chacun l’un à l’autre faisant l’offrande de qui ils sont.

 

IX

 

Plus tard le sucre de son dessert tombe sur ses doigts. Elle les lèchent puis descend vers le rivage tandis que d’un oeil voisins, voisines la suveillent. Oui disent-elle elle est bien seule, il a du partir pendant le journal de 20 heures. La mer gris ardoise moutonne au large.

 

X

 

De retour dans son atelier, elle soude à l’arc érotique sa peinture. Mais elle sait placer des obstacles pour cacher ce qui s’y rapporte directement et qui marque son penchant. Bref de l’érotisme elle garde les seuls mouvements représentables et donc effacent les figures sexuelles. Comme Duchamp elle se représente en Mariée mais qui n’appelle que la jouissance du sens. Ses sens reste au secret et au déchiffrement.

 

XI

 

Celui qui a reçu d’elle sa petite mort en l’attendant et pour ne pas que les voisins le soupçonnent évite d’aller nourrir ses poules et se sontente de refaire le lit et un brin de ménage. Elle ne rentrera pas à midi pour ne pas éveiller les soupçons. Il faut lui qu’il se fasse une raison. Même si on n’est pas sérieux à 77 ans.

 

XII

 

Où étais-je ? Ou suis-je maintenant ? se demande-t-elle. Comment me suis-je retrouvé dans cette pénombre ? J’ai du perdre le sens de la convexité du monde. Cet homme fait son présent maniaque et mélancolique. L’un n’est qu’un horizon, l’autre une antériorité. Au détour ; le temps ne fait que tourner. Qu’une telle folie soit impossible n’empêche pas. Pendant ce temps lui regarde ses peintures puis compte les moutons des vagues.

 

 

XIII

 

Enfant il l’aurait trouvé sur un terrain vague, l’aurait fait grimper dans mon amandier ( l’arbre sur lequel il grimpait plus haut que les autres garçons ) puis aurait trouver la meilleure place pour elle.

 

XIV

 

Il n’en doute pas le mois suivant elle aurait voulu le revoir. Il aurait été heureux et fier de ce secret.

 

XV

 

Elle dans l’amandier aurait fermé les yeux pour absorber la transparence et l’épaisseur des ombres. Le souffle du garçon se rapprochait. C’est par lui qu’il la nommait. Puis avec ses mains sur son ventre. Elle retint sa respiration pour qu’il devienne son flux.

 

XVI

 

Désormais leurs bras se comprennent. Paroles, dermes, veines, fibres. Leur corps respire. Ils ne seront pas un simple rêve si ils le veulent. Fidèle à leur folie devenue réel par leur maturité. Les nuits de l’un(e)rêvent de descendre le long des racines de l’autre. S’éveiller, être, devenir. Voici qu’elle l’embrasse et que lui l’abreuve. Splendeur vers les cœurs. Les deux sont cernés.

 

XVII

 

Ils ont besoin de s’écrire comme une nécessité de mettre des bûches dans le feu. Mais ils ne deviennent pas cendres. Et leurs genèses sont prêtes sans cesse à s’alimenter en assurance mutuelle.

 

XVIII

 

Plus il fait froid, plus il fait chaud plus ils s’abrite l’un l’autre. Mobile / immobile / immobile / mobile. Leur monde est une succession de livres ouverts et de toiles peintes. Elle y dort enroulée, lui y rampe car son histoire ne se distingue pas de celle de l’escargot.

 

XIX

 

Ses mots cherchent les formes qu’elle crée, ils y défaillent, s’effritent jusque dans l’immensité du ciel qui la surplombe. Oui ses mots se cherchent, la cherchent encore, se perdent comme ils se perdaient livrés à sa marée montante même si à Cannes elle est guère marquée. Sauf à celles et ceux qui savent l’estimer.

 

XX

 

Il devrait bien plus encore témoigner du jour de ses images, de leur liberté et de leur inconnu, de leur points d’interrogation. Elles sont arrivés à lui afin qu’à deux il traverse quelque chose mais sans savoir vraiment quoi.

 

XXII

 

Elle le suit à la trace et lui arrive de rougir en le nommant. Il y a en lui, une âme d’ange et une âme de dragon car quelque chose d’elle brûle en lui. Et cela le dévore quand ses peinturesdeviennent sombres et bouleversées. Des lignes bouillonnent comme la lave sur le torse d’un volcan. Il voudrait que personne d’autre que lui n’accède à leurs secrets mais il voudrait que tout le monde la reconnaisse.

 

XXIII

 

"Je suis comme un morceau d’éclat sur ton champ de quartz. Je veux y rester collé." dit-il, car il lui faut sa lumière, et elle son alphabet. Il lui faut ses couleurs et ses pans. A elle sa chair dans sa respiration. Car c’est ça aussi qu’ils se donnent : grands jambages qui s’aventurent mais jusqu’où ? Tout ce qu’on sait l’embarcadère est là.

 

 

XXIV

 

A chacun un aveu. "Je ne veux pas te posséder et à peine te nommer", "je veux que tu désignes le "creux" d’un autre espace de la pensée, de la sensation". L’émotion gronde, se cabre. Ce qui se laisse entrevoir reste le sourire des fonds dont ses images sont l’amont. Réunies en scansion elles forment une ronde. Elles inscrivent des légendes. Dès lors lls ne sont plus qu’insectes fous emportés. Nul peut dire s’ils sont d’avant ou d’après la ruine ou le triomphe. Ils sont.

 

XXV

 

Il serre dans ses bras d’aujourd’hui les rares jours passés avec elle. Et elle ceux qui viendront. C’est courant torrent-ciel. Chacun se veut voyeur de l’autre, son fugitif, son errant. Furent, sont, seront. Avec la charité féroce des souvenirs et dès qu’un jour les abandonne ils songent à celui qui vient. Elle est son mimimosa. Signe que tien ne meurt ou que la mort ne règne que sur l’apparence.

 

XXVI

 

La main, la peau - recherche de l’étreinte même si l’homme jouissant est toujours douloureux. N’y a-t-il tendresse que là où il y a faiblesse ? Mais ressentir l’amour c’est l’éros, ressentir le vide de l’amour c’est l’amour. Il écoute ce qu’elle ne dit pas. Ne pas seulement la désirer mais fixer son regard. Dans l’amour si se ferment les yeux ne s’épouse que la nuit.

 

XXVII

 

Dans un rêve il la voit. Elle fouille dans son sac pour prendre un bâton de fard cyclamen qu’elle passe avec application sur ses lèvres, il faut absolument que lui remplisse son verre mais il n’y parvient pas. Un voisin rentre, les dérange et vient leur annoncer que c’est la guerre et qu’ils doivent vider les lieux. Avant de partir il constate qu’il a enfin rempli convenablement son verre, ils escaladent un mur dont la crête est hérissée de tessons de bouteilles. Il a peur qu’elle se coupe mais elle passe l’obstacle immaculée et indemne.

 

XXVIII

 

Elle est pour lui la verticalité sur une surface plan. Elle est devenue la puissance architecturale de son espace mental et lui donne sa trajectoire. Est-ce la sensation de son lointain qui lui accorde cette profondeur de champ ?

 

 

XXIX

 

Il aime dans ses oeuvres d’un côté l’ensemble d’un visible ouvert de part en part, de l’autres les scansions "endommagées". Ce qui devient visible reste la réserve de la voyance avec balises, identités et l’altération systématique de leur place dans l’espace.

 

XXX

 

Sa main de femme est faite de la mer et des rocs d’une patrie perdu entre le pouce et l’index. Sur ses supports les mains accostent de mémoire. Gravitations. Pour lui elle est femme de lune et littoral. Elle lui a offert et amenné l’île de leurs rêves. Elle y nage sans bouger, c’est la première image.

 

 

XXXI

 

Depuis leurs corps cachés, ils voient leurs pensées. Rien ne les en protège tête au dessus ou dessous les vagues où elle reste son guide. Tout ce qui l’affecte vient d’elle parce qu’elle exerce une fascination sur l’esprit, le corps. Il aspire à y mêler le sien. L’intimité tient à des actes simples. Mais pourraient-ils travailler côte à côte ? Il a revu cet après midi le film d’Agnès Varda « Les plages d’Agnès » et il a pensé à elle. Son homme elle l’a fixé dans sa propre vérité d’amour et dans sa propre fraîcheur même si elle Agnès, à plus de 80 ans, estimait peut-être que cette vérité n’était pas la bonne.

 

XXXII

 

Il aime ses espaces graffitiques car ce sont des moments suspendus de ses métamorphoses. Il aime ses équilibres et leurs déséquilibres, leurs recueils de manques et d’accidents existentiels qui font corps avec elles, qui sont pétris de sa substance. Ils s’imposent avec puissance.

 

XXXIII

 

Odeur du café doux amer, couleur éteinte du soir sur Vallauris. Elle descendra la colline ce soir. Dans sa chambre il soulèvera sa robe. Plus tard ils marcherons encore dans leur regard. Ils sont si loin mais si proche pourtant. Elle l’emportera dans la brûlure du temps. A l’abri des regards mais là où la lumière n’a pas sommeil. A travers l’horizontal du pesage, un univers vertical, un autre horizon, un spasme. Intima spelunca in intimo sacrario.

 

XXXIV

 

La ouate du matin fait de son atelier un nid. Une lumière coule et brûle sans se consumer dans les plis dee l’âme. Pour lui elle entrouvre ses lèvres. En cette aurore ruisselle d’autres béances d’autres divinités sexuellement primitives. Il resterait là avec elle. Commettre encore l’impair, même s’il se disait parfois "qu’on ne m’y prenne plus". Entêtée, entêtante. Par elle, l’adhérence étroite.

 

XXXV

 

Le fallait-il ? Il le fallait sans doute. Fusion jamais assez. Sarment, vulve, vanille. Glisser encore glisser, creuser l’invisible. Langue ruisselet, ruisselante. Pendant des années il a voulu en écrire la descente, la remontée. La langue contre l’argile pour le rose tendre. Elle a dicté cette histoire.

 

XXXVI

 

Elle creuse des trous dans le réel et obligent ceux qui ont le vertige à rebâtir des tours pour montrer le vertige. Si bien qu’elle mène toujours sur des chemins singuliers. Avec elle tout demeure en perpétuel mouvement comme elle appartient au peuple de l’exil. Elle ne recouvre pas et ne bloques rien. Subsiste une tension qui vise à porter l’image au plus près de ses limites, des impulsions secrètes qui l’organisent. La vie se rue par de tels resynchronisation. Son œuvre n’aime que les rêves que l’on peut partager. Mais le pont du ciel tremble si elle n’arrive jamais au bout de ses projets - cela la distingue des dieux qui se reposent une fois accomplie leur création. Jamais elle ne renonce à se servir de ses ailes même si parfois elle croit les avoir brûlées. Le destin elle le crée. Sa main soudée au mystère court et prend la forme de son inquiétude. Mais elle n’oublie jamais où est le jour pour mieux ouvrir les ombres.

 

XXXVII

 

Qui parle ici ? Ce n’est plus lui. Les mots ne sont que les fils de son silence. Il regagne sa pente afin de l’arracher au passé même si l’écriture tient à un fil : celui de la précarité de l’être. Mais de l’amante émerge la vie. Et l’homme indéfini qu’il sait combien une telle femme doit lutter et combien et elle guide ses mots. Il éprouve le trouble de vie qu’elle met au jour.

 

XXXVIII

 

Resplendiront-ils encore de leurs caresses ? Ils restent les amants de la flamme qui les prit par surprise, enlacés dans leurs pensées ils ne se reconnurent pas tout de suite. Mais elle possèdait l’essprit nuptial de l’amour qui laisse l’empreinte plus que la trace. Qu’ils guérissent de leurs blessures et de leurs rides tel est la passion au crépuscule.

 

IXL

 

Assise au bord du lit. Un long T-shirt lui couvrait à peine les cuisses. Dessous son soutien gorge noir. Cependant le regard impliquait encore la distance. Des averses caressaient l’horizon des soirs. Il devint son homme d’eau. Elle fut son estuaire.

 

XL

 

Le bleu (nuit), le cercle, l’ellipse, le mouvement qui pousse vers l’avant.. Entrer dans son chiffrage (afin qu’il parle). Car il s’agit toujours de cela ; faire parler le silence. Demeure image après image ce qui ne se dit pas, ce qui ne se voyait plus et qui dans chaque temps de l’œuvre s’approche, se saisit, disparaît, se polit. D’où la double question de son voyeur : "Suis-je où je vois ce que tu montres ?" ou "Vois-je où je suis conscient de mon absence à ce que tu évoques ?" Créer reste pour elle une activité en devenir. Il s’agit de l’avènement d’une rencontre dans le lieu où la genèse de la forme devient indissociable de celle de l’existence.

 

XLII

 

Sentir que sentir. Tout se passe ainsi : il ne sais pas comment il est arrivé jusque là mais y vit maintenant. Il lui écrit pour qu’elle voit dans quel "état" elle le met. Cela n’excuse rien, n’excuse pas. C’est. 

 

 XLIII

 

Un soir il la voit revenir vers lui. Elle porte dans ses bras un paquet aux formes difficilement identifiables qu’elle tient serrée contre sa poitrine. Quand elle fut éloignée il sortit de l’ombre d’un champignon où il s’était dissimulé. Il sombra peu à peu dans un sommeil dont il n’émergea qu’à l’aube ému de ses caresses. Il attend longtemps que ce rêve revienne. Rien n’aura lieu si ce n’est son attente. C’est aussi un dialogue qui répare l’écart sinon la séparation.

 

 

XLIV

 

De fait elle invente les règles de ce qu’il lui écrit. Mais elle reste néanmoins résistante au récit, au savoir, à l’imaginaire et au langage puisque sur tous ces plans ce qu’il dit d’elle n’est qu’une approximation, un rapprochement, une caresse. Il écrit en vieux scribe qui perd un peu la boule en trouvant ses images dans sa chambre vers le soir. Lumière éteinte, rideaux tirés, leurs baisers dans le noir. Ce brasier, cet espoir et ces vagues de vagues. S’attendent, se retiennent, Zones noires, zones claires. Et cette densité de l’air. Vivre près de son pouls en repérer les courbes. Personne ne sait plus rien sur eux.

 

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Commentaires :

  Liaisons cérébrales par Catherine Andrieu

Ce texte est un labyrinthe de sensations, un fleuve souterrain où l’érotisme, la pensée et l’absence tissent des entrelacs insaisissables. Il est fragmenté comme une mémoire qui vacille, qui trébuche sur elle-même, qui cherche un point d’ancrage et n’en trouve aucun, sinon dans la vibration d’un corps, dans la diffraction du désir.

Chaque section est une vague qui vient lécher une rive inconnue, puis se retire, laissant derrière elle un dépôt d’ombres et de lumières. On devine une relation où la fusion des corps et des esprits est hantée par l’impossibilité d’une possession absolue. Il y a une tension entre la matérialité du contact et la dissolution de l’être dans l’autre – l’amour n’est jamais un simple refuge, mais un territoire mouvant, où se mêlent l’exaltation et la perte, le feu et le froid.

Le texte semble écrit à même la peau, à même l’écume d’un rêve qui s’efface aussitôt qu’il s’écrit. Il y a du souffle, du vent, du silence dans ces lignes. La mer y revient comme une présence spectrale, tout comme les images de l’atelier, du lit défait, du miroir, du corps-mémoire. Tout est trace, écho, réverbération.

On pourrait lire ce texte comme une partition où chaque mouvement explore une nuance du désir, de l’attente et de l’évanescence. Une danse d’ombres et de lueurs où la parole cherche à capter l’indicible. Et pourtant, rien n’est jamais figé : le texte respire, pulse, s’érode et renaît sans cesse. Il est un feu qui hésite entre brûler et s’éteindre, un murmure qui frôle l’absolu sans jamais l’atteindre.

Finalement, “Liaisons cérébrales” est un vertige – celui de l’amour, de l’écriture et de la présence éphémère. Une spirale où l’on se perd, mais où l’on revient, aimanté par cette obsession du lien qui, toujours, se délite et se reforme.


 

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