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 Article publié le 21 février 2016.

oOo

Blanche écume
Tu aveugles qui ne plonge pas en toi
Dans le sillage aveuglant, j’ai vu ton visage souriant 
Singulière invite à sortir de moi
Vigueur nouvelle !

Je ne le sus qu’après coup, 
Dans le plus tard de la plage désertée,
L’air était chaud, le sable brûlant, 
Tes yeux de mer roulaient dans mes vagues,
Les nombreuses
Ecume contre écume, dans la rage de vivre
Le présent de l’instant 
Qui nous vit enlacés dans le rouleau 

L’étrave allait son train 
Nulle entrave 
Non que la fleur des eaux s’ouvrît sur notre passage, 
L’inquiétude était grande que ne s’envolât la nef ainsi esquissée
Par nos deux corps irradiés de mer bouffonne 

Rire aux larmes, larmes de sel,
Voilà 
Que pas un instant ne fige 
En statue d’albâtre 

*

Pomone oubliée serre doucement contre son sein
La corbeille de fruits mûrs
Cela se voyait dans le grand jardin
Les hauts murs frissonnent, amoureux du lierre 
Sombre verdure
M’emmène loin au plus près de la lisière des forêts de sapins 
De mon enfance
S’y aventurer encore et encore,
Entendre ainsi craquer les aiguilles sous nos pas lestes pourtant,
Et ménager, le temps d’une source, un espace 
Propice aux murmures
Que la déesse effleure 

Le ciel t’embrasse sur la bouche 
Dans la clairière humide 
Dévêtue enfin, tu me regardes te regarder ainsi
L’immense convoitise brille dans tes yeux 
C’est ma semence que tu veux,
Et l’ahan singulier 
Aux rythmes non pareils 

Dans le cru, dans le cuit, 
Une demeure de glace ou de feu
Les sèves y circulent
La mégère s’étrangle, 
Un os de lapin en travers de la gorge 
Il en faut plus au destin pour arrêter sa course mortelle 
C’est qu’il meurt en nous à mesure qu’une vie nouvelle se dessine 
Ainsi va le temps espiègle 
Le temps d’une prière exaucée 

Mais qu’est-ce donc qui chemine à travers moi
Au-devant de moi, 
Ainsi prend mille formes secondes
Dans la fraîcheur du matin ? 

Eihwaz vibre dans la main offerte
Ouverte sur un avenir indicible 

Qui n’en peut mais consent
Quoi qu’il advienne 
Bâtit ainsi sa propre fatalité
Au travers des aléas de l’histoire 
Il faut se résoudre à combattre cela
Pied à pied 

Dire oui, dire non, selon 
Terre de feu et de glace,
Islande de mon pays 
Les Elfes égarent parfois,
Se perdent dans les mots 
Aller à leur destin, contre toute fatalité, 
Se faisant écrire à l’avenir, 
Et le dessiner à même les roches noires
Encore fumantes

Nulle part ailleurs qu’ici le merveilleux affleure 
Mais c’est aux forêts de mon enfance que je songe 
Il me faut les revoir
Y retourner impose silence 
Contre toute attente
Métempsychose des formes
Dans la matière protéiforme 
Ici agit sans s’agiter 
Le secret nouveau qu’une ferveur nouvelle embrasse 

Jean-Michel Guyot
13 février 2016

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