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Avant-dernière pensée - Hommage à Guerre froide
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 Article publié le 21 juin 2014.

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Chant noyé dans les effluves vénéneux d’une musique en apesanteur
La basse tricote dans l’espace ouaté des effluves qui en émanent
Perles roses,
Bulles cristallines,
Scansion suspensive,
Pensée évasive,
Vague déroute,
Déroutante absence de tension au seuil du cri

Le chant scande plus qu’il ne chante
Chant parlé,
Reconnaissance mutuelle du son dans le bruit,
Du bruit qui persiste dans le son,
Insuffle mille portées invisibles au souffle du chant

Infime douceur, intime émoi portés sur la place publique
Le grain de ta voix, ami, reconnaissable entre mille,
Egale le grain de sable du Destin qui refuse de tomber en poussière

Les machines molles sont grippées, les freins patinent,
Tu déranges les lignes trop simples, tu contournes les obstacles de la complexité,
En-deçà, tu es en-deçà de ce jeu fatal qui transformerait
Ta musique en séries de douze sons indifférents au monde

C’est que la mélancolie le dispute à la rage
Dans la geste de tes notes grises

L’atonie n’est pas ton fort,
L’harmonie un rêve d’enfant qui vire au cauchemar
L’attrape-rêve que tu portes au cou te prend à la gorge,
Déverse son trop-plein dans les musiques qui en passent par ta voix
Quelque chose de désertique jette une ombre sur ta musique
Musique de désert nocturne,
Nocturne grandeur de l’humble demeure affadie
Qui campe dans tes rêves.

La clé des chants dans une main, un marteau sanglant dans l’autre,
Tu frappes d’enclume la plume trop légère qui jette un sort
Sur tout ce qui bouge dans tes yeux de marbre
A ton approche, les statues se craquèlent puis explosent,
Exposent à qui veut l’entendre le crissement du sable entre tes dents
Qui assourdit jusqu’à la plainte du vent
A la pointe du vent, moderne,
Tu sublimes l’élan, l’épaissis d’un trait de plume vengeur
Qui ne promet aucun essor

Ta musique te rabat sur la terre,
Jamais ne l’exalte, jamais ne maudit l’humain,
Jamais ne le presse de rendre gorge, de rendre raison

A en perdre la raison, tu t’élances dans l’espace ouvert de ta perte
Dépenses sans calcul,
Dépenses non-dénuées d’art cependant
Telle résonne la seule concession qui vaille faite à l’être en commun

Chant noyé dans les effluves vénéneux d’une musique en apesanteur
La basse tricote dans l’espace ouaté des effluves qui en émanent
Perles roses,
Bulles cristallines,
Scansion suspensive,
Pensée évasive,
Vague déroute,
Déroutante absence de tension au seuil du cri

La seule démarche qui vaille dans ce monde désormais en ruines
Qu’aucun cri n’apaise
Soubresauts erratiques d’une religiosité malsaine
Qui n’en finit pas de semer la haine

Mur du son dressé contre, tout contre la haine
Par amour de l’humaine condition

Jean-Michel Guyot
13 juin 2014

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