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Les flots bleus
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 Article publié le 28 février 2016.

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Deux fils tendus au-dessus du non-sens, l’un reste muet, l’autre aboie.
Un danseur approche.

Laine virginale, mauve un peu le soir venu,
A la blancheur diaphane quand elle flotte dans l’air matinal

Ta lyre est morte, poète, jetée dans le puits sans fond des brûlures
Dans un délire, tu en as fait un arc électrique étriqué et froid qui peine à éclairer ta caverne

N’était le bleu de tes crènelures, flamme de ma chandelle,
Je te croirais sur parole quand tu chantes

M’importe plus, à dire vrai, le doux grésillement de la mèche
Au contact de ta flamme muette

Je n’ai pas soif de lumière
J’ai faim de vie opaque et dure comme la roche millénaire

Les mousses y poussent, les lichens s’y accrochent à peine
J’y graverai entre elles les runes de givre

Un peu beaucoup de vie, ainsi, festoie à la surface des mondes
Voilà un bon début, sinon un vrai départ

Cythère peut-être terrée dans les plaines sélènes
J’ai une pleine citerne de larmes dans la grange fleurie

Où mène le dicton, où va la charade ?
Six pieds sous terre, les mollusques volubiles

Archéologie des dons, des poussées
Manque d’élan, flamboyance, c’est le monde

De la surface, tu dis qu’elle révèle la profondeur
L’absence de profondeur aussi bien, et c’est tout un

L’image en sa vie béante-changeante à la surface du miroir coloré
Voilà sa vraie, son unique profondeur

Tu cueilles des silences, tu en fais des philtres d’amour
Dilués dans des soupirs

La cave, elle aussi, respire, baille et dort
Sur son tas de charbon

Les mains calleuses du destin, les doigts noirs du malheur
Le visage fuligineux de l’enfant maigre rencontré dans un poème

Les yeux brillants de l’aube en cette fraicheur matinale
Lave de tout soupçon l’Etonnée

Prise par surprise dans son repaire d’ivoire,
Elle s’empresse de noircir le tableau un jet d’ébène à la main

Que l’image jaillisse du tableau
Que l’enfant plonge dans l’image, ressacs et chaussée mouillée

Le bois de chausse ici vaut bien le bois de chauffe
Tes sabots crottés - comment en serait-il autrement dans l’image ?

Ne voilà-t-il pas qu’un peintre en délivre le secret usé
Place alors aux ballerines dans le reflet des flammes !

L’Etonnée s’absente souvent, prend mille figures
Sans en emprunter aucune, toutes émanent d’elle en sa stupeur tonique

Elle danse à même la vie élastique,
Pont de liane de ses bras, pontelet de pierre de ses jambes

Propulsent la flèche de son corps divisible
En dedans

Le miroir décompose ta beauté, en fait un prisme coloré
Que tu jettes dans la nuit, fanal exaspéré

La nuit éclaire, bougon, le jour bourdonne
Je saurai quelque jour en quelle langue chanter ta chute évanescente

Pour l’heure, la flèche de tes seins suffit à mon bonheur, Effilée
Le mur de tes reins frissonne d’aise

Qu’y coure le lierre, qu’y foisonnent les saxifrages !
Au pied du muret, les fraises millénaires qu’aucune question n’afflige

Le jardin seul s’étonne
A ciel ouvert, les framboises flamboient dans le soir

Ton corps ainsi livré au voyage qui délivre
Tu fends les flots bleus

Jean-Michel Guyot
18 février 2016

 

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