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 Article publié le 5 octobre 2014.

oOo

Ronde fend le temps
Nuit bercée de lune
Cynisme des étoiles toutes proches
Les fils éclectiques de tes goûts
Grésillent
Fritures sur la ligne
Comme queues de souris plongées dans l’huile

Poteaux de fer, palissades de bois
Frontières des bois, pas de lisière,
Juste les chaumes stupides, promises à l’hiver,
Et le cerf qui s’enhardit sur le champ moissonné
Pas de limites
Mais les frontières sont bien réelles
Va savoir, faut faire avec tout ça

Poix et goudron
Quelques plumes, des crocs de boucher
La haine pétillante, sautillante, mais si lourde,
Accoucheuse de misères sans nom

Geysers, cratères où boire le vin clair
Failles et creux, entrelacs des fissures,
Toutes blessures que la terre endure
Entre toutes les blessures, j’aime les résurgences salines

Et la mer regorge de fer,
La terre de sel
Vieille mer rose ou bleue,
Sous la terre
Saveur douce-amère de ta bouche
Un goût de terre, un goût de fer
Ta langue n’en peut mais
Salive des sèves
Sale salive des bois tendres encore verts
A la nuit mêlée
Un baiser plus tard, le crime parfait
L’horreur entrevue, à peine encore,
Mais patience, le pire n’est jamais sûr

Cerises prises dans les givres
Confites les mirabelles
Blettes les pommes sures
Farineuses dès lors les poires célestes

Le jardin d’Eden achève de pourrir dans tes yeux
La fleur, l’unique fleur chavire
Dans la mer de fleurs
Bulbe radieux, radicelles-étincelles-parcelles,
Comme tu veux-peux
Sillons ardents
Nacelle bleue perdue dans l’immense amour
Dégoût
Faim et soif encore dans le corps vertueux

Elsa se soûle, fend la foule houleuse
Se foule d’un adieu au monde épais
Le ressac taquine sa proue de mots envolés
Baisers volés sur le quai des adieux
Ca piaffe dans les airs
Ses flancs odorants s’en prennent aux eaux vertes
Du lac désenchanté
Bientôt la grève
Déjà e sable chaud des iles moites
Et puis le marteau et l’enclume à la peine
La forge des mots battus à mort
L’article de la mort, perdu, à jamais perdu
L’atelier d’or et d’argent
Edenté, l’orfèvre,
L’aguet des yeux rassemble ses faibles forces
Mains sûres, doigts de fée,
Tremblements de tout l’être
Mécanique impeccable des imprécations jetées à la lune gouvernée
On brûle les horloges
Presque un bonheur, un de plus,
Un parmi tant d’autres
Dans le vaste marché aux entrailles
Les tenailles du temps se referment sur la nudité du présent
Entrent l’une dans l’autre
Emmêlent les chairs du passé dans le présent couronné
Avenir détrôné par le présent qui revient sans cesse hanter-réécrire le passé
Forceps bleuis
Raffinement de torture consentie
L’enfant à naître
La fille du vent chevauchée
L’orphelin douçâtre
Petits et grands espoirs
Batailles
Miroirs déformants déformés
Images louches
Ricanement, sarcasme des étoiles
Dans un sursaut, les idoles agonisent
Maintenant que le temps dans la forge bouillonne,
Au creuset couler le plomb
Pour qu’or et argent cèdent la place à l’acier
Vengeur
Fange et azur
Frondes et catapultes
Expulsent des mots la tendresse dévoyée
Le voyou de l’air, poches crevées, s’attarde aux rives assoupies
Jette quelques pièces de menue monnaie dans le fleuve ébahi
Fais un vœu, petite licorne biscornue
Le temps des bossus a sonné
La longue file d’attente des ténèbres endormies
L’arrêt de mort
Le lent dégivrage des sources de vie
La fonte, le dégel, la débâcle
Cataclysmes tenus en haleine par les fontaines du pays natal
Et la rude écorce des puits sans fond
L’eau, potable tout au plus
Le vin des cimes
L’hydromel câline
Ta musique, Céline, est un alcool qui se boit vert
Ton absinthe ne me manque pas
Ton absence est logique
Le temps cligne
Décline
Tu fermes les yeux sur tant et tant de crimes
Fini de rire
Révolver au poing, tu fais la nique aux parrains
Les barons drogués s’enivrent de poudre blanche
Tu les plonges vivant dans un bain de sel alcalin
Douce combustion hurlante
Eclat de rire du soleil

Jean-Michel Guyot
19 septembre 2014

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