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![]() oOo Il y avait des corps que personne ne comptait, des noms que le vent a mâchés avant de les recracher. Ils marchaient sans visage, sans linceul, portant des blessures qui ne trouvaient pas d’écho.
Quelque part, un enfant est tombé, son ombre s’est brisée avant lui, et la mer a continué sans s’arrêter, avalant les cris comme des miettes de sel.
Ils ont brûlé dans des silences de cendre, dans les entrailles d’usines sans fenêtres, dans des geôles où la lumière s’efface, dans des villes où la poussière a remplacé la mémoire.
Une femme à genoux a gratté la terre, cherchant un os, un bouton, quelque chose qui dise je fus avant que la boue ne referme ses mains.
Certains se sont dissous dans la neige, dans les failles des fleuves, dans la mâchoire fendue d’un matin trop noir. D’autres ont eu juste le temps de lever la tête avant que le ciel ne se referme.
Et la nuit continue, creuse et dense, engorgée de ces visages que personne ne peint. |
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Lecture et musique électro acoustique. https://youtu.be/JxPB1phl52c?si=OhXIhbRfZQ4_2Nr0