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RALM no 109 - octobre 2019/... - Masse critique (le forum de la RALM)
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 Article publié le 1er octobre 2019.

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l’écrivain
« ...c’est un homme qui met au point un certain usage de la langue, de la syntaxe, du récit, du genre littéraire, du texte enfin, avec son rythme, ses particularités rhétoriques et stylistiques. » François Taillandier (au sujet d’Alexandre Vialatte - in les Dossiers H de L’Âge d’homme)

forum.ral-m.com

Le but de ce "forum" est d’ouvrir la RALM à la critique et, si le volume est conséquent, d’en publier le contenu en librairie.

En exprimant ses sentiments à propos du contenu de la RALM, le lecteur contribuera à sa constante évolution. Cette nouvelle activité pourrait bien en changer sensiblement sa portée et son influence. Elle met d’ailleurs fin à la pratique, depuis plus de 15 ans, du "numéro". Elle en sera, pour quelques années encore, le dernier... Par contre, la publication hebdomadaire continue avec sa "Une" et ses auteurs.

Nous comptons particulièrement sur l’attention des membres de la rédaction pour construire un réseau critique autour des innombrables œuvres et ouvrages publiés dans la rubrique "espaces d’auteurs", laquelle constitue le refend de la RALM.

Il y a belle lurette que ce numéro, intitulé "masse critique", titille l’esprit de ses promoteurs. Le temps en est venu. En effet, 16 années d’activité "revuiste" méritent enfin de subir les critiques, les avis et les commentaires ; d’abord de ceux qui ont contribué à sa lente et opiniâtre construction, mais aussi de ceux, nombreux et apparemment fidèles, qui y trouvent de quoi lire et pourquoi pas à redire.

Un pareil projet ne peut pas, comme les précédents, être élaboré en un trimestre ; il y faudra du temps ; et il sera nécessaire de le prendre, avec ce que cela suppose de « longue impatience ».

Chaque semaine, comme d’habitude, le lecteur de la RALM pourra pourra lire les nouveautés textuelles et autres que ses membres lui proposent ; et chaque jour (peut-être) il aura aussi le plaisir de rencontrer des opinions, voire des critiques, à propos de ce qui se publie ici ; et il pourra même se joindre librement à ce commentaire aux dimensions encore inconnues.

 

Le 109 est le troisième "numéro spécial" édité par la RALM.

Pascal Leray n’a pas perdu son temps et s’il en trouve le fil ce n’est pas au rasoir d’une recherche. Producteur insatiable de poésie, de narration et autres spéculations, il couvre son spectre d’écriture, de musique, de points et de lignes, de tout ce qui brûle entre ses doigts de cerveau. Jamais revue littéraire n’a connu un pareil déferlement de vagues dans les sables de son existence possiblement durable. Ce numéro en est l’introduction patiente et méticuleuse, précise comme l’ongle qui rature les cercueils trop tôt refermés sur nos rares présences contemporaines.
 
Entre une séance de lecture et un chantier toujours en œuvre, Patrick Cintas insère une tentative non désespérée d’hypertexte. « L’œuvre d’un seul homme ! » s’écrie Ferdinand Cheval. Ainsi va le monde quand on cherche à le faire entrer tel quel dans ce qu’il est convenu d’appeler une œuvre.
 
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Alors, le 110...?... des mois !... des années !...

 

...le tram est dans la série des véhicules pour le transport en commun ce qu’est l’âne dans la série des animaux domestiques. Blaise Cendrars - Feuilles de route.

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Commentaires :

  Pour une masse critique - A por une masa critíca par Jean-Michel Guyot

"Pour respecter l’idiosyncrasie de chacun..." André Gide - Paludes.

Qui dit masse critique dit tout à la fois le fait indéniable d’une accumulation d’œuvres unique en son genre et la nécessité de voir se déclencher une réponse critique d’ampleur équivalente.

Ce qui, par-là, est visé, c’est une quantité suffisante d’énergie dégagée par accumulation de molécules biotiques capables d’exprimer des gènes particuliers de métabolisme secondaire telle la luminescence.

Beaucoup d’œuvres rayonnent ainsi dans la nuit éditoriale depuis de longues années déjà.

"Par-là" n’étant pas plus large que le chas d’une aiguille perdue dans une botte de foin, la lumière, de ce fait, s’y concentre de telle manière que la vision s’en trouve améliorée : des détails significatifs apparaissent qui peuvent donner lieu à des développements critiques induits par une masse critique-textuelle accumulée tout à fait considérable, pour peu que cette dernière soit observée, étudiée et considérée dans le contexte labyrinthique de ses origines.

Meules de foin soigneusement constituées posées sur le pré au crépuscule dessinent alors des figures, puis des séries de figures à la Monet perçues comme telles par le jeune Kandinsky qui eut dès lors l’intuition non-figurative que l’on sait.

Aussi bien peut-il s’agir d’atteindre un seuil critique au-delà duquel l’on bascule mentalement et verbalement dans une fiction fissile et ainsi aboutir à la prolifération de textes critiques entés sur les textes originaux. C’est une fission-fiction nucléaire qui est envisagée : les textes exposés explosent ainsi leur énergie intrinsèque passée jusque-là inaperçue.

L’effondrement gravitationnel peut aboutir à la formation de ce trou noir éditorial que serait en quelque sorte un livre d’une extrême densité qui ne ferait la lumière sur l’ensemble des écrits parus dans la RAL,M qu’en y concentrant tous les attraits, tous les aspects et toutes les vertus.

La masse considérable de textes parus dans la RAL,M depuis maintenant quinze années constitue à l’évidence une masse critique virtuelle propre à déclencher ces processus.

Un seuil critique a été effectivement atteint.

Il est temps que le public en soit averti, qu’il prenne conscience tant de l’ampleur que de la profondeur d’une initiative éditoriale unique en son genre que nous devons à Patrick Cintas, à l’initiative duquel des talents très divers se sont trouvés réunis autour d’une ligne éditoriale qui valorise l’originalité dans l’excellence.

Aucune revue n’offre autant de perspectives variées, de styles différents ni d’idiômes maitrisés tant par la traduction (Catulle traduit par Gilbert Bourson, L’atelier de traduction de Marta Cywinska, par exemple) que par la publication en langues étrangères.

Qu’on se le dise !

***

La masa crítica se refiere tanto al hecho innegable de una acumulación única de obras como a la necesidad de desencadenar una respuesta crítica de magnitud equivalente.

Lo que se quiere decir aquí es una cantidad suficiente de energía liberada por la acumulación de moléculas bióticas capaces de expresar genes particulares de metabolismo secundario como la luminiscencia.

Muchas obras han estado brillando en la noche editorial desde hace ya muchos años.

El camino no es más ancho que el ojo de una aguja perdida en un pajar, la luz se concentra de tal manera que se mejora la visión : detalles aparecen como fenómenos significativos que pueden dar lugar a desarrollos críticos inducidos por una considerable masa crítico-textual acumulada, siempre que este último se observe, se estudie y se considere en el contexto laberíntico de sus orígenes.

Almiares cuidadosamente colocados en el prado al anochecer entonces dibujen figuras, luego series de figuras al modo de Monet percibidas como tales por el joven Kandinsky que tenía desde entonces la intuición no figurativa que conocemos.

Puede tratarse de alcanzar un umbral crítico más allá del cual uno se convierte mental y verbalmente en una ficción fisionable y, por lo tanto, conduce a la proliferación de textos críticos en los textos originales. Es una fisión -ficción nuclear que se prevé : los textos expuestos explotan y también su energía intrínseca hasta entonces desapercibida.

El colapso gravitacional puede conducir a la formación de este agujero editorial negro que sería como un libro de extrema densidad que arrojaría luz sobre todos los escritos publicados en la RALM que concentra todos los encantos, todos los aspectos y todas las virtudes.

La considerable masa de textos publicados en la RALM durante los últimos quince años constituye obviamente una masa crítica virtual capaz de desencadenar estos procesos.

Efectivamente, se ha alcanzado un umbral crítico.

Es hora de que el público sea consciente de ello, sea consciente tanto de la amplitud como de la profundidad de una iniciativa editorial en su genero, la cual debemos a Patrick Cintas cuya iniciativa consigue reunir a talentos muy diversos en torno a una línea editorial que valora la originalidad en la excelencia.

Ninguna revista ofrece tantas perspectivas diferentes, diferentes estilos y idiomas dominados tanto por la traducción (Catullus traducido por Gilbert Bourson, El taller de traducción de Marta Cywinska, por ejemplo) que por la publicación en idiomas extranjeros.

¡A ver si nos entendemos !


  Commentaires par Jean-Michel Guyot

Il ne s’agira pas ici de dire du bien d’un auteur et de son livre pour faire vendre en donnant l’envie de l’acheter ni non plus d’en explorer tous les tenants et aboutissants textuels et intertextuels. Travail qu’il faut laisser à la critique professionnelle stipendiée ou non.

Je vois cela plutôt comme un merci adressé à un auteur et pour ainsi dire un exercice d’admiration mesurée à l’aune du plaisir que m’a procuré la lecture d’un texte ou d’une œuvre entière.

Faire état d’impressions de lecture, de pensées inouïes ou à tout le moins inédites dans la forme singulière que l’auteur a su leur donner, de surprises stimulantes et de désirs jusque-là passés inaperçus et, de fait, ignorés de moi jusqu’à présent, voilà qui me paraît une très bonne chose.

Le texte est un présent fait à ses lecteurs.

Comme tout présent, il fait mouche ou se plante. Le plaisir du texte, n’est-ce pas, entre autres choses, l’impression forte éprouvée à sa lecture, et durable qui plus est, que nous avons trouvé en l’auteur un frère ou une sœur en pensée ?

Une amitié, alors, peut naître et se prolonger dans des lectures approfondies, voire des correspondances ou de simples billets postés en réponse à une sollicitation puissante mais informulée qui émane de tout texte qui nous touche.


  A quoi bon ? par Jean-Michel Guyot

Ecrire ne serait-ce que quelques lignes, le matin surtout, et je n’aurai pas l’impression d’avoir complètement perdu ma journée, riche par ailleurs en pensées et sensations de toutes sortes.

*

Ici convergent des styles, des modes d’écriture et des voix singulières qui étalent leurs divergences en toute sérénité et en toute tranquillité.

Ici, on converge en divergeant, on diverge en convergeant. Il peut en résulter un certain vertige, j’en conviens aisément.

Rien de polyphonique ni de cacophonique dans cet état des lieux mouvant et mobile.

Le concert n’aura pas lieu. Il n’y a pas lieu d’en déplorer l’absence. Nous ne sommes ni dans un espace institutionnalisé ni dans une revue underground. Cette agora virtuelle nous suffit.

Chaque voix chante dans son propre jardin, son propre patio, son bistrot, son salon ou sa cuisine voire ses latrines. 

Un arbre de vie fleurit en tout un chacun.

Les fruits en sont si variés et si différents qu’ils ne peuvent provenir du même arbre, ni même d’un seul et même lieu : aucun verger ne les rassemble en un même site dans le but avoué de les conserver comme l’on conserve des variétés horticoles menacées de disparition parce qu’elles ne trouvent pas grâce aux yeux de ceux qui dirigent le monde de la grande édition.

Nous avons à faire à des arbres nomades qui n’étalent pas leurs fruits juteux labellisés bio sur les marchés locaux. Eté comme hiver, ils produisent de la sève et des fruits qui circulent sous les doigts et dans les yeux de leurs lecteurs. Libre à eux d’en goûter quelques-uns ou de les trouver trop verts à leur goût.

Pour qu’un miracle ait lieu, il faut être animé par une foi douce mais ardente qui ignore tout calcul des probabilités, tout pari du genre : Essayons, ça marchera peut-être, qui sait ?

Le ciel n’offre et n’offrira jamais de telles garanties de réussite.

Libre à vous de considérer votre talent comme un petit miracle.

Pour ma part, j’y vois plutôt une chance que l’on saisit parfois tôt dans sa vie par le jeu d’heureux hasards : un professeur bienveillant, un proche ou un ami qui nous encourage, nous pousse à écrire, par exemple, et tel fut mon cas : un ami allemand féru de littérature française qui avait écrit un mémoire sur Maurice Blanchot dans les années 90 à la Faculté des Lettres de Lille. Qu’il en soit remercié ici !

La Ral,m n’est ni une ecclesia ni une ecclesiola, n’a rien d’une Eglise petite ou grande, par conséquent aucun schisme ne menace ses rangs, rangs qui, d’ailleurs n’existent pas, car les auteurs ne s’y présentent jamais au garde à vous en bons petits soldats de la chose littéraire, pas plus qu’ils ne paradent dans les colonnes de la Revue.

Si l’union fait la force, alors, il faut convenir que cette union et la force qui en résulte ici ne tiennent pas à quelque unité que ce soit, mais se trouve être, ici et maintenant, le produit volatile et versatile d’une volonté commune indéniable d’aller de l’avant sans regarder derrière soi ni sur les côtés. L’esprit de compétition n’a pas lieu d’être.

Une chose toute simple échappe à la vue de beaucoup : une revue, par définition, est une vue redoublée, une double vue qui redouble de vigilance, en d’autres termes : les textes sont lus et relus par leurs auteurs, c’est-à-dire mâchés et remâchés à la manière de Nietzsche qui recommande de pratiquer une lecture bovine des grands textes.

Les textes ne sont jamais balancés à la face des lecteurs comme on lance des cacahouètes à des singes en cage.

Abscons ou limpides, il y en a pour tous les goûts.

Le public, malin comme un singe, ne s’y trompe d’ailleurs pas, et perçoit toute la portée et l’ampleur d’un projet qui rejette viscéralement l’esprit d’école et de chapelle et bannit le sectarisme douillet ou agressif qui caractérise l’époque atomisée dans laquelle nous survivons tant bien que mal, dans le sein épineux et sec, bardé de clous et de fil de fer barbelé duquel nous oscillons entre nos deux extrêmes que sont le dégoût et la colère que ne manquent pas de nous inspirer les injustices de ce monde mondialisé qui est notre lot à tous et à toutes.

Nous ne posons pas le masque souriant de l’optimisme béat sur le visage ravagé d’une humanité en proie à toutes les souffrances possibles et imaginables en ce monde. Un dieu multiface et carnassier n’est pas de mise non plus.

Le monde est sans visage, nous ne faisons que lui prêter nos yeux et nos oreilles.

Une certaine beauté convulsive est à ce prix.

Tout texte, et en-deçà tout auteur qui se respecte, possède une fréquence propre.

C’est au lecteur de la trouver et de la faire vibrer pour la porter à son maximum de puissance, quitte à faire exploser le texte et à exposer son auteur à la critique qui n’est que le produit dérivé et fissile d’un processus aussi lent et soudain qu’un sourire ou une grimace, c’est selon.


 

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