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Les noces d'Hérodiade de Stéphane Mallarmé-mystère - Acte premier - première partie
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 Article publié le 17 novembre 2010.

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Spectacle créé en 1976 avec Anne-Marie Massé

 

 

Mise en scène Gilbert Bourson

 

Hérodiade - Acte premier - première partie

Écoutez Hérodiade en streaming.
46’ 45"

 

Le poème « Les noces d’Hérodiade » que Mallarmé destinait à la scène, l’amena à considérer que le théâtre de son temps ne pouvait en aucun cas le digérer comme drame, ne comportant aucun des éléments qui en constituaient les règles. Il en fut de même pour « l’après midi d’un faune » qu’il comptait confier à Mounet Sully. La notion de théâtre associée à celle du Livre est encore quelque chose de différent et ne requiert plus la scène au sens physique du terme. Des « noces d’Hérodiade » Mallarmé voulait faire quelque chose qui soit proche de la tragédie. Mais du fait de sa poétisation extrême, comme « l’Empédocle » de Hölderlin, le poème ne pouvait à l’époque être représenté du fait de son manque d’intrigue.

Aujourd’hui, la scène accueille le poème, mieux qu’en le « récitalisant », mais en récupérant la dramaturgie qui le sous-tend, en faisant « apparaître le théâtre que ce fut » selon la formule géniale de Mallarmé.

Bien évidemment, à l’époque où je tentai cette aventure, nous n’étions pas légion et cependant cela se diabolisait quelque peu. Mon but était de faire entendre les constellations de sens, ce qu’entendait Mallarmé par le lustre où s’expose le texte comme dans le miroir du sonnet en x.

Tout était signe dans ce spectacle qui n’offrait comme « concession à la rétine », qu’une imagerie restreinte. Néanmoins il y avait beaucoup à voir et à entendre : objets habillés, maquettes manipulées, diction musiquée à l’extrême, travail des voix, lectures simultanées produisant des glissements sémantiques restituant les hésitations du manuscrit, faisant entendre la gestation dramaturgique de l’écrit.

Il est évident que nous pratiquions alors l’intertextualité, plusieurs textes d’autres auteurs venaient parenthésiser celui de Mallarmé, comme preuve au sens mallarméen du terme.

Gilbert Bourson

 

Gilbert Bourson est publié chez Le chasseur abstrait :

 

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Commentaires :

  A propos... par Gilbert Bourson

Je ne sais pas si cette opération Mallarméenne fut ma Béatrice, mais elle fut certainement une des plus exaltante de ma vie d’homme, laquelle se tient, (devrais-je dire se joue ?) sous le lustre de ce théâtre dont rêvait (réalisait ?) Mallarmé. Cette majestueuse ouverture sur le mystère dont on est au monde pour envisager la grandeur, la scène devrait en être le lieu par excellence. Nous fûmes quelques-uns à tenter cette opération y engageant nos corps et esprits dans les années 70, ce, sous l’influence de Grotowski et donc inspirés par le théâtre et son double d’Artaud. Artaud ne tentait aucune théorie du théâtre mais tentait de substituer à la notion de spectacle celle d’action véritable, rejoignant ainsi Mallarmé disant : le théâtre est d’essence supérieure. Faire vibrer la corde de l’instrument qui est le corps de l’acteur devenant le corps de tous, était l’impératif d’alors. Quand je vais au théâtre aujourd’hui je le vois végéter dans sa moralisante exposition des faits et sa psychologie où s’agitent des rôles qui personnifient. Parfois il est aidé, tant il est impuissant à montrer l’homme entier, par la technologie qui lui tient lieu de Lieu. La pensée (la mise en scène) y est remplacée par des illustrations filmées et des effets sonores censés remplacer le geste matériel et nu de la pensée. Dirais-je de l’idée ? Hamlet n’est pas un personnage de théâtre à jouer ou à interpréter, mais le théâtre même. Cette conduite et ces enregistrements témoignent de ce rêve éveillé réalisé dans sa scénographie où rien n’aura eu lieu que le lieu. Il me semble que le théâtre attend ses horribles travailleurs prédits par Rimbaud.


 

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