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![]() oOo Je me souviens des brèches sous les pas, des creux dans l’asphalte où la mémoire suinte, comme des paupières mi-closes sur des cauchemars anciens.
On marchait en évitant les ruines comme si elles avaient des bouches, comme si elles pouvaient nous dévorer. Les murs parlaient bas, des syllabes fendues, des échos de trains partis trop tôt vers des destinations qu’on ne nomme plus.
C’est comme si la ville avait un fantôme un habit retourné, une ombre cousue dans les entrailles du sol, un double enterré qui respire à travers les failles du présent.
La guerre revient toujours comme un voleur jamais rassasié, comme un cri jamais éteint, comme une main entrouverte sur un couteau. Elle rentre par la porte que l’on croyait close, elle s’infiltre dans la poussière, dans le vent, dans les absences laissées aux fenêtres.
Hirondelles brisées aux abords de Kharkiv, elles tracent sur le ciel une cicatrice – paix et guerre, deux lèvres cousues d’un même fil noir.
Sur la route, des valises sans visages, des maisons ouvertes comme des crânes, des noms accrochés aux bouches mortes. Seule la mémoire persiste, tranchante comme un morceau de verre qu’on n’ose plus jeter.
Et sous l’aube incertaine, on apprend à voler avec les ailes d’un pays qui saigne encore. |
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Lecture et musique electro acoustique. https://youtu.be/0Q0c54nMKLw?si=9SPGSHfcr4JW-L5J