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Nouvelle
Revue d'art et de littérature, musique
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Revue en ligne
dimanche 19 novembre 2017
Directeur: Patrick CINTAS
Éditeur: Le chasseur abstrait
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères

William Burroughs - Image de Patrick Cintas

Dans la série [presse-livres]...

L'univers de la drogue ressemble à une pyramide dont chaque étage grignoterait celui d'en dessous [...], et ainsi de suite jusqu'au sommet – ou plutôt : aux sommets, car il existe de nombreuses pyramides de cames qui écrasent des milliers de gens de par le monde, et elles sont toutes fondées sur les principes de base du monopole :

1° Ne jamais rien donner gratis,

2° Ne jamais donner plus que le strict minimum,

3° Ne jamais hésiter à tout reprendre si l'occasion se présente.

 

Apologie systématique des sociétés détruites par l'impérialisme

ou La littérature a-t-elle fait sa révolution ? (II)

ou de la déshumanisation progressive

 

« Tout révolté est, chez nous, plus ou moins, un soldat qui a manqué sa vocation, un être fait pour la vie héroïque, et que vous appliquez à une besogne contraire à sa race, mauvais ouvrier, trop bon soldat. Or, la vie qui révolte nos travailleurs rendrait heureux un Chinois, un fellah, êtres qui ne sont nullement militaires. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien. » Hitler ? Rosenberg ? Non, Renan. *

Nº 80

nº 81 le 1er octobre

 

Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte. Il faut absolument convaincre l'homme qu'une fois acquis le consentement général sur un sujet, la résistance individuelle est la seule clé de la prison. André Breton.

 

 
PRIX CHASSEUR DE NOUVELLES 2012

Règlement

Le chasseur abstrait éditeur organise un concours de nouvelles.

LONGUEUR
1. Les nouvelles ne devront pas dépasser 10.000 mots.

MANUSCRIT
2. Chaque auteur peut concourir avec autant de nouvelles qu'il le souhaite, éventuellement avec un recueil composé ou un landscape qui sera alors également soumis au comité de lecture du Chasseur abstrait..

DATE LIMITE
3. La date limite d'envoi est le 31 juillet 2012.


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L'Urine et le Métal

J'ai pissé un jour dans un creuset. J'ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Autour de moi, des types hurlaient en se pelotant les couilles à travers leurs tabliers protège-couilles. J'étais apprenti et en plus j'avais des idées politiques. On me demandait pas grand-chose, je peux le dire maintenant que je suis retraité et que les gosses savent même plus de quoi je parle quand j'évoque le four et ce que j'y ai vécu. Des pognes que j'avais serrées avant d'entrer dans cet enfer. Des doigts syndiqués au rouge avec des traces de poison algomaniaque. J'en ai eu marre dès le premier jour. J'avais un balai dans les mains et je suivais le fil rouge parterre. Pire ! Je courais après ! Et j'y arrivais pas, bien sûr. Personne n'arrive le premier jour. On vous refile un balai en acier trempé et on vous montre le fil à suivre, des fois que vous auriez pas compris que c'est tout ce qu'on peut espérer de l'existence si on a pas fait des études. J'en avais fait, mais j'avais besoin d'une expérience pour renouer avec mes origines. J'ai ramassé le balai et les sabots et j'ai suivi le peloton des nouveaux qui se tenaient les couilles en espérant que ça n'irait pas aussi loin qu'on le disait, la stérilité. Y avait pas autre chose à faire que de balayer.


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« On s'étonne, on s'indigne. On dit : « Comme c'est curieux ! Mais, bah ! C'est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies, de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne. » *

 

 

Gilbert Bourson

Poésies complètes

« Le géant a planté son doigt dans un grand navire qui doit passer le lac de son empire. Son doigt est le mât du navire. » Ayant relu hier, ou peu s'en faut, les poésies complètes de Gilbert Bourson, il m'a semblé que ces vers d'Alfred Jarry les 'introduisaient' parfaitement. Le voyage érectile (strigide), partant de ces sonates qui sont comme son port d'attache, de congrès en joies rouges, s'achève, veut nous faire croire le poète, avec cet insight, cet intérieur enfin investi après tant d'extérieurs en tout genre. C'est une sacrée fresque ce poème, d'un bout à l'autre incessant et coriace. « Je t'apporte l'enfant d'une nuit d'Idumée ! » reprend Gilbert Bourson avec ce que cela suppose de souffle créateur physiquement ressenti... (Patrick Cintas)

 

Gilbert Bourson :

« Le je, est multitude, la poésie est habitable par tous, c'est un logis où il n'est pas nécessaire de relever les compteurs, mais d'en ressentir l'énergie. Comment présenter une œuvre à laquelle on n'a pas consacré sa vie, mais à laquelle on l'a confiée ? La poésie est pour moi comme un journal. Loin de moi ce sens du sacré dont on nous rebat les oreilles. J'ai fait chanter la couleur des mots, la ductilité de la langue, aimanté la limaille du sens, fait bourdonner les mouches de la sensualité, quelque soit sa « bassesse », j'ai noté des évidences qui ne l'étaient pas, inventé des rapports improbables, déjoué les ruses du je et du moi, chatouillé des prédicats trop rigides. Enfin, j'ai peint des paysages, qui parfois étaient paysages de pensée, comme dit Coleridge. »

 

Quand je me retourne sur ma poésie

 

Gilbert Bourson

Quand je me retourne sur ma poésie, je m'aperçois que chaque poème est une sorte de tableau, et que j'écris un peu comme un peintre. J'ai toujours été passionné par la peinture, et mon écriture est influencée par des artistes comme Willem de Kooning, notamment. La musique est tout aussi prégnante pour moi, et j'accorde aux rythmes, aux scansions du poème une importance toute particulière. J'essaie de restituer au monde qui m'entoure, sa résonance en moi. Les lecteurs trop intellectuels trouvent parfois ma lecture difficile, cherchant à comprendre le sens dont elle est porteuse, alors que des personnes plus requises par le sensible, ne la trouve ni simple ni complexe, mais pleine de sensations et d'imagination. On me parle souvent de surprise, d'étonnement, devant ma poésie et justement, de couleurs. Ces paysages que sont chacun de mes poèmes, sont proposés au lecteur, non pour être déchiffrés, mais pou être habités. « Se faire un lieu » est le titre de mon dernier et ultime livre de poésie, avant de ne me consacrer qu'à la prose. Il s'agit bien de cela, se faire un lieu, selon la belle expression de Joubert. Je ne suis pas un théoricien de la littérature, ni un philosophe mais un artiste des mots, qui me proposent des instantanés du monde qui est hors de moi et en moi. Je me sens très proche de la phénoménologie et de la philosophie de Merleau-Ponty dans « le visible et l'invisible », « la prose du monde »et, « phénoménologie de la perception » Chercher le sens du poème, c'est oublier que la poésie est une traversée des sens possibles, la traversée de la galaxie de sens qui nous bombardent à chaque instants. Un poème doit crépiter, faire entendre et voir, mais non deviner la clef d'une énigme, qui, remercions les dieux, doit rester énigme. Un caillou, dont nous requièrent la beauté des formes, la couleur et la texture n'est-il pas lui-même une énigme ? Cela en amoindrit-il la beauté, ou l'évocation qu'il provoque en nous, d'un lointain et cependant tout proche univers ? C'est moins de la beauté (je n'ai jamais bien compris ce concept platonicien), que de l'inattendu, du surprenant, que je veux déclencher chez le lecteur, et pour bien dire, en moi. Mes poèmes me surprennent, parce qu'est surprenante notre imagination et la poussière de sens qu'elle fait voltiger dans son espace langagier personnel et universel. Les scientifiques ne trouvent pas l'objet de leur recherche compliqué, illisible, mais complexe et toujours surprenant, passionnant, et dont le sens est mouvement, force et énergie. Je comprends et ne comprends pas la théorie des quanta, ni la loi des fractales, et cependant la poésie, la mienne comme celle des autres poètes, n'est que ça. Si j'ai du mal à la lecture de Hegel, c'est qu'il nous impose un sens par la synthèse, et qu'il met en place un vouloir dire, qui bloque les contradictions, le flux de la pensée. Je voudrais qu'on me lût comme on découvre un caillou sur la plage ou une image insolite d'un rêve, le rêve étant une partie de la réalité : Du dehors informant du dedans matériel et que l'on peut nommer si l'on veut, l'âme, en la plaçant dans le corps comme le fit Descartes, mais pas au même endroit, et inspirée non par un dieu mais par ce qui lui vient du monde du dehors. La poésie est simplement ce va et vient par le langage, de l'âme et du monde, leur libidinal congrès perpétuel. Congrès est un de mes titres, entendu dans l'ancienne acception de copulation. Il y a un texte  chez Borges qui évoque ce sens dans un de ses recueils. C'est un autre aspect de ma poétique, l'érotisation de la nature à travers la langue. que je veux la plus choquante, non au sens d'une quelconque provocation à la moraline, mais au sens du choc de deux matérialités qui se pensent. Plus difficile à comprendre ce discours sur la poésie, que la poésie elle-même, qui est souvent réputée difficile à cause justement des propos qu'on tient sur elle. Là-dessus, je rejoins Dylan Thomas, qui répondait aux gens : pourquoi j'écris de si beaux poèmes ?, je n'ai pas les mots nécessaires pour répondre correctement, préconisant : de jeter un os aux critiques, et encore : pourquoi je bois comme un trou ? à cette question, beaucoup de psy auront une réponse en kit : il écrit comme un alcoolique. Ma recherche poétique consiste, non à trouver, mais à découvrir. En fait je ne recherche rien, je tente. Je suis le premier lecteur de mes poèmes, lesquels me placent devant des possibles de ce moi qui écrit. Il m'arrive en les relisant, d'être étonné, que l'on ait pu produire un tel appareil de mots et d'images. De « sonates » à « se faire un lieu » (auquel je fais suivre « insight ») je n'ai cessé de me déplacer dans différentes corporalités, vibrant toutes à travers différentes approches du monde, différentes approches du temps. Mes lieux sont autant des morceaux de nature que de morceaux de villes, me situant toujours dans un instant découvert. Pas d'arrières-mondes dans mes écrits, mais des possibles de ce monde. Tout mon univers est matériel pour ne pas dire matérialiste au sens philosophique du terme. Un poète n'est pas obligatoirement un « intellectuel » au sens où l'on peut tout expliquer et tout commenter. Il y a des poètes comme ça, tellement intelligents qu'ils le montrent en croyant faire de la poésie. Quant à la compréhension, il existe des œuvres qui sont essentielles et qui font écrire, sans qu'on les ait comprises entièrement, telles pour moi « The waste land » de T.S.Eliot et « Une nuit avec Hamlet » de V. Holan, deux œuvres parmi les plus inspirantes pour moi. Il y a d'autres œuvres que j'admire et qui ne me sont pas aussi problématiques que celles-ci, que je lis avec ravissement, mais qui ne m'incitent pas autant à l'écriture. Je n'ai jamais cherché l'obscurité pour l'obscurité, mais il faut traverser la nuit des choses avec la lumière des mots qui sont comme des piles rechargeables. De plus, la poésie moderne, n'est pas cet étalage des sentiments personnels, vieux reste du romantisme attardé qu'on trouve dans les paroles de chansons, mais une exploration des façons de parler le monde.  Le je, est multitude, la poésie est habitable par tous, c'est un logis où il n'est pas nécessaire de relever les compteurs, mais d'en ressentir l'énergie. Comment présenter une œuvre à laquelle on n'a pas consacré sa vie, mais à laquelle on l'a confiée ? La poésie est pour moi comme un journal. Loin de moi ce sens du sacré dont on nous rebat les oreilles. J'ai fait chanter la couleur des mots, la ductilité de la langue, aimanté la limaille du sens, fait bourdonner les mouches de la sensualité, quelque soit sa « bassesse », j'ai noté des évidences qui ne l'étaient pas, inventé des rapports improbables, déjoué les ruses du je et du moi, chatouillé des prédicats trop rigides. Enfin, j'ai peint des paysages, qui parfois étaient paysages de pensée, comme dit Coleridge. Je voudrais que le lecteur de ma poésie abandonne son bagage et son parapluie sur le quai comme le K de Kafka dans l'Amérique, et navigue un temps délesté. Ce n'est pas le poème qui est « compliqué » c'est le lecteur qui cherche à retrouver son bagage et son parapluie, une fois embarqué vers du nouveau. Il y a des gens qui parlent savamment de la poésie, j'en ai lu, et n'ai jamais compris grand-chose à ce qu'ils disaient si peu poétiquement. J'ai lu quelque part, sous la plume d'un écrivain plus que talentueux, qu'il ne comprenait rien à Spinoza, ce qui n'est pas mon cas. Mallarmé, c'est Hegel qui lui tombait des mains. Beckett trouvait la prose de Mallarmé trop obscure, je la trouve éclairante. Pourquoi la trouvé je éclairante ? C'est parce qu'elle est poésie qui parle poésie. Beckett est un immense et génial poète, le plus radicalement poète qui soit et pourtant, voilà, rien à dire. C'est le fade, le redondant, le répétitif, le banal, l'intelligent, le trop humain, (au sens Nietzschéen), le trop performatif, le trop digérable, le trop confortable, le trop commenté, le trop projeté à tue-la-société, le QI à trois chiffres, le discours sur, la théorie du théorique rhétorique, et cetera en français dans la formule, de ce temps qui chantonne à deux sous, que ça mouille les jours de pluie, qui met la poésie au rang de ces engeances qui prennent trop la tête sans savoir vraiment où se situe l'organe. Voyez, à trop vouloir en dire on se fâche, on n'importe quoi, on déblatère, on tort ou raison, alors que je voulais parler de ma poéterie bien sûr pas trop bêtement mais surtout pas trop intelligemment car elle fait ça beaucoup mieux que moi, croyez moi, étant plus intelligente que son scribe et plus courtoise et plus savante. Elle est remplie d'oiseaux, de gasoil, et de sueur. Dans mes derniers poèmes (Vingt deux) intitulés « insight » il y a, je le pense, une virtualité chantable. C'est la dernière œuvre poétique, avant la prose, d'un poète qui court vers ces quatre vingt ans. Facilement vôtre.

 

Lisez moi pleure la poésie

 

Je fais autant que possible des lectures de mes textes, et je sens le public heureux de les entendre. Il n'est, miraculeusement, plus question d'avoir compris ou non. On me dit souvent, vos images sont fortes, ou parfois étonnantes, On y entend le corps parler, la chair s'exprimer, on voit les couleurs, on sent les odeurs. Quelqu'un m'a dit, lors d'une lecture, je ne suis pas savant mais j'ai compris que vous voulez typographier le monde. Oh merci cher pas savant, de m'avoir tellement compris et surtout entendu. Moi non plus je ne suis pas savant, malgré une culture assez étendue que j'avoue inviter parfois dans mes poèmes. Mais si je convoque, arbres, autoroutes, tout ce qui m'entoure, me ravit, me peine, m'excite, me rêve, me choque, pourquoi ne pas évoquer mes livres préférés, mes auteurs préférés, mes peintres, mes musiciens autant que les oiseaux, les chiens, la pluie, la neige etc. Peut-être que la poésie, la vraie, celle qui ne fait plus rimer le rimmel du chichi sentimental, ni entourer trois mots de blanc métaphysique doit donner de la voix. Quant à moi, je préfère la lecture silencieuse (bien sûr, elle ne l'est jamais, pas plus que noire et blanche, bien que noir sur blanc). Puisque j'ai mis un terme à l'écriture poétique, ayant bâti mon édifice, je vais le plus possible en faire résonner les murs, avec ma voix. Ne pas oublier quand même, que celle du poème est plusieurs comme un chœur. La poésie ne doit pas pleurer de n'être pas lue, elle se fera entendre pour couvrir la voix des niais et des savants glossateurs de ce dont parlait Reverdy : Quant à la poésie qui ne veut rien dire de particulier à personne, qui est et qui n'est que le résidu externe d'un mouvement intérieur et parfaitement gratuit, désintéressé, voire absolument vain, elle ne comporte aucune obscurité.

 

I

SONATES

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Dans  « Sonates », les poèmes ne sont pas organisés autour d'un thème, pas plus qu'ils ne baignent dans un climat unique, chaque texte est autonome, ce sont des moments d'émotion devant une scène entrevue, une lecture, un paysage ou un tableau. Certains partent d'une réflexion, d'une idée dont se sert le poème comme d'un clavecin. Je veux placer le lecteur face au spectacle des mots jouant le texte du monde et des choses qui le constituent. Il ne s'agit pas de comprendre ce que  le poème veut dire mais d'entendre ce qu'il dit, d'habiter le lieu qu'il est devenu. Ce n'est pas le poème qui est énigme, c'est le monde. Il faut aimer l'énigme qui permet de rêver chaque instant de sa vie. Sauver l'énigme c'est sauvegarder l'émotion qui seule est émeute. La plupart des poèmes qui composent l'ouvrage sont des paysages. Non des descriptions de paysages, pris sur le motif en quelque sorte, mais des images de pensée, des paysages mentaux qui sont tout aussi réels que les naturels, puisque ceux-ci n'existent qu'appréhendés par un observateur à qui ils renvoient son langage, son imagerie, en un mot sa propre libido. D'autant qu'après un certain temps, je suis moi-même devant ces textes, comme devant des paysages rencontrés au détour d'un chemin. Bien entendu, Sonates contient aussi des textes plus « narratifs » d'autres plus « réflexifs » avec parfois certaines scènes humoristiques. Le quotidien y est présent partout, mais sous l'angle de l'insolite, parfois de l'inquiétant. Evidemment, la partie Autres sonates qui contient les derniers poèmes du livre, est la plus « difficile » en ce sens qu'elle est la plus méta-poétique, la plus référentielle du recueil. Toutefois, si on se laisse aller du coté du rêve, on se trouve transportés sur des quais insolites ou pris dans des enquêtes linguistico-burlesques où le sens est lui-même son propre enquêteur. Une des références du livre Sonates, est Jacob Böhme le philosophe cordonnier de la renaissance qui a écrit entre autres un livre intitulé, « la signature des choses ». Les choses nous parlent à travers le langage que nous utilisons pour les nommer, le chargeant de toute une symbolique à la fois universelle et subjective. Un poème n'est pas à comprendre mais à appréhender comme quelque chose qui s'ajoute au monde et non comme son commentaire. Sonates contient aussi des poèmes sur des lectures : Kafka, la Bible, Dante, Virgile, ainsi que des scènes de la vie quotidienne. Mais tous ces sonnets privilégient le rythme, la sonorité, la scansion et des jeux sémantiques facilement repérables. Les références en sont quelque part secondaires. Ce livre est en fait le plus immédiat que j'ai écrit en ce sens qu'il repose essentiellement sur des épiphanies, ces instants privilégiés où nous sommes requis par cela qui précède la pensée et qui la place en porte à faux avec son prédicat. Appréhender un poème de Sonates, c'est se placer devant les incertitudes du sens qui replacent le langage du coté des émotions qui en furent l'origine. Si nous pouvions nous tenir sur toute la surface du monde elle se réduirait à l'exiguïté de notre propriété intérieure, ce qui nous renseignerait moins sur le sens du monde, que sur notre façon de l'appréhender et sur notre petit jardinage existentiel. Ces poèmes sont des rêves éveillés, des rencontres fortuites entre les mots et les choses qui forment le fond de mon imaginaire, et Sonates en expose de petits blocs comme autant de précipités au sens alchimique du terme. Je considère chacune de ces sonates comme des approches sous tous les angles possibles du visible, du lisible et du pensable, un peu à la façon d'un peintre, couche sur couche et pli sur pli. Sonates est un livre aussi lisible qu'une hache de silex, une haie de jardin, un arrosoir au clair de lune, un géranium sous la pluie, et surtout moins illisible que les fausses évidences énoncées clairement à longueur de ce temps qui les conçoit si bien, lequel ne sait plus lire, dès que la pensée sort des sentiers battus, et que la langue qui la risque se pense autrement. Je voudrais insister sur la musicalité de ces textes. La poésie est musique, l'image est musicale, elle s'impose en premier par la sonorité, le rythme, la cadence. La langue doit faire entendre ce qu'on voit, qu'on a vu, imaginé, et pensé. La pensée est matérielle, elle se prononce, se vit dans le corps, se danse comme disait Rimbaud. Contrairement à mes autres livres, celui-ci contient des poèmes écrits au jour le jour sans souci de construction. C'est un peu comme un journal. La première partie est la plus ancienne, elle formait à l'origine un recueil à part, mais les poèmes ont paru dans différentes revues un peu dans le désordre.

 

II

CONGRÉS

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Congrès est une suite de pièces se répondant les unes aux autres pour former une sorte de cycle. Le titre est à multiples entrées de sens. Il signifie que tout se concerte, les choses, la nature, les êtres, pour faire comme on dit un monde. Il signifie comme à son origine l'acte sexuel, nous rappelle Borges. Dans mes livres, il ya toujours une érotisation des paysages, une exacerbation des sensations, une réponse libidinale intense aux injonctions de la nature la plus sauvage et la plus féminine, propre à libérer les mots de la langue démoralisée. La culture (il ya beaucoup de références, avec par ci par là quelques latinismes dans Congrès) est très sollicitée, mais je dirais d'une façon ludique. Comme lorsque dans un poème où je raconte, que lisant le livre de Catulle,  je suis distrait par le passage d'une fille rousse qui marche sur une allée goudronnée de frais, et que j'évoque la cadence de ses pas en citant un vers du poète latin, transformant ainsi la perturbatrice en mini-jupe de ma lecture, en Lesbia, la maîtresse chantée dans son livre. Il y a une dimension fantastique, dans le baroque à la fois de la langue et des images. Dans sa postface, Pascal Boulanger dit que : « Cette écriture baroque résonne dans les profondeurs musicales des choses vues, dans leurs incessantes métamorphoses… »  

 

III

JOIE ROUGE

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Joie rouge est le livre des oppositions entre joie et bonheur. Il est le plus « philosophique » de mes autres ouvrages. J'ai voulu marquer le passage de ces instants fugaces où l'existence arrive à son exultation, à des instants pléniers de la vie, renvoyant cette idée du bonheur dans les fonds opiacés des sacristies. Des colères parfois devant des incuries menant aux barbaries, des attendrissements aussi qui sont armés parce que l'on voit rouge quand on voit le sang, le soleil et la mort. Ce livre est composé de soixante sonnets dialoguant entre eux. La joie est un sentiment lié à un moment et à une situation donnée, il ne peut durer mais il peut se répéter selon le change de son objet. Les moines Bouddhistes ignorent le bonheur mais exaltent la joie. L'écriture est une opération matérielle en ce sens qu'elle consiste à bâtir avec des sons, des formes, du cerveau, des constructions où circule le sens dans toutes les directions y compris jusqu'au crash. J'aime les compressions que Valérie Constantin à faites de ces blocs de mots, en en accusant du coup la matérialité. On peut, lire les compressions, comme les poèmes, « en cours de lecture ».

 

IV

VOIERIES ET AUTRES CIELS

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Voieries et autres ciels, est le plus situé, le plus « dans l'époque » de mes livres. Je suis ce qu'on appelle un vrai Parisien, y étant né, de parents parisiens depuis des lustres. Cependant j'ai plutôt un imaginaire campagnard, j'adore les prés, les champs, les forêts tout ce qu'il est convenu d'appeler abusivement « la nature ». C'est la mer qui me hante, ses falbalas Vénusiens avec leur odeur, ses récits à foison, ses toisons d'or volées, ses « en allées » vers des soleils des Hespérides, ses bateaux pirates et ses archipels. Je peux être le plus intarissable Ulysse et comme lui avoir du sel sur la langue,  (qui comme on le sait est la queue des sirènes).Néanmoins, ce livre est un livre de ville, un livre sur la ville et la mienne, Paris.

J'y poursuis mes déambulations anciennes, mes regrets d'y voir s'abîmer les belles promenades en des lèche-vitrines de singeries « modernes » et à l'encan des marches, le marché ouvert à toutes turpitudes, à toutes plus values qui dévaluent la vie. Mais si parfois on sent planer la nostalgie, c'est l'ironie qui prend le pas. Le spleen Baudelairien m'est totalement étranger, bien que Baudelaire soit évoqué souvent dans ces textes. La lecture de Benjamin a été déterminante pour l'écriture de cet opus. Elle m'a donné le goût de ces explorations urbaines que j'avais déjà senti à la lecture du « paysan de Paris » d'Aragon, surtout que ce livre magistral évoque les buttes Chaumont, endroit que j'ai fréquenté dans ma jeunesse. La lecture d' « enfance berlinoise », de « sens unique » et surtout de « Paris capitale du XIX° siècle » de Walter Benjamin a réveillé certains souvenirs de ma prime enfance et plus tard, de mes premières amours adolescentes. En fait, la ville  est celle de mes rêves, celle que j'ai du mal à retrouver dans ma vie diurne. Le surréalisme, dont je n'ai pas subi consciemment l'influence, via Benjamin, a peut-être été pour quelque chose dans mon inspiration au cours de l'écriture de voieries. Ce livre est le seul dont je suis le héros nostalgique et le passant fantôme.

Il est le plus chargé d'éléments autobiographiques et où les références littéraires sentent le parfum passé des bouquinistes en même temps qu'elles confortent cette idée que notre temps présent s'aliène la mémoire de ce qui fonde en propre sa modernité.

 

V

LA TOURNÉE DU BARMAN

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La tournée du barman, c'est en quelque sorte le come bak de ce personnage qui apparaît deux fois dans « Congrès » où il raconte à ses clients, un passage de sa vie et cite Ovide en remplissant les verres. Relisant ces deux poèmes, j'ai pensé que ce curieux bonhomme, avec son récit d'exil amoureux, méritait de réapparaître dans un livre. Il m'attirait, avec son mélange de culture et de vulgarité, son humanisme un tantinet romantique, sa prédilection pour la parole et son penchant pour la poésie, fût-elle de bistro. Il me semblait qu'avec lui, je pouvais en quelque sorte donner une suite plus romanesque à ma pérégrination dans « Voieries et autres ciels », pour en faire l'anabase du poète-barman à travers un Paris enneigé une veille de Noël et qui suit l'étoile morte parmi les guirlandes, les murs de sapins et tous les mécanismes qui meuvent la foule affairée aux achats dans un monde perdu par la consommation, la technique avancée, le vide sidérant du plein écran HD, et bien évidemment la sainte moraline à ne pas prendre à jeun. Mon barman ne caresse pas dans sa poche un objet froid de communication au forfait, mais une étoffe d'un rose angélique qui ne sent ni l'or ni l'encens mais la chair désirante d'un être désiré, donc pleinement sauvé. Les illustrations qu'en fit Francine Sidou, donnent tout son rythme, toute sa vitesse au texte, et au personnage, tout son humour, son empressement amoureux et son étonnement face à tout ce qui est étranger à son étoile. Elles font marcher le poème en accompagnant son « héros ». La poésie est un travail, un faire, selon l'étymon, une action sur le monde, un « en marche » selon l'expression de Rimbaud. J'aime cette parole de Reverdy, poète dont l'influence est des plus importantes dans mon travail : La poésie n'est ni dans la vie ni dans les choses- c'est ce que vous en faites et ce que vous y ajoutez.

 

VI

PARKING BLANC

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Parking blanc est un livre « Adressé » plus directement, à la fois au lecteur et à la poésie. Contrairement à mes précédents ouvrages, où les poèmes étaient de forme courte, ceux de Parking sont plus étendus et de facture différente. J'y fais moins appel à la citation, ils sont aussi plus libres de ton. Le fait qu'ils soient pour la plupart au vocatif leur donne un air d'intimité avec le lecteur qui se sent apostrophé à propos de telle ou telle situation dans laquelle le poème l'imagine. La peinture est très présente dans ce livre, elle est évoquée dans plusieurs chapitres, notamment dans celui dédié à Willem de Kooning. Le poème rappelle parfois la prose. Le ton prend souvent l'allure d'une conversation, d'un colloque. D'autres fois, semble s'ébaucher un récit, mais où toujours le lecteur est le héros. Les paysages évoqués, pour ne pas dire peints, sont ce que j'appelle des « relevés excessifs » ils relèvent des mots. L'ombre de Raymond Roussel plane sur tout le livre. Le titre s'est imposé à moi, m'évoquant toute place vacante pour y garer nos véhicules langagiers, nos rêves, comme nos encombrements existentiels. Tous les textes de Parking blanc…Font passer de l'air sur les machines d'aube/qui sont à l'affût de toutes nos éclipses…Est-ce notre arrivée est-ce notre départ/ mais sur la même ligne au moment où nous sommes/ où nous nous attendons. Toute ma réflexion sur l'acte d'écrire, sur le je du poème, sur la forme pronominale qui rend très souvent l'adresse indéterminée (On ne sait pas qui parle et qui dit je à qui) donne au livre un coté essai.

 

VII

SE FAIRE UN LIEU

à
paraître

Se faire un lieu, est en quelque sorte la suite de Parking, mais où je fais un retour sur mes anciennes recherches. Je fais pour ainsi dire la somme de mon travail poétique. C'est le plus important de mes livres et le plus copieux. Prenant pour titre l'aphorisme de Joubert :

« Il faut se faire un lieu », j'insiste sur le fait que nous devons construire le monde, notre monde, avec les matériaux, non de l'imagination consciente, mais de celle qui nous fait surgir à nous même, celle qui est notre météorologie sans cesse perturbée par notre situation ambiante. Les mots ne sont pas ce qui désigne ce lieu, ils sont le lieu même que nous nous construisons. Souvent le poème renforce la trivialité d'un fait, d'une situation. Loin de les embellir, il en renforce la singularité. Les paysages se font de plus en plus baroques mais aussi plus lyriques, d'une façon moderne, en ne s'adressant à personne en particulier et comme de profil. Je ne comprends pas trop cette description que je fais de ce livre, n'étant pas un critique de poésie mais un poète qui fait se critiquer la poésie en la faisant. Ce livre est de loin mon préféré, le plus proche de celui que je rêvais d'écrire. Il ya des traversées de villes, de villages, où l'histoire a laissé des hiéroglyphes invisibles dans les choses qui se donnent à voir, en exhibant leurs charmes de façon perverse, inventant la beauté qu'il nous faut saluer d'une façon nouvelle, car elle est mortelle et hors de jugement. J'ai voulu porter la métaphore au plus haut degré d'intensité, car le corps est présent partout dans ce livre. C'est peut-être que celui qui en est le scribe est un vieil artisan de son monde. C'est aussi un livre d'adieu à ce qu'on appelle la poésie en vers. Je pratiquerai désormais ce qu'on appelle la prose, qui est une poésie plus élastique selon le terme de Cendrars. Le barman des précédents ouvrages, réapparaît dans celui-ci. On le retrouve dans un de ces abris-bus qui terminent presque tous mes livres, et son attente du prochain 140 lui fait voir des instants et entendre la musique non pas des sphères mais du monde. Il  montera avec la foule dans le bus et disparaitra avec la poésie bien sûr, un jour de pluie. Si je n'avais eu à publier qu'un seul de mes livres, c'est Se faire un lieu que j'aurais choisi. Je peux affirmer que c'est le plus construit de tous mes ouvrages.

 

 

 

 

 

 

Margo Ohayon

Grand Format - 176x250 - 374 pages

Poésies I

Avec un peu de retard, voici le premier volume des Poésies de Margo Ohayon. Un volume d'Autofictions paraîtra en septembre ainsi qu'un premier volume de Correspondances-Essais à la fin de l'année. L'œuvre complète continuera d'être publiée dans les prochaines années, à raison d'un ou plusieurs volumes par an. Ainsi, le public pourra apprécier un travail littéraire d'importance resté presque inédit malgré son excellence.

La collection Œuvres complètes chez Le chasseur abstrait vient de naître. Son objectif est de pallier le manque d'appréciation et de pertinence qui affecte notre temps.

Pour en savoir plus sur le travail de Margo Ohayon, consultez le [nº 70 de la RAL,M : SPIRALE].

Catalogue du chasseur abstrait : [Margo Ohayon].

 

 

 

 

« Et Isidore Ducasse, comte de Lautréamont ! A ce sujet, il est grand temps de dissiper l'atmosphère de scandale qui a été créée autour des Chants de Maldoror. Monstruosité ? Aérolithe littéraire ? Délire d'une imagination malade ? Allons donc ! Comme c'est commode ! La vérité est que Lautréamont n'a eu qu'à regarder, les yeux dans les yeux, l'homme de fer forgé par la société capitaliste, pour appréhender le monstre, le monstre quotidien son héros. » *

3ème épisode de Gor Ur III  [MARVEL II - Poursuite rémémorée]

— Vous dormirez, dit une voix.

— J'crois qu'j'en ai pris assez.

— Encore. Regardez ! Il en reste.

— C'est vrai ! Pourtant, j'ai cru…

Elle en rajoutait dans les intervalles, pendant qu'il avalait celles qu'il avait trouvées. Et il se laissait faire, s'étonnant de n'être pas capable de les trouver comme il aurait dû, d'un passage de main sur la surface lisse et tiède de la table de chevet. Il avait tellement besoin de ce sommeil ! Il en avait tellement rêvé toute la journée. Il ne se rappelait même plus le film qu'il avait vu. Il pouvait se souvenir des toutes les scènes qui avaient documenté son enfance. Mais impossible de dire quoi que soit d'intelligent et d'opportun à propos d'un film qui était de Spielberg, comme tous les films qu'on leur imposait, mais qui était maintenant vide de contenu.

— Je ne sortirai pas d'ici tant qu'il en restera, dit-elle.

Putain ! Le trip ! songea-t-il une seconde avant de perdre pied.

 

Dans la nuit, la vigilance des systèmes devenait moins analytique. Des hommes chargés d'intervenir s'assoupissaient dans les angles sous les extincteurs. Plus personne ne jetait un œil idoine dans les cours où frémissait une végétation tropicale qui trempait ses racines dans la rigole résiduelle des pavillons expérimentaux. Frank descendit sur la pointe des pieds. Il avait promis de pas faire d'histoire, sinon on le virerait sans ménagement. Il s'était entretenu longuement avec ces protecteurs de la paix sociale. Il avait même mangé avec eux à leur invitation. Roger Russel aussi avait été clair :

— Vous enquêtez en douceur, Frank. Pas de dépassement de soi, pas de hors-piste, rien que de la douceur et j'veux voir les réactions en chaîne se dérouler comme si rien ne se passait.

— Pigé, patron !


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Programme de la RAL,M 2012 

Nº 81 en octobre

 


 

* Discours sur le colonialisme

La bourgeoisie, en tant que classe, est condamnée, qu'on le veuille ou non, à prendre en charge toute la barbarie de l'histoire, les tortures du Moyen-Age comme l'inquisition, la raison d'état comme le bellicisme, le racisme comme l'esclavagisme, bref, tout ce contre quoi elle a protesté et en termes inoubliables, du temps que, classe à l'attaque, elle incarnait le progrès humain. Les moralistes n'y peuvent rien. Il y a une loi de déshumanisation progressive en vertu de quoi désormais, à l'ordre du jour de la bourgeoisie, il n'y a, il ne peut y avoir maintenant que la violence, la corruption et la barbarie.

Éditions PRÉSENCE AFRICAINE

Aimé Césaire a bientôt 100 ans.

 


 

« Pour respecter l'idiosyncrasie de chacun... » André Gide - Paludes.

2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Le chasseur abstrait éditeur - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

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Direction: Patrick CINTAS

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