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Alors... fasciste ou pas fasciste ?
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 Article publié le 21 juillet 2012.

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Traitée, injustement ou à bon droit, de « fasciste » par Mélanchon et de « nazi » par Madonna, Marine Le Pen, digne fille de son père, demande à la Justice de faire cesser ce qu’elle considère comme une atteinte à sa dignité.

C’est son droit. Et ladite justice risque fort de lui donner raison, ce qui soulèvera le cœur, mais n’autorisera pas à critiquer le jugement qui lui rendra ce qu’elle estime constituer sa dignité… humaine.

Tel est le système français, ou plus exactement : la mentalité française, curieux mélange de pétainisme et de gaullisme selon certains.

La plupart d’entre nous pensent que le Front National est un parti fasciste. Et nous avons tort. Non pas de le penser car, fort heureusement, la Justice ne peut en aucun cas s’en prendre à nos pensées. Bien que cette Justice soit inspirée par le dogme catholique, les pensées inavouables ne peuvent faire l’objet de ses analyses et de ses conclusions, quand ce n’est pas de sa bêtise profonde.

On ne peut pas assimiler la mauvaise pensée à une intention.

Ainsi, le fait de penser que Marine Le Pen est une fasciste n’implique pas que nous avons l’intention de le dire tout haut. Et nous nous en tenons à cette attitude : à propos du fascisme de Marine Le Pen, nous choisissons de nous taire.

Nous autres Français sommes d’ailleurs passés maître dans l’art de décorer la merde avec des roses pour que ça sente la rose, sans toutefois perdre de vue que c’est bien de la merde. On est tenu dans le monde entier pour de véritables artistes en la… matière.

Et il en est ainsi de tous les salauds : fascistes, pétainistes, nazis, franquistes, stalinistes, etc. La liste est longue, à droite comme à gauche d’ailleurs.

De cet état de fait, il convient de tirer la conclusion : nous ne disons pas ce que nous pensons, non pas parce nous avons des doutes sur ce que nous pensons, mais parce que le dire revient à être condamné.

Autrement dit, chaque fois qu’un système viole la liberté d’expression, nous sommes amenés à commettre envers nous-mêmes la plus grave des fautes intellectuelles, voire éthiques : nous nous trahissons. L ‘Histoire en est témoin.

Il faut alors être conscient que le système qui réussit à faire en sorte que nous soyons, en certaines circonstances, les prévaricateurs de notre conscience, ce système accepte une des règles fondamentales du fascisme. Elles ne sont pas si nombreuses que ça d’ailleurs, ce qui nous en approche dès la première concession.

Certes, nous ne pouvons en déduire que ledit système est un système fasciste. Tout au plus pouvons-nous affirmer qu’il est fascisant.

C’est là la limite accordée à l’expression de notre pensée, ce qui revient, philosophiquement, à procéder par analogie et non pas par similitude (voir Alain Badiou). La French theory contre le rasoir d’Ockham (maxime méthodologique suprême en philosophie selon Russel).

« Si un signe n'a pas d'usage, il n'a pas de signification. Tel est le sens de la devise d'Occam. (Si tout se passe comme si un signe avait une signification, c'est qu'alors il en a une.) » — Tractatus logico-philosophicus, 3.328

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