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Journées (Patrick Cintas) - 1ère partie
La part du poète

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 Article publié le 3 septembre 2012.

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Dans cette humanité qui a besoin de s’organiser et d’organiser son Histoire, les larbins sont les seuls coupables. — En haut, il n’est guère possible d’en savoir plus que ce qui nous est transmis — et en bas, l’être humain n’inspire que de la compassion et tous les sentiments qu’il est possible d’éprouver au contact du malheur. Le seul véritable personnage, c’est le domestique, et sa seule histoire, c’est celle des nuances qu’il est capable d’apporter à sa compromission. Tout le romanesque sort de cette capacité de nuisance. Le catalogue universel des caractères fourmille dans la lumière et se réduit à ses symptômes la nuit tombée. — Pourtant, on peut chercher ailleurs à vitaliser le récit. Il n’est plus alors question de personnage intégral, mais de sa part créative qu’on peut appeler le poète. — Larbin de nature — ayant en d’autres mots trouvé des moyens d’existence qui ne l’éloignent pas trop de ses convictions — il exécute son ouvrage dans cette lumière et se retrouve au cœur même de la nuit tel que le hasard l’a conçu et construit. — il est capable d’être cette part sans ambiguïté — puisque sa seule fatalité est d’être aussi un homme comme les autres. — Faut-il alors évaluer sa valeur aux proportions que la poésie prend en lui-même ? — Ne faut-il avoir de la considération que pour celui qui va le plus loin possible ? — Cela paraît tellement évident ! — Car peut-on imaginer — toujours dans le cadre de ce roman — un poète presque entièrement disponible — disposant de pratiquement tout son temps pour être ce poète — n’ayant presque plus rien à céder aux contingences — traversant l’existence comme un projectile — trahissant son origine toutefois — et s’éparpillant avec autant de brio au moment d’en finir ou d’être achevé ? — Ainsi, il serait pur langage — énigme sans énigme — exemple à suivre — et Dieu lui-même ! — Au lieu de ça, les pages qui construisent le texte romanesque se remplissent des à-côtés de l’angoisse — les personnages demeurent difficilement interprétables sans mettre aussi en scène leur incohérence formelle — le poète prenant alors le risque d’une exigence étrangère à ce qui préoccupe son lecteur potentiel. — tandis que le larbin, décrivant sa parabole existentielle avec les mêmes mots, la nomme sans équivoque.

 

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