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Revue en lignedimanche 11 janvier 2026 |
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Revue d'art et de littérature, musique
Directeur: Patrick CINTAS
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Sommaire
PREMIERE PARTIE
Consacrée à
Robert VITTON
POÈTE DIRE
L'Académie du disque de Poésie 1973, 75 et 76:
Réalisation, évocation poétique et musicale de Darius CITTANOVA.
Les textes de ces anthologies sonores ont été interprétés par Monique
RIBEY, Odette LANGLOIS, Solange MAZE (Prix des Voix d'Or), Evelyne MADELON, Jean-Louis ALLIBERT (Théâtre National de l'Odéon et de la Télévision Française), Raphaël DELPARD.
Avec RENÉ PETRUCCIANI
dit MEILLE Compositeur-interprète LE ZINC
Le zinc est le parlement du peuple - BALZAC
C'est aussi l'espace que Robert VITTON anime dans la RAL,M REVUE
Directeur de la publication
Robert VITTON LIVRES
chez Le chasseur abstrait LIVRES
chez l'auteur HORS SÉRIE
![]() Voir le site de Robert Vitton : ANTHOLOGIES
![]()
Poésie
. Autopsie d'une lettre morte . Des coups tordus . Élégie pour un élégiaque . En revenant de l'exposition AUTOUR DES ARTS DE L'ISLAM par les dessous de Paris . Florilège . Histoire de passer le temps . Je dis . Je la sors . Jean Richepin . L'ambulance . Le clodoche . Le divagueur . Pique-niques . Promenade radiophonique . Quatre saisons parmi tant d'autres . Récit d’un récidiviste . Rencontre autour . Ronde pour les petits, pour les grands et pour les autres . Soliloque d'un tragique . Théâtre, Musique, Gravure, Misères, Erotisme... Théâtre
![]() DEUXIEME PARTIE:
ESPACES
D'AUTEURS Que sont les espaces d'auteurs? Ouvrir la fenêtre Comme un miroir
Frida KAHLOValérie CONSTANTIN & Marta CYWINSKA Je suis seule. J'espère m'en aller heureuse - et ne plus jamais revenir.
Atelier de traduction
Üzeyir LOKMAN ÇAYCIMarta CYWINSKA Ne passe pas par les lieux que j'ai fréquentés Patrick CINTAS ŚPIEW SIÓDMY Raissa w aurorze siebie samej Side effects
Stéphane Mallarmé: fragmentsNacer KHELOUZ Un homme au rêve habitué, vient ici parler d'un autre, qui est mort.
Lettres vagabondes
Jacob Israël De HaanBenoît PIVERT ou l'assassinat d'un poète Jérusalem, 1924. Jacob Israël De Haan, juriste et poète, est assassiné.
Línea de sombra
Oscar PORTELA Las sombras
Confórmate, es la Zona, y aquí nadie pregunta tanto. El Nuevo Orden Mundial: Politica y Nihilismo
El último hombre?
ANTHOLOGIES
Que sont les anthologies? Ouvrir la fenêtre
Jean-François AGOSTINI
Alejandro César ALVAREZ Jean-Michel BOLLINGER Philippe BRAY María Eugenia CASEIRO Rodica DRAGHINCESCU Rachid DZIRI José NERES Juan POMPONIO Oscar PORTELA . Una caracterización del especialista Rolando Costa Picazo de las nutrientes del la poetica de Oscar Portela
Anthony James RAMOS VARGAS. 'Claroscuro', una biografía poetica de Oscar Portela, por Leonor Calvera . Oscar Portela : Paixao e Hermeneutica, por Estela Guedes . Un Dialogo Esencial con Oscar Portela, por Alejandro Petroff . Tango y otros poemas . El Zar de la Misa Mediática, o el gran precursor, William Randolph Hearst Ana ROMEO Oswaldo ROSES Patricio Armando SANCHEZ Ulises VARSOVIA Janvier YEMELE |
ÉDITO
ROBERT VITTON, POÈTE
Un aléa d’îles
par Patrick CINTAS
Le vers-librisme a vécu. Place à l’exigence de la rime et de la strophe. Place aussi au terreau de la langue, je veux dire la parole laissée à ceux qui en parlent tous les jours comme si de rien n’était. Robert Vitton connaît tous ces métiers. Ses personnages en témoignent et la langue qu’il leur renvoie est parfaitement poétique.
On ne peut pas en dire autant des chansonniers en goguette sur la valse du showbiz et de ses tentacules radiophoniques, télévisuels, livresques même et discographiques. Leur chanson ne vient pas d’un endroit précis de leur expérience de la vie. Ils font entrer la gigue dans le carcan des modes, quitte à adapter l’ancien à des rythmes soi-disant nouveaux et l’étranger à la soif et aux hâtes du moment. On ne rencontre pas leurs personnages dans la rue ou sur les chemins qui mènent à Rome, mais dans un compendium dont le ressassement est paraît-il une garantie de succès. Les lire revient à les réduire à la poussière qu’ils sont :
À la poubelle. Mais Robert Vitton ne s’y arrête pas. Entre l’exigence et le démotique quelquefois le plus cru, il crée un genre qui, n’appartenant qu’à lui, le définit comme poète, et poète important, c’est-à-dire lisible au-delà de l’imposture des religions littéraires qui, il le sait bien, comme toutes les religions, prêtent plutôt à rire qu’à se concentrer vraiment sur le sens à trouver de l’existence. Ce qui est donné n’intervient pas ici. La rime pend comme les objets indéfinissables d’un mobile de Calder. Le support est reconnaissable, de Mathurin Régnier à Paul Verlaine, et de Jean Richepin à Léo Ferré. J’en oublie forcément. C’est qu’il y a là-dessous, je veux dire sous les mots que la parole gratte avec la langue, un grouillement littéraire qui ne veut pas se limiter, qui ne cherche pas à borner ses découvertes par de la théorie.
Il me vient à l’esprit que naguère, une géographe parée de songes universitaires, qui sont quelquefois prémonitoires, m’a prévenu de l’importance de la théorie en matière de littérature. Il me semble lui avoir opposé, peut-être par pure méchanceté, le voyage d’Iben Batuta et j’ai toujours l’impression qu’elle n’a pas compris le message. Les théories ne bâtissent pas. Elles fondent. Or, le poète Vitton voyage comme le vieux géographe arabe. Sans Dieu, me semble-t-il, ou cela va de soi. Le fond d’anarchisme qui traverse cette oeuvre doit autant aux carottages de Léo Ferré, pratiqués dans la présence des ténèbres, qu’au lyrisme nominal de Jules Vallès qui promeut le personnage social au point de l’imposer à toute croyance. Et j’en passe. La foi ici n’est pas un abandon pur et simple. Elle est la dynamique d’une géographie de l’être, ce qui rejoint assez bien l’auteure de Trois vies. De théorie, il ne reste rien même après réflexion parce que, Sibylle, il n’en a jamais été question. On comprend avant, ou on ne comprend jamais rien. Ne confondons pas l’attrait pédagogique des substances mirifiques avec le secret hermaphrodite qui en explique clairement l’alchimie. Et c’est toute la vigueur de cette résistance aux suspicions théoriques qui donne de la force aux poèmes de Robert Vitton. Je m’y suis vainement essayé, on le lira ici, dans l’interviou qu’il m’a accordée pour m’attendre au tournant.
Et ainsi de suite. Cette lecture, dont on découvrira l’ampleur dans les pages de la RAL,M, est une incitation aux retrouvailles avec ce que la poésie savait clairement et sait encore mais moins facilement donner à penser, à comprendre, à apprécier. Déclin ? Dernier train avant le grand plongeon dans la Globalité ou dans l’Islam ? Pas du tout. Le ton est trouvé, c’est tout. Et cela n’arrive pas à tout le monde et moins encore aux discoureurs des nouvelles de l’au-delà dont on nous rebat les oreilles parce que Malraux a dit, ou que Bush n’a pas dit, ou que Ben Laden va dire. Une géographie sans voyage ? Mademoiselle, il n’y a que les voyageurs qui ramassent les pierres lointaines. Les reluquer à travers le prisme de la "recherche" n’explique pas comment c’est arrivé. Tout juste pourquoi. Encore que la racaille discursive peut toujours, ou souvent, dans notre pauvre monde de riches et sous le couvert de notre riche expérience de la pauvreté, inclure ses discours de vengeance adressés à la folie. Vitton dit et écrit : " ...qu’est-ce qu’un poème en prose, sinon un aveu d’impuissance. " Voltaire.
Éloge de la rime. L’abandon pur et simple de la taille de ces bijoux, même de fantaisie, battrait la Poésie à plates coutures, la priverait de grandes aventures, de visages inconnus, de paysages insolites, la condamnerait à une errance stérile et la recroquevillerait pieds et poings liés. Le poète, lui-même, perdrait son métier de trouveur -trouvère, troubadour- ; il passerait à côté des désirs et des plaisirs inouïs de s’empêtrer dans de fabuleuses musiques, de reculer sans cesse ses limites, de trafiquer dans l’irréel, de bricoler le tout-venant, de devancer sa pensée et son savoir... Je ne peux me résigner à renoncer à ces extases, à ces folies des grandeurs, à ces entêtements, à ces nuits blanches d’une rime à l’autre. Je ne rends pas des comptes, mais je rends compte de mes expériences, j’entre en résistance.
L’obsession d’aller chercher ce son, me permet d’imaginer et d’emprunter mille chemins de traverse jusqu’alors insoupçonnés et insoupçonnables, et dont certains m’entraîneront sous des climats incroyables à cent lieues de l’entendement ; cette obsession me redessine les sentiers tendres et cruels de l’enfance, m’offre de sublimes cueillettes dans les livres, dans les lits, dans les lyres, dans les délires et dans les champs ; m’ouvre des merveilles, des portes, des cœurs, des yeux ; invente des encres de miséricorde pour les becs de mon stylogriffe ; me laisse pour mort dans mes chants de bataille...
Chaque syllabe est un son en souffrance qui ne demande qu’à s’enrôler, corps et âme, dans les histoires périlleuses de la Rime. Quoique souvent insuffisante, elle est toujours là dans la Chanson, fantastique trouvaille, la RIME. La RIME !
La musique de l’âme
Enivrons-nous de poésie, Béranger.
La Poésie, comme les autres Arts, demande toute une vie d’apprentissage.
Les traités de versification, qui disent les règles et les procédés de la prosodie en constatant leurs diverses évolutions, permettent de comprendre la construction des œuvres-les XIV et XV siècles. nous en procurent un bon nombre. Le Vers français, de l’abandon des maîtres latins à nos jours, en passant par mille péripéties, s’est doté de l’aisance, de l’habileté, de l’élégance, de la densité, de toutes les qualités qui font que la versification est devenue un Art à part entière. La rencontre des connaissances techniques et du " don " poétique a toutes les chances de déboucher sur des formes nouvelles d’expression. Chaque époque apporte son lot de trouvailles, d’expériences, d’erreurs..." La modernité ne date pas d’aujourd’hui." Le Poète, à l’instar des autres artistes et des scientifiques, est le témoin de sa saison, le garant d’un savoir-faire, le rêveur d’un monde provisoirement utopique. Le Poète sème des mots et des sons dans ses sillons au rythme de ses pas, et ce, d’un geste tout ensemble archaïque et futuriste, tout ensemble machinal et réfléchi. Les diverses poétiques éduquent et instruisent, mais le véritable enseignement nous est donné par les doutes et les certitudes des praticiens et des théoriciens qui, malgré eux, écrivent les histoires et l’Histoire de l’Art. Le poète remet sans cesse en cause son propre traité. La création de son univers passe par le détournement du langage. Le Poète prend la parole.
Robert VITTON
J’y retrouve une poésie que j’ai aimée et trop facilement oubliée. En vrac : Léon Dierx, Paul Fort, Catulle Mendés, Jean Richepin, Jean Moréas, Albert Samain, Joachim Gasquet, Paul-Jean Toulet, Laurent Thailhade... etc. Je m’y sale de nouveau aux frottements de Labiche, de Courteline, de Feydeau (le fils, parce que le père, ah ! la la, avec sa Fanny !), de Balzac, de Paul-Jean Toulet encore (ah ! Mon ami Nane), peut-être de Carco, Fallet qui sait ? Tout voyage est un aléa d’îles. Un aléadile ? Vitton, qu’est-ce que tu me fais dire ? Qu’est-ce que tu fais dire à celui qui te lit et qui ne bute pas sur les mots, toi qui rends la comédie facile en apparence parce qu’on sent bien que l’acteur te suit quand il te dit ? Preuve que tu existes pour le dire, trophée des poètes. Patrick CINTAS
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