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 Article publié le 30 septembre 2010.

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Difficile d’imaginer une vie sans angoisses surtout lorsque notre parcours existentiel n’a été que douleur et tristesse. Oui, mes racines les plus profondes sont tristes, comme un état d’âme, et mon cœur s’est arrêté. Peut- être que sereinement, ce dernier pourrait réapprendre à battre, petit à petit, pour moins d’anesthésie sentimentale. Ce sentiment, pour soi, pour l’autre, et sûrement enfoui, caché, détaché, comme si il n’avait jamais existé. Sans cette paralysie sentimentale, je pourrais éprouver des émotions et sortir de cette indifférence, une forme d’insensibilité où l’autre, les objets et soi- même deviennent presque insignifiants et dénués d’intérêt. Ce fameux intérêt qui fait que l’on existe, que l’on ressent, que l’on a envie de vivre : mon cœur se révèlerait, une nouvelle vie ; peut- être qu’il pourrait même frémir : s’aimer soi- même, aimer l’autre… surtout s’aimer soi- même…

La douleur de s’appréhender tel un monstre, un monstre moralement, un monstre physiquement : ne pas s’aimer comme une fatalité, et toujours cette violence en soi, insidieuse, contenue : une torture intériorisée qui n’arrive pas à franchir les limites du corps.

Vivre sans ce bouillonnement, sans cette effervescence serait vivre enfin dans une forme d’apaisement : pouvoir extérioriser sa souffrance pour l’éliminer à jamais : mon corps est comme une poubelle où s’entassent les détritus. J’aimerais pourtant rompre le silence, exprimer ce qui me ronge, vomir ma détresse pour dire au monde entier que mon abîme psychique n’a d’égale que votre incompréhension.

Si une seule personne dans le monde entier pouvait comprendre la tristesse qui m’accable, alors, je serais comblée. On peut se sentir seul parce qu’incompris, on peut se sentir seul parce qu’abandonné : la solitude de l’autre monde où le partage n’est qu’une apparence. J’aimerais vous dire que je souffre et que mon corps et mon esprit s’écrasent sous le poids du déchirement.

La solitude psychique, la solitude physique, peut-être que sans ce sentiment, l’extériorité me serait moins étrangère : il n’y aurait pas de danger, de crainte et je pourrais me mouvoir dans l’espace, l’air m’envelopperait, une simplicité…

Mais ma solitude m’accompagne, tel un boulet. Il faudrait trouver la clef pour me libérer de cette prison : les idées noires foisonnent et lorsque j’ouvre les yeux, je me dis que la mort n’est pas loin, elle se promène, je sens sa présence… Il faut pourtant affronter la vie, parler, marcher, boire, manger : l’automate qui vit dans le besoin, sans désirs.

Je suis plongée dans cet immobilisme apathique, rien ne transparaît, non par choix mais peut-être par protection. J’aimerais crier mais aucun son ne sort de ma bouche, ce silence… toujours ce silence…

Cet immobilisme est comme une anesthésie du corps : rester sans mouvements physiques pendant des heures alors que ma pensée traverse les mondes, voilà un clivage bien douloureux, mais personne ne sait…

Peut-être que le but à atteindre est une forme de liberté : libérer son corps, libérer son esprit pour exister pleinement. Je n’ai jamais trouvé jusqu’à présent, un moyen de réaliser cet « objectif ». Pour l’instant, cette liberté me semble lointaine et difficilement accessible.

Je pense que mon existence est a- sociale. L’enfermement, le non-dialogue, tout ceci apparaît comme un profond isolement où l’extériorité est bannie. J’ai peu d’échanges avec l’autre, je ne sors pas de chez moi : la maladie m’a empêché d’atteindre mes projets et depuis, la souffrance psychique m’a empêché de me réaliser : je me sens au bord de la falaise et ce repli… toujours ce repli…

Tout ceci pour vous dire : « Je n’avais pas rêvé de ça ».

 

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