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Le ruine-babines
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 Article publié le 7 septembre 2014.

oOo

Je jure, maugrebleu, comme un épais charron,
Je vide ma caboche et mon sac à combines.
Quand je descends au sud dans ma vieille Citron,
Je n’emporte qu’un flingue et mon ruine-babines.

J’ai toujours débrouillé, dévidé l’écheveau
Sans craindre les poings faits de ceux qui me débinent.
Quand je descends au frais dans mon sombre caveau,
Je n’emporte qu’un drap et mon ruine-babines.

Blondins, poètereaux, cornus écornifleurs
Autour de vos bouquets que de frelons bombinent.
Quand je descends sans voix dans le trou du souffleur,
Je n’emporte qu’un livre et mon ruine-babines

Je rue dans les brancards jusqu’à ma crevaison.
La prosodie, cinquante années que j’y turbine.
Quand je descends le cours des choses, des saisons,
Je n’emporte qu’un stick et mon ruine-babines.

Dans mon monde à la noix qui ne tourne plus rond,
A la fin des fins, l’air fin, je reste en bobine.
Quand je descends le Styx dans la barque à Caron,
Je n’emporte qu’un liard et mon ruine-babines.

La zizique-musette enrôle mes arpions.
Pour épater mon camp, j’enlève une Sabine.
Quand je descends plan-plan ma rue sous les lampions,
Je n’emporte qu’un schlass et mon ruine-babines.

Est-ce la Sainte-Touche ? Est-ce la Saint-Frusquin ?
Je tâtonne les murs de bibine en bibine.
Quand je descends bacbuc sur bacbuc de rouquin,
Je n’emporte qu’un thyrse et mon ruine-babines.

Saurons-nous, jusqu’au bout, feindre les sentiments ?
Je joue les Arlequins et vous les Colombines.
Quand je descends à fond dans mon raisonnement,
Je n’emporte qu’un masque et mon ruine-babines.

Je nais et je renais toujours avec les fers.
Qu’on me laisse vaguer et bayer aux corbines.
Quand je descends au bras de ma muse aux enfers,
Je n’emporte que Dante et mon ruine-babines.

Je fume, je bois doux, mais je glaviote amer.
Je me confine en boule au fond de ma cabine.
Quand je descends à terre après des mois en mer,
Je n’emporte qu’une ancre et mon ruine-babines.

Dans mon for intérieur, parmi les tralalas,
Les uns cassent l’ambiance et les autres lambinent.
Quand je descends en moi pour mettre le holà,
Je n’emporte qu’un sceptre et mon ruine-babines.

J’ai dans mes écouteurs des valses, des polkas,
Des slows, des mazurkas, les dix de Scriabine.
Quand je descends la gamme, ô mon harmonica,
Je n’emporte plus rien ô mon ruine-babines.

Robert VITTON, 2014


Rester en bobine, seul
Bibine, cabaret de bas étage

 

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