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Chameaux du temps
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 Article publié le 7 septembre 2014.

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Il ferme les yeux, fait caca,
« Oh ! rien, un petit reliquat
Avec dedans de gros pois chiches
Cuits dans de la flotte à l’angliche
Avec un collier de mouton
Et une paire de roustons
Dont l’obèse propriétaire
S’est peut-être servi sur terre.
Au ciel on n’en a plus besoin.
Quand on le fait, c’est dans les coins
Comme au château de ce Versailles
Dont je me souviens où que j’aille.
On a beau dire, on est français
Et les autres c’est des ratés.
Cette fois, à moins d’un miracle,
Je vais y passer sans obstacle
Et de ma chair faite pâté
Des animaux alimenter.
C’est le destin de la piétaille
Qui toute la vie en rimaille
Quand les autres sont très sérieux
Au travail et aux pieds de Dieu.
Etre bouffé avec la sauce
Alors qu’on est dans le négoce
Des idées pas piquées des vers,
Ça me met le cœur à l’envers
Et à l’endroit mes idées saintes.
Je sors enfin du labyrinthe
Avec Minotaure en morceaux
Et d’Icare les oripeaux.
Et déjà de méchants insectes
Dont je ne sais pas le dialecte
Pondent leurs œufs où j’ai les miens.
J’ai trop parlé aux béotiens,
Perdu mon temps dans leurs cuisines,
Trop espéré des magazines,
Du film d’horreur et de l’amour,
Des subventions et des discours,
Et pas assez vu de mirages
Dans les déserts de mes voyages.
Chameaux du temps que je n’ai plus,
Eloignez ces hurluberlus,
Changez l’espace en autre chose
Dont je me fiche de la cause
Et emportez-moi loin de tout,
Loin de ces inconscients surtout.
La part du temps me décompose.
Ce qui reste n’est pas grand-chose,
Mourir est tout et tout n’est rien.
Les mots sans rimes font du bien
A la modernité en marche,
Mais ne meurt pas le patriarche
Dont les enfants ne riment pas.
Qui suis-je si je n’en suis pas ?
Chameaux du temps, tuez l’angoisse.
Pétrifiez ma pauvre carcasse.
Méduse me voit sans me voir,
Tel est le sens du désespoir.
Mourir ainsi dans une farce,
Sans compagnie et sans comparses,
Pouvait-il pire m’arriver,
Moi qui veux encore rêver,
A n’importe quoi d’accessible,
De facile, de corruptible.
Encore un peu, dis-je au bourreau,
Tant je tiens encore à ma peau.
Mais ce n’est pas l’homme qui tue
Ce que j’étais, tue ma statue
De sel, de marbre ou d’illusion.
Je suis tué par conclusion,
Par chute, effet, jeu, par mon œuvre
Qui ne doit rien à cette pieuvre
Trop mythique pour exister
Où j’existe pour me tuer.
Chameaux du temps, dieux des voyages,
Ne marchez pas jusqu’au rivage.
Je sais bien y aller tout seul.
J’emporte avec moi un linceul,
Au cas où la vie continue.
Marche sur l’eau, méduse nue,
Je suis tes pas vers le soleil.
Qui sait ce qu’on est au réveil
A part le regard exemplaire
Que tu empruntes aux calvaires ?
Chameaux du temps, arrêtez-vous !
Je suis à l’heure au rendez-vous. »

 

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