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L'oubli commode de soi et de ses fautes
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 Article publié le 1er juillet 2014.

oOo

Car il fallut avant tout pour elle savoir se détourner de ses fautes. Enjamber le tas d’ordures croupissant dans la chaleur d’été. Les bons conseils des copines agirent pour calmer ses regrets. Puis les mois défilant eurent bientôt raison de ses derniers scrupules à tout effacer de ce drame si ancien, et si ancien depuis son départ même.
 C’était normal. Elle n’aurait pas eu à se justifier. Mais, une fois commis cet égarement. Ce minime épisode oublié. Ces rapprochements. Ces coups de queue reçus entre deux portes après l’heure du thé. Ces étreintes dans la nuit des bosquets. La fièvre du froissement des draps. Après toute cette confusion il fallait passer illico au chapitre suivant. Reprendre ses esprits et ne plus ainsi se compromettre. Viser enfin à du solide de conséquences.
Dissiper loin derrière elle tout ce vilain nuage menaçant. Reprendre, après avoir fait éclater de l’eau fraîche sur son visage, le fil d’un raisonnement plus acceptable par l’esprit souverain de la famille.
Une fois le charme rompu de ce petit épisode, il lui fallait enfin bien décidément entrevoir, envisager en face la construction stricte, très sûre et progressive, de son avenir qui devrait s’offrir à elle, radieux, immense, promis dans toutes ses variations saines et logiquement concertées. Comme une Fugue, une cantate. Quelque chose de beau et de sain. Elle s’efforçait de se l’imaginer tel.
Quelque chose de construit et d’imparable.
 Plus rien de trop hasardeux.
Un édifice lumineux. Un palais baignant dans la splendeur de petites après midi douces et sans nuages.
Il ne fallait plus laisser d’ouverture à l’effroi. Refermer une à une les belles fenêtres.
 Enfin, en conséquence de son soudain dégoût pour l’obstacle vers cet avenir que constituait cette personne, elle signifia son congé au jeune homme. Sans plus d’égards ce faisant, il faut bien le dire, que pour congédier un domestique.
Elle pensait avoir suffisamment mis sa cervelle entre parenthèses dans cette petite idylle sans issue... ça n’était plus alors l’esprit d’une jeunesse attendrie... plutôt celui d’une vieille carne sourde habituée aux usages de la société, et qui vous les recracherait, d’un ton froidement solennel.
Il était plus que temps de reprendre le cours raisonnable des choses.
On veut bien jouer les douceurs, mais un temps seulement. Il ne faudrait tout de même pas prendre les femmes du meilleur monde pour des pantins que l’on peut aussi aisément manœuvrer.
Aussi mit-elle enfin dans ses ultimes lettres des guillemets aux termes de sa passion... (ces fameux éléments si froids de distance : les guillemets... ces outils de dissection qu’ils représentent au lecteur qui les aperçoit pour la première fois en train de couronner ces termes autrefois écrits au premier degré... à l’attention vive de toute âme ayant pris tout le discours précèdent très au sérieux, cet usage des guillemets est en soi une forme d’agression violente, stricte et sensible autant qu’un coup de fouet vous cinglant la joue.
Car tout le discours précédent, de fait, était sans guillemets... ainsi ces hideux crochets signifièrent d’un seul coup à l’attention du jeune homme la froideur et la mort...
Ou en tous cas un froid au moins glacial à le changer en bloc de glace...
 C’est la désolation la plus évidente à ceux qui crurent lire la passion autrefois dans ces mêmes termes employés alors sans distance, franchement, irrévocablement),... cela afin de mieux les isoler ces mots. Pour qu’ils finissent par dépérir d’eux mêmes... par crever tels des mouches engluées dans leur poison... qu’ils finissent par ne plus rien représenter. Crevés dans leur jus... terminés. Agonis sur la page. Pauvres tâches sans importance. Moucherons écrasés. Tous ces termes de passion tellement enflés furent donc par cette opération des guillemets comme isolés. Desséchés dans leur sève. Taris dans leur moelle. Anéantis. Éradiqués comme en se servant d’un efficace procédé chimique.
On ne sentait plus à les lire le moindre élan vous traverser comme impression. Plus rien de somptueusement vaste en eux. Leur magie était morte.
Ces lettres ne vous emportaient plus avec l’énergie d’un vent du large. Leur tonalité était ternie, inerte, grise. Clouée au quai. Vaisseau condamné, ne devant plus prendre le large.
Des lettres sans vie, fades, adressées comme à personne.
Non plus de la passion mais la formalité sans imagination de dernières formes polies à donner pour préluder à des adieux.
Vieux poème exténué ne signifiant plus rien pour vous. Vieille rosse morte, sans plus aucune vigueur à vous transporter.
Cependant, tout en lisant ces missives, il s’amusait à en capter le fumet d’indifférence. Au moins y avait-il là une part d’inédit. Quelque chose d’inconnu.
Ce vide lui fût une fascination plus étrange encore que le déballage passionné qui l’avait précédé jusque là...
Une absence autour de laquelle il pouvait expirer sans fin ses volutes d’angoisse.
À l’image du matelot qui dans son hamac se laisse aller à diffuser la fumée de son brûle gueule vers des plafonds imaginaires...
Dans l’ombre sous le pont. Il était plaisant alors de se servir de ces lettres froides de petite bécasse se récriant sur son rôle.

Ainsi il ravivait sa douleur morne d’un soupçon bienvenu de haine secourable.
 Éveil possible de son imagination. Afflux de sang neuf en ses veines de comparse exténué. Emportée vers les lueurs des astres au dessus. Tout ce vertige d’une existence commune, possible, envolée, au loin, pour toujours. Un mirage ne signifiant rien. Mais qui le captivait. Justement par son aspect impossible de vieux projet éteint. Cette lettre l’abolissait. Le bannissait. L’envoyait au loin. Cette figure rêvée. Sans possibilité de s’amender ou de trouver le moyen de se raccorder à celle qui l’écrivait. Déjà ils appartenaient tous deux à deux mondes bien distincts. Il n’y avait pas moyen de les voir un jour se raccorder...
Toute la réalité des rapports précédents prenait alors une forme de consistance presque effacée...
comme le souvenir d’une lointaine époque, distance...
cette absence où il sentait là bas devoir s’effacer pour jamais toute nouvelle lueur l’intriguait encore assez.
Une forme de contrée solitaire où il allait devoir s’avancer seul et bien seul dans la nuit.
Il allait falloir renouer de nouvelles relations. Encore d’autres. Et sans aucune appétence réelle pour ce faire. (non, plutôt reste seul un temps... on ne peut pas par exemple passer un entretien d’embauches lorsqu’on se sent lessivé intérieurement par une trop grande lucidité...)
Une nouvelle ère. Le rideau s’en ouvrit face à lui.
C’était une de ces méditations idéales afin de trouver le sommeil. Sa propre absence... sa disparition de cet endroit lointain.
Le fait que dans ce foyer il s’effaçait lui aussi... lentement mais sûrement... ainsi qu’un astre vacillant dans un océan pétrifié.
 Cela, il en rêvait, non plus précisément avec tristesse, mais comme au travers de la griserie d’une chanson ou d’un beau tableau...
Ainsi ses espoirs de bonheur possible en termes humains laisseraient place à autre chose... une forme de vie où il allait devoir faire preuve d’humour, de distance par rapport à sa propre souffrance, toujours vive sous la cendre.
 On a beau dire, mais en restant quelque part, le premier élan de passion qui vous intronisa s’estompe... et vous finissez passés quelques mois par agacer tout le monde... et vos défauts sont si imposants pour la sagacité de ceux qui vous jaugent que c’en est impensable qu’ils trouvent encore le moyen de ne pas se montrer plus méchant à votre endroit.
Ainsi, en disparaissant de ce coquet foyer, G. peut prétendre être parvenu au chef-d’œuvre d’une disparition parfaite, et cela de son vivant ! l’ émotion l’en étreint avec une telle douceur qu’il décide d’ouvrir une belle bière fraîche afin d’y rajouter un peu d’amertume. Pour se sentir heureux un quart d’heure tout en buvant ce liquide familier.
Il se sent tout artiste. Autant qu’au sortir d’un grand voyage fertile en observations.
Et la bière de couler avec toute la douceur rugissante d’un fleuve en son gosier altéré.
Mais revenons à cette lettre et à son charme éteint.
Ne restait plus de leur magie passée à tous ces mots qu’un pauvre râle de caveau mal refermé.
Une fumée bientôt effacée par le souffle d’une fenêtre ouverte. Il ne serait plus question d’en parler alors...
 Une très jolie réaction chimique... L’ennuyeux est qu’ils continuaient à vivre et à brûler, ces mots, et bien vivants encore, mais plus sur la page, plus du tout bien abstraitement, plus du tout comme dans les livres... non, plutôt dans les moelles et le sang de l’éconduit, torturé bien réellement sur son lit de supplice.
 Mais cela, que voulez-vous, " c’est la vie ", ma brave dame.
Suite à cela, Louise, de son côté, eut alors le champ libre.
Alors elle put enfin rendre disponible sa croupe à de nouveaux assauts.
Toute cette chaleur mâle qu’elle convoita pût fondre sur elle. En cataracte de sueur coulant de torses qu’elle pétrissait avec dévotion. La pluie des injures crachées dans la volupté attisait son jardinet à s’enflammer encore plus et plus prestement. Petit serpent s’entortillant sur son gril de désir.
Elle put libérer en elle les cavales de ses désirs jusque là réprimés... et ses désirs devaient connaître le goût et l’empreinte de plusieurs épidermes.
Il fallait goûter à plusieurs plats avant de se décider. Après tout rien ne la forçait à arrêter son choix sur un des jeunes hommes si prévenants face à elle.
 Avant de daigner se fixer enfin sur l’élu au sexe dressé pour la servir jusqu’au trépas...
faire crever en elle avec une bonne fréquence le fameux ulcère aux irritations.
Elle aurait pour ce faire la vitalité des scorpions.
Pour sentir fondre cette force immense en elle. Avec mille tourments adorables. Toute sa hargne crispée sous des corps de mâles aussitôt disparus que rencontrés. Des vagues grondant sur son rivage, pour en retirer tout le varech.
Elle se faisait ainsi l’effet d’un ciel traversé de nuages. De beaux nuages formant les plus beaux torses et les plus beaux reliefs mêlés, cela afin qu’elle puisse en raffoler.
Surtout les soirs louches. Ceux des angoisses si ordinaires à la jeunesse de ses nerfs.
Ceux où il lui plaisait de frayer dans les plus sombres quartiers.
S’en aller aux places vides aussi. Les endroits les plus ennuyeux qui furent pour elle.
Pouvoir sortir prêt des tavernes. Y soulever sa jupe juste assez pour découvrir des aperçus.
Elle affectionnait les périls. Elle voulait voir des verges bien raides et vives par centaines venir châtier avec violence tous ses caprices de petite fille... un trouble désir. Mais il devrait demeurer inabouti. Esquissé seulement au grand canevas de son esprit.
Qu’à travers elle, confusément, toute l’arrogance de sa classe sociale reçoive cette dérouillée qu’elle mendie des yeux et du souffle, quoi qu’elle s’en défende par les plus dures paroles à propos des pauvres, des étrangers, de tout ce qu’elle prend pour des intrus à son monde, au repos de leur vie si bien installée.
Dans sa confusion elle voulait se savoir la nuit très salope, oui, garce sans limites, pour au matin reprendre sans une ombre de remords le train paisible de ses futilités d’orgueil rassis.
Elle fermait les grands rideaux, ne voulant plus voir la rade, et puis, se couvrant des draps, des couvertures, elle s’entraînait au plaisir, se trouvant le centre d’une vague intense...
Ses doigts stimulaient sa corolle à se raccorder au bon frisson.
Tout en tisonnant sa flamme au moyen de ses longs doigts bagués
Elle voyait des torses, des abdominaux d’acier, des croupes de jeunes hommes la chevaucher, la transpercer sous les images niaises du mur de son enfance fleurie. Puis elle s’endormait, à point gorgée d’évocations... abeille repue de son propre miel. Son abricot soupirant au souvenir de tant de désirs sans issue.
 Se sentir brusquée, châtiée, violentée de plaisir. Par pénitence de toutes ses mauvaises pensées.
Et sans même s’être trouvé de faute assez grave afin de mériter ce châtiment... et parce que c’était là son plus secret désir... elle s’y laissa entraîner un bon moment. La belle histoire... les beaux ébats... La poche de pue en elle d’hystérie était tous les soirs crevée sous l’assaut d’un nouveau dard hostile...
Pour pouvoir se livrer à un beau repos en goûtant au sommeil.
Cela juste avant qu’au matin cette poche d’angoisse ne regonfle comme un ulcère, pour colorer ses nouvelles humeurs, leur donner source... nourrir ses caprices insultants... c’était là un mouvement sans fin. Un manège dont elle n’osait bondir pour que cesse de défiler tout le décor.
On n’en sortait pas, de ce balancement sans fin du désir. Sans fin du désir au dégoût, on n’en sortait plus.
Alors elle se trouvait prête à se montrer mignonne, pleine d’égard pour un nouveau jeune homme.
Il suffisait qu’une nouvelle rencontre survienne, voyons, n’était-elle pas assez attirante. Autant que ces gourdasses du cinéma photographiées sous toutes les coutures dans les magazines qu’elle se plaisait tant à feuilleter.
Avec un peu de patience un nouveau venu, superbe, parfait sous tout rapport, toujours bien mis et au bon revenu lui assurant les lendemains, aurait tôt de survenir dans le joli tableau.
Le Destin serait prodigue en nouveautés... on pouvait lui faire confiance. Et elle faisait confiance.
 Le cycle pourrait ainsi recommencer.
Rêver à ces amants possibles lui faisait oublier un temps cette corvée du mariage à laquelle elle paraissait devoir s’astreindre.
Dans le même décor. Sous les mêmes tentures. Dans les mêmes couloirs où tremblèrent leurs ombres. Avec le même type de conversations... nul besoin de changer d’un iota la formule éprouvée de ces séductions.
On repartirait alors dans la nuit des confidences et des chuchotements, bien ravis de se serrer très fort pour ne plus se laisser s’échapper. Non jamais. Puisque la vie sans l’autre serait toujours impossible.
Il suffirait de refaire bonne figure, et tout se rétablirait sans accrocs.
Avec un peu plus de bonne volonté, une volonté plus claire, nulle raison que tout foire à nouveau.
Grisés tous deux à coup de vin et de chansons, Louise et Fernand trouveraient la voie ouverte au grand bonheur sans nuage. Un génie y pourvoirait.
Puisque l’espérance fait la moitié du travail... quelle magie après tout que le Destin. Un bien savant mystère, un vrai de vrai.
Elle était à nouveau environnée de silhouettes amies.
Des hommes, partout, dans les bals, dans les rues, aux soirées. Tous courtois et toujours disposés à la servir dans toutes les postures, une fois achevée la pauvre causerie préliminaire à ces approches un peu plus franches.

Les occasions ne manqueraient pas de rallumer en elle une certaine soif. Une bien sombre soif.
Des ombres brutales dont elle adorait aspirer sur elle les moiteurs fauves... elle se voyait volcan. Sirène. Tigresse. Dragon. Prompte à emporter dans une lave enfin répandue sa contenance si ennuyeuse de gentille mémère dénuée bien totalement d’imagination depuis toujours.
Elle ne se limiterait ainsi plus à ce schéma sinistre et programmé par sa classe sociale... enfin son corps comme son âme s’en libéreraient.
Il n’y avait plus un moment à perdre.
La jeunesse foutait le camp, traîtresse et ne couvrant pas ses frais.
Toutes ses forces allaient s’épuiser dans le mauvais décor, parmi de gens qu’elle méprisait. Il y avait une erreur quelque part...
Qu’il est doux de piétiner toute convenance une fois ses parents éloignés.
C’est aussi grisant qu’une petite fête clandestine, soudain.

(on aura bien le temps de se recomposer une figure austère, ensuite, quand on rejoindra sa famille... mais c’est là un équilibre subtil à mettre au point... entre sa paire de fesses offerte au plus entreprenant, et ses allures dévotes, savoir surtout se ménager un temps consacré à ses désirs...)...
Dans les bosquets. Sur les plages. Dans les compartiments des trains d’hier ou d’aujourd’hui.
Aux seuils ombreux des lotissements privés d’âme.
Au bureau. Derrière les colonnes de dossiers du travail. Ou face aux rangées de savantes reliures si pesantes. Elle n’avait pas assez de son unique fessier pour se faire mettre bien violemment dans tous les coins sur tous les paysages champêtres ou citadins comme elle l’aurait tant voulu depuis le temps qu’elle piétinait avec un tel ennui dans les airs de virginité.
Dans son rêve elle se serait bien changée en tribu d’Amazones. Mais point bégueule la tribu, non, plutôt prête à se faire foutre encore, en croupe, à tous les lieux parcouru, jusqu’à crever sous l’effort les cavales et les hommes.
Et juste ensuite, avec ses copines, légions de confidentes et servantes parfaites, elle aurait précipité d’une falaise cette troupe de violents fouteurs, si importuns bourdons de la ruche dont il faut savoir se débarrasser une fois leur désir assouvi.
On voit vers quels rivages sa rêverie la perdait tous les soirs entre ses draps.
 Elle se serait même, qui sait, incarnée en paysage, mais par pour rester chastement en jachère, ça non ! Mais bien plutôt pour être de fait labourée moissonnée sans fin, qu’elle soit fécondée sur toute sa surface, qu’elle incarne, suprême consécration, bien concrètement la déesse de la Fertilité (on voit où la nuit l’entraînait son délire ardent de lionne assoiffée ne trouvant jamais de lac où calmer la brûlure de sa gorge...). Comme manquaient les personnages capables de figurer dans son théâtre, lui restait la possibilité de simuler cette ivresse, ce désir, cet enthousiasme tellement en contradiction avec le fade et terne tableau social contemporain. (à cet endroit du récit, je la comprends, je lui donne même raison. Contre la gent masculine si brutale et si ennuyeuse dans ses serments ses pesanteurs tragiques et sa gravité sale...)
Elle retenait ainsi dans sa solitude bien au fond d’elle toute cette volupté à savoir recueillir.
Pour faire mentir pour une fois les sermons nous indiquant que tous les plaisirs sont semblables à de l’eau vous filant entre les doigts.
Des torses des cuisses de taureau des membres raides un vrai délire divers de débauche fiévreuse pour sa frêle conscience éprise de faire fondre dans toutes les positions l’air respectable et si strict auquel il fallait bien qu’elle se conforme le col relevé sans cesse mille fois hélas en société lors des si interminables et si répétitifs dîners familiaux. Une vraie délivrance !
L’empreinte de bras forts à ses flans. La douce griffure des poils chauds. La pression des muscles intraitables. La statue fameuse même ne représenta pas mieux cette intrication des muscles et de la chair captive d’un unique serpent.
Toute une galerie de corps d’éphèbes ou de satyres dont elle fantasmait sur ses propres formes l’inépuisable assaut.
Puis, c’était forcé, sa songerie se faisait plus imprécise. Elle ne pouvait conserver en elle cette tonalité d’enthousiasme. Passé un temps l’exaltation baisse d’intensité. Une fois que sa base n’est plus nourrie de branches, il est difficile de rester aussi emporté, aussi intense, aussi fort et décidé à tout calciner.

 

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