Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
Navigation
Seriatim 2
Seriatim 2 - Au café de la Poste sous la tonnelle et ses piafs (Patrick Cintas)

[E-mail]
 Article publié le 31 mai 2020.

oOo

Au café de la Poste sous la tonnelle et ses piafs :

La tôle cabossée d’un guéridon avec sa carafe de traviole :

Deux radeuses qui ont perdu leur « emploi précédent » :

Le type qui a tout raté même le dernier train pour Paris :

Un gosse jouait avec son reflet dans la vitre d’une affiche :

« Qu’est-ce que vous faites là de si bonne heure ? » :

Il revenait des champs aux sillons gelés, avec son chien :

Mais les alouettes n’étaient pas venues au rendez-vous :

Il siffla la substance de famille et salua la statue de Johnny :

« Le bus n’est pas encore arrivé

— Il viendra peut-être pas » :

Main sur le verre en cas de fiente tombée à l’oblique :

Le vent traversait la terrasse mais pas seulement à l’oblique :

« Tu mettras ça sur mon compte » / un vent incertain :

Il avait oublié la mer et ses escales :

perdait la mémoire :

Bras piquouillé à mort :

même le chien en redemandait :

Personne pour l’en empêcher :

arrive le jour où personne :

Pas même un frère :

empêche que ça arrive :

de plus en plus :

Souvent :

mais la chasse était ouverte et le gibier attendait :

Sauf les alouettes :

 « ils savent qu’ils vont crever » :

mort :

Il n’aimait pas la viande et ne raffolait pas du sang :

Sally et Axis le reluquaient :

jambes agitées sous la table :

Bas aux fleurs noires des soirées d’été :

or, c’était l’hiver :

Lui aussi savait qu’il allait mourir :

et il m’en parla :

En termes clairs :

il avait pratiqué la boucherie :

mort :

Étalage des pendus :

 « je ne sais pas comment mourir : »

Est-ce qu’on se comporte comme un assassin si on :

Ne fait rien :

pour empêcher ?

/ « tout le monde le sait » :

Il n’y a que l’ivresse pour s’illusionner :

ou la psychopathie :

Celle des femmes qui font des enfants à l’homme :

morue

À toute heure :

vendre du vent :

ne pas se montrer tel :

Qu’on se connaît :

nu mais pas vrai :

noyer le poisson :

Presque facile en ces temps de mise en vitrine :

de tout :

Ce qui peut se vendre au meilleur prix :

« j’ai des mains :

D’ouvrier : »

/ Saint Hubert en pompier sortant de :

l’église :

« Si j’avais su… » / il lui annonça la mauvaise nouvelle :

Son chien avait chopé un virus chinois :

maintenant :

Il s’exprimait en mandarin d’usine :

avec l’accent texan :

Beau poil cependant :

une boîte de sardines à l’huile :

Par semaine :

deux en période de fêtes :

 « tu veux :

Toujours tout expliquer » / « c’est qui ? » :

désignant :

Le raté assis à l’autre bout de la terrasse :

sous un orme :

« travaillait pour l’État :

mais sans orgueil : »

/ pas connu :

Cette histoire :

 « j’ai la mienne »

/ et l’autre répondit :

« tout le monde en a une :

t’imagines pas le nombre :

De justiciers qu’on enferme. »

/ tout le monde a travaillé :

Un jour ou l’autre :

on vous le demande d’abord :

ensuite :

On vous paye :

papa et sa piécette d’or :

en l’absence :

De mots :

pas un pour rencontrer l’autre :

et créer un effet :

Le journalisme frissonnant des derniers chrétiens en usage :

« j’ai jamais rien demandé et j’ai beaucoup reçu : »

/ mort

En plein milieu de l’intrigue :

plus personne pour penser :

À la place de l’auteur :

« c’est tout l’effet que ça me fait :

Ces choses qu’on achète :

le bagout des vendeurs :

écran

À palper comme s’il s’agissait d’un corps :

tous les coups :

Sont permis :

 Lili / Marleen :

 wie einst :

mon chien va crever :

De quoi ? » / « sans projet tu n’existes plus :

pas besoin de :

Liberté :

c’est la faim qui te fait sortir :

ou le désir :

pas mort :

Moi :

 » / et pas un mot pour rencontrer l’autre :

faire joli :

Ou intelligent :

poète ou homme d’esprit :

poète sans prosodie :

Ou homme d’esprit en chanson :

« pourquoi reviens-tu :

De la chasse ? » :

alors que je reviens de mon lit / après :

Trois heures de patiente écriture :

te voyant monnayer :

Ton apparence :

et celles de tes pensées :

par-dessus :

La tringle crasseuse :

la transparence raturée d’inscriptions :

publicitaires :

« qu’est-ce qui n’imite pas l’écran :

 de nos jours :

Dis-moi Hélène si nous sommes faits pour mourir : »

mais mots :

Seuls :

pas loin :

l’un de l’autre :

mais seuls :

chiens de faïence :

Sur le bahut sans dentelle :

ni débris de tabac :

poussière :

gouttes :

pas un pétale :

ni semence d’iris :

je quitte mon lit :

tous les matins :

et le retrouve le soir :

mots sans rêve :

morts :

de désir :

appartiennent à la nation :

pas à la poésie :

il faut :

Faire avec :

mais on n’en peut plus :

pire :

on en a marre :

« J’y retourne demain :

et tous les jours que Dieu fait :

En période cynégétique :

un art après l’autre :

toujours :

Le sang :

à la clé :

viens avec moi » / je ne sais pas si je suis :

Toi :

tu ne sais pas si je t’aime :

le voisin considère sa maison :

Et son jardin :

en expert de l’attente autorisée par le Travail :

Et la Famille qui va avec :

sur l’étagère les fleurs avec et sans :

Titres :

selon la chance :

ces grattouillages de bistrot :

récits :

Du mot qui manque à l’appel :

« oui demain dans les bois et :

par les champs :

le Beretta sur l’épaule :

pas d’idée de sang :

Cible mobile de préférence : »

/ nous avons tous un chien :

Il meurt un jour ou l’autre :

mais la question est de savoir :

Si c’est avant ou après :

j’aime le fouet de l’air matinal :

Il ne me réveille de rien :

mais il ne me change pas en momie :

 

j’écoutais

 

Qu’est-ce que le rythme sans conversation ?

Sans le roulement du dé sur la tôle verte /

Cabossée par maintes danseuses nues /

Les soirs de fêtes :

Brise des verres

Dans la cheminée /

« le bien commun / comprends-tu ?

Sans ce Bien

(j’y mets une Majuscule

pour que tu comprennes

bien)

plus rien n’existe

que ta propre mort /

Je ne veux pas

mourir comme ça ! »

 

D’autres avaient plus de chance /

Avec des lièvres ou des mésanges :

Selon l’ambition : de chacun :

Plus de chance ça ne compte pas :

Dis-tu :

Au miroir de l’enfant :

Qui joue avec :

Son reflet /

 

« Dieu n’est pas partout comme la poésie

ou la merde /

Dieu est ici : ne me dis pas que :

Tu ne vois : n’entends : rien ! »

 

Ce « rien » entre les mots : empêcheur /

Rien pour faire joli :

Rien pour que ce soit :

Intelligent /

 

C’est d’en haut

Que tombent les sentences /

D’en bas :

Rien ne remonte :

Que ton style /

 

Chante ! chante le chanteur /

Écris ! écrit l’écrivain /

Wie einst /

Aus dem stillen Raume

Aus der Erde Grund

« je te paye un verre

Ou tu me le payes ? »

Ce matin je me penche

Sur ces brisures d’encre

/ j’ai l’esprit ailleurs

Qu’à la chasse

Aux alouettes /

Ô enfant des miroirs

/ anus magnum /

Nous avons en commun

Le reflet et l’envie /

Jours d’attente pourtant

Et terre en mottes dures /

Tire sur la ficelle /

Le ciel n’en demeure pas moins ciel

/ fleurs des étagères en fleur

 : grimaces des miroirs /

« Qui sont ces gens ? »

Mais chez moi, doux enfant,

Il n’y a pas de mots pour le dire

/ autant enterrer le passé

Dans ses alluvions : mort

Qui passe ne se voit pas /

Qui sont ces putes, ces ouvriers ?

Qui sont-ils ces propriétaires ?

Qui chasse sur leurs terres ?

« des fois j’y pense et d’autres fois :

Non : je reviens sans mon chien : »

 

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

Ajouter un document

 

Site officiel [>>

 

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2020 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -