Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Portraits et propos à vue de perdrix
Navigation

Les perdrix ce sont les mots devenus choses
extrait du catalogue de l’exposition

- Ballet
La danseuse se pointe sur ses roses et gire sur la plaie circonstanciée de la lumière. Un public coïncide avec la poésie où le discontinu s’institue  [...]

- Café foutu
Devant un caillou Il se demande si Il le ramassera et devant une tasse si Il la boira. Se demande et peut-être ne se répondra pas car Il ne se  [...]

- En fait on n'écrira rien
Cette dame ouvre la porte du placard. Et puis non n’ouvre pas la porte du placard. Mais la porte est déjà ouverte sur la dame devant le placard.  [...]

- La chaise
Qui viendra occuper la chaise qui se tient comme le Parthénon sur la colline imaginaire de la chambre ? Qui posera sa prose sur le siège vide de ce  [...]

- Rêves
Nuit bienfaisante et qui devrait durer par delà le réveil. Le rêveur y possède des propriétés aux frontière du flou et du presque attendu. Des errances  [...]

- L'un seul sèche
C’est vrai que la page est comme un os de seiche qui a la blancheur de la robe mariée à la noirceur des mots. Elle picore un ciel lavé à la salive  [...]

- Portrait d'une ancienne madone
Les pieds dans les éboulis de la tête entre deux idées ou plutôt deux images. L’avenue est moelleuse et velue comme un singe. Un mur sent la lavande à  [...]

- Chantiers
On creuse des trous au bas de l’immeuble. On ne reconnait pas l’asphalte que l’on regardait penché à la fenêtre. La fenêtre est ouverte comme un  [...]

- Femme : tache sur blanc
De loin se rend visible la femme du blanc. Un énorme œillet pend suicidaire à souhait à la margelle étroite de ses lèvres jointes. Aux pieds des  [...]

- Le vote des amoureux
Et haletaient disant de leur bulletin blanc plus rien que toi que nous. Plus de ce monde affreux que toi et moi l’amour la fin de tout oh oui.  [...]

- Les humanités
Ce monsieur regarde passer le traintrain des vaches d’un œil globuleux comme celui des vaches. Il pense que l’herbe doit être un délice en cette  [...]

- Question idiote
Parfois des livres reviennent et entrent sans frapper. Les étagères les retiennent par les dos mais c’est en vain. L’un d’eux laissé pour compte me  [...]

- À propos d'un poème lu en public
Quel sentiment ou quelle idée a déclenché ce truc sur une page ?
demandent-ils après avoir écouté son poème. 
Lui :
C’est effectivement un truc  [...]

- Intrusion d'un mot
Chaque page blanche est comme une épitaphe sur le monument restreint et funéraire de notre écriture. Ecrivant un texte on tombe « par hasard » sur le  [...]

- La table à écrire
La table est encombrée de choses invisibles. Elle grouille de mondes et bourdonne. Une prairie bluffée d’insectes et de pinces chantantes avec des  [...]

- Ce que l'on voit de chaque côté de l'autoroute
En pensant à De Kooning
Les saisons aux belles cuisses de nos autoroutes aux bas à résilles de la vitesse filent le noir coton de nos vues  [...]

- Confection
La veste est pendue à un clou sur le mur. Son propriétaire est quelque part ailleurs. Son absence est d’un tissu gris et à chevrons un peu usé au  [...]

- Survivance
Une fille à coté d’un arbre a posé le printemps entre ses cuisses vertes. Une troupe d’enfants éparpille en riant le calme de l’endroit où les vaches  [...]

- L'espace amoureux
La vache de l’horizon broute l’herbe du ciel les cornes baissées. On voit la boursouflure rose des gencives comme une casquette ôtée pour le salut.  [...]

- Chambre du jeune vieillard
La chambre habille un vestiaire plein de robes à dégrafer comme la porte ou une queue d’orage avec éclairs et le lierre à attacher au mur et les  [...]

- La scutellaire
Cuisses croisées le short tendu à bloc une femme est assise au bord de l’écriture. La racaille des mots cherche la scutellaire toute mouillée de  [...]

- Le chien de Goya
Un chien traverse le champ de vision de Goya. Je vais peintre le chien dit Goya. Il le peint. Plutôt il peint la tête du chien lequel est enfoncé  [...]

- Chambre fléchée à cru
De cette chambre et ses loquacités bronzées par les famines de draps malfamés à celle qui roussit entre les carnassiers bibelots de la langue une  [...]

- Avenue nulle est tout
Qui est au clavier ? Demande la phrase qui suit son vieux cours vers rien que son cours. Un corps est penché c’est l’ombre porteuse de celle portée  [...]

- Corbeau du matin
Je regarde le paysage dont se ferment une à une les portes et fenêtres et s’agiter mille et un mouchoirs pris de vitesse. Les nuages filent un  [...]

- La laverie
La laverie automatique est un lieu parfait de rendez-vous. D’avoir à attendre que le linge soit débarrassé des impuretés de la vie des couples se font  [...]

- Réception
Vous êtes devant une assiette avec des petits fours et des personnes sages. Néanmoins vous arpentez la plaine ou quelque plage avec des cris de  [...]

- Ville et âme
Méfiance sans son chien avec son chien confiance. Le temps ce temps-ci n’est plus qu’une laisse qu’on a délaissée le crachat d’un progrès. Les villes  [...]

- Chiens et chats visibles et les invisibles
Chien et chats sont multiples et la litière de nos sentiments remplie à ras bords dans un coin où nous sommes. Nos vies sont un zoo permanent comme  [...]

- Portrait flou
Une vieille bassine et des volubilis est le portrait du peintre par lui-même à la fois jeune et vieux. Dans la bassine un tas de vieilleries se  [...]

- Enterrement d'une image
Sent l’enjambée comme fleuve et marigot. Fumée noire et bleu-nuit où les volets s’égaient. Dans la chambre le souffle met ses papillotes où sinue cette  [...]

- Encore les perdrix
Des perdrix des perdrix et d’autres envolées de mots sans la parole. Un titre est mort dans la contrée par un coup de fusil mal tiré mal appris.  [...]

- Le mot derrière la porte et sous la page
Comme un bruitdans la tête arrive et disparait. La porte s’est fermée ou s’est peut-être ouverte sur le mot orage. Il faudra se pencher sur la  [...]

- Modèle
Illa regarde et la voit disparaitre et reparaitre en lui un nombre incalculable de fois. Son sourire est un numéro indéchiffrable de chambre aux  [...]

- Peindre son paysage à chaque instant
Des sentiers à perte de vue avec les ailes qui s’embourbent à plaisir. Des tunnels bondissants circulent en eux-mêmes en soulevant la jupe du mot  [...]

- Vieille abondance
Dépêches chiffrées partout et leur bois mort. Des cartes s’affichent le monde la terre lignes en jonchets. Et nous dans ce fouillis de lignes sur les  [...]

- Clepsydre
L’apothéose avait jailli pour disparaitre toute. L’air édifie une volte-face comme un cube où s’engagent des identités autres à incarner. Des arbres en  [...]

- Sourire d'automne
Regarde son propre automne à travers la fenêtre. Il pose sa sandale et chausse son cratère avec délectation. Il laisse le truc mécanique du moi et  [...]

- Une chose importante
Il pense à une chose très importante. Il ne se souvient plus de cette chose importante au bout de quelques temps. Cette chose devint de plus en  [...]

- Le phrasé du pont
Qui sème la graine des ponts récolte des phrases qui enjambentla vallée des rêves que traversent ceux qui passent et s’en vontparfois sans se pencher  [...]

- Untel rêve de porte
Monsieur Untel rêve de porte mais d’une porte bien en chair comme une grande flaque d’eau. Il porte son désir en main comme un bec de cane à la  [...]

- La morale d'un aphorisme
« Qui reste dans l’ombre » pensai-je soudain en cherchant une phrase. Puis arrive comme par surpriseest lumineux en diable. Cet italique imprévu  [...]

- Ma chaise
ma vieille chaise emmerdée d’être chaise
de n’être pas cheval
cheval galopant steeple-chase
mais d’être handicapée
immobile
et assise
ma vieille  [...]

- Tentative de description d'une rue
Encore une rue d’encre attablée. Promontoire où au large des coudes la grue s’articule. La bâche du ciel a le poids d’un chantier d’oiseaux en  [...]

- Ouvrir les angles
Il s’est levé pour ouvrir la fenêtre et s’est vu disparaitre au premier tournant de la rue. Est resté entre les deux battants de la fenêtre comme une  [...]

- La potée Protée
Immense accoutrement du silence. Des choses devenues des mots en sont les oripeaux bigarrés et changeants. Ils rendent invisible celui qui le  [...]

- Ce portrait finira par vous ressembler
Ce qui est une pensée n’est pas autre chose et l’écriture n’est pas autre chose. On peut raconter une pensée dans l’écriture et ce n’est pas une pensée  [...]

- Les cabines de bain
J’ai trouvé une bonne définition de l’écriture dans une lettre de Lewis Carroll qui souscrit à l’interprétation de son Snark par une lectrice qui dit que  [...]

- Le plaisir qui ennuie
Une vague de violents arômes de canicule en chair et en os est comme un téléphérique entre mes doigts émetteurs. Une sorte d’assaut donné à bout  [...]

- L'horizon
Des petits pâtés à l’horizon. Il faut cligner les yeux pour observer. Ce sont peut-être des cabochesqui observent de ce coté. De ce poste  [...]

- Choses (soi-disant) vues
Sur le boulevarddes camionspassent le temps. Un papier gras joue avec un papierjournalplus arrogant.Un chat disparait vite sous un coupé blanc ou  [...]

- L'axe du monde
La petite fille bien guillerette au ciel n’ayant quitté la terre que pour sautiller se retourne d’un coup pour retourner à terre qui pour elle est le  [...]

- Portrait de celui qui décrit un lieu inexistant
Regard loin de cet endroit éclaboussant la poussière. L’homme en action regarde les champs plats hostiles à son pied. Les oiseaux tombent à ses  [...]

- Portrait d'une colline
Une fille descend la colline et c’est soudain l’apparition de la colline. Plutôt l’apparition d’une colline. Et c’est un déboulé de cailloux précédé  [...]

- La lumière parle (mal) du printemps
La lumière s’étale indécente sur son remblai de mots. Mille naissances d’éboulis voltigent au-delà des pensées. Une escorte-arachnide d’ombres fait un  [...]

- Au clavier avec Bartók en fond
Le clavier est sur la table tête nue. De petites anomalies singulières jaillissent. La tête est la chambre et la chambre dehors. Un énorme moteur  [...]

- Propos à peine 8
Baguette blanche dressée, et le premier accord.
Mais que faire de tout cela ?
Alors que l’imprévisible commence à former
Des signes  [...]

- Propos à peine 9
Le regard au dehors,
rejoint la moindre feuille qui palpite et crée
La fenêtre et le toit où piète cette phrase
Qui cherche son cap. Alors que  [...]

- Propos à peine 10
D’arbres qui se balancent à droite et à gauche,
Alentour, des reflets dans l’eau, dans les vitrines
De la ville instruite de notre présence
En  [...]

- Propos à peine 11
La joie s’est égarée dans la lumière en train de disparaitre,
Et vous y regardez à deux fois,
En vous mettant un peu en retrait du sommeil,
Qui  [...]

- Propos à peine 12
Comment ? Et déjà une autre fois et donc sans rigueur
Des voies se recoupent, jusqu’à ce déclin,
Dont on fera usage ; 
Un certain paysage  [...]

- Propos à peine 13
Si l’on bondit sur une solitude,
Elle se cache avec une mutine intention d’enivrer
Par le coup du désert, où la soif et la vue
S’unissent et  [...]

- Propos à peine 14
Façades d’arbres, et le tableau noir qu’accrédite
Le printemps, qui pénètre peu à peu les paroles,
Et tout ce qui se prononce
Comme une germination  [...]

- Propos à peine 15
Le chemin mal engagé. Bande étroite de terre
Où les pas des promeneurs, où se coupe la voix.
Ou les arbres qui imposent l’idée sentencieuse,  [...]

- Propos à peine 16
Comment est arrivée cette proposition de parler
Dans ce désert et ce silence, alors que rien ne s’annonçait
Qui soit de nature à la révélation ?  [...]

- Propos à peine 3
Cette disparité bienfaisante est comme l’eau du fleuve,
Et sur la carte du tendre, ce pôle ou le dôme
Où se débat l’esprit. Ses jambes de paroles  [...]

- Propos à peine 4
S’entretenir avec,
Le coude plié comme un ciel. Se passe dans les rêves,
Parle à l’intérieur, avec un monument
À Virgile ou à celle dont nous  [...]

- Propos à peine 5
À coup sûr, cet entretien permit une rencontre
En pleine sympathie avec la controverse en question,
Qui est une forêt dont les vents calculaient  [...]

- Propos à peine 6
Tous les anniversaires, c’est là qu’on se heurte
À la fenêtre au détroit fléchissant.
Dans les mêmes limites que ce qui précède,
Peut-être des  [...]

- Propos à peine 7
Cependant et ce jour ? Commence une question
Sur le temps qu’il fera.
Le sexe est au lavage avec la nuit passée,
Et l’odeur de la mer rime  [...]

- Le bon chemin
Où allez vous ainsi demande un indiscret à un qui va son chemin en toute discrétion. C’est au chemin qui va de répondre à cet indiscret et non à celui  [...]

- On souhaite un bon anniversaire à tous ses amis artistes avec la ponctuation d'usage
Rien ne nous est plus proche que la nuit des temps. C’est toujours un hier sur l’arbre le plus vert qu’aujourd’hui nous voyons blanchi un tant soit  [...]

- Œil de perdrix plus
Et l’on peut tout changer. On peut interpréter les choses. C’est la condition pour que les choses soient. Et l’œil des animaux qui contiennent  [...]

- Propos à peine 1
Ce noir sert de volant autour de vous, et vous entoile
D’un drapé plus interne, qu’un écueil rencontré
Dans un récit chargé par une actualité,  [...]

- Propos à peine 2
Lenteur foudroyante.
Et la sensation abusive d’avoir trouvé l’éternité,
Et votre absence sur la page, où tant d’aridité
Éblouit comme une eau  [...]

- Locus Solus et Mozart
Plat et inconsistant est le texte de Raymond Roussel. Sa force est dans cette insignifiance. Magistrale d’être sans défaillance ni compromissions  [...]

- Nuages (ne pas effacer le mot répété) : nuages
Baguette blanche dressée et le premier accord. Mais que faire de tout cela ? Alors que l’imprévisible commence à former des signes d’impatience et  [...]

- Dimanche 21 Février 2016 jour de mes 80 ans
Tous les anniversaires c’est là qu’on se heurte à la fenêtre au détroit fléchissant. Dans les mêmes limites que ce qui précède peut-être des arbres qui  [...]

- Portrait au radiateur blanc
La chambre se retourne. Son visage apparait. Il manque un radiateur plus blanc que la durée. Les meubles font penser aux mots qui vont venir et  [...]

- Portrait des aisselles de la blanchisseuse
Elle tend ses draps sur un fil. Peut-on dire son fil ? Son fil à soi ? Son elle ? Ses draps lessivés où sa chair et ses rêves se sont mélangés. Y  [...]

- Une sorte de conte
Le village semble endormi et drapé dans un brouillard plus gris qu’un mouton électrocuté par la foudre. « Les arbres n’ont plus d’appétit » dit un  [...]

- Une soirée entre amis
À coup sûr cet entretien permit une rencontre en pleine sympathie avec la controverse en question qui est une forêt dont les vents calculaient la  [...]

- Se lève d'une seule phrase
En barbe de choc le vieillard matinal s’est accoudé à son mouchoir sidéral et lorgne le cou de girafe des fenêtres aux pousses encore trop dures et  [...]

- Chapitre bistro
On dormirait si on n’avait pas la radio dit un camionneur à un client du bar. Patron un autre verre et le speaker qui hurle à la télévision. Encore  [...]

- Une vitrine pour dames
Vitrine avec ses dessous en croix entre les seins. En montre des cailloux qui reflètent aussi la fronde du voyeur. Un bras articulé à un produit de  [...]

- Celui qui rêva d'une page de sable et de sang rêve de ne pas s'éveiller
Toute cette matinée de dorades qui ressemble
à une dérobade après la nuit passée.
Un accroc dans le filet vivant.
Et des échafaudages aussi  [...]

- L'homme à la respiration difficile
Carlingues savoureuses des mots entendus
pas de monde sans la chair pas de ciel que des livres
aux reliures qui sont les lèvres les volets
le  [...]

- Le perdreau
Il rêvait qu’il entendait qu’une perdrix appelait et une perdrix appelait et à voix faible et sombre. Il rêvait qu’il entendait une ombre secouer ses  [...]

- À bonne distance
Le visage en façade et le plâtre partout qui s’effrite. Ou c’est un dessin compliqué de machine avec ses mécanismes. Un sourire parfois une autre un  [...]

- Une action vue ce matin
Fleur solaire et l’abasie des arbres l’urine d’un chien cloue le tout. Vous pouvez commenter la phrase à votre guise ce que fait le monde. L’œil de  [...]

- La raison
La fontaine orthopédique des images de vos pas est la traine qui vient sans le corps de la reine. Et pourtant toujours vient le chant rauque du  [...]

- Des muets essieux des vignes aux muets essieux des signes
Sein ou colline au lointain : écriture. S’avancer au plus près et fourbu. Fleur ou poteau peut-être une lectrice résume la danse. Cousue de fil blanc  [...]

- Le vent est-il toujours dans cette porte ?
Le short de l’horizon et les cuisses de l’âme font monter le cou de girafe du hasard au dessus du désert en pot sur le balcon et le parfum d’amours  [...]

- Une simple note sur « le désert rouge » d'Antonioni
Dans « le désert rouge » d’Antonioni l’image de Monica Vitti voyant une page de journal arriver à ses pieds et qui le piétine avec ses talons hauts en  [...]

- Page blanche et jambon
Neige et plafond avec un nœud coulant est cette page. Longiligne et rayée de tous les paradis et de tous les enfers et la serre vitrée en plein vol  [...]

- Les friandises sont pour les vieux en pantalon
La salopette de la mer arrive aux genoux
ceux du sable et des galets
les baigneuses ont l’air de jumelles et autour
des hanches les connils  [...]

- Bêtes sur deux pattes, exprimant désir de voir !
Les crocodiles ont les yeux verts et les bouteilles
en verre du jour sont de la même écœurante couleur
que les arbres du parc zoologique où les  [...]

- Que voit-il ce matin penché à sa fenêtre la veille du premier de l'an ? (31 décembre 2015)
Vestiaire la vie et les nuages pendus. La femme qui pleut dans la rue s’ouvre comme un parapluie. Façades en gris et les murs pleins de foule qui  [...]

- En campagne
Éruption d’une feuille. Et l’embellissement auquel la rose-thé est réduite. Ruine est fruit et cachette débris d’arabesques en vagues serrées. Le lit  [...]

- Cinéphilie
Un tel dit que dans le film il a vu une fissure dans l’image du rocher. Un tel autre dit qu’il a vu un lézard. Quelqu’un a vu le signe de la fin du  [...]

- Ruelle obscure de la voix d'une chanteuse
La chanteuse chante sur ses deux jambes leur milieu. Sa voix dilate le caronculaire écart de ses genoux. L’intime prieuré caché de son larynx s’est  [...]

- La prière devant un poisson rouge enrhumé
Pingouins et ours polaires sur l’étagère en perdition
dans les journaux. Sur les écrans
qui présentent leurs dernières collections d’été
verres  [...]

- À fleur de boue
Si c’est bien ce lieu-ci avec sa lourde boue ce ciel de débarras que vous vouliez montrer alors c’est bien cela. C’est lourdement vous-même votre  [...]

- Réflexions après la mort de la petite chienne de l'écrivain
à Rosalie
Un zoo à chaque doigt. Chaque animal éprouve
les contradictions à partir de leur cage
et de leur inconfort comme de n’être pas
à  [...]

- L'homme qui notait les interpellations littorales
Assis sur sa malle. Et autour les manufactures
de secrétaires ‘très variées mais anguleuses’
au parfum débraillé du safari dont elles
font l’objet.  [...]

- La preuve par quatre
Le chien prend sa peur dans sa queue et se trisse afin de s’annuler tout en se répétant. Se lappe dans l’écuelle de sa propre langue et répand son  [...]

- On se cherche une idée
Je me cherche une idée pour commencer la journée. Mais c’est une image qui me vient. Celle d’un nuage en forme de cervelle. Il y a un récit d’Italo  [...]

- Curriculum vitae page 2
Assis là dans la chambre drapé de ce qui donne sur la rue de notre peau son carnaval peuplé de fleurs excrémentielles sur la ligne homme se fume et  [...]

- Curriculum vitae page 3
Montage donc magie d’abrupts miradors et un short adolescent souillé jusqu’à plus soif d’une gentilhommière à un autre castel tout de go met genou en  [...]

- Un poêle vivant privé de bois marche le long du rivage
Les filets de la couleur du ciel et des poissons
furent jetés de ci de là. Le pas dansé
et les fichus noués au cou des jeunes filles
démentaient  [...]

- Programmes
Les meilleurs moments avaient bourré la corbeille de tant de papier. Des flocons de papier noirci battus en neige. Ou un paquet de plumes comme de  [...]

- Effluve d'une passante
Une petite femme toute en jambes de l’odeur de pluie promène la longueur de son ventre au dessous d’une herse d’ivoire féroce en exergue et la cohue  [...]

- Curriculum vitae page 1
Comme des fèces sur un sol final ces monuments entre vous et le public pendant ‘ l’acte de moi’ qui s’incline pour réintroduire la putain magie un  [...]

- On informe le poème que l'on ne livre pas de pizzas le matin
Le lobe transparent de cette éternité qui coule sur l’évier est comme le bagage égaré sur le quai où l’on s’attend. Du monde est écrasé par le monde qui  [...]

- Machin'
Enseveli sous soi. Dans le fauteuil de tant d’années et de silence. Aussi de voix et leurs images chiens d’aveugle. A réciter sa poésie comme un  [...]

- Quatre
Les quatre pattes de l’âne du chien et du doute et le bouquet de cette fumée qui se disloque et vole sur ses quatre pattes posent sur l’archet leur  [...]

- Vives actions du matin
à la mémoire de Denis Roche
L’éros problématique a sorti ses poubelles prêtes au dévers entre des optimums de fourniments salaces. L’âme rebiquée  [...]

- Bave de l'escargot
Espace plein d’arbres. Des incontinences de rêve troussées à chaque tournant blanc pour éprouver les choses. Un géranium sort de ses gonds comme une  [...]

- Le signe moins
Mort de ma chienne Rosalie aujourd’hui ce 17 octobre 2015 vers 9 heures trente. Euthanasiée pour l’empêcher de souffrir. Donc pas de perdrix ce jour  [...]

- Obscurément
Rêver à la plus lente la plus mortelle immortelle buée qui soit cette nuit à encore et jusqu’à. Lac d’un sein pour le sommeil miroir. Se lisser le sang  [...]

- Écaille de tortue
La marée d’un visage au raz des fleurs de jour. C’est à elle que s’adresse l’arrosoir de l’être à ce parterre de hanche qui dispense son ombre. Elle  [...]

- La chambre
La chambre est pleine de ce continent de voir partout la surface et son vagabondage et son effacement. Le bec-de-lièvre du lit où nous fûmes mal  [...]

- Une beauté nue à monter (tentative de description d'un tableau imaginaire)
Sa hanche montre le chambranle de la porte montée sur les gonds métalliques de l’air. Ses cuisses exhibent les livres de la chambre et le bistre  [...]

- Devant la tinette
Avec tant de membres donc de prises possibles se voir est énorme. Et si minuscule pourtant sphénisque manchot et sans jambes fait des moulinets et  [...]

- Une inspiration
Une hirondelle est écrasée sur la chaussée comme sur la toile d’un tableau. Les gens qui circulent regardent ce fouillis de plumes et de chair en  [...]

- Vos dehors
La somme de tout ce que l’on ignore et pourtant que l’on devine à travers les paroles venues de votre bouche sont les murs et le papier que l’on  [...]

- On imagine une dame-jardin intérieure
Un jardin intérieur avec dame. Aux pieds de la dame éclabousse un clavier dans la mare. Feuille pierre ciseau et des arbres qui flanchent de petits  [...]

- Quoi faire ce matin
De petites pagodes de choses défilent dans leur cadran. La fine porcelaine du temps promène ses éléphants dans les pièces où vadrouille le chien plein  [...]

- Portrait dans la vitre 1
Le monde s’ouvre c’est
la vague horizontale sur la voix
dans la chambre avec ses portes qui s’ouvrent
les arbres qui grincent
la chaise appuyée  [...]

- Portrait dans la vitre 2
Les arbres se taisent dans la vitre
la tête cherche un visage
dans le bruit des moteurs des voitures
on attend que les pas résonnent  [...]

- Portrait dans la vitre 3
Empoignant
le poignet musculeux et sournoisement soi
d’un nuage
on attrape la vitre qui vibre au collet
on  [...]

- De la contemplation d'un moteur
Des gants d’entrelacs guettent des doigts éblouis par la description des distincts éléments de ce moteur à explosion de la feuille où la vitesse  [...]

- Pas un nuage
Le plectre d’un nuage fait sonner la vitre toute transparence bue et jusque dans la chambre. Une lenteur de fève y rôde féérique et qui promet bien  [...]

- Inquiétude
Dans la chambre attente à l’horizon qu’arrive quelque chose. Une énormité pâle et pleine de son stock de vieux débris d’idées de vieux ragots et de  [...]

- Petite poésie du faucon
Exigence qu’un cœur soit rouge
intérieur de colombe écrasée
fraise en beauté
pour que soit monté haut
le hangar empenné
de l’œil vif du faucon  [...]

- Petite poésie du faucon bis
Encore
ce petit faucon
sa couleur de missive
en attente de noir
afin de prendre vol
le bourgeon de ses serres
accroche l’encrier
de sa  [...]

- Quelqu'un commente le portrait du poète
On peut le voir plein une charrette en face se déménager. Impossible de dire plus correctement qu’il lève son propre siège. Les vieux yeux-instruments  [...]

- Décidément les portes hantent le clavier
La porte ça se pousse ou se tire. Est action. S’entrebâille pour y entrevoir un quelconque Pérou. Est forêt dans un lac hagard comme un poignet. Un  [...]

- Dans des draps de première
Première chose à faire est le lit. Celui du livre. La ligne étendue il suffit de la tendre afin de prendre mot. Se pointer en minceur-noirceur de  [...]

- J'attends le miracle
Je le chasse comme on pourrait dire je le traque afin de le chasser d’ici de l’expulser. Quand je le chasse il se chasse lui-même ou plutôt se  [...]

- La porte qui s'ouvre
La femme ouvre la porte et sort porte fermée. La porte reste seule et c’est la femme. La porte est le seuil de la femme qui s’est refermée. La porte  [...]

- À propos de porte
La porte que nous sommes est aussi
ce fleuve jaune où vont les caïmans féroces
et où stagnent les algues délétères des songes
non réalisés
la  [...]

- Liberté de nos prisons
Nos prisons se dégrafent toute gorge nue. Et à l’emporte pièce du regard qui prend les barreaux déguerpis de plein fouet. La beauté qui se fait la  [...]

- Propos à partir d'une fleur
La faim vient d’une fleur ou d’un radis vulgaire comme les prophètes. Un chou-fleur est un petit enfant arraché à sa mère est aussi une rose. Que  [...]

- Le jour du seigneur
Les voitures se garent.
c’est Dimanche
le jour du seigneur.
Le parking est rempli
d’âmes mortes.
Un chien deux chiens près de  [...]

- Description des pas et propos sur
Le pas des roses celui des chardons
celui des draps plus violents que des mots
le pas des fourmiliers de la sainte parole
à galoches de bois  [...]

- Portrait du voisin et sa voisine
Pendant que je me parle à moi-même une femme à la fenêtre d’en face me tient la jambe avec la sienne follement bavarde. Elle plante du basilic dans un  [...]

- Le mollet du temps qui passe vu à travers les paons de cretonne de mes rideaux
Une fillette patine le trottoir avec de petits coups de pied au cul mal lavé de l’histoire. Je la suis des yeux jusqu’à l’effilochure du ciel de  [...]

- Propos sur l'utilisation d'un mot connoté
J’appelle âme ce piège à perdrix cette antenne : la tête. Une radio carnée. Un radar chair et sang. Âme est cette machine qui écrit ce moi qui peut  [...]

- Au hasard Lazare
S’égare puis se retrouve et se rameute. En plein dans son vécu se perd. Comble les entrepôts du vide qu’il déserte. Se regroupe et rue. Puis se perd à  [...]

- Représentations
La ville est à califourchon sur elle-même. Agences de voyages et coffres-forts neufs. Huitres à la douzaine. Les cloportes fermés s’entrebâillent  [...]

- Pentecôte
Il écarta la chaise et sortit. Le nuage s’ouvrit. Une porte grinça quelque part. La narine du jour eut un reniflement lucide comme un pli de  [...]

- La prose
L’ours bondit blanc sur sa banquise où sa langue s’efface. La banquise et ses ciseaux de larmes qui sont de la joie sont un oreiller froid féroce de  [...]

- Le point d'interrogation
à Michel Huguet
C’est un arbre dans le fond cette proposition. Il faut s’approcher d’elle autant que (pas possible). Et c’est un point discret qui  [...]

- Portrait du vent
Le vent est un jardin qui effeuille l’utopie charnue des roses et dérange ce qui se tient une fois pour toute à l’ombre des statues. C’est le lac  [...]

- Propos avec oiseaux
On ne se réfère qu’aux oiseaux
de ses pas sur la terre
on ne se désaltère qu’en de vastes jarres
de fragilité
où sonne une eau violente et  [...]

- Propos avec girafe
Girafe la hauteur des feuilles du sommet de l’arbre
où la vue s’efforce vers le zoo faramineux du mouvement
du feuillage en entier
où ronfle  [...]

- Une conjonction
Devant la vitrine de confection s’arrête une femme. Au dessus au fronton de la boutique on lit : « La femme moderne ». La femme regarde et devient si  [...]

- Un tableau à accrocher
Un regard bolide exténué plus vite encore et la suite. Le morceau de quoi qui tombe de ceci qui est et puis n’est plus. La vitre désossée du  [...]

- Ce fauteuil-pivot
On regarde le linge qui bouge à la fenêtre. La bosse du vent habite une chemise qui est un fantôme. On entend les voix qui sont les bicyclettes de  [...]

- La rue expose le portrait de son photographe
La rue promène son caniveau comme un basset. Des femmes passent dans la nuit plausible du jour et sur son tableau de bord qu’elles parfument de  [...]

- Le réveil du petit vieux au printemps
En arrêt contre un arbre au sommaire du temps. Une boussole affole l’œil qui crève au loin. On dirait l’aube chosifiée dans une étole : un presque-rien  [...]

- Poème à propos d'un nuage
Froide racine en l’air//
énorme jouet de l’espace : le Crystal Palace
résultat final d’un processus poétique
dirait Melville //
un nuage donc  [...]

- Poème à propos des choses dont parle le poème
Chaque moment du poème ? est
prophétie de ce qui va continuer le
poème ?
et ce que les choses vont devenir
au fur et à mesure que
l’on va  [...]

- Poème à propos de beauté
Le bel après-midi est une branche basse
que l’on peut toucher et puis faire fléchir
pour cueillir les fruits du temps tout hérissé
d’une pièce à  [...]

- Poème à propos du poème
C’est de beauté qu’il s’agit
de miracles pour aboutir à plus simple appareil
en natation de rêves pour l’après midi
travail de nain titan comme on  [...]

- À propos des champs magnétiques
Les deux amis bois et charbons sont nos amis. Et c’est la fin de tout à travers champs. Aujourd’hui le charbon est sur nos étagères qui sont nos  [...]

- Portrait de l'info à l'encre noire
Les écrans de l’information sont l’info en images leur espace substrat. Et les informations y sèchent se recouvrent d’autres sédiments d’autres sanies  [...]

- Promenade au phare
Il faut descendre bas pour arriver au haut du phare avec la tête pleine de guetteurs pense celui qui se commande des « amers » en scrutant  [...]

- En joue feu ! voici l'éclipse dit monsieur B
B va dans letaillis cagoulé de sa table pour épauler son fusil à crosse de perdrix. B appelle les mots des perdrix à cause de leur envol pesant. Le  [...]

- Didascalies d'une pièce qui se jouera ce jour
L’arrivée intempestive d’une pensée arracheuse de dents et c’est un coudoiement qui commence. Un lierre carrossable passe en coup de vent avec son  [...]

- Exercice de fraîcheur métaphysique
Les mots lui nouent autour de la taille le grand tablier de la vie. Ses mains touchent ses mains avec les gants de la vie pour les plonger  [...]

- Le mot pourpre
Pourpre pense lèvres et rideau du théâtre. Et répliques soudain sur le radeau-plancher qui va follement. Pourpre comme la toge-sang le doigt des  [...]

- Celui qui se lève sans penser à rien
Il pose la main sur une phrase tirée d’une coupure du jour. Caresse le mollet d’un souvenir présent dans l’ourlet du cadran. S’adosse à la croisée de  [...]

- Trois petites chansons sérieuses pour pipeau
1
Sept petites merdes
d’oiseaux
sur la chaussée
blanches
comme les dents
d’une femme
qui sourit
pourquoi sept
et pas huit
on ne  [...]

- Prévisions météorologiques et celles des écrans
Les écrans nous affirment que le temps est gris. Qu’hier il faisait beau grâce à l’anticyclone et que les jours rallongent. Aujourd’hui les écrans  [...]

- Patates
On n’est jamais certain d’être au monde même si on le dévore à pleines dents. On dévore le monde ou on le grignote en chipotant. Ce qui est certain  [...]

- Le Rondibé
Mon père m’appelait souvent son Rondibé. J’ai toujours pris ce nom pour une marque paternelle d’affection. Rondibé fait penser à un chat plus botté  [...]

- Portrait d'un artiste
Apparait en premier le chapeau. Puis le vase apparait de la question suivante. C’est comme un personnage en papier goudronné et la corbeille à pain  [...]

- Sur une gravure de Piranèse
Piranèse ouvre le guichet de la prison. Quel chalet ! Quel mirage ! Les portes se récusent les pilastres flambent les poutrelles montrent leur  [...]

- Entre les coudes 4
Les rideaux jouent devant les arbres de l’école
en face et misent gros entre l’ombre et le jour
qu’entre eux passe l’enjeu d’un éclat de lumière  [...]

- Entre les coudes 3
La chambre habite un vestiaire
plein de robes à dégrafer comme la porte
ou une queue d’orage avec éclairs
et le lierre à attacher au mur et les  [...]

- Entre les coudes 2
La pensée s’embellit de minuscules algues
de vivacité et du charnu des ombres
où les fleurs se reposent dans le rocking-chair
du regard qui  [...]

- Entre les coudes 1
Écrire au bord des roses et des charniers
et des chimères de l’utile
entre les coudes le visage s’aperçoit
la fenêtre s’expose il faut poser des  [...]

- La ville accueille le printemps
Le printemps est la saison pleine de processus au somptueux tympanon. Le götterdämmerung est confié aux hypothèses d’arbres en bourgeons. La nappe est  [...]

- Un portrait à ne pas conserver
La forme de l’huile est le smoking de l’art dit un peintre entendu en rêve. Peut-on peindre un rêve surtout en paroles ? Ce peintre tenait un long  [...]

- Un court extrait d'un monologue abandonné
« Je regarde au dessous la lumière et contemple sa toison nocturne de bélier transi. C’est le masque de carnaval de mon ombre sur son char qui file  [...]

- Chasser sur son propre seuil ou de sa fenêtre avant le petit déjeuner
Chasseur au seuil avec un grand vent secouant une grue de métal. Feuilles prêtes à intervenir sur les arbres parmi les menaces qu’on sent. Préférer  [...]

- Poisson d'Avril
Ces marmailles de voix dans l’air mi figue mi raisin dans un arbre plus nu que visible épilent le cul du ciel poissonneux d’Avril où rentre en  [...]

- Poésie et vent
Le vent se recommande à vous qui passez. Sa force est délicate malgré sa brutale injonction d’imiter sa bonne dépression. Soyez le messager diligent  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 9
(se voit galoper dans la blancheur)
Se came à la cavale Éléate
un orage dansant secoue ses cotillons
là où le boqueteau devient haie et son saut  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 8
  ( la grosse chaussure rouge du cirque et sa trompe d’éléphant)
Les lettres filent une toile d’hôte
et c’est sous le chapiteau comme un  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 7
  (la bonne tablée la bonne coupe les bonnes baies) 
Graals minuscules dans le fouillis des haies
on traine le caddy des  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 6
(campagne pour les animaux)
 
 Plutarque des animaux
l’ondée persistante de l’âme dit
l’oiseleur dans le nid de sa préférence
et de  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 5
  (encore un profil de fenêtre tranchant)
Beauté des complots de ce coté
les souliers éculés du sol laissent le merle
prendre le relais dans  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 4
(les machines sont toujours accompagnées)
Pleine de fusées------la tête
avec le sceptre de l’herbe sous
la rosée maladroite de l’œil  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 3
(contrée pleine de petites croix)
Catastrophes et les pattes de lion de
vibratiles contorsions d’Ecce Homo
de belles armures toutes neuves  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 2
(rien qu’un paysage de fortune) 
Pierres toutes neuves de pluie
au logis d’un genou banquette un lézard  [...]

- Neuf tuiles tombées d'un temple en ruines 1
(il se réveilla un matin)
Et les pattes de scarabées et
de plus loin que cette carapace les choses ce qui voyage
et le bout du compte  [...]

- Monsieur
Respiration dans la chambre sur l’axe du blanc où tremblent les vieux os terrestres. Monsieur fait un bruit de timbre-poste et de portière.  [...]

- Les sanies du printemps débouleront des arbres
Un enfant de la petite horde est passé. Sa saleté lui va comme un vêtement d’empereur. Mais c’est sa peau non un manteau qu’arbore l’enfant. Il passe  [...]

- Une Amérique à soi
Si j’écrivais un opéra pensai-je un tout petit opéra. Un opéra chanté mezzo voce avec des clarinettes et de bruyants tambours en peau d’hypotypose. Un  [...]

- La césure accomplie
Les mégots de la mort d’Anne-Marie Albiach m’ont visité cette nuit. Elle était notre amie à Francine et à moi. Sa mort m’est arrivée avec la parution de  [...]

- Bientôt le printemps
Le mal vicinal à l’entour. L’hiver d’ongles des heures dans les portes. Un sac de gravité spatiale bouge bras et jambes. Remue le dedans. C’est sa  [...]

- Chaise-lac de brouillard
Il aime le brouillard de penser aux museaux humides des rongeurs facétieux de la langue. Ces frôlements d’iguanes rugueux et câlins comme une épingle  [...]

- Pavillon haut
Cette poussière est soulevée par un vent qui dresse pavillon dans les allées où le sceptre des pas est ce soulèvement. Pavillon arborant l’œil borgne  [...]

- Comtesse aux pieds nus
Une petite évidence à tête grise a roulé sous le lit. Peut-être un orteil de la réalité. Le pied de la pensée pense shooter dans quelque chose et c’est  [...]

- Revisiter Anaximène
Au portemanteau c’est une étoile qui pend
un châle qui peut être la route de la soie
une pensée en fleur
il faut planter une fenêtre dans le  [...]

- Des compressions de Valérie Constantin et de la stupéfaction d'un visiteur de l'exposition où elle les exposait
Les « Compressions » de Valérie Constantin mettent l’espace à l’épreuve du point d’où il s’est déployé. Elles en montrent le fruit jusqu’à saturation par  [...]

- Portrait de l'écrivain en virus
Je me sens un virus qui cherche un hôte en écrivant mes via del tren subterraneo es peligrosa. De même ce moi qui est et qui se sent virus et qui  [...]

- Poésie et pluie
Pluie et pluie et pluie
les miroirs sont brouillés entre les doigts
des reflets ternes
comme des larmes pour rien
et l’arbre qui se penche  [...]

- Être entre ses coudes
Ne pas faire toujours et à propos de tout
une montagne de ce qui arrive
alors que la feuille se donne entre les coudes
comme une vierge avec  [...]

- Portrait de dos vu de face
Il assiste à son mur et gigote des doigts. Je le regarde faire on dirait qu’il picole et tète la grande ourse. Son chapeau est sans suite mais il a  [...]

- La ville est un film
Lu dans le journal. Un attentat et une marque nouvelle d’engin musical pour les malentendants. La prolifération de virus très actifs diffusés par  [...]

- À propos du « livre de la jungle »
J’ai toujours trouvé « Le livre de la jungle » un livre mal foutu difficile et génial. C’est toi qu’es mal foutu dit Baloo va devant. Ne t’écarte pas  [...]

- De long en large
Parfois j’erre dans l’appartement d’une pièce à une autre contrée où les horloges font fuir les perdrix des minutes. C’est de bond en bond que je vais  [...]

- Le tarot de l'âme
Le mauvais cheval du Phèdre de Platon regarde par le bas comme s’il écrivait. Le bon cheval regarde où mène sa droiture sa statue équestre. Soudés par  [...]

- Un chien arrose mon anniversaire (21 Février)
Des visages fossoyés par les écrans circulent dans la rue à la couleur des murs. On entend les cartons de la peur s’abattre sur les portes. C’est une  [...]

- L'Arrivée du printemps
Des portillons fleurissent dans la chambre et les appuis des murs qui papillonnent. Toute une rame possible à noircir de petits instants morts. Le  [...]

- Un attroupement autour de quelque chose ou de quelqu'un
Quelque chose est couché à terre. Ou peut-être quelqu’un et un attroupement. C’est qu’il se passe quelque chose de réel sur la chaussée. L’accident  [...]

- Pris les doigts dans le clavier
Mains actives dans la gueule ouverte du clavier goulu. Mains pleines de ces sens touillés et renommés par d’autres chatouillis stimuli sémiotiques.  [...]

- L'enseigne
Ici on répare les prophéties indique une enseigne. Ici on fabrique aussi des prophéties me dit le petit monsieur derrière sa machine à son comptoir.  [...]

- Hiver et hiver
Bleu gris ce matin dit un corbeau sur le toit. La rue répond par ses portes sans borne. L’hiver comme un chien ronge son os de seiche. Un ours perd  [...]

- Le monde et sa bicyclette
Il ne reste plus de cette bicyclette qu’une seule roue. On a sûrement volé le reste de la bicyclette en question. La roue restante était attachée  [...]

- Le tombeau de Tantale et l'or des Hespérides
Sur les bolides de la peau tout neufs de genoux affolés se conjuguent des doigts mal famés. Où dort le cerf-volant des entrées du non-sens grince le  [...]

- Nous avons bavardé et porté un toast ce jour-là
Comme de traverser le cadastre de votre pensée la plus secrète que déjà quelque chose se penche avec cette attention que vous savez porter sur ce qui  [...]

- On vide son cendrier
Ma muse est très lointaine et cependant si proche
de ce cendrier qui se vide sans s’être rempli
elle est fauve et peut-être griffue comme un  [...]

- L'aster
Lourd au sol dans le pied du monument. Dans le plus au sol du monument. Assis sur l’orteil lourd du monument. Autant dedans. Plus pierre plus  [...]

- La Ville
J’aime les villes surtout leurs endroits intimes. Folles d’elles-mêmes et pleines de mystérieuses démangeaisons. Les villes sont toujours des putains  [...]

- En attendant les nouvelles un corps se lève
Quoi dire quoi faire ? La chambre est encombrée de questions de ce genre. Attendre la venue de soi en quelque sorte pour répondre à quoi ? Rien  [...]

- Se voit galoper dans un bleu
Dans la chambre l’armoire jette des cailloux sur le lac bien plié d’un jeans au bleu passé. Et l’agression superbe de cette lessive qui est vous en  [...]

- Théâtre les mots la parole
C’est de cela qu’il s’agit de cela seul et de rien d’autre. Et la parole couvre la voix qui s’étire et touche son gazon. S’imprime dans les choses et  [...]

- La prière d'une vieille dame
Elle pleure à vue. Devant les échafaudages de sa vie où est resté un marteau. Entre ses doigts ce vide avec des broderies. La fenêtre est sa ride la  [...]

- Rue
La grande aile cassée de la chaussée est la profondeur de la chaussée. Un journal pris de vent frôle le caniveau. Les femmes qui passent sont des  [...]

- Petit bilan d'un écrivain public resté mauvais élève
J’ai peu marché dans des ruines. Peu décrassé de fantômes. J’écrivais à de vieux discours leur enfilant les chaussettes bigarrées de l’enfance. Je leur  [...]

- On lèche les murs pendant que le fleuriste ouvre boutique
À l’appel de la réclame on suit une autre piste. La rue est inchangée elle est dans son placard comme la naphtaline. Les pas sont comptés par le  [...]

- Tête
Tête pleine de choses. Ce sont des pensées montagnes lacs et des épaules nues. Lointaines si proches la tête en est pleine de ces lointains qui  [...]

- Machine de guerre
Le prix perdu sur le trottoir « Premier livre de lectures » étonne par son pluriel comme ayant trait à de différentes enfances. Le rouge glorieux et le  [...]

- Pensez à votre retraite
Sur le mur cette affiche tape à l’œil avec des caractères d’écriteau. Manière de frôler le vide plein de signes. Des visages regardent sans se  [...]

- La boue son image et comme on fait son lit
Elle dit que la boue est son daïmon. Elle aime patauger dans cette exquisité gluante et absorbante. Elle sent sous ses pieds l’idée fondante d’elle.  [...]

- Noël du 25 décembre 2014
pour Corinne et Dino Belhocine
C’est le jour de Noël où les crèches sont chères et où l’âne de Buridan a pour comparse un bof. Les écrans mettront les  [...]

- Perce-neige
J’attends de m’entretenir avec une plante ou une roue de vélo pour répondre à la question ayant trait à la réalité. La poésie est d’abord s’entretenir  [...]

- Questions posées à l'écriture
Est-il bien tombé dans le puits de son corps ? Se pose la question chaque jour chaque soir. Se poser la question est son corps. Apporte sa pierre  [...]

- Non pas l'image dans le tapis mais celle du tapis qui est dans ma chambre
Le tapis de Henry James est tout réjoui ce matin. Il a les orteils plus ouverts. Ses franges vont plus loin que ses bords en volant. Il bouge  [...]

- Le flâneur en ville
Le flâneur dans la ville se voit dans la vitrine où trône le slogan sur la marchandise. Son sourire en attente partage le sort de cette marchandise.  [...]

- Renversante la chaise où on s'assied pour écrire et répandre son encre
Parfois on renverse une chaise sur la table comme un bol à ras bord. D’anciens chemins suspendus se répandent et forment un pont. On traverse ce  [...]

- Vers un Noël goulu
Ciel blanc papier et nuages. Corbeaux de cheveux bruns dans la tourmente fine de la pluie qui vont à pas menus. Le temps fuit goutte à goutte. Les  [...]

- Nature morte de la vie
Les choses méditent sur leur esthétique et leur mûrissement dans les recoins les plus sinon reculés du moins pudiquement retirés des lieux où se  [...]

- On écrit un paysage entrevu dans un os de sèche posé entre les barreaux d'une cage
Os blancs et abois blancs. Ciel osseux. C’est l’aube ce carquois du coude qui frôle un sol crayeux. L’os de sèche où picore un bec atermoyé s’accroche  [...]

- C'est une voix forte qui fait démarrer la journée
La roue dentée d’une voix entendue dans la rue met le moteur de la fenêtre en route. Arbres de la santé du jour dans un larynx mis vite à démarrer à  [...]

- Lâcher d'une cuisse dans l'outre-monde en ruine
Sortilège du sort aux environs de la marge qu’un saut de biche vous fait franchir. Tant que votre volonté s’affaiblit votre regard fixe la cuisse de  [...]

- 14 Novembre 2014
Regarde les écrans comme on observe l’espace
un corps retrouvé dans la Seine d’autres mitraillés
des immeubles éventrés du sang dans les ruisseaux  [...]

- Les machines spirituelles
Des machines très belles avec de jolis yeux comme des roues dentées. Des fleurs avec des parapets aux jambes de fillettes. Un énorme regard d’où  [...]

- Un vieil amour tient quelqu'un par la main
Elle prend la main de quelqu’un et regarde pour lui l’horizon. Lui est assis sur le talus pour contempler la chute du lointain qui vient. Il peut  [...]

- Assis sur un banc de la place et une apparition
Un arbre entre dans le silence avec son poids de feuilles lentes et bruissantes lancées sur le sol et tire sur sa grille. La dalle mouillée de sa  [...]

- Portrait du fouilleur de petits coins pour trouver de vastes espaces
De vastes steppes s’étendent dans les tout petits coins et derrière les meubles d’angles de la langue. Des infinis aux museaux longs et chauds  [...]

- Le mot « Mort » et son pourcentage en cacao
Le mot mort passe ici allez savoir pourquoi sur la page. Passe par la langue saturée du cacao à 80 pour cent de la vie. Les 100 pour cent seraient  [...]

- Usagers des bus
A l’arrêt d’autobus les jeunes attendent la vieillesse. Que vienne le lombric de la vieillesse. La station est un bord de tombe ou les vieux matent  [...]

- Les machines spirituelles
Des machines très belles avec de jolis yeux comme des roues dentées. Des fleurs avec des parapets aux jambes de fillettes. Un énorme regard d’où  [...]

- Un vieil amour tient quelqu'un par la main
Elle prend la main de quelqu’un et regarde pour lui l’horizon. Lui est assis sur le talus pour contempler la chute du lointain qui vient. Il peut  [...]

- Assis sur un banc de la place et une apparition
Un arbre entre dans le silence avec son poids de feuilles lentes et bruissantes lancées sur le sol et tire sur sa grille. La dalle mouillée de sa  [...]

- Portrait du fouilleur de petits coins pour trouver de vastes espaces
De vastes steppes s’étendent dans les tout petits coins et derrière les meubles d’angles de la langue. Des infinis aux museaux longs et chauds  [...]

- Mécanisme d'un nu
Vitesse de la nudité et la cascade du regard tout se déboule à mort. C’est beauté ce précipité cette allure en coupons. Des détails qui n’existent pas  [...]

- Deux petits « à la ligne » pour portraiturer une horloge
Parfois l’horloge suit la journée comme un chien
du salon à la chambre où on attendait l’heure
de la séparation ou de l’euthanasie
du chien ou  [...]

- Le mot Banal
Lorsque j’écris : un Arbre un Banc un Lac un Seau je ne sais pas vraiment ce que j’écris. Les mots disent les mots. On ne sait pas ce que disent les  [...]

- N'importe quoi plutôt que ce gris
Le temps est gris et borde le ciel jusqu’aux oreilles. Les nuages sont lourds et les arbres muets. L’hiver ma bonne dame est une porte close dit le  [...]

- Le siège est déjà pris
En cavale et allez donc. Cherche où aller. Mais il y est déjà et pose devant soi. La chaise est déjà prise par un autre soi qui met les bouchées  [...]

- Cris d'enfants de la maternelle d'en face
Les cris d’enfants du jour dessinent la marelle de la maternelle sur la page qui pousse du pied le palet vers un ciel à moitié. L’enfance ses notes  [...]

- Chaise de l'écrivain
Revenons donc aux chaises. Celles d’où l’on écrit tous les déplacements dans un corps de foule circulant partout. Revenons à ce centre posé sur des  [...]

- Que voit-il sur le seuil de lui-même et partout
Il regarde et se tient sur le seuil. Quel seuil ? Il regarde l’avion du ciel qui passe dans du blanc. Une prairie bourdonne au loin. Ou c’est un  [...]

- Rond de serviette
Rien à dire dit-il. Rien. Rien donc se plante devant la commode qui s’en fait un enduit. L’os las du matin se cogne à son radoub forcé. Songe où le  [...]

- Portrait d'une fenêtre à la première personne
Je regarde à la fenêtre où mon haleine dessine un nuage au bout de mon doigt. Il y a un enfant sur un engin avec des roues et un dieu qui cherche sa  [...]

- Photographie en gros
Un petit d’éléphant traverse l’horizon ou c’est une flûte ou plutôt un enfant qui dort c’est une phrase. Il est à constater qu’écrire un texte est se  [...]

- Quel beau spectacle mais quel beau spectacle
L’état au nom le plus flottant dans l’eau saumâtre des écrans ses vieilles tartines tatouées portes ouvertes sur plaie Mr Loyal. Sortir du studio  [...]

- Tombouctoutou ou les gencives sans dents
J’ai relu Tombouctou de Paul Auster et j’ai pensé qu’une partie de mon plaisir à la lecture de ce livre est due évidemment à sa qualité poétique  [...]

- La fin d'un rêve trivialement conté
Un nuage s’étale dans la chambre
comme un tapis persan
une forêt profonde comme un bol tibétain
ou celle de la fille rêvée cette nuit
qui  [...]

- Le petit vélo rose avec à l'arrière une fillette en rose
Le vélo moteur est tout rose de la fillette assise à l’arrière dans un panier heureux de tout ce rose-fille et de ses jambes roses. Les roues roses  [...]

- Raconter ses beaux jours c'est les réinventer
Des beaux jours on se souvient. On les invente comme une autre incarnation. C’est aujourd’hui. Ou d’acheter un livre aujourd’hui dans une librairie  [...]

- Une réunion interrompue entre amis
La porte que nous sommes et la baie d’où personne ne regarde sans voir autre chose. Il y a des fleurs sur la pensée d’avoir à les arroser de temps en  [...]

- Portrait de l'auteur en coroner
Je vais vous raconter une histoire de cadavre. Un mort sans os sans radiotélescope un silence momie à la corde. Au but et sans bavure est le récit  [...]

- Échange de sourires
Dans la rue un visage jeune regarde un visage vieux et sourit. Ce sourire est gentil sympathique et charmant. Ce visage est beauté est celui d’une  [...]

- Minuscule roman
Monsieur se prend en filature entre ses omoplates. Celles de celle qu’il se prend en filature. Qui est tout et qui fait les questions et réponses  [...]

- Une petite catastrophe épigénique
Avoir des fleurs dans les mains. Dans les jardins dont les arbres se tenaient comme je sur la place. Écoutant le bouquet tout entier. On aurait  [...]

- Portrait du moi qui se voit dans l'armoire à glace de la chambre
Je me dis le miroir la glace de l’armoire et c’est un personnage le lit. La chambre est la parole qui la meuble et moi un récit. Mes propres  [...]

- La marche est une auberge
Descend la route de ses chaussures et les arbres de ses pas remplissent la forêt de sa tête. Des ponts émacient l’imbu qui se délite en lui et sa  [...]

- Portrait d'une vieille dame en parapluie
La vieille dame tient son parapluie qui tient la dame c’est le ciel il pleut. Le ciel tient la dame qui tient en échec la pluie qui tient son  [...]

- Propos ruminants en campagne avec portrait de Muse
Reste à entasser tout ce foin qui invite à la table et à en cramer l’omnipotence. O l’outrecuidance de cette prairie tout en herbe ! En avons  [...]

- Petit déjeuner
Bien sûr ce sera encore à coté. La table est bien dressée cependant et le ciel bien en place avec ses grandes pinces frôlant les antennes de la ville.  [...]

- Qui est l'inverse du désespoir
Le tout serait d’ouvrir toutes les parenthèses conseille la haie de la célérité. Apothéose garantie serait le dossier des pièces en attente. Un dôme de  [...]

- Toujours là Depuis-ce-temps est incommunicable
à Charles Klein
Assis sur un banc avec son petit brin de soleil à regarder les cygnes sur le lac. Depuis toujours devant le lac où il était assis  [...]

- 22 Février 2014
A séché hier son propre anniversaire. N’a rien écrit sur son anniversaire. Donc pas d’anniversaire écrit hier. Donc n’est pas né hier. Il dit parfois  [...]

- Arbre qui cache la forêt de quoi
Avant tout cet arbre ment à la phrase qui se prépare et à cette idée que vous vous faisiez d’une forêt plus abstraite ou moins impénétrable que la  [...]

- Portrait d'un papier peint
Elle est assise à sa fenêtre. Est la fenêtre ouverte au ciel. Ses mains caressent de jolis désastres sur ses accoudoirs. Se soulèvent parfois de  [...]

- En venir aux mains
Les mains que font les pages. Feuillage tendu d’oiseaux. Pagination de ruines folles et crûment gantées de tant d’idylles. Ces chers monuments  [...]

- Le vrai oiseau
Le vrai oiseau celui qui est pour nous l’instant notre oiseau est celui qui nous dit je biche ou merdouille ou cucul. C’est l’oiseau-nous perché qui  [...]

- Ne pas hésiter à s'faire casser le pont
« Te casse l’aqueduc mon bijou ! » Entendue en rêve cette phrase indue. À ne pas relever ici. Est incongrue. Heureusement encore que pas viaduc où  [...]

- Crottes de biques et tremblements
Tous les petits chaos font un collier. Sont un cercle vicieux de chambres minuscules. En pelotes qu’on cherche sous son matelas où sa vieille  [...]

- Après la lettre de Lord Chandos
Le fameux arrosoir à coté du fameux râteau et le chien qui dit le soleil et inversement sont le champ dont parlent l’un et l’autre. Le râteau fait  [...]

- Âme sur canapé
Entre deux vieux géants sur canapé est nue. Sa langue enlacée à celle d’un. L’autre sa main qui touche à tout partout puis exige la langue à son tour.  [...]

- L'argument de la pièce est de le chercher c'est la pièce
Quelqu’un est assis c’est la fiction possible qui observe le récit de loin. Qui attend le récit. C’est un commencement de récit ce quelqu’un qui  [...]

- Bof !! la poésie
Les vaches communiquent. On entend les clarines sous leur goitre. L’enfant de sa vieillesse à la main il écoute la panse du jour qui rumine. Elle  [...]

- Éjaculation c'est l'âme de la phrase
Quand elle dit le mot homme un homme sort de sa bouche. Quand il dit le mot femme une femme sort de sa bouche. Quand ils disent homme ou femme  [...]

- Comment dire un tableau de Willem de Kooning ?
De Kooning a peint une femme les jambes ouvertes. Il a intitulé son tableau : Femme sur la dune. Il a mis la couleur du sang sur la dune. Le  [...]

- Tous ces je qui je
Un morceau de je dans un motif du tapis éternue comme un timbre poste avant la lettre. Un morceau de sans corps dans la chambre est de l’air et par  [...]

- La tête dans l'autruche
Paul descend de son piédestal et racle ses chaussures sur le paillasson. Il regarde au lointain ce sont des fleurs lointaines ou des cornes de  [...]

- La peau pensée sans boulons par-dessus les moulins
Mûrement pensée celle-ci s’est raidie. Est devenue comique et sans rire. Est devenue plus morte qu’un balai. Un balai sans balai à son extrémité. Un  [...]

- Le fameux bonnet sur la tête écrivant
Sa main dans mon oreille et le braiement du lit. Se mettre à table basse ou pas assez de sel sur cette langue qui lèche ses plis par défaut. Son  [...]

- Un récit sans histoire ou inversement
Un sac au pied de l’arbre plein de bruissements. On dirait les formes brouillées d’un visage ce sac un nuage. Quelqu’un ouvre le sac et le visage se  [...]

- Réponse de l'hiver
Madame Ilse se lève et hors de son lieu de ses draps de son propre sommeil qui se change en tortue derrière elle est en croupe sur son héroïne.  [...]

- L'idée s'est cassée comme un beau vase étrusque
Accoudé à la poussière des morts il se repait des odeurs de Byzance. Fait un rot furtif d’une idée macaron dans un orteil d’écume. Alma Venus, caeli  [...]

- Le journal dans le caniveau
Le fait parait prouvé par cette tache noire au bout de ce doigt blanc. Rien que ce froid majuscule et la neige qui glace dehors nos piétonnes  [...]

- Aux informations le visage d'Anticyclone
Sur les écrans du temps la fille de la météo fait sortir de ses gonds le réveil sur les choses. Elle est ce qui efface les mauvais coucheurs du  [...]

- Les quand-écrire
Ils frôlent des barbelés comme les amoureux. Une rose est la chute amirale des chutes. Est la définition de la vie quand écrire. Quand voir est  [...]

- Devant la photographie du scribe accroupi du musée du Louvre
Je pourrais par exemple imaginer une colline et y monter. Imaginer que je monte une colline. D’abord on ne monte pas une colline on monte sur. On  [...]

- La dent dure du froid dans le froid
Le froid est ce fruit gris qui pend des choses. Monde familier l’éclat de la commode au ventre dignitaire à ouvrir chaque jour l’éveiller. Ce mois  [...]

- On allait sur la tombe à papa c'est toussaint
Leurs fronts soucieux penchés sous leurs tuiles les toits sur la rue. Des femmes des pots de fleurs c’est toussaint. Quelles chaussures lentes aux  [...]

- Portrait de la chimère
à Juliette Morel
Notre chimère est cet évier de grès l’eau goutte à goutte avec des ailes. Elle est aussi en un métal où pousse le chardon le livre le  [...]

- Tous les matins du monde
Encore sa chaise face à quelque chose qu’il ne verra pas. Il lève la tête c’est en la baissant. Regarde le bas qui est au ras des choses. Ne sont pas  [...]

- Précaution d'emploi
La gorge du lapin est son terrier. Le terrier dans lequel tombe Alice. Dans le terrier qui est la gorge du lapin Alice avale le lapin. Alice est  [...]

- Notes impies (texte d'humeur)
« Un phénomène que j’ai souvent remarqué »dans les notes d’Eliot à propos de « The waste land » n’explique pas la dépression « du coup final de neuf ». Il  [...]

- La réalité vue grâce au jouet de la réalité
La petite fille son chiffonné toutou dans sa main traine un adulte qui est l’asphalte de ses pas. Un chien véritable que tire quelqu’un passe c’est  [...]

- vieux qui se prend en main les pieds dans la mare noire contre un arbre blanc qui est sa barbe
C’est toujours contre un arbre blanc pour s’adosser. Sac aux pieds dans les feuilles qui tombent sur le temps. Vieux dos. Sur lequel dos écrire les  [...]

- Aujourd'hui 15 octobre 2013 nait Zarathoustra
Aujourd’hui naissait Zarathoustra. Aujourd’hui rien que le philosophe de la vraie santé à conquérir. La vraie philosophie. Nait la philosophie. Que  [...]

- Massage l'écriture après le bain et le massage
La formule de l’esprit parlant des femmes est offrande des citations les désirant. Désirant des citations que sont les femmes. Évoquant des miroirs  [...]

- Parfois se relire est qui ?
Parfois on se relit et on ne comprend pas ce qui a pu venir se poser là. Le sens a trop moussé. Ce fut l’éberluement. Que vient faire ceci ou cela  [...]

- Dans la boue du clavier nait Vénus
Tombée dans la boue se relève. Sa jambe s’est changée en béquille de soie qu’elle a perdue. On entend sa cuisse dans la boue qui appelle en se  [...]

- Bâillon sur l'antenne du temps chers corbeaux
Ce qu’on voit dit là-bas les corbeaux sur le mot antenne qui est debout. Ce qu’on voit là qui va passer ne passera peut-être pas. Les corbeaux sont  [...]

- Fonction de la parole
Ce vendredi il endosse ses os ses jarrets et son cul sur sa chaise. Il endosse sa chaise avec la pierre blanche qu’il encorde noire. Il endosse ce  [...]

- L'oiseau du réveil est celui des songes et celui du monde
L’oreiller au facies de débarcadère ou de moribond perd son duvet de sommeil chante l’oiseau d’en-face. Le mur de façade sent le goût du jour qui  [...]

- Information hors écran
Plus loin est déjà là et de plus en plus loin comme ses propres yeux. La machine à écrire de l’air prend la pose et sombre en déplaçant la voix qui se  [...]

- Portrait de la poussière
Explorer sous son lit est écrire et inversement dit-il en se grattant la tête. On trouve un clou rouillé qui retient la poussière et son chignon de  [...]

- Une véritable chanson populaire
Un tracteur au dessus de la colline et en frac le soleil sur son dos. C’est le temps des moissons les plus cruelles pour les ouvriers des  [...]

- Cherche le nom de ce cheveu Bérénice
Elle regarde au loin le récit d’une étoile qui est le récit d’un cheveu sur la langue quand il l’embrassait. L’histoire de ce cheveu brille un baiser  [...]

- Rien d'autre que ce monde
Brutal est ce monde comme un os. Un naufrage aussi beau qu’un monocle sans œil. « Guerre et paix » est pour lui tout sursaut sauf un livre. Le monde  [...]

- Merde mot amoureux
Main dans la main est le paysage. Collines des mains à deux est tout le paysage. On voyait loin tout près dans l’épine et les pas s’approchant  [...]

- Ce monde décidément nous sommes
Jamais un poisson ne se jette du haut d’un pont. La femme de chambre des doigts ne fait aucune phrase hors du monde. Les fleurs ont des naseaux  [...]

- Les planques du présent
Début d’un texte retrouvé : cheval blanc d’une clé perdue et retrouvée. Un spray de bourdon noir. Spinoza et l’éthique d’une annotation devenue  [...]

- Affût heureux affût
Merveilleuse bête. Il pense à celle de Henry James. Même si tu viens trop tard tu es là tapie au plus profond délicieux de ma jungle dit-il. Il la  [...]

- Peut-être dans les arbres ou les arrhes du sens
Arbres au loin rêvent façon de dire de faire une place à danser comme un arbre où prendre la contrée à la taille. Et tournez ! Un vieux regarde un  [...]

- Perdrix inévitablement
Toute envolée de perdrix en ce lieu incendie son Alexandrie pour s’y brûler. S’élève en flamme vers son cri plein de noir de fumée. S’y étouffe en  [...]

- Dans quelles dispositions écrire ? écrit-il
Sage comme cheval ou sans états d’âme comme la table de Mendeleïev. Couleur lézard ou de ce qu’a gobé ou gobera la ligne entre les murs mal bâtis de la  [...]

- Avant l'Écriture
J’attends qu’il me convoque et pose mon premier soupçon sur son hiver ma première parole sinon de bienvenue mais possible accroche pour continuer à  [...]

- L'œil remue sa queue dans le tableau imaginé
L’œil remue le brouillon de sa queue et funambule un sol profond comme du beurre sur son fil à couper le sifflet. Prend la mouche d’envols avec  [...]

- Pour avoir du son
S’ébrouer dans son chardon est une lubie d’âne dit c’est une phrase. Quelqu’un s’ébroue qui voyait mal pour naviguer qui maintenant est le bateau avec  [...]

- Se rase dans la salle de bains en récitant Lucrèce
Se coupe en se rasant : « où as-tu pu fourrer ma crème pour peau sensible vieux Cronide barbu ? Une main féminine te tient par le poil comme elle je  [...]

- Mettant ses fleurs en pot sur son balcon
Mais bien sûr il faut bien vivre. Mettre en pots les fleurs et que le balcon tienne en équilibre sur la feuille plume de paon avec son arme blanche  [...]

- Réveil avec un petit moment de
Où suis-je se réveille la main du matin s’ébroue c’est donc ton frère entend qui se réveille à coté c’est sa main. C’est un matin nouveau du siècle des  [...]

- Quelques souvenirs de lectures
Quelques souvenirs de lecture :
la crotte de nez de Bloom sur un rocher à Sandymount.
le sourire du chat sans son chat devenu son sourire et  [...]

- Au hasard Balthazar
Assis pour la partance et sa navigation. Assis donc et bougeant dans des prairies qui font le grand écart. Sont des couche-toi-là rêvant à des  [...]

- Bourdon sur les bégonias
Que le bourdon au son lugubre est joyeux pensait-il car lui était un tant soit peu joyeux. Disons un petit peu. Allait-il bourdonner lui aussi  [...]

- Le porte-clés à l'œil
Vivace l’esprit et la tisane de mots dans sa tasse et la nappe du jour de café sur la table sa loi. L’os de flanelle de la nuit se déplie comme un  [...]

- Tableau à corriger
à Valérie Constantin
Jument du fruit sur l’arbre et penchant du soleil à forer la tempe stridente des feuilles. C’est une embuscade donc une  [...]

- Palissade de Willem de Kooning huile sur toile 1957
Palissage est de s’écraser comme un fruit mûr. (Corrige palissage qui est un lapsus palissade est le titre). La couleur fond sur lui avec son fond  [...]

- Portrait d'un qui se souvient de l'encre « Pélikan »
D’un beau cuir noir avec fermeture éclair. Poches pour y ranger ce qui de l’extérieur y pénètre ses yeux. Quant à la fermeture elle est toujours ouverte  [...]

- Le merle sur l'antenne (2)
Encore le merle et ses trilles savants parce que sans raison mais dix-mille raisons. Voici le monde que son chant donc regagnée sa parole et  [...]

- Le merle sur l'antenne au petit déjeuner on ferme la radio (1)
Informations encore le monde. La nappe déchire assiettes et repas c’est le couteau et son quadrille ordre du jour. Puisé dans l’Achéron ce machin est  [...]

- Sportives
Il y a ce qui va venir sur le court. Un battement courroucé de clôtures. De douces promesses de gestes à ras et de verte pelouse de langue.  [...]

- Juste au réveil après un rêve qu'on égorge
Imagine un puits et tout autour une cour. Un coq passe la main c’est un gant de toilette et c’est le nouveau jour. Margelle est la fermière ses  [...]

- À propos d'une question sur une opinion
Quelqu’un demande êtes vous de cette opinion à propos d’une opinion que la foule avait déposée là sans ramasser. Êtes-vous celui qui a laissé trainer  [...]

- Portrait de l'artiste en laboureur et son cheval ou bœuf mélancolie en vieux tricot
Tire la charrue de ce bras de cette main à l’horizon creuse l’horizon est le sillon qu’elle appelle de ses vœux qu’elle dit un sourire. Nous étions  [...]

- Lisant sur le mur jeune
Le plus important est-il de rattacher son lacet ou de le laisser dénoué librement ? Jeunesse répond pas trainants les chaussures à peine tenant à  [...]

- « Promontoire » de Rimbaud
Il ne voit rien avant n’a rien vu est en cours. Bien sûr s’il continue alors il entendra. Les sons feront l’image. Arrêté là au large nous laissant en  [...]

- Salue ma grand-mère aux enfers n°11 dit Arlequin à Faust
Le chien de la chambre jappe ce matin et devient un hippopotame et puis un machin tout noir où je m’assieds. Il est tantôt tout blanc puis à nouveau  [...]

- Ce fameux vice impuni ou luxure et lecture
Parmi les livres que j’ai lus enfant outre ceux que j’ai cités déjà sont ceux que je dirais n’avoir pas avoués. Dans le cosy-corner où je dormais enfant  [...]

- À propos foire encore est une histoire
Les deux bras d’une charrette et va vers quelque chose et tire. Au moins le début d’une histoire. Lourdeur de la charge nulle. Et cependant l’ouïe  [...]

- Images de propos venues après le son
Pleins d’arbres travaillent ici dans la chambre. Il entend indistinctement la parole. Elle habite l’en face de toutes les maisons qui sont dans la  [...]

- Ne perdez pas l'épingle
Colossal bavardage d’écrans et le béton parfois pour la colère et la vie sur l’épingle. Au sommet de l’épingle où germe un petit trou rougit la joie  [...]

- Un enfant mange un hot-dog
Ce hot dog annoncé est très opératique dit la bonne faim penchée sur le berceau de la langue. Je compte sur le chien qui guette sa cuisson pour que  [...]

- Machine et ses fonts baptismaux
Il est à ramages ce sont ses rideaux. Il est dans ses ramages sont dans le soleil. Rideau se dit moi s’appelle Rideau. Pourra s’appeler fenêtre ou  [...]

- De la nature des choses
Écoute liquidas avium vocès la voix fluente de Lucrèce et pas celle bien sûr des oiseaux. Dans la chambre nuls chants d’oiseaux mais de Lucrèce le  [...]

- Alice est l'huitre de Lewis Carroll et nous
Un cauchemar annonce le lapin qu’on suit et ce plaisir de le suivre montre en main. C’est Alice et pas le lapin qu’on suit est dans l’herbe-sommeil.  [...]

- On se prépare à recevoir
Rien à signaler que : c’est un nouveau jour. On va donc se signaler au monde une fois de plus. Apprendre du monde des informations comme chaque  [...]

- Il pleut ?
Encore la pluie qui montre son visage de temps mal foutu. Trop réveillée tambourine à la vitre dont la chaine grince dont le puits s’étend. Un âne  [...]

- Portrait en noir bien pensant et battu d'une tête
à Patrick Cintas
Tête nue largement les loques défaites autour de son bol. La pensée lève la patte dedans et bat de l’aile c’est la vitre qui est au  [...]

- Les Buttes-Chaumont la photographie de l'enfant à l'accordéon
Assis sur sa chaise. Penché sur ses mains pleines d’un enfant. Il se regarde vieillir en sautillant dans des allées tartinées de cygnes rassis et au  [...]

- Pouillerie et clac jaillit le poème
Bel animal spatial secoue ses puces sur nous. Les mettre entre deux ongles lisibles pour en exprimer une forme de joie. Pour en extraire un signe  [...]

- La dame de carreaux à clavier
Parle aux arbres qui sont affairés à la terre parle à son feuillage. Épie la cascade des vitres qui sont reflétées par un rire. Une belle occasion la  [...]

- Théâtre complet
à Daniel Mesguich
C’est drôle une pièce qu’on n’écrit pas qu’on n’écrira pas et qui pourtant se joue est jouée. On ne connaît ni l’histoire ni les  [...]

- S'entendre le chant
Préfère les liens à la cire préfère le chant. Écoute le chant sur le vaisseau du chant. S’attache au mât du chant qui fend le fond des vagues les ponts  [...]

- Ouverture du jour
Ouvrir le « Zibaldone » et piocher ci et là. S’agrémenter d’un rare oiseau-pain-perdu sur sa grève et faire son éloge tel Leopardi dans ses œuvres  [...]

- Valise aigle mûr
à Francine
Se tient suspendue une valise noire. Remplie de voix bien mûres comme un porte-clés ou une horloge. C’est un arbre- couvent qui prie  [...]

- Le vieillard se rase
Ai-je perdu ma passion ? se demande un vieillard. Un vent corne ses cartes déjà biseautées par l’âge et les saisons. Les poires discoureuses tombent  [...]

- La journée fausse la journée vraie
Journée délavée. Négatif cerf-volant du sol devenu lourd et risque de tomber. Quelque buse en ciment ingurgite sans vol un whiskey chocolat et fait  [...]

- La poésie c'est quoi ?
« Ma tante-fille » est ce perron accoudé au soleil pâlot. Ma fille dit la tante est une tentative de petits pas. Petits pas de quelqu’un qui veut  [...]

- Achète un poulet pour midi
Acheter un poulet le soupeser le regard calibrant sa pâle architecture. Jauger son aspect. Tâter sa fermeté. Anticiper le croustillant de sa cuisson  [...]

- Chante les paroles des ombres qu'apporte le vent : Un chant pour bosse de nage
Ha ! ha !! à peine se souvient
le bizness’ est caput
remonte le lieu du leurre
avec l’argent du leurre
est empoigné par  [...]

- Initiés mon cul camarade
Se placer dans la perspective de l’arbre celle de produire donc de se produire. Un mur bouche la perspective bien assuré dans sa solide et franche  [...]

- Propriétés nous débordent d'éclore (d'écrire)
Le pouls des choses bat lentement dans son œuf. Le lointain est fanfare et chrysalide et cheminée la feuille. Perd sa sandale la vitesse où se  [...]

- Je mords dans la prose de « Connaissance de l'Est » et y trouve une dent qui pourrait bien être la mienne
Je relis « Connaissance de l’Est » de Paul Claudel ainsi soit-il. Entre-autre m’est restée mémorable la dent brebis de celles qui ensemença les champs  [...]

- Monde-chacun déployé en chemin
Quelques mots rencontrés parfois en cheminant comme pentes et pierres temps et éboulis font exploser autour les sporanges des pas essaimer  [...]

- Grégoire ne vous déplaise
Pattes d’insecte et carapace est cette obscurité qui marche lentement ce petit bruit sur le papier mural de la chambre et cette animation du  [...]

- Pirate (sans titre II) choisir entre les deux
Laisser un petit coin de blanc sur sa toile est pour le peintre peindre une voile. Plutôt être embarqué par une voile. Celle qu’imagine le peintre  [...]

- Dompteur sur sa faim
Car il faut qu’on suppose cela qui se lit. S’identifier au livre. Polaire ourse blanche est se trouver seul à venir en largesse sur cette  [...]

- Quelle musique aujourd'hui serons-nous ?
Quelle musique aujourd’hui ? Quel rythme et quelle densité sonore devenir aujourd’hui ? Sur quel mode être la musique que l’on est ? Beethoven ou  [...]

- Rêve un nuage en éternuant
Qui pousse dit l’un qui tire dit l’autre et c’est le même. Qui chante ici la pomme ou le boudin ? C’est la faim. Le mouton le berger est un bâton  [...]

- Portrait de l'auteur devant Le Wepler place Clichy
Mon amour pour Henry Miller bien sûr est littéraire mais aussi sa philosophie de la vie est la mienne. J’aime cette embardée que fut sa vie et qui  [...]

- Lecture d'enfance
J’ai été enfermé avec l’abbé Faria quand j’étais un enfant lecteur. J’ai pris sa place dans le sac et hop la poésie où je possède une île. Dantès m’avait  [...]

- Drap dansant de la langue Caravage
Ce gout délectable de boue sur la langue est un lit. De très beaux draps froissés y font moisson de plis. Font troupeaux monument fertile et  [...]

- Portrait d'une chambre printanière
Musique et voitures mille évènements sonores sur la toile de ce visage qui surgit. Un grand sac de voyage d’un visage ouvert comme une vitre saigne  [...]

- Droit vers le mur en riant
Trois enfants en patinette très petits et mignons sur le trottoir. Voilà ils ont vécu sur ce trottoir leur avenir présent en patinette. Une image  [...]

- Fragment d'Imenos
Ajoute une petite cruauté au sourire de l’œil ce caniche. La peau d’âne de l’âme en frétille. Est Amérique en diable ce qui part de l’aine jusqu’à  [...]

- Ça commence par
Face au mur. Le récit face au mur et les phrases qui viennent. Des morceaux d’images toujours mal cadrées dans les mots mal guidées sur la chaise.  [...]

- Portrait du poème donc chose
Crée une nature est nature ici est quelque chose est une robe ou un galet. Crée son rocher sa mer et ses bretelles d’air et ses falaises. Crée à  [...]

- Rue du Maine
Un songe de jambes et de seins fait la bringue et c’est loin des bassesses sans joie que profits. Un songe fait un jour qui songe chair et sang  [...]

- Baudelaire est né dans le coffre fort de ce jour d'hui
C’est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance de Baudelaire. Aujourd’hui 9 avril 2013. Ce n’est pas bien sûr l’évènement du jour dans le monde mais  [...]

- Portrait d'une fenêtre vue du dedans
Fenêtre avec pétales nombres cétacés est entrée en matière et manière de dire est plusieurs. Un mufle d’embruns celui du jour pénètre dans la chambre  [...]

- Pomme de pin et bacchante au pied léger
Moi qui me suis assis au pied des murs de Thèbes et suis descendu dans le puits de la mort je sens l’humidité des draps chauds de la ville qui  [...]

- Le mot logis
Au bout de la rue je vois la mer des murs. Les baillons. Des joies qui pourrissent dans les caniveaux avec fanes et feuilles de moins en moins  [...]

- On ne se refait pas et constamment
Froidement contre fleurs et marées la tringle du rideau ressemble à un sourire. On pense à sous la porte une lumière louche car c’est en plein jour  [...]

- On a menti à l'enfant pas de fête foraine
Ville est pleine et nombreuse ici et la verdure est écrit sur les plates-bandes de la place. Un rai blanc de lumière rase les trottoirs avec un feu  [...]

- Vieillesse et passante et tout le tremblement
Écoute les yeux de la passante de l’asphalte. Tout l’arbre qui se plante dans le terrain vague passe. Se souvient du poème de Baudelaire à une  [...]

- Visites
Posée là dans son fauteuil face au ciel écarquillé. Ecarquillée donc tout son corps le ciel qu’elle regarde entièrement ses yeux. La dame se voit dans  [...]

- D'un dragon l'autre
à Jacques Déniel
Avons-nous ce matin d’être mortels en somme. La langue se remue dans son bocal. Se débat dans son bouillon. Cherche ses mots en les  [...]

- Métropolitain
Dans le métro face à deux beaux genoux ouverts voyager. Le regard fait bouger sa queue et veut entrer est une pensée. C’est la pensée. Voyageurs  [...]

- D'un paysage avec portrait
Le paysage est ainsi de suite et le portrait. Celui du paysage à propos d’un portrait ainsi de suite. Arbres et cheminées avec les animaux le sont  [...]

- Gants en peau de veau
La chambre ses deux mains. Derrière le meublé du dehors est la nuque exposée à la vitre et les murs qui se meuvent. Il y a la végétation-hésitation  [...]

- L'essence de l'art et son installation
La pompe à essence est la ville en sautoir de la rue. Toute sa belle ipséité affiche ici sa facture et sa figuration. Des élégances de tuyaux et leur  [...]

- H
Inventer un roi rien de plus simple. Mieux vaut commencer par inventer un royaume pour avoir les pièces nécessaires à sa fabrication. À la tête de  [...]

- La pornographie éclairée
L’intense volupté de la rouille choque le bourgeois. La rouille est plus moderne que le monument sans doute construit à sa seule intention. La  [...]

- C'est ce qui est sorti du dos de ma Grand-mère
Adolescent j’ai rêvé de ma grand-mère décédée. Je ne me souviens plus si c’était longtemps avant ou depuis peu. Mais le rêve est le lieu où les morts sont  [...]

- Tout compris
Légers soldats de plomb et le chemin de fer qu’on accroche à la main à la hauteur du chat. Des montagnes lilliputiennes avec des cascades et de  [...]

- Remontez vos géraniums
Des géraniums tiennent le pantalon des façades pour regards moroses. Ne faites pas les ânes souriez proclame la couleur de ces ravissantes bretelles  [...]

- Aucune imagination
Veut raconter l’histoire de ce monsieur qui sort de chez lui et se retrouve dans sa chambre qui sort de chez lui. Sa chambre sort de ses meubles  [...]

- Portrait des Mères invisibles partout
Autour sont les Mères à face de nuages. Sont enceintes qui cernent avec le sourire. Un vertueux sourire plein de menaçants auspices de bonheur.  [...]

- Les « Cratères de rêves » de Francine Sidou peintre. Ou où sont passées les figures ?
À qui demanderait devant les peintures récentes de Francine Sidou où sont passées les figures et les scènes théâtrales ou carnavalesques de ses périodes  [...]

- Pour aujourd'hui que cette musique et rien d'autre
Ce qui somnole entrouvre et vient buter sur la pointe d’épingle de bref blanc cassé. Tumulte un instant tumulus refermé. Le ciel un caniche et sa  [...]

- Portrait chaleureux d'une femme en prière
Appuyée contre les cailloux la femme est dans ses genoux. Se mêle à son troupeau un troupeau de bestioles qui est la lumière. Un mufle contre elle  [...]

- Trousser le portrait d'une puce
Trousser la gouvernante qui appelle les enfants qui jouent fait reverdir la prairie et gambader le dessin d’une puce. Trousser la gouvernante est  [...]

- Réveiller et épaissir la neige aujourd'hui
Très blanche-neige ce matin de neige. Un si long entretien avec cette jouvencelle à skier ses fragments d’éternité comme neiges de sommets. Il neige  [...]

- La vue voisine et son chien
L’odeur de sainteté entre les jambes elle trotte sa fourrure autour du cou. C’est celle de ce dieu qui neige ce matin qu’elle a entre les jambes  [...]

- Annonce préliminaire avant une représentation du roi Lear
Le roi Lear se trouvant empêché par une dépression il sera remplacé par l’acteur qui le joue depuis notre première dans notre théâtre. Cordélia la  [...]

- A rêvé qu'il était l'âne d'or d'Apulée
Le matin est au pied de l’âne. On se regarde sous chaque pas. À la hauteur de crottin comme chaque fois à la hauteur de soi le cœur qui bât. Il  [...]

- Il confesse son vice impuni : le viol de Philomèle
Faire d’un caillou un temple où je peux me prier sur du solide ou une piste d’atterrissage afin que l’avion dans lequel je suis venu vers moi puisse  [...]

- Les langues qui nettoient tout ça
Celles qui œuvrent dans la buanderie des vapeurs de tabliers défaits et des cheveux de blanchisseuses ont des lenteurs d’épaules comme on lit très  [...]

- Une sorte de cavatine en équilibre
Comme on fait son lit on se couche. Comme on se couche est vivre rien de plus. Est rien donc un plus. Le comme n’est rien d’autre qu’essayer  [...]

- La chaine du puits a grincé
Cette envie de plonger avec des pinces de douceur au bout des doigts. Un puits fait le gué en permanence devant qui s’est assis sur sa chaise son  [...]

- Tentative d'un portrait De Kooning en chercheur de coquillages
Chercheurs de coquillages sont des coquillages sont des femmes. La peinture est un coquillage et Vénus est son fruit. De Kooning gobe ses Vénus à  [...]

- Que cherchons-nous ?
Cette femme un petit tigre à l’intérieur et une fleur. Une fleur et l’arrosoir de ses yeux avec cage. On dit aussi une cage dorée un symposium dans  [...]

- Se promène en ville
Un camion n’est pas une comète passe dans la rue est la vie. Affaire urgente aussi l’amour avec un capuchon passe en fanfare blonde et fait monter  [...]

- Les meilleurs coiffeurs sont les rêves
J’aime rêver longtemps. C’est dans le rêve que je me sens chez moi l’autre réalité. Longtemps je me suis réveillé de bonne heure. Arraché de bonne heure  [...]

- Ce bois dont on fait sa porte
Devant le Jourdain de sa porte il attend le sésame et c’est lui qui s’ouvre et entre est son sésame. Son Canaan en bouche est sa chambre est sa porte  [...]

- La poésie est Agathe
Poser une question à Agathe est la poésie. Est le nom de celui qui pose la question est la poésie. Est quelque chose une question et un nom et un  [...]

- Des signes de bienvenue
Est dans la gare et se prend à penser à sa destination. Ne sait plus quelle destination il doit prendre. Est immobile dans le hall de la gare et se  [...]

- Portrait d'un village avec labrador
Beau fumier tout près du puits et les corbeaux réjouis au dessus font carrousel et notariat en queue de pie. Ennemis pies et noirs corbeaux c’est  [...]

- Le mot anniversaire
Aujourd’hui est mon anniversaire écrit le calendrier. Anniversaire est aujourd’hui à s’offrir un de moins. Le premier aujourd’hui de tous les  [...]

- Portrait de Cézanne
Les pommes sont sainte-victoire et la montagne. Et le tableau est la nature aussi bien que le chevalet la toile et le pinceau. Peindre aussi le  [...]

- N'en démord pas dieu merci
On a souvent entendu la formule un ciel plombé. C’est le ciel météorologique innocent qui se couvre de plomb. Mais l’autre ciel à plomb ce ciel de  [...]

- Entre les coudes
Torchis de coqs. Murs et encaissement de lumière salie. Ce sont des mots tracés par engeance. Village corné à la mauvaise page on ramasse le livre  [...]

- Comme on grandit soudain
Touche une fleur avec un doigt un si petit doigt couleur digitale. Et baisse le cou fragile sur la fleur très petite. Oh si petite fleur. Rien que  [...]

- Aussi bien la naissance d'Alexandre
Assis regarde le parterre où attendent les choses. Ne s’attend pas lui-même est au centre. Avec un géranium écrivait Émily. Un panier une chambre avec  [...]

- Maman sucette a l'entend pas
Un enfant pénètre en soi par le couloir de sa sucette. Dans le compartiment sont posées des machines tenant des machines. Devenus leurs armes leur  [...]

- Ne pas faire de vagues mon cul !
Ne faites pas de vagues surtout disent-ils. Comment ne pas faire de vagues ? dirait la mer au rivage. Comment ne pas faire ce qu’on veut surtout  [...]

- Spinoza ou rien
Conatus du matin. Dans la rue le chantier des choses. Il faut polir sa vue intérieure et nommer c’est-à-dire renommer les choses à sa vue. Polir le  [...]

- Portrait du lecteur
Lit une phrase de quelqu’un et plouf tombe dedans. C’est comme à l’intérieur d’un œuf. Est dedans. Devient la phrase en question et bientôt voudra qu’on  [...]

- Portrait de l'auteur se chaussant
Vache et ruade d’âne est le matin. Ouvert et rumine sa propre provende. Se lève et à deux battants ses oreilles qui sentent le son et regardent. Le  [...]

- Lisait déjà ses pères aux Buttes-Chaumont
à Patrick Cintas
Parc est. Et dans le. La jambe-chat d’un gamin croche celle devenue à soi d’une fillette-cri. Actualité. Sable d’allées foulées  [...]

- Portrait d'un ami en inuit (Jean Rousseau)
Sur mon bureau le phoque-presse-papier de mon ami jean disparu. D’une lourdeur à propos de la mort. Sur la banquise de la mort où j’écris sur le  [...]

- Portrait de X où l'écriture y perd d'être trop précise
Le sourire de X est tragique. Son sourire est une larme qui dit oui. Une larme qui s’étire entre ses deux oreilles en jonglant sur le fil hasardeux  [...]

- Portrait de ce qui vient
Assis sur un fauteuil jubilé avec bel immensee. Fenêtre portière ouverte blanche avec des roses. Pêcheur de harengs peut-on penser en face ou  [...]

- Étang cherche hauteur de vue
Arbre dehors ses couloirs supputés lointains. Ombres jambes furtives traquées. Plaines vagabondées freinant es crinolines indéterminées. Fait naitre  [...]

- CroaCroa
Ciel corbeau en couronne à nos chers disparus. Accroche à une branche ou guipure de marbre le pneu votif et boueux du ciel. Fut posé dans la boue  [...]

- Encore un petit pot
Petites et farouches avec un grand châle des fillettes. La corde aux genoux et la potence des passants dans les yeux. Des fillettes pleines de  [...]

- Propos d'atelier d'un portrait
Comme avec du fil. C’est tout un atelier féminin de doigts qui fait œuvre et bourdonne. Concert de tissu et d’haleine et de jupes. Tissu énervant  [...]

- Joie rouge
C’est une envolée de perdrix ce mur. Buissons de briques avec les ailes. Essayer d’attraper les perdrix de ce mur est sérieux. D’atteindre cet envol  [...]

- Haut de page
Quelqu’un dit vous êtes assis en haut de votre page en équilibre. Sur la mince épaisseur de votre page en équilibre. Vous allez tomber du haut de  [...]

- L'enfant-conte
Une héroïne qui m’est restée chère de l’enfance c’est le petit-chaperon-loup. J’ai souvent tiré sa chevillette-cherra et dévoré sa bobinette-cherra et  [...]

- Un oiseau vend la mèche du chaos
Théâtrale et maladivement angoissée d’avoir à hanter la scène la phrase contorsionniste du baroque ascétique et cruel s’ondoie du paradoxe inventif et  [...]

- Portrait-Faust II
On tue tout ce qu’on aime lit-il. Aussi tout ce qu’on voit écrit-il. Et ce que l’on écrit on le tue vivement. On le terriblement ici à coup de soi.  [...]

- Portrait-Jack I
Mademoiselle est de sortie avec son parapluie et ses petites bottes. Le mot rouge à propos des bottes est de sortie. On entend ses petits pas sous  [...]

- Tentative d'écriture d'un tableau et/ ou d'un paysage
Peindre un paysage n’est jamais immobile. Peindre n’importe quoi d’immobile n’est jamais immobile. Peindre n’est jamais immobile est toujours  [...]

- Souvenir Belge
Se lève et va regarder ce qui se passe au dehors. Un mur pisse contre un mur à l’œil marron. Écrit ou écrira son sentiment du jour. Se lève avec la  [...]

- Qui monte de la rue
Rue est rue et pleinement de tes pas guettés comme flux. Chaussée aile d’ange qui sèche ou bien feuille tombée pour le dire. Les toits sont penchés  [...]

- Juste un nuage
Xanadu dans son café. A peine réveillé touille son Xanadu dans son café. Le met à fondre dans les mots sans l’avoir visité tout entier visité. Juste un  [...]

- Trop blanche
Le mouton-paon de la neige est marial. Ce matin est marial et tombé. L’autel marial de la neige s’étale et toute la pensée du matin ce matin. La neige  [...]

- Quand passent les éboueurs
Le sourire éclatant derrière la benne à ordures. Sourire blanc sur noir. Sourire de palmier déraciné sourire en exil. Rue blanche sur fond noir avec  [...]

- Ermite
Se veut un fauteuil roulant. Le danse et le chante ou une chaise. Se veut toute chose possible se mange et se boit. Se veut ce qu’écrit ce qu’il  [...]

- Qui tombe à la renverse
Tombe à la renverse en bas où s’involucre ce rien qui boutonne sa chemise de ses propres mains. Étalée sa chemise se boutonne de ses propres mains. Un  [...]

- Après l'exposition Soutine
Soutine est rouge et c’est un escalier écorché. Une dame place Soutine devant Chagall. La peinture est au croc de la vie pendue et c’est Soutine. La  [...]

- Dormeur qui s'éveille dans le peu de lumière d'un matin d'hiver
S’est risquée au bord de la lumière la lumière. Au bord l’âne de la lumière s’est frôlé. L’âne et le précipice qui est le bât de la lumière en chemin ce  [...]

- L'invention de l'amour
Inventer c’est aimer. Tout amoureux est un inventeur de la personne aimée. La personne aimée si elle aime est aussi inventeur et l’un et l’autre  [...]

- Livres lus dans l'enfance
Je ne pourrais pas vous raconter les livres que j’ai lus étant enfant. Il faudrait le demander à l’enfant. Je demanderai à l’enfant ou je ferai  [...]

- Dans la vitesse de l'arbre choses vues
Regarde un arbre et se prend dans sa vitesse. S’enveloppe dans le brouillard de l’arbre de très loin mais tout près de sa forme vue dans sa vitesse.  [...]

- Chaussure à son pied la fenêtre
Chaussure à son pied la fenêtre. Pointure du jour. Seuls versicolores sont les vitraux des mots. Chaussure cassante de nous interrompre. De  [...]

- Ce qu'est l'idée parfois est parfois
Parfois l’idée est une chienne. D’autre fois un fauteuil avec son paysage et c’est une peinture. Mais rarement l’idée est une idée d’idée. Souvent  [...]

- Le matin du premier jour de l'an 2013
À vue de colline avec l’effort de l’œil son jarret. On peut se préparer à l’ascension de son propre dos. Voilà la prose qui jette un regard vers puis  [...]

- Pièce dont l'argument est la pièce elle-même
Théâtre lui revient et sa chaise en spectateur il a rêvé acteur. Il est sur scène et voit le spectateur qu’il attendait et un autre et c’est lui.  [...]

- Recettes pour un enrouement de l'écriture
Glisser comme le Notturno d’Annunzien. Précipitation vers ce quoi qui s’étale et surtout s’écarte. Ce rien. C’est un carrefour d’atmosphères qui  [...]

- Chien cherche mur
Chère reine au terne double son sur les toits. Sur toi on pourrait écrire tout un livre pour les bas étages des rayons d’un clerc. Dear rain !  [...]

- Pas de nuage ce matin un nuage
Nuage et voilà. Dans la chambre c’est un son avec des formes à inventer c’est-à-dire inventer un nuage et des sons. Nuage comme invention  [...]

- Quelque chose en trop dans ce texte
C’est dans la rue qu’on pèse ses pavés, qu’on compte ses pianos. Les rues ont des noms d’écrivains, de peintres, de musiciens, et on ne sait  [...]

- Vingt deux décembre lendemain de la fin du monde 2012
Mal exprimé aux carreaux dents froides d’écluse de fines gencives. On boit la ville humide de la chambre triste avec sa poésie qu’on se prend à  [...]

- Aujourd'hui que ce blanc
Aujourd’hui pas d’aujourd’hui dit aujourd’hui. Rien, reste plein de non-mots. De pas dit. Plénitude donc blanc car tout est dit sans mots. Donc un  [...]

- Semailles et pantalon à enfiler
Semailles et pantalons sur un plancher avec ses cornes dit-on et dites d’abondance est un commencement. Un début peut-on dire aussi. Un incipit.  [...]

- Peau de tambour moi je
Il est assis debout. S’est levé dans ses murs. La fenêtre est le moi qu’il ouvre sur dehors-dedans avec les bruits. Il n’est que ce pistil debout  [...]

- Je vous présente le petit homme qui vous a vu en mangeant une gaufre
La fanfare du zoo est sa trompe. Un gardien caresse la fanfare et le zoo est une caressante douceur. Nous visitons le zoo en fanfare avec une  [...]

- Celui là sera roi
Quel est le nervus belli de l’écriture ? se demande celui qui écrit ? Est-ce la sombre humeur de la mélancolie ? Ou les baguettes de Jacob devant ses  [...]

- De quoi ne pas faire une histoire
Quelqu’un dit à quelqu’un : « n’en faites pas une histoire ». Cela se passe dans la rue où quelqu’un entend dire à quelqu’un : « n’en faites pas une  [...]

- La luzerne au fil du miroir
Au ras de celui qui parle et tient la luzerne de la faux puisque tout m’entraine. Les mots de la chambre tiennent leurs drapeaux de couleur  [...]

- Propos sur le parapluie du pauvre K qui perd celui de Franz Kafka
Elle a rangé son parapluie dans la pluie. La pluie qui est le porte parapluie de la pluie. Qui est la poésie qui est aussi la prose qui nomme la  [...]

- Un peintre peint l'hiver à gorge déployée
Neige adéquate où pendre. Poutre emmanchée au sol en étagères-cohue. Pas un chien dehors que le dehors. Et nous levons la patte. Nous levons la patte.  [...]

- Tentative de portrait du portraitiste
D’abord pas un sosie de soi ni d’un mot dans la haie. Des perdrix au hasard pour dire ça palpite écrire ça palpite avec ailes et bec. Çà c’est  [...]

- Un nom pour une fille que je n'eus jamais
Voici une histoire spéciale pour l’heure. Quotidiennes vaselines de planètes, avec montage de cheveux explosifs sur nuque apprivoisée. Canonnière  [...]

- Portrait d'un satin froissé en rêve
En robe froide ces titillations sont nos phrases. Frisons de nos mondanités idiosyncrasiques. Nous avons deux corps mais une seule robe.  [...]

- Reproductions au mur par temps de pluie
La pluie reproduit le rabais du sol au ruisseau qui tire le chien mélancolie. Une odeur crépitante croque un zinc flûté à la queue marouflée au ciel  [...]

- Bas enfilées sur les jambes de la boue
De langage la boue met ses bas notre vie. Le mur met ses récits en route, du béton. Un trou blanc à la place de l’œil comme un portrait de  [...]

- Tous les matins de soi
Le matin encore un. C’est-à-dire un encore. Le sol d’abord pieds nus et la fenêtre ouverte comme un parasol les orteils dépliés du jour on voit le  [...]

- Chaisière en vision sonore prise au mot
La chaise bien plantée avec son fil à plomb qui est maintenant ce qu’on peut appeler une chambre, dresse son oreille pour s’entendre nommer d’une  [...]

- L'information est un autre jour
Sur la nuque l’acier de l’information le sang de l’image. Les corps de l’écran le sang de l’écran l’acier sur la nuque celui de l’écran. Le jour est  [...]

- On appelle Aristée dans le jardin
Les abeilles peignaient la colline du beau giron de la fille, adossée à quelque haie c’est-à-dire la haie survenue hic et nunc dans la blancheur de  [...]

- Tentative de tirer le portrait de l'auteur en vieux chien
Ce que je vois d’une voix rauque. Le crayon du chien promenant le ciel sur la ligne à déterminer en laisse. La plus courte est dit-on la meilleure.  [...]

- Dans la cuisine
Il se tient dans la cuisine d’un blanc mat et dur. Sur la table où s’érige un bouquet, il est dans l’image d’une femme et beurre une tartine  [...]
Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Le chasseur abstrait éditeur - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

sarl unipersonnelle au capital de 2000 euros - 494926371 RCS FOIX

Direction: Patrick CINTAS

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs ou © Le chasseur abstrait (eurl). - Logiciel: © SPIP.

Contact

Dépôt légal: ISSN 2274-0457