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Revue en ligne
dimanche 19 novembre 2017
Revue d'art et de littérature, musique
Directeur: Patrick CINTAS
Éditeur: Le chasseur abstrait

Si l'on recherche la signification originelle de la poésie, aujourd'hui dissimulée sous les mille oripeaux de la société, on constate qu'elle est le véritable souffle de l'homme, la source de toute connaissance et cette connaissance elle-même sous son aspect le plus immaculé. En elle se condense toute la vie spirituelle de l'humanité depuis qu'elle a commencé de prendre conscience de sa nature ; en elle palpitent maintenant ses plus hautes créations et, terre à jamais féconde, elle garde perpétuellement en réserve les cristaux incolores et les moissons de demain. Divinité tutélaire aux mille visages, on l'appelle ici amour, là liberté, ailleurs science. Elle demeure omnipotente, bouillonne dans le récit mythique de l'Esquimau, éclate dans la lettre d'amour, mitraille le peloton d'exécution qui fusille l'ouvrier exhalant un dernier soupir de révolution sociale, donc de liberté, étincelle dans la découverte du savant, défaille, exsangue, jusque dans les plus stupides productions se réclamant d'elle et son souvenir, éloge qui voudrait être funèbre, perce encore dans les paroles momifiées du prêtre, son assassin, qu'écoute le fidèle la cherchant, aveugle et sourd, dans le tombeau du dogme où elle n'est plus que fallacieuse poussière.

Benjamin Péret - Le Déshonneur des poètes - Éditions José Corti.

André Breton fut inhumé à côté de Benjamin Péret dont la pierre tombale portait gravée : «Je ne mange pas de ce pain-là.» La pierre tombale de Breton, semblablement gravée, portait : «Je cherche l'or du temps.»

Jean-Jacques Pauvert - La traversée du livre - chez Viviane Hamy.

 

Mise en ligne du texte intégral

Dix mille milliards de cités pour rien.

Patrick Cintas - roman

Éditeur : Le chasseur abstrait. 2009.

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Un voyage dans l´espace. Un couple s´embarque avec une tripotée d´enfants qui ne sont pas les leurs. Il faut compter avec la pédophilie de l´un et la névrose phobique de l´autre. Un cauchemar.

L´aiguille atteignit le tissu crispé de la glande. Fabrice ferma les yeux devant le spectacle d´une douleur incommensurable. À quel endroit de la souff rance retrouverait-il la femme qui l´accompagnait ? Le chien tirait la langue pour verser les gouttes d´une deuxième substance destinée à brouiller les pistes.

— Comme ça, dit-il, ils n´auront pas les moyens de retrouver le fil de la conversation.

De qui parlait-il ? Le corps de Constance se ramollit. Fabrice se tourna vers les brancards pour leur adresser une dernière semonce. Ils étaient immobiles comme les éléments d´un décor. L´employé reposa le combiné dans son logement. La vie était constituée de gestes précis. Fabrice se demanda si le chien avait le pouvoir de changer les détails d´un historique des faits. Le chien s´arc-bouta pour achever la course du piston qu´il poussait de l´intérieur. L´aiguille réapparut dans la lumière holographique. Une goutte glissa rapidement le long de cette verticale.

— Nous pouvons embarquer, dit-il. Elle ne se souviendra de rien.

 

Le livre (papier) est en vente en librairie et chez Amazon.fr.

 

 

Textes & Prétextes

Nº 61.

Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 12 illustrations couleur pleine page de Claudio Curutchet.

Dos carré collé.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
Joindre chèque à la commande
Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères

 

Sommaire

Idiomatic´s Argonaut´s - Gilbert Bourson
Entretien de Laurent Margantin avec Serge Meitinger à propos de Un puits de haut silence
Le triorchide - Robert Vitton
D´un silence à l´autre - Fred Edson Lafortune & Arnaud Delcorte - Entretiens
Soirée littéraire - Benoît Pivert
go west - Marie Sagaie-Douve
Série dans le square - Jean-Claude Cintas
Ses longs doigts d´azur… - Jean-Michel Guyot
Le bleu du ciel - La combe - A l’image de la vie - Un arc et des flèches - Des gerbes de blé - L’eau vive - An der Schule Blau - L’art et la manière - Jean-Michel Guyot
Au jour le jour - Extraits - Dana Shishmanian
À l´enfant qui sommeille en nous - Nadia Agsous
Hanétha Vété-Congolo - Entretien avec Karl Sivatte
Impreciso - Carmen Vascones
Le linceul de pourpre de Marcel Jouhandeau - Charles Adam
Retour à Reims de Didier Éribon - Charles Adam
La Loire - Christophe Esnault
La sainte famille - Christophe Mousset
Nelson Mandela - 46664 Pájaros de libertad - Cristina Castello
Varennes - Daniel Aranjo
Sonnets - Éric Bertomeu
La ville de haut et de loin - Ettore Janulardo
L´alchimiste - Francis Cappatti
Sacré Quartier Latin - Francis Cappatti
Une histoire de Curé - Francis Cappatti
Celine - Manuel Ruano
La curiosité est un vilain défaut - Maxime Rodary
La première fois que j´ai vu la mer - Maxime Rodary
Je suis la ligne de ton front - Niculina Oprea
Rendez-vous - Stéphane Prat
Sueños enfermos - Ulises Varsovia
Carte postale chinoise - Victor Montoya
Poèmes - Ivan Watelle
Poèmes - Yves Patrick Augustin
Journal intime du mardi - Agnès Imbert
La burra de Balán nos salva con su Verbo - Daniel de Culla
Littérature et engagement - Stéphane Pucheu

avec 12 illustrations couleur pleine page de Claudio Curutchet.

 

T&P 64 le 15 juillet prochain.

 

AVEZ-VOUS ACQUIS LE Nº 55 et le Nº 58 ? ICI

 

Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)

Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.

Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple).
Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.

 

 

*À paraître en mai*

 

RALMag nº 4

 

Au sommaire :

 

NOTE : Le RALMag nº 4 aurait dû paraître en février. Un "cas de force majeure" l’en a empêché. Nous nous en excusons. Nous reprenons donc la série en mai avec un trimestre de décalage que nous ne rattrapperons sans doute jamais. Ce n’est pas bien grave...

 

 La collection

Plus de détails ici.

 

20x25 cm. Dos carré collé. 125 pages couleur + CD.
Présentation de la nouvelle collection NOIR
avec Valérie Constantin, Gilbert Bourson, Pascal Leray et Patrick Cintas
Abonnement (mai, novembre [nº double], février) : 60 euros.
Le numéro : 15 euros (mai et février) - 30 euros (novembre).
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
Joindre chèque à la commande
Le chasseur abstrait
RAL,Mag
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères
Nº 1 - texte intégral.
Sommaire nº 2-3

Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.

Les textes et images publiés dans le RAL,Mag pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple).
Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.
Le numéro 5 en mai prochain.

 

 

Le Portail en 10 clics:
1. Éditorial.
2. News.
3. Chroniques.
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9. Salle de Presse.
10. Le mois prochain.

 

 

 

Édito
Patrick Cintas
Proposez votre édito à la rédaction.
Cinéma-roman & Roman-cinéma

« J’suis pas bête, j’suis douanier ! » semble ânonner Jean-Claude Carrière à la télé où on le voit souvent en ce moment. Et pour cause : il est co-auteur d’un « essai » intitulé N’espérez pas vous débarrasser des livres, pochade écrite avec Umberto Eco sur le délicat sujet de l’Internet et du livre numérique, « discussion à la fois érudite et humoristique, savante et subjective, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse. ». Ne doutons pas de l’érudition, de l’humour, etc., d’Umberto Eco. Par contre, dès les premiers mots, Jean-Claude Carrière apparaît plutôt comme le dindon de la farce, l’idiot d’une famille à laquelle il ne peut appartenir : celle des écrivains. Certes, il est un excellent scénariste, spécialisé dans la « dramatisation ». Mais de là à s’improviser « écrivain », il n’y a qu’un pas qu’il franchit d’ailleurs sans scrupule tellement il a l’air sincèrement idiot. « Dramatiser » est un métier qu’il connaît comme s’il l’avait inventé, mais il n’en est justement pas l’inventeur : c’est l’industrie du cinéma qui offre cet emploi et rares sont ceux qui peuvent se féliciter d’avoir servi Buñuel. Cela dit, l’auteur d’un film de Buñuel, c’est Buñuel, pas Carrière.

Je viens d’assister à une scène de télévision dont Jean-Claude Carrière était l’un des protagonistes « invités ». Le comique de service chargé d’animer le plateau demande à quelques spécialistes de citer le livre qu’il mettent au-dessus ou au-dessous de tout. Voici Jean-Claude Carrière « interpellé » : « on » lui a demandé de bâtir un scénario autour de Belle du Seigneur. Et bien voici le raisonnement : « Je n’ai pas pu finir ce livre, il est froid, creux, il ne contient rien, pas d’émotion, il est nul parce qu’on ne peut pas en faire un scénario. » Immédiatement, un autre invité « rattrape » cette imbécillité en expliquant poliment, à la française, que Jean-Claude Carrière n’y trouve pas une « histoire » et que par conséquent il lui est difficile de construire un scénario « dans ces conditions ». Sur ce, le Jean-Claude Carrière en question ferme sa gueule et on ne l’entend plus. Mais Patrick Grainville, autre « scénariste » qui se fait passer pour un « écrivain », ajoute tout aussi bêtement que Belle du Seigneur est vieilli et donc parfaitement dépassé selon sans doute ses propres critères « littéraires » qui consistent, pour ceux qui l’ont lu, à ramasser par terre toujours les mêmes ingrédients : cul, discours sur une littérature de manuel scolaire, conneries en tout genre. Et non content de se manifester par cette nouvelle idiotie, il indique que son livre préféré, c’est Une saison en enfer, à la fois « invention de la littérature moderne » et touchante expression de la… Charité. Si Jean-Claude Carrière est sans doute un brave ouvrier un peu pecque, Patrick Grainville est un aussi bon ouvrier, mais dans le genre vendeur de merde, et tripoteur à l’occasion.

Décevante télévision.

Pourtant, le Salon du livre de Paris, dont on dit qu’il vient de vivre ses derniers jours, reçoit un auteur aussi universel que Paul Auster à côté duquel Jean-Claude Carrière à l’air d’un copiste et Patrick Grainville d’une poétesse en mal d’amour. Certes, Paul Auster n’est pas un grrrrand écrivain dans le sens où Marcel Proust ou Louis-Ferdinand Céline ont changé la littérature. Paul Auster n’écrit pas vraiment, sauf quand il écrit de la poésie, mais sa poésie est fort mal connue et c’est plutôt à ses narrations que l’on pense quand il est question de lui. C’est un auteur parfaitement conscient de la valeur de son travail et des moyens dont il dispose. Il se limite d’ailleurs plutôt au conte qu’au roman à proprement parler et ses recherches ne semblent pas avoir beaucoup avancé depuis vingt ans.

Je viens de comparer le texte de Cité de verre tel qu’il a été traduit avec la bande dessinée, supervisée par Art Spiegelman, qui le reproduit. Pour moi, les deux versions ont la même force, qui est celle du conte. Si Cité de verre avait été un roman à part entière, c’est-à-dire écrit, alors, selon un bon vieux principe hitchcockien, l’adaptation graphique aurait été inférieure, voire impossible. Or, la BD est parfaitement fidèle au texte dont elle reprend d’ailleurs des extraits qui, réduit à des phylactères, ne perdent rien de leur pertinence.

Et selon les mêmes lois du conte, l’air laissé libre au lecteur ne manque pas. C’est-à-dire que le lecteur trouve naturellement sa place dans un texte qui tient compte de son existence. C’est le principe même du conte, analysé ailleurs par Paul Auster lui-même. Alors que Céline ou Proust occupent toute la place, ne laissant au lecteur que la possibilité de refermer le livre ou de n’en jamais oublier la sonore puissance, Auster « raconte », ménageant des endroits où l’imagination facile du lecteur ou son érudition peuvent « s’exprimer » en toute liberté. C’est ce que fait Jean-Claude Carrière quand il réussit un scénario à tel point que Buñuel l’accepte et signe. Si Buñuel n’avait pas sa place dans le scénario, il n’entrerait pas et Jean-Claude Carrière en sortirait par la petite porte. Jean-Claude Carrière sait cela d’instinct. Grainville le sait aussi, mais laborieusement, jamais sûr d’avoir trouvé les bonnes doses de cul et d’ « instruction ». Il a un talent d’imposteur, et non pas de… magicien.

Prenons Hemingway à qui Jean-Claude Carrière, par pur antiaméricanisme, mais aussi parce qu’il n’a pas pu dramatiser un seul récit de cet écrivain, ne « veut pas ressembler » : Hemingway supprime le début et la fin d’une histoire. La question est : est-ce pour laisser de la place au lecteur ?

Toute l’erreur repose sur un malentendu qui n’est pas que français : Djuna Barnes se révolte contre le fait qu’on mette au même niveau (d’écriture) Ernest Hemingway et James Cain (auteur de polars). Paul Auster lui-même « reconnaît » la dette de la littérature au roman dit populaire. C’est que, dans sa « logique » de conteur, il ne peut faire autrement. Il est évident que ses « trucs », il ne les a pas trouvés chez Faulkner (qui savait aussi conter, mais uniquement à sa manière), mais chez les auteurs de polars et autres récits des émotions faciles et des idées courantes. Il faut toutefois reconnaître que Paul Auster réussit son tour de force : le niveau intellectuel de ses « contes » est élevé alors que les « romans » bricolés de Grainville ne s’élèvent jamais au-dessus de la branlette. Et si l’on considère le « scénario » de Jean-Claude Carrière, il n’est qu’un instrument de travail et tout le travail de création appartient à Buñuel. Autre différence avec ces deux « auteurs », Auster est un véritable artiste inventeur d’un nouveau style de roman qui n’appartient qu’à lui et qui peut faire « école ».

Paul Auster, le narrateur, est aussi conscient d’une autre limitation de son art : il emprunte l’idée à George Bataille : il y aurait, selon ce saint catholique, deux espèces de livres : les livres expérimentaux, qui sont le résultat d’une hypothèse dure et froide, et les livres qui s’imposent à leurs auteurs, véritables œuvres indiscutables. Les livres de Grainville résultent de l’application de recettes aux ingrédients recherchés par ses lecteurs. Ils ne sont pas construits, ne viennent de nulle part et n’engagent pas autre chose que la reproduction de petites manies qui font partie d’un jeu entendu d’avance. Les dramatisations de Carrière constituent le préalable de l’œuvre qui va être créée par le cinéaste qui ne pourrait rien créer d’authentique si le texte même du scénario était un chef-d’œuvre ; Hitchcock et Truffaut se sont déjà entretenus sur ce sujet essentiel. Hitchcock précise bien qu’il a besoin 1) d’un mauvais roman, 2) d’un bon scénario 3) de génie propre. Jean-Claude Carrière, qui n’a pas lu Truffaut (et qui n’a pas lu grand-chose) envisage de dramatiser un chef-d’œuvre, Belle du Seigneur, ce qui est parfaitement contraire au bon sens. Qu’il en tire la conclusion que ce véritable roman est nul n’est que la preuve que Jean-Claude Carrière n’est plus rien dès lors qu’il se trouve seul face aux difficultés ; il s’agit plutôt de quelqu’un qui a été bien « utilisé » par d’autres qui eux avaient quelque chose à dire et à faire.

Mais revenons à Bataille, et donc à Auster : la remarque de Bataille n’est pas aussi judicieuse qu’elle en a l’air au premier abord. Elle est certes utile à Auster qui a besoin de théoriser sa pratique du récit, comme il a absolument besoin d’ « adouber » le polar. Son expérience ne doit pas demeurer « expérimentale » si la question est d’élever son texte au statut de roman « littéraire ». Paul Auster me fait penser à Woody Allen qui sait exactement ce qu’est le vrai cinéma, mais qui n’a d’autre ambition que d’en faire un bon. Du coup, la comédie devient le modèle et le bavardage visuel et dramatique prend toute la place, alors que le cinéma est d’abord une invention de l’image comme le souligne avec insistance Hitchcock. Chez Auster, le roman ne peut pas « revenir », comme cela arrive à tout écrivain qui cherche l’expérience fondamentale, celle qui va le « caractériser » au point de le différencier des autres. C’est alors le polar qui s’installe et impose ses lois, lesquelles concernent essentiellement, pour ne pas dire uniquement, la cohérence, et donc la logique. D’ailleurs, la critique ne s’y est pas trompée, irritant cet auteur intelligent et surtout réfléchi. Paul Auster est vite devenu un auteur de polars littéraires, un jeu somme toute assez vain qui n’a pas tout de suite convaincu. Car Auster s’adressait d’abord à des connaisseurs pas faciles à tromper question littérature. Et ce n’était d’ailleurs pas son intention, comme Jean-Claude Carrière n’a jamais eu l’intention de se foutre du monde, ce qui est le cas de Patrick Grainville qui y réussit parfaitement. Paul Auster devait donc débarrasser son terrain du soupçon de l’expérimental et de celui du conte populaire. Il fallait à tout prix que ses livres paraissent « arrachés » à lui-même, qu’il soit évident qu’il ne pouvait pas faire autrement que de les écrire et qu’ainsi il devenait impossible de le priver du titre et des honneurs de l’écrivain authentique. Il a joué là sur un terrain difficile. Convaincre à la fois le véritable amateur de littérature et l’amateur d’émotions fortes n’est pas donné à tout le monde. On sait à quel point il a réussi. Son œuvre n’est pas considérée comme « expérimentale », ce qui l’aurait réduit à l’« impubliable » dans le sens où cela est entendu par exemple sur le site ubu.com. Ses livres ne sont pas non plus de vulgaires polars et pourtant ils sont aussi passionnants que les meilleurs d’entre eux.

L’idiot français, particulièrement en matière de jugement littéraire, s’applique en général, parce qu’il est de mauvaise foi ou simplement idiot, à différencier le texte expérimental du texte « lisible ». Il est d’accord pour accepter l’existence du texte illisible ou peu lisible à la condition que celui-ci soit marqué du seau de l’expérience, de l’hypothèse en tout cas. Et sur ce sujet, l’idiot, par exemple Jean-Claude Carrière, met un point d’honneur à affirmer que son « métier » passe avant toute expérience que par définition « on » ne peut pas prendre au sérieux. Ainsi, j’ai lu quelque part sur l’Internet que Le tunnel de William Gass est un « pavé expérimental » ainsi décrit par l’idiot : « 720 pages. En un tweet : Un vieil historien achève un livre sur l’Allemagne d’Hitler. Mais c’est l’histoire de sa propre vie qu’il se met soudain à rédiger… Difficulté principale : se farcir la confession désordonnée d’un historien du nazisme en fin de course n’a rien de très folichon : des histoires de vieux con, de micro-sexe, d’intello d’un autre siècle, peuvent être réellement pénibles à suivre. Pourquoi il faut se forcer : parce que ce qu’il y a de mieux, dans Le Tunnel, c’est le bout. Les conditions idéales pour le lire : rester cloîtré chez soi, comme le fait le narrateur qui se creuse, en écrivant, sa propre tombe. »

On peut difficilement faire mieux comme idiotie. D’abord parce que Le tunnel n’est pas un texte expérimental dans le sens où l’entend George Bataille. Les trente ans qu’il a passés à composer et parfaire ce texte prouvent assez qu’au contraire il faut considérer que ce texte est plutôt subi par son auteur qui n’a pas pu faire autrement que de s’y consacrer peut-être au détriment d’une littérature du divertissement que son talent même d’écrivain pouvait proposer à des lecteurs amusés d’avance par les propositions indélicates (du style Grainville). Notons que l’écriture même de William Gass, merveilleusement traduite par Christophe Claro, ne présente aucune difficulté majeure du côté du signifiant ; par contre, le contenu ne peut que dépasser le niveau moyen de l’idiot qui ne peut pas comprendre ce qu’il lit, raison pour lui d’en rejeter l’intransigeante proposition. On voit ici qu’un texte nécessairement écrit par son auteur est à la fois classé comme « expérimental », donc illisible et de peu d’intérêt émotionnel, et comme idiotie, ce qui ne laisse pas d’étonner de la part d’un idiot. Considérant cette fois l’« expérience » non moins touffue d’Onuma Némon, auteur de la Cosmologie, l’idiot se garde bien d’aller trop loin dans la critique d’un ouvrage français et se contente de parler d’un « voyage excessif dans le temps et l’espace », style de remarque qui n’engage à rien et permet à son auteur de ne pas déclarer clairement son idiotie. Idiotie qui lui permet néanmoins d’affirmer sans rougir que les « expériences » (Nouveau roman, William Gass, etc.) ne valent rien en comparaison, tenons-nous bien, des « chefs-d’œuvre » signés Nothomb, Djian, Grainville, Gavalda, Musso, Werber, et consorts…

Autrement dit, si on veut être apprécié par un idiot, mieux vaut s’en tenir aux effets de trompe-l’œil et aux grandiloquences du style partagés par les consommateurs d’évasion facile et de fête vernaculaire. Heureusement, tout le génie de Paul Auster consiste à établir un réel équilibre entre l’aventure authentique et la qualité des découvertes. Mais je crains qu’aucun cours sérieux de littérature n’améliore jamais le triste fonctionnement cérébral de Jean-Claude Carrière, heureux idiot, ni les bricolages impotents de Patrick Grainville. Pourtant, l’œuvre de Paul Auster est une leçon d’intelligence et d’honnêteté. La littérature prétendument « expérimentale » a besoin de cet effort scintillant à défaut d’être vraiment éclairant. Il y a si loin entre le conte tel que Kafka le lance dans l’univers et la fable alicienne somme toute inerte poussée par Daniel Queen et son ventriloque.

 Ceci pour réagir aux propos de cet autre idiot français exprimé récemment dans le Figaro Internet : Tout le monde le sait, mais personne ne le dit : la vache sacrée des lettres américaines, chouchou des Français, n’a pas fait de bon livre (sic) depuis des lustres. Cette fois-ci, il pense avoir trouvé la bonne idée : incapable d’écrire un roman digne de ce nom, il crée un personnage qui n’arrive pas à finir le sien. C’est mal écrit, mal construit, perclus de dialogues ni faits ni à faire, de rebondissements jamais crédibles et d’histoires d’inceste idiotes. Pour mieux charmer son lecteur gaulois, Auster n’oublie pas de caser de longs passages à Saint-Germain-des-Prés. Au mieux, c’est un médiocre roman de gare ; au pire, la fin d’une carrière (Nicolas Ungemuth).

Langue et cerveau de l’idiot français : c’est sans doute imité de ces soit-disant « polémistes » qui font le lit des radios et autres médias destinés aux revanchards de la post-modernité.

 

Invisible, de Paul Auster, Actes Sud. Traduit par Christine Le Bœuf.

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Pas de livres d'écrivain.
Pas de livres illustrés.
Pas de livres à 4 mains.
Etc.

 

À paraître bientôt.

Réservez votre exemplaire.

06 88 13 62 43

Extraits et commentaires dans le RAL,Mag nº 4.

 

 En savoir plus. 

 

 

Entretien de Laurent Margantin
avec Serge Meitinger
à propos de « Un puits de haut silence »
Entretien paru sur http://www.oeuvresouvertes.net

Serge Meitinger, vous publiez aux éditions Le Chasseur abstrait un recueil de poèmes intitulé « Un puits de haut silence ». Pouvez-vous nous dire quelques mots d’abord sur la conception de cet ouvrage ? Je crois savoir qu’il s’agit pour la plupart de poèmes déjà anciens, d’une parole dispersée en somme, que vous avez rassemblée. Mais comment ?

 

Le « recueil », comme vous dites, qui est paru dans les premiers mois de 2008 — qui a été rejoint en décembre de la même année par un second ensemble intitulé « Les œuvres du guetteur » (chez le même éditeur) et qui sera bientôt suivi d’un troisième : « Miroir brûlé, miroir des analogues » — est la première pierre ou le premier tome publié de mes poésies complètes (cette initiative résulte d’un souhait de l’éditeur qui est venu me demander cette mise au jour). Je n’aime pas trop l’idée de « recueil » que je récuse au nom de celle du « livre » et je serais très dépité si l’on prenait ces ouvrages pour le ramassis d’une « parole dispersée » (mais je peux être au-dessous de mon ambition, cela n’est pas chose rare chez les créateurs qui se leurrent facilement). Bref, je prétends à une construction et à un développement qui vont vers l’unité comme on va vers l’idéal, c’est-à-dire sans l’atteindre… Le premier ensemble paru : « Un puits de haut silence » représenterait le second tome de cette intégrale. Il rassemble trois entreprises différentes avec chacune sa continuité. « Lieux nomades » explore, à travers le voyage et le séjour à l’étranger, ce qu’il en est du lieu pour chacun, le repli sur les sources ou les racines étant un malentendu ou une imposture lucrative : deux séries de poèmes courts évoquant le « lieu natal », c’est-à-dire pour moi la Bretagne, ouvrent et ferment le livre, encadrant un groupe de neuf séries composées chacune de neuf poèmes. Certes leur composition s’étale dans le temps (les dates placées dans le texte en témoignent, de 1976 à 1993), mais chaque groupe a été composé avec, dans l’esprit, l’exigence liée à la structure du tout. « Chants d’inexpérience » se veut l’inventaire des fondamentaux de notre présence au monde en sa naissance continuée, quelque peu éclairé et mis à nu par mon expérience malgache. Le cheminement, partant de l’éclosion et de « l’élémental » (pour parler comme Senghor), va vers un point qui n’est ni exactement un but ni un lieu, plutôt un moment bien qu’on puisse l’appeler « le pur ici », en passant par les tribulations du quotidien, ses déchirements contradictoires, ses bonheurs improbables, ses instantes esquives. « Le Sel du silence » s’appuie sur les livres de photographies de paysages japonais réalisés par Shinzo Maeda et parus chez Taschen. L’approche en apparaît sans doute plus dispersée, comme livrée au jeu des pages que l’on feuillette, cueillant l’inspiration au rebond d’une lueur, d’une couleur ou d’une forme, humant l’effluve d’une atmosphère… Toutefois intervint une mise en ordre finale qui choisit des regroupements, opéra quelques modifications dans les textes afin de les harmoniser ensemble et s’ouvrit résolument à la lumière noire qui fait le fond de notre « voir ». De plus, dans l’ouvrage les rassemblant, ces trois grands moments sont munis chacun d’une présentation et le choix du titre global en appelle à une image fondamentale, obsédante et centrale, explicitée par l’« Avant-dire ».

 

Extrait

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L'éditeur
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Nouveautés

 

 

 

Parutions du mois de mars:

 

Je vis. Je meurs. Je meurs ! Je vis ! Que de vies ! Que de morts ! Des petites, des grandes, des lentes, des sûres… Je vis. Je meurs. Que d’envies, que d’humeurs ! Des vies, des morts rêvées… Pour trinquer, nous trinquons. Je lève le coude et le poing. Toujours les mêmes barriques, les mêmes barricades. A la Vie ! A la tienne ! A la mienne ! Quand la coupe est pleine, les débordements… La fameuse goutte ? Le vase de Soissons… Un soldat, un roi… Un vase d’argent cabossé, une caboche fendue… Une bonne soupe de clovisses ! Ta récitation ? Par cœur, m’man ! Mort, j’appelle de ta rigueur, Qui m’as ma maîtresse ravie, Et n’es pas encore assouvie Si tu ne me tiens en langueur : Onc puis n’eus force ni vigueur ; Mais que te nuisoit-elle en vie, Mort ? Deux étions et n’avions qu’un coeur ; S’il est mort, force est que dévie, Voire, ou que je vive sans vie Comme les images, par coeur, Mort ! François Villon. Dors, maintenant.

La vie sans la mort ? Je n’ose pas y songer. Ni fin ni cesse aux frais de la princesse… Je suis né avec les fers, dans les fers… On le tient par la crépine ! Je vins, je vis, je vaincs ! Je claque la porte du temple d’une vénus en cloque sans mes cliques, sans mes claques… Je décanille crâne et pieds nus. A la Mort ! A la mienne ! A la tienne ! Je suis mort avec les fers, dans les fers… On le tient par la barbichette ! Je laisse au moins offrant mon bonnet phrygien, mes grolles à bascule –attaches de corde, semelle d’olivier-, mon guenillon rapiécé par les cousettes d’un opéra buffa, ma musette en accordéon, mes lames et mon tire-bouchon branlants dans le manche, ma plume d’oie Waterman, mon masque à domino, mes bésicles d’écaille, mes carnets de vadrouille, mon bâton de pastour, mon fidèle baladeur, ma bibliothèque d’Alexandrie, quelques pastels de Rosalba, mon dictaphone, le dictamen de ma conscience… Au royaume des taupes, je n’emporte qu’un drap mûr. A la Vie et à la Mort ! Des nôtres ! Des vôtres ! Des leurs ! Tchin-tchin ! Santé ! Santé ! Jusqu’à quand, nom d’une pipe d’écume ? Mystère et boule de gomme, je te chamboule. Ni vu ni reconnu, je t’emberlificote dans des miséricordes à noeuds !

Extrait

Page Robert Vitton

 

Quant à « La tournée du barman », c’est en quelque sorte le come back de ce personnage qui apparaît deux fois dans « congrès  » où il raconte à ses clients, un passage de sa vie et cite Ovide en remplissant les verres.

Relisant ces deux poèmes, j’ai pensé que ce curieux bonhomme, avec son récit d’exil amoureux, méritait de réapparaître dans un livre. Il m’attirait, avec son mélange de culture et de vulgarité, son humanisme un tantinet romantique, sa prédilection pour la parole et son penchant pour la poésie, fût-elle de bistro. Il me semblait qu’avec lui, je pouvais en quelque sorte donner une suite plus romanesque à ma pérégrination dans « Voieries et autres ciels », pour en faire l’anabase du poète-barman à travers un Paris enneigé une veille de Noël.

Après sa journée au bar de la « sirène verte », où sa patronne et lui passent de bons moments dans les toilettes, il se rend à pieds jusqu’à la chambre de bonne de sa bien-aimée Nathalie qu’il idéalise au point que la rencontre se solde par un fiasco sexuel, hanté qu’il est par ses débordements avec la patronne, forte matrone experte en érotisme. Après la nuit passée avec la jeune secrétaire encore endormie, il retourne à la « sirène verte » en faisant à pieds le chemin inverse. Ce sont ces deux traversées à travers la ville qui sont la matière du poème-roman qu’est « la tournée du barman ». Le personnage au cours de ses deux parcours, enregistre ce qu’il voit et entend, les vitrines qu’on prépare pour Noël, les gens faisant leurs achats et les multiples activités plus ou moins fébriles de la vie urbaine avant les débordements festifs de la nuit de la Nativité, que le barman se promet de passer dans le lit de sa Natou chérie. On traverse tout ce remuement de foule, on croise des spécimens humains, on entend des bribes de conversations, des commentaires amorcés, cependant que le vent et la neige forment le fond sonore où volent les paroles. Tout cela est ponctué par le soliloque du barman, commentant ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il se promet de faire, ce qu’il se rappelle, au rythme de sa marche haletante dans le premier parcours, plus flanante dans le second. Au cours de son retour au petit matin, ses soliloques deviennent plus nombreux, plus serrés, le langage s’affole, les fantasmes pornographiques en forment le plus souvent le sujet. Il semble que sa virilité ressuscite au point que le discours devient de plus en plus masturbatoire. Son métier même lui inspire les cocktails les plus exotiques, l’image du shaker qu’on secoue et qu’il prononce (écrit à la française) tchéqueur, lui devient comme un graal. De plus un mystère plane sur une pièce de vêtement des plus intimes trouvé dans sa poche. Le barman tombe en pleine interrogation métaphysique.

Voila j’ai résumé la trame romanesque de ce qui est surtout un poème. Plusieurs petits récits viennent s’amorcer puis disparaissent en laissant toutefois quelques échos par ci par là dans le texte. Bien sûr la culture est présente, au même titre que les bigmac, le papier toilette, les affiches de cinéma, les titres des livres dans les librairies, les crottes de chiens dans les caniveaux, et la philosophie au ras des pâquerettes des chanteurs de variété portraiturés sur les colonnes Morrice avec l’air inspiré d’un prix Nobel de poésie. J’ai tenté de montrer ma vision de la ville non à travers un personnage, mais à travers un texte-personnage. Le barman n’est pas moi c’est le texte, lequel s’ouvre sur un passage du paradis de Dante et finit par une citation de la « ballade de la grosse Margot » de François Villon : « en ce bordeau ou tenons nostre estat » : D’un paradis l’autre.

Et entre les deux, l’enfer avec son train, qui suit l’étoile morte parmi les guirlandes, les murs de sapins et tous les mécanismes qui meuvent la foule affairée aux achats dans un monde perdu par la consommation, la technique avancée, le vide sidérant du plein écran HD, et bien évidemment la sainte moraline à ne pas prendre à jeun. Mon barman ne caresse pas dans sa poche un objet froid de communication au forfait, mais une étoffe d’un rose angélique qui ne sent ni l’or ni l’encens mais la chair désirante d’un être désiré, donc pleinement sauvé.

Les élans pétrifiés des ponts sur la ville
et la chemise du fleuve arrachée par le ciel
te couvre les épaules – « Anche soggiunse :
« il fiume e li topazi/
ch´entrano ed escono e´l rider de l´erbe
son di lor vero umbriferi prefazi » –,
dit la mauvaise vue des arches à branchies.
Et tandis qu´on attend le coucher du soleil
en compagnie du lynx et du tigre de Blake,
un Tirésias barbu se prépare à pisser,
ajoutant à l´odeur des éperons célestes
du fantôme équestre, et porte l´horoscope
où le temps hivernal épluche ses mamelles.
Les doigts branchus s´inclinent sur la berge humide,

et s´enlisent avec les ongles de la terre
lourdement plantée – Dans le café se chauffent
des mondes fédéraux, des frangines girondes
et certains ouvrages de damnations fines :
communiquer et s´arrêter voilà la loi ;
Mais la beauté se nippe d´italiques le
barman est dans le ciel de son torchon laïque
manuterge piqué d´étoiles écrasées
par l´énorme otarie de son rêve intraitable
au bord du Finisterre buté des pourboires.
— « Ell´me dit d´la traiter comm´un´chienne en chaleur
et de boire la moule ouverte de sa chatte
ah c´que j´me suis poilé : le fruit d´mer de sa chatt´
le miaou d´son mollusque ! J´en ai dégusté

Extrait

Les peintures qui parcourent le livre sont de Francine Sidou.

 

Page de Gilbert Bourson

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Que publions-nous ?

Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s'exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d'accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n'avons de limites que le talent et l'honnêteté intellectuelle.

Des artistes de tous poils, impressionnistes ou conceptuels, - des musiciens dans la tonalité ou ailleurs...

Nous ne perdons jamais de vue que nous sommes d'abord des internautes et que la création commence pour nous dans le cyberespace. C'est notre manière d'être modernes et d'éviter les conséquences désastreuses des pratiques éditoriales abusivement centrées sur le commerce à tout prix.

 

Nos critères de choix

Nous ne publions pas à compte d'auteur ni à tour de bras.
Inutile donc de nous proposer des « affaires en or »
ni de perdre patience.


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Le portail Internet
LE CHANTIER
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Espaces d'auteurs
Textes et Prétextes
RALMag
Publication libre
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La RAL,M commença le 1er avril 2004 par être une simple revue en ligne chargée, comme mille autres, de publier les refusés. Chemin faisant, elle est devenue le Portail du Chasseur abstrait. Entre temps, cette maison d'édition s'est donné pour tâche de diffuser les auteurs qui le souhaitent.

On a vite distingué ceux qui déclarent tenter l'aventure totale - publier une oeuvre - et ceux qui ne souhaitent pas aller plus loin qu'une publication ponctuelle. Les premiers, nous avons mis à leur disposition un outil complet : publication des livres "en papier"; collaboration active au site (articles, espaces d'auteurs, numéros spéciaux, blogs personnels). Aux seconds, nous leur avons demandé d'acheter quelques livres pour pallier le manque d'engagement et de participer presque librement au Portail du Chasseur abstrait.

Autrement dit, deux types de contrats: l'auteur cède ses droits et s'engage moralement à publier une oeuvre complète - rien ne lui est demandé, sauf de participer le plus activement possible au Portail;

l'auteur ne cède ses droits que pour un an et il s'engage à acheter quelques exemplaires de son livre, ce qui ne le prive en aucune manière des outils mis à sa disposition par le Portail.
Voilà comment nous travaillons. On ne peut pas être plus clair. Et avec beaucoup de travail, on sera de plus en plus efficace.

Voir [Manuscrits] pour de plus amples explications.
Voir l'[accueil] pour accéder aux numéros spéciaux. Il s'agit de numéros dont le sommaire évolue en fonction des ajouts et des changements qui l'affectent. Ainsi, le numéro spécial consacré à un auteur ou à un ouvrage est le meilleur moyen d'accéder au travail de cet auteur ou à l'évolution d'un ouvrage.

En plus de la possibilité de mettre en ligne des textes dans le site (Textes & Prétextes) et de celle de publier des livres dans les collections du Chasseur abstrait, l'auteur dispose de trois outils: - les [espaces d'auteur] - où il organise un sujet et s'exprime en toute liberté de forme, de fond et de composition;

- les [numéros spéciaux] - qui permettent au lecteur d'appréhender le travail de l'auteur dans sa totalité, y compris ses publications;

- les [sites officiels] - blog ou site plus complexe - où l'auteur présente ou fait présenter son oeuvre.
Publier chez Le chasseur abstrait, c'est disposer d'outils de communication et de publication sérieux, sans compter les salons auxquels nous participons, notamment le Salon du livre de Paris grâce à la bienveillance du Centre Régional des Lettres de Midi-Pyrénées.
Quelles nouveautés Nouveautés ce mois-ci ?

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Valérie Constantin, Marta Cywinska, Andy Vérol, Nacer Khelouz, Pascal Leray, Paul de Maricourt, Serge Meitinger, Marie Sagaie-Douve, Patrick Cintas, Benoît Pivert, Oscar Portela, Robert Vitton.

Ces auteurs ont bien voulu animer des espaces plus proches de leurs préoccupations que le sommaire de la RAL,M toujours un peu généraliste. Ces espaces constituent du même coup le coeur de la revue et leurs projets respectifs nous rapprochent nettement d’une revue qui serait pleinement assumée.

Voir [Espaces d'auteurs]

 

Nouveautés

 

 

 

Joe au soleil
Commencement et fin
Pascal Leray

J’aurais voulu commencer cette histoire par le commencement. Mais le commencement, j’avais du mal à le trouver. La vérité est que le commencement, il n’y en avait tout simplement pas. L’histoire commençait probablement sur le sable, au soleil, dans un désert qui (vraisemblablement) abhorre Joe. Joe marche à côté de son cheval parce que son cheval n’a plus la moindre force — plus la force de se soulever soi-même et moins encore pour porter Joe. Mais Joe a lui-même peu de forces. --- Il n’a plus son cheval pour le porter. Son revolver n’a plus de munitions et il n’a plus l’oeil sûr qui devait lui permettre d’atteindre d’un seul coup de revolver — d’une seule décharge --- le soleil... Alors, ses dernières forces, Joe les emploie 1) à marcher (bien que le soleil lui brûle et lui perce les pieds) ; 2) à conspuer et à haïr le soleil. Mais Joe marchant tourne — comme le soleil --- sinon que le soleil semble plus responsable que Joe de sa circulation sûre, tandis que Joe s’il tourne le regrette et regrette de tourner et voudrait marcher droit --- jusqu’à ce qu’il rencontre ses propres pas, que le sable du désert a gardés comme un moule intact.

Joe s’enfonce dans ses propres pas et, de cet enfoncement progressif, accuse le soleil — et creuse le sable du désert, tandis que tout à côté de lui son cheval poursuit de se liquéfier. Et le cheval à force de fatigue prend l’allure d’une flaque noire --- l’ombre de Joe --- et Joe boit dans cette mare noire qui l’intoxique et lui détruit l’esprit — son ombre --- qu’évapore le soleil en parallèle. Aussi le combat de Joe se poursuit-il stupidement sur deux plans qui distincts le déchirent --- d’un côté il se noie dans l’ombre de la flaque du pelage du cheval noir qui l’accompagne ; de l’autre il marche droit mais tourne dans le désert circulaire allié au soleil qui tourne autour de Joe comme un vautour qui tuera Joe à force de tourner Joe dans ses tours inextricables (pauvre Joe). L’histoire de Joe ne s’arrête pas là (ne s’arrêtera pas, ne peut pas s’arrêter) mais il faut bien envisager une autre phase de l’histoire de Joe, son retour à la SOCIETE --- à l’hôpital, où Joe rejoint sa bien-aimée, mais sans entrer en contact avec elle (où est-elle d’ailleurs ? Es-tu encore en vie ?). On le retrouve dans une chambre d’hôpital où il aligne sur la série des murs (quatre, blancs) des images du ciel pour détruire l’image du soleil qui détruit sous ses yeux son invisible bien-aimée et brûle l’oeil de Joe pour lui offrir une série de figures hallucinées --- dans le désert, Joe marche, etc. Mais il a retrouvé la SOCIETE, la SOCIETE l’entoure et le rassure, on illumine Joe et la lumière de la société le topurne, aux quatre murs de sa chambre d’hôpital Joe parle, comme aux figures SOCIALES que sont l’INSTITUTION, la VIE, la BEAUTE, les GENS. Et que se subdivisent en quatre encore ces grandes ENTITES SOCIALES — qui jugent Joe de leur morale sûre, apodictique, et renvoient Joe à sa relégation dans le désert. La SOCIETE n’était que parenthèse.

Nous sommes tous gens de Joe.


* Nouvelle rubrique - à suivre le mois prochain *

 

 

 

Ses longs doigts d’azur…
Jean-Michel Guyot

Allongée dans l’herbe fraîche, en haut de la colline, elle caressait de ses longs doigts d’azur un nuage blanc qui s’attardait au-dessus de ses seins, dans le ciel vibrant de juin… Le nuage cotonneux s’effilochait, s’éparpillait en flocons neigeux, qui retombaient mollement sur ses seins roses. C’était un jeu qu’elle avait attendu tout le printemps…

L’hiver venu, elle était restée allongée des heures durant sur son canapé, devant la cheminée. Le feu accompagnait sa lecture. Un doux ronronnement flottait dans l’air. Quand elle était lassée de lire, elle se dévêtait prestement, s’allongeait nerveusement sur son canapé en calant sa tête contre un bon coussin de laine. Ses doigts avaient palpé ce livre ancien qu’elle relisait toujours, l’hiver venu. Maintenant, réchauffés par sa lecture, tout près du bon feu qui cheminait jusqu’au ciel, ses doigts couraient sur son corps alangui.

Elle commençait par caresser ses seins pointus. Les mamelons avaient durci à la lecture du livre. Elle avait senti son sexe se gonfler, puis s’écarter au fil des pages de ce livre ancien qu’elle aimait pour le froid qui en émanait, un froid qu’il fallait vaincre avec ses yeux et ses oreilles, son cœur et son corps, dans un corps à corps avec l’impossible.

La haine de la poésie avait été son premier titre, un titre obscur que l’auteur avait souhaité adoucir en intitulant son livre L’impossible


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Le triorchide
Robert Vitton

Tu es né à Calepio… Près de Bergame ? Bergame… Bergame ! Comme Donizetti ? Comme Fra Galgario ! Negretti, Jacopo Negretti. Comme Carla Cerati… Comme Colleoni ! La farine de maïs… Le chaudron, le tarello… Le tarello, ce gros morceau de bois qui tourne et retourne sans cesse dans le récipient en cuivre sert aussi à la bastonnade des mauvaises passes.

J’entre dans ton Dictionnaire comme dans un Babel, comme dans un moulin… On y délie toutes les langues. On se frotte de grec, de latin, d’hébreu… Tu consacres ta vie et ta mort à accroître et à enrichir son poids et son volume. Chaque jour que ton bon Dieu de moine augustin fait, malgré tes prunelles éteintes, tu te remémores ton labeur de la veille. Des complices t’épaulent de siècle en siècle. Vous craignez la solitude, ne vous mariez pas. Tu te souviens des carnets d’Anton Tchekhov ? Tu entonnais sa trompette. La voie ferrée, les flots, la route… Tu es du voyage. Le voyage de Sakhaline. L’île de Sakhaline. Le bagne de Sakhaline. Il enquête, il constate, il témoigne, il mobilise… L’enfer des déportés. Sa tuberculose. Sa mort… Quand nous avons soif, il nous semble que nous pourrions boire tout un océan : c’est la foi. Et quand nous nous mettons à boire, nous buvons un verre ou deux : c’est la science. Du champagne ? Cela fait longtemps que je n’en ai plus bu. Ce sont ces dernières paroles. Tu l’as noté.


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Littérature et engagement
Stéphane Pucheu

La question de l’engagement, en littérature, est une question récurrente qui varie selon les époques et leurs caractéristiques. Elle sous-tend, probablement, la visibilité de l’écrivain dans la société à laquelle il appartient.

Les exemples de figures engagées abondent, le XXe siècle étant sans doute un temps paroxystique, et pour cause étant donné la solidité des idéologies, pour ne pas dire leur tyrannie.

Une certaine partie du public et du lectorat est nostalgique de la figure classique de l’écrivain engagé, sans d’ailleurs avoir une définition très exacte de cette posture. Peut-être regrette-t-il cet ancien monde dominé par une pensée bipolaire - autrement dit l’affrontement américano-soviétique - en dehors de laquelle, soyons objectifs, il était fort difficile d’échapper. Tout de même, des écrivains, et non des moindres, tels que André Gide et Albert Camus n’étaient pas dupes et ont tenté de démontrer que l’on pouvait sortir du schéma idéologique sans pour autant se retirer du champ politique ...

Dans le même contexte, Jean-Paul Sartre a représenté dans tout son fracas la figure de l’écrivain engagé, affichant ouvertement ses orientations politiques jusqu’à s’appuyer sur la littérature pour mettre en avant ses idées, appauvrissant du même coup l’intérêt littéraire de ses ouvrages. La fondation de l’existentialisme, par ailleurs, illustre à merveille le paradoxe particulier de ce véritable philosophe, qui n’était donc pas romancier ou, en termes encore plus clairs, un professionnel de la fiction.

A l’inverse, Albert Camus était une icône qui a quelque peu modifié la figure de l’écrivain engagé, dans la mesure où ses orientations politiques, toujours éloignées des dogmes et des préjugés, n’ont jamais fait d’ombre à son talent d’écrivain, à l’originalité de ses fictions qui signifiaient un réel engagement littéraire, le moteur de son existence.

Alain Robbe-Grillet, le chef de file du Nouveau roman, a tout simplement affirmé avec conviction son plein engagement dans la littérature, dans la prose, opérant une séparation constante et complète entre la politique et la littérature.

L’impact des livres de ces trois derniers écrivains évoqués reflète précisément la nature de leur engagement : lorsqu’on parle de "L’Etranger" , lorsqu’on parle de "La Jalousie" , les réactions sont bien souvent plus vives et les souvenirs plus forts que lorsqu’on évoque "La Nausée", ce qui démontre le pouvoir unique de la fiction, et donc de l’engagement total dans ce registre.

Si l’on fait un détour, maintenant, par la fin du XVllle siècle, l’oeuvre "Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos, alors officier de garnison et qui s’est mis à écrire lors de ses missions, a été vendue à Paris sous le manteau, quelques années avant la Révolution ... accompagnant largement celle-ci.

Ainsi, une voie se détache avec évidence : l’engagement de l’écrivain doit se traduire tout entier dans son oeuvre. Et puis, de toutes les façons, une fiction finit toujours par avoir un sens politique, bâtie pour plaire et en vue d’un éventuel succès commercial - et donc sûrement lié au pouvoir établi - ou conçue sans raison apparente, si ce n’est sous l’effet d’une mystérieuse injonction ou d’une problématique invisible qui part d’une intention personnelle avant de se confronter au monde.

 

 

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Nous recevons beaucoup de textes à publier, de livres à chroniquer, de manuscrits à insérer dans nos collections, sans compter la masse incroyable des Communiqués de Presse.

Et pourtant, il faut tout publier, tout ce qui vaut la peine de l'être - il faut parler des livres de nos confrères et des auteurs autoédités, il faut faire circuler les informations. Sans ce travail de fourmis, ce site n'aurait plus de raison d'être.

Nous allons donc nous organiser. Et si vous souhaitez nous aider à gagner du temps, tachez de nous remettre, toujours par email et en pièce jointe:

-- vos textes au format .doc (word) ou rtf.

-- vos images au format jpg (500 pixels minimum).

-- votre musique ou autre son au format mp3 (128 kb minimum).

Évitez les textes inclus dans le corps du email. N'envoyez pas de manuscrit par la poste. Regroupez vos textes au lieu d'en distiller les envois.

Textes & Prétextes

Nº 61.

Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 12 illustrations couleur pleine page de Claudio Curutchet.

Dos carré collé.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
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Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères

 

Sommaire

Idiomatic´s Argonaut´s - Gilbert Bourson
Entretien de Laurent Margantin avec Serge Meitinger à propos de Un puits de haut silence
Le triorchide - Robert Vitton
D´un silence à l´autre - Fred Edson Lafortune & Arnaud Delcorte - Entretiens
Soirée littéraire - Benoît Pivert
go west - Marie Sagaie-Douve
Série dans le square - Jean-Claude Cintas
Ses longs doigts d´azur… - Jean-Michel Guyot
Le bleu du ciel - La combe - A l’image de la vie - Un arc et des flèches - Des gerbes de blé - L’eau vive - An der Schule Blau - L’art et la manière - Jean-Michel Guyot
Au jour le jour - Extraits - Dana Shishmanian
À l´enfant qui sommeille en nous - Nadia Agsous
Hanétha Vété-Congolo - Entretien avec Karl Sivatte
Impreciso - Carmen Vascones
Le linceul de pourpre de Marcel Jouhandeau - Charles Adam
Retour à Reims de Didier Éribon - Charles Adam
La Loire - Christophe Esnault
La sainte famille - Christophe Mousset
Nelson Mandela - 46664 Pájaros de libertad - Cristina Castello
Varennes - Daniel Aranjo
Sonnets - Éric Bertomeu
La ville de haut et de loin - Ettore Janulardo
L´alchimiste - Francis Cappatti
Sacré Quartier Latin - Francis Cappatti
Une histoire de Curé - Francis Cappatti
Celine - Manuel Ruano
La curiosité est un vilain défaut - Maxime Rodary
La première fois que j´ai vu la mer - Maxime Rodary
Je suis la ligne de ton front - Niculina Oprea
Rendez-vous - Stéphane Prat
Sueños enfermos - Ulises Varsovia
Carte postale chinoise - Victor Montoya
Poèmes - Ivan Watelle
Poèmes - Yves Patrick Augustin
Journal intime du mardi - Agnès Imbert
La burra de Balán nos salva con su Verbo - Daniel de Culla
Littérature et engagement - Stéphane Pucheu

avec 12 illustrations couleur pleine page de Claudio Curutchet.

 

T&P 64 le 15 juillet prochain.

 

AVEZ-VOUS ACQUIS LE Nº 55 et le Nº 58 ? ICI

 

Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)

Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.

Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple).
Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.

 

 

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Un magazine de réflexion et de communication.

Une revue de réflexion et de création.

Une revue pour la version "papier" du site.
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Suivez l'actualité de ces 3 revues et participez.

Pour les revues éditées par Le chasseur abstrait, consultez le catalogue et la rubrique consacrée aux revues (chroniques, projets, etc.)

*À paraître en mai*

 

RALMag nº 4

 

Au sommaire :

 

NOTE : Le RALMag nº 4 aurait dû paraître en février. Un "cas de force majeure" l’en a empêché. Nous nous en excusons. Nous reprenons donc la série en mai avec un trimestre de décalage que nous ne rattrapperons sans doute jamais. Ce n’est pas bien grave...

 

 La collection

Plus de détails ici.

 

20x25 cm. Dos carré collé. 125 pages couleur + CD.
Présentation de la nouvelle collection NOIR
avec Valérie Constantin, Gilbert Bourson, Pascal Leray et Patrick Cintas
Abonnement (mai, novembre [nº double], février) : 60 euros.
Le numéro : 15 euros (mai et février) - 30 euros (novembre).
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
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RAL,Mag
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09270 Mazères
Nº 1 - texte intégral.
Sommaire nº 2-3

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Les textes et images publiés dans le RAL,Mag pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple).
Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.
Le numéro 5 en mai prochain.

 

Textes & Prétextes

Nº 61.

Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 12 illustrations couleur pleine page de Claudio Curutchet.

Dos carré collé.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
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Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères

 

Sommaire

Idiomatic´s Argonaut´s - Gilbert Bourson
Entretien de Laurent Margantin avec Serge Meitinger à propos de Un puits de haut silence
Le triorchide - Robert Vitton
D´un silence à l´autre - Fred Edson Lafortune & Arnaud Delcorte - Entretiens
Soirée littéraire - Benoît Pivert
go west - Marie Sagaie-Douve
Série dans le square - Jean-Claude Cintas
Ses longs doigts d´azur… - Jean-Michel Guyot
Le bleu du ciel - La combe - A l’image de la vie - Un arc et des flèches - Des gerbes de blé - L’eau vive - An der Schule Blau - L’art et la manière - Jean-Michel Guyot
Au jour le jour - Extraits - Dana Shishmanian
À l´enfant qui sommeille en nous - Nadia Agsous
Hanétha Vété-Congolo - Entretien avec Karl Sivatte
Impreciso - Carmen Vascones
Le linceul de pourpre de Marcel Jouhandeau - Charles Adam
Retour à Reims de Didier Éribon - Charles Adam
La Loire - Christophe Esnault
La sainte famille - Christophe Mousset
Nelson Mandela - 46664 Pájaros de libertad - Cristina Castello
Varennes - Daniel Aranjo
Sonnets - Éric Bertomeu
La ville de haut et de loin - Ettore Janulardo
L´alchimiste - Francis Cappatti
Sacré Quartier Latin - Francis Cappatti
Une histoire de Curé - Francis Cappatti
Celine - Manuel Ruano
La curiosité est un vilain défaut - Maxime Rodary
La première fois que j´ai vu la mer - Maxime Rodary
Je suis la ligne de ton front - Niculina Oprea
Rendez-vous - Stéphane Prat
Sueños enfermos - Ulises Varsovia
Carte postale chinoise - Victor Montoya
Poèmes - Ivan Watelle
Poèmes - Yves Patrick Augustin
Journal intime du mardi - Agnès Imbert
La burra de Balán nos salva con su Verbo - Daniel de Culla
Littérature et engagement - Stéphane Pucheu

avec 12 illustrations couleur pleine page de Claudio Curutchet.

 

T&P 64 le 15 juillet prochain.

 

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Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)

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Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple).
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Sans oublier le chantier des
Contenu : Réflexion et création. Numéros thématiques, anthologiques ou consacrés à un auteur, leur objectif est de communiquer le travail des auteurs publiés ou non par le Chasseur abstrait.

 

La RAL,M c'est maintenant

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et trois revues en papier.

Un extraordinaire moyen de communication
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proposé par Le chasseur abstrait.

 

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Pas de communication sans outils performants.
Que vous soyez auteurs chez Le chasseur abstrait
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Le Portail du Chasseur abstrait a commencé il y a plus de dix avec les sites de ses créateurs :

[Valérie Constantin] & [Patrick Cintas]

Ces deux sites sont en constante évolution. On peut les consulter [ICI].

Valérie Constantin & Patrick Cintas ont été rejoints il y a peu par Pascal Leray qui entretient un blog richissime que nous vous proposons de découvrir. Vous pouvez y participer librement.

À noter que les auteurs publiés par Le chasseur abstrait peuvent disposer de notre hébergement pour installer leurs sites officiels s'ils le désirent.
Galerie de Valérie Constantin
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Dans tous ces livres, la caractéristique commune est le rejet de l´illustration, au sens traditionnel du mot, c´est à dire une illustration servile et littérale, qui a pour fonction principale celle d´adapter l´écrit au lecteur.

Ici, l´illustration est parallèle au texte. Le texte et l´image vont de pair. Ils sont associés de telle manière que l´on ne lit pas l´un sans regarder l´autre. C´est leur globalité qui s´offre au regard du lecteur.

C´est ce que je cherche quand je mets en image un écrit.

Lorsque une lecture m´émeut, me bouleverse, m´ensorcèle, j´ai besoin de la traduire, de l´écrire avec les mots qui sont les miens : la ligne, le point, la couleur.

Cette rencontre avec un autre artiste va générer toute une angoisse liée à la création même : les tâtonnements, les inquiétudes, les détours, les directions, les découvertes. Jusqu´à trouver les matières, les rythmes, les couleurs, la composition. Jusqu´au moment où ça y est, c´est ça... où l´objet-texte est devenu l´objet-œuvre... où l´image dit ce que le texte suggère... où l´osmose est créée... où le texte illustré peut être proposé à l´écrivain, au poète. Alors une autre histoire commence...

Ce que je recherche dans ma démarche de peintre illustrant (au bon sens du terme), c´est que mes images rendent l´œuvre nécessaire.

Valérie CONSTANTIN

 

Blog de Pascal Leray
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La princesse néantiste me fait de grands signes, m'invitant à l'écouter. Je me prends avec elle à imaginer une femme (elle lui ressemble assez, d'ailleurs) qui se tord de douleur sur un banc, à un rond-point, le journal de la veille sur les genoux. « Comment se peut-il qu'une fraction de l'univers, si infime soit-elle, puisse rester dans l'ignorance de telle autre, pour éloignées qu'elles paraissent ? » Car l'univers est un, un comme la vérité est une, n'est-ce pas ? La princesse rit de sa voisine, qu'elle appelle Aine, je crois. Or, le journal relate ce jour-là un fait dont elle a été le témoin quelques jours auparavant. Un accident dont il lui était assez pénible de se souvenir. Mais la réalité de l'article et celle de la photographie ne correspondent en rien à ce qu'elle a vu elle-même. Le jour et l'heure ne sont pas les mêmes, d'autres détails divergent. « L'accident relaté dans le journal ne doit pas être le même que celui dont j'ai été le témoin », se dit-elle. La princesse nous mime majestueusement les attitudes embarrassées de sa voisine, nous nous tordons de rire ! Mais l'accident relaté dans le journal ne peut pas être un autre que celui auquel elle a assisté. Alors, elle lit l'article en boucle, tout en cherchant à se rappeler ce qu'elle a vu. Chaque détail qui lui revient en mémoire, elle le soumet à une critique rigoureuse, puis cherche de cet élément une trace dans l'article pour comparer les deux versions.

Extrait de L'accident récursif L'oeuvre de Pascal Leray a fait l'objet d'un "numéro spécial". On y trouvera sa participation évolutive à la RAL,M et le catalogue de ses oeuvres publiées par Le chasseur abstrait :

 

Blog de Patrick Cintas
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L'idée d'enfermer le monde dans un bocal pour que les autres puissent le contempler à travers les imperfections de transparences héritées de choses aussi bornées que la langue, la littérature, est sans doute la première qui vient à l'esprit quand le moment est si mal choisi d'annoncer qu'on a décidé de devenir écrivain. Annonce faite à soi-même d'abord, rarement avec autant de sincérité auprès des autres, leur farouche opposition est un avertissement. L'effort d'abstraction venait de cette lutte où l'allégorie servait de prétexte à l'analyse qui détectait en vous une ironie prometteuse de conflits sinon insurmontables du moins destructeurs et par conséquent mesurables. Que de temps passé encore à appliquer des lois apodictiques aux gouttes de sang versées dans ces inutiles mais inévitables conversations de tous les jours! Le prix fut exposé sur la porte de votre chambre. Vous n'entriez plus dans les lieux de votre chance sans calculer la croissance phénoménale de cette nouvelle existence. Il s'agissait bien de raconter une histoire qui ne fût pas seulement la vôtre.

Le Portail du Chasseur abstrait héberge d'autres sites d'intérêt : Galerie Artistasalfaix - galerie d'art actuellement indisponible pour cause de maintenance.

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Dictionnaire philosophique de Voltaire - un des grands succès de notre site (plus de 3000 téléchargements quotidien) - On peut lire cet énorme ouvrage en ligne et télécharger l'oeuvre intégrale au format PDF.

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Nous vous invitons à découvrir ce mois-ci le Dictionnaire philosophique de Voltaire (lecture en ligne et téléchargement gratuits).
Dictionnaire philosophique
de Voltaire
Le philosophe n'est point enthousiaste, et il ne s'érige point en prophète, il ne se dit point inspiré des dieux; ainsi je ne mettrai au rang des philosophes, ni l'ancien Zoroastre, ni Hermès, ni l'ancien Orphée, ni aucun de ces législateurs dont se vantaient les nations de la Chaldée, de la Perse, de la Syrie, de l'Égypte et de la Grèce. Ceux qui se dirent enfants des dieux étaient les pères de l'imposture; et s'ils se servirent du mensonge pour enseigner des vérités, ils étaient indignes de les enseigner; ils n'étaient pas philosophes: ils étaient tout au plus de très prudents menteurs.[...]

Distinguons dans tout auteur l'homme et ses ouvrages. Racine écrit comme Virgile, mais il devient janséniste par faiblesse, et il meurt de chagrin par une faiblesse non moins grande, parce qu'un autre homme, en passant dans une galerie, ne l'a pas regardé: j'en suis fâché, mais le rôle de Phèdre n'en est pas moins admirable.[...]

Voir aussi Wikipedia

Services gratuits
Les outils de communication du Portail du Chasseur abstrait sont très utilisés en ce qui concerne: [S'inscrire à la newsletter] [Recommander le site] [Contact]. Voir le [menu en haut de page], dernière ligne. Ces outils sont en effet communs à tous les sites. On a l'habitude de s'en servir et on en mesure très bien l'utilité.

Une explication s'impose :
Communiqués de Presse [Communiqués de Presse]
Le CP, communiqués de Presse, est sans doute l'outil de communication le plus efficace et le moins onéreux. Ce qui explique sa très fréquente utilisation par tous ceux qui souhaitent communiquer des informations publicitaires ou autres.

Nous recevons nous-mêmes par email quelques dizaines de CP chaque jour - sans nous plaindre de cet assaut quotidien qui ne constitue en rien un abus à nos yeux. C'est bel et bien de la communication venant d'éditeurs et d'auteurs qui souhaitent à bon droit faire passer une information sur le média inconstestable qu'est notre Portail du Chasseur abstrait.

Hélas, nous ne pouvons assumer la tâche considérable qui consisterait à mettre en ligne, chaque jour, ces nombreux et utiles CP.

Nous mettons donc à la disposition de ceux qui souhaitent faire passer leur message un outil facile d'utilisation et efficace en toute liberté - à savoir notre système de "Publication libre"...

 

Le mois prochain
Nouveautés de la RAL,M
Pas un mois ne passe sans cette hyperactivité qui caractérise Le chasseur abstrait et ses amis auteurs et lecteurs. Des années qu'on s'échine et qu'on s'organise dans une joyeuse confusion...! Personne ne peut dire qu'on n'a pas fait du chemin...! C'est le genre de la maison...!

 

Nouvelle RAL,M

Chaque mois, une page éditoriale

Octobre 2010. La nouvelle RAL,M est née. Qu'est-ce qui a changé? Et bien le Chasseur abstrait a maintenant son propre site. Les catalogues et les nouvelles des auteurs publiés sont donc transférés dans ce nouveau site. La RAL,M revient a sa vocation première : la publication en ligne et les revues "papier". Et redevient entièrement le chantier littéraire et artistique dont les auteurs, quels qu'ils soient, ont besoin. Et c'est aussi l'endroit où Le chasseur abstrait rencontre ses futurs auteurs. Pour plus d'informations, consulter la nouvelle ligne éditoriale de la RAL,M :

Ligne éditoriale : 

 

2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Le chasseur abstrait éditeur - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

sarl unipersonnelle au capital de 2000 euros - 494926371 RCS FOIX

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