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Revue en ligne
jeudi 23 novembre 2017
Revue d'art et de littérature, musique
Directeur: Patrick CINTAS
Éditeur: Le chasseur abstrait

Pascal Leray

Sommaire de ce numéro:

1. Pascal Leray

Publications
    Chez Le chasseur abstrait
Introduction
    Sériographie
    Entretien avec Pascal Leray
Pascal Leray à l'ouvrage
    1. Avec l'arc noir
    2. Musiques et chants
    3. Anthologies sérielles
    4. Critique

2. suivi de

 Les DjangodOr 2008 - 17e Trophées internationaux du Jazz
Laisse brûler le jazz...

 Textes et prétextes - Le choix de la rédaction
...rencontrer ici même, dans la RAL,M, les auteurs qui s'y donnent le mieux.

 

Commençons par l'extraordinaire chantier protéiforme entrepris par Pascal Leray tant sur le site de la RAL,M que dans les collections du Chasseur abstrait. De quoi en inspirer plus d'un. Définition :

Sériographie [nf] 1. En médecine, examen de différentes pathologies à l'aide de radiographies à cadences rapides ; 2. En peinture, organisation sérielle d'un ensemble d'oeuvres picturales [chez Rafael Soto, en particulier] ; 3. Sur le modèle de « bibliographie, filmographie », liste des séries télévisées ou cinématographiques d'un réalisateur, d'un acteur ou d'un agent de l'économie audiovisuelle ; 4. En littérature, sur le modèle de « polygraphie », écriture des séries, par séries ou mode d'organisation sérielle d'une oeuvre littéraire. Se dit particulièrement des textes relevant de la thématique sérielle, quand ils présentent des réseaux de relations sémantiques transversales. Cette sériographie est un foutoir global ! [un grand désordre] PAR. : sériosphère, sériologie. ▪ Assemblage d'un mot latin et d'une racine grecque, ce mot est un barbarisme. [P.L.]

Tant que l'oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d'un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l'ampleur qu'en se rendant sur l'Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu'à manger de l'homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d'une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d'explorer le langage sous toutes ses formes: roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu'une simple palette. C'est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d'un humour parfaitement ravigotant.

 

Pascal LERAY
Portrait de la série en jeune mot

À quel moment de ton existence Pierre BOULEZ fait irruption ? Je veux dire : après quoi ?

L’irruption de Pierre Boulez dans mon existence, je m’en souviens précisément. J’étais dans ma première année d’université. Je me réfugiais souvent au rayon « musique » de la bibliothèque universitaire (l’équipement était trop petit, on devait souvent s’asseoir par terre : je restais près du rayonnage et recopiais ce qui m’intéressait). J’ai compulsé des livres sur le jazz, sur la musique indienne, sur la musique contemporaine. - J’ai fini par tomber sur les Relevés d’apprentis de Pierre Boulez. J’étais fasciné par les tableaux de série, par cette notion de série appliquée à la musique. Sur France musique(s), j’écoutais des oeuvres en m’interrogeant : « Est-ce sériel, cela ? Et où est la série ? ». J’ai fini par m’arrêter sur la conclusion de l’article « Éventuellement » : « affirmons, à notre tour, que tout musicien qui n’a pas ressenti – nous ne disons pas compris, mais bien ressenti – la nécessité du langage dodécaphonique est INUTILE. Car toute son œuvre se place en deçà des nécessités de son époque. » Dans la marge, un étudiant avait inscrit au crayon, très lisiblement, une inscription jaillie du fond du coeur : « Connard ! » Mais l’expérience dont je revenais à peine moi-même – un rejet brutal et inexpliqué de toutes les musiques que j’avais aimées jusqu’alors, le besoin sans possible contredit d’aller à autre chose – me paraissait trouver ici une réponse satisfaisante. Je n’ai pu vraiment écouter la musique de Pierre Boulez que quelques mois plus tard, à travers une gravure du Marteau sans maître. Peu après, je faisais l’acquisition de l’oeuvre complète de Webern. Cette musique est devenue pour moi comme une montagne à gravir. Peu à peu, j’ai appris à l’entendre. Tout ce temps, son existence a exercé sur moi une pression extrême. Rappelons que Pierre Boulez s’est régulièrement appuyé sur l’injonction d’Artaud : « Organiser le chaos ». C’est, je crois, cette visée qui m’est la plus précieuse, dans la démarche sérielle.


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1. Présentation: Une épopée psychique

Le commentaire d’une oeuvre est un miroir d’Alice. Mais le poème « Avec l’arc noir » est-il un commentaire du tableau de Kandinsky. Le titre désigne un point d’impact, assurément. Il faut croire que le projet est né d’une faille initiale. Le jour où j’allais à Beaubourg, tremblant sous l’impact de perturbations psychiques, traversant les salles à grandes enjambées pour me planter devant la toile en constant mouvement... où je voyaiss, assez stupidement, se dessiner, au coeur de la matière abstraite de Kandinsky, un joueur de hockey sur glace ! Ridicule, vraiment. Il est donc possible qu’Avec l’arc noir se rapporte plutot à un tremblement psychique qu’à une oeuvre picturale elle-même. Pourtant l’oeuvre est bien là et elle exerce son rôle tutélaire.

« Conglomérat vs poème ». Le projet (une épopée psychique) résulte d’une lutte irrésolue entre les différentes dimensions de l’écriture : celles qui ferment le poème ; celles qui l’ouvrent, sinon l’éventrent, pour en faire jaillir comme du sang mille bris de récits amorcés, nés dans la toile, accidentellement pour la plupart, et voués à se combiner infinissablement entre eux. Pourtant, le texte est aussi le rêve - l’utopie ! - d’une synthèse. Et puisque nous n’en sommes pas à une contradiction près, l’hommage se transforme. La logique sérielle qui conduit le poème, ou sa structuration, ne renvoie plus tant au lyrisme abstrait de Vassili Kandinsky, en effet, ni même à la dodécaphonie pas encore née en 1912 de son ami Schoënberge qu’à la tabula rasa opérée, après le choc webernien, par l’école de Darmstadt : Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Bruno Maderna, Luciano Berio et Luigi Nono en première ligne.


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Replis

Choses du repli

 

Dans le chaos

 

eo song

 

L’étang

 

Le jour s’écoule sur ta gorge

 

Ouverture

 

Refuge


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1. Anthologies sérielles

Consulter l’anthologie sérielle

 

Dans le développement historique de la composition avec douze sons la série est apparue, dans les mots de Boulez, comme une sorte "d’infrathème" ou de "suprathème". Plusieurs compositeurs de Schoenberg à Webern et aux compositeurs de la génération suivante l’ont écrit : la série n’est pas un thème, à la fois plus et moins.

Plus parce qu’il y a une foule de thèmes virtuels dans une série. Mais ils sont "empêchés" de se développer par la loi de non répétition qui implique qu’aucune note ne doit être jouée avant que les onze autres ne se soient écoulées.

Moins parce que la série, précisément, ne peut pas se développer comme un thème. Chacune de ses reformulations la montre différente d’elle-même et elle doit exister, c’est-à-dire offrir un visage, dans ce flot de transformations parfois radicales.

Ainsi du rêve et de la vie aussi. Mais du rêve, de la façon la plus manifeste. Il n’y a jamais "un" récit de rêve mais un conglomérat indescriptible d’impressions et de pensée. Alors le thème, celui que je préfère, ce n’est pas "la" série. C’est une série

Pascal LERAY


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Voir La chronique de Charles Hectorne.

 

À propos de Henri Meschonnic
Derrick et la critique de la poétique
Pascal LERAY

Voir La chronique de Charles Hectorne sur notre site ICI.

Quand on parle de « mots-valeurs », il faut se poser la question de savoir s’il n’y a pas là tout simplement un pléonasme, étant donné qu’un mot est obligatoirement une valeur. Il faudrait donc dire « mot-valeur + », afin de désigner une intensité particulièrement. Encore que le risque ne serait pas mince de voir alors une ambiguité se créer, du fait que le signe + ne signifie pas simplement un degré sur une échelle d’intensité mais comporte un élément de positivité, sur une échelle « axiologique », distinguant comme à la racine du psychisme les « bonnes » et les « mauvaises » choses.

Néanmoins, l’intensité d’un mot dans un discours est une chose qu’il est absolument nécessaire de prendre en compte, si l’on tient à dégager une plastique du rythme discursif, qui soit autre chose que l’incantation quasi religieuse à laquelle on nous a trop habitué, sur la question du rythme. Précisément, dans le discours de type incantatoire, ces valeurs intensives se laissent lire aisément. J’avais, en d’autre temps, souligné la « charge psychique » que soulevait le mot « littérature » dans la parole d’Henri Meschonnic, prenant appui sur un entretien accordé par le poéticien sur internet (Littérature sérielle, Po&sie n°101). Je voudrais aujourd’hui rapprocher cette intensité particulière d’un signifiant, intensité de type dramatique, d’une construction autrement riche. Celle de la série Derrick.


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Des gens disparaisssent
Deux livres de Claude Mouchard
Pascal LERAY

Claude Mouchard - Papiers ! Pamphlet-poème - Qui si je criais, Oeuvres témoignages au XXe siècle - Editions Laurence Tepper, 2007

Dans ce pays, littérature et témoignage sont deux choses distinctes. L’espace littéraire français est bien tranché. Certes, il arrive encore que le roman dise quelque chose de la réalité mais cette ultime coquetterie n’a pas grand-chose à voir, par exemple, avec la tradition russe où le témoignage, l’ouvrage de portée documentaire, a un sens littéraire fort. La voie ayant été ouverte par Dostoïevski, les circonstances historiques ont certes eu leur part dans le phénomène qui a vu naître, au XXe siècle, tant Varlam Chalamov qu’aujourd’hui Svetlana Alexeievitch. Mais enfin, ce n’est pas seulement une question de structures sociales. La France aussi a sa part d’histoire i- et de présent - ndicible.

Si le romancier n’a qu’un souvenir très lointain de ce que pouvait un Zola, on attend moins encore du poète. La tendance est au lyrisme et la préférence va au lyrisme rentré, un parc est réservé au laborantins du langage, bref : pas de réalité, pas d’espace social, dans le poème contemporain. Ou si peu. Et sous quelle forme ? L’expression, pas le document. Là encore, le lyrisme l’emporte. Et la violence sociale n’est pas un thème parmi d’autres. Il engage une responsabilité. Pour un auteur, la responsabilité repose sur la pensée.

Ce n’est pas Claude Mouchard que la question du sujet, qui travaille une part importante de la critique littéraire d’aujourd’hui, rend aveugle à son temps. On voudrait revenir ici sur les deux ouvrages parus l’année dernière aux éditions Laurence Teper, deux textes qui se répondent et se lisent ensemble : Qui si je criais, un important volume consacré aux « oeuvres-témoignages dans les tourmentes du Xxe siècle » et un « pamphlet-poème » initulé Papiers ! Le caractère simultané des deux parutions n’a rien de fortuit et le double événement doit être deux fois salué.


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Pascal Leray publie chez Le chasseur abstrait

 

Voir le catalogue du Chasseur abstrait

 

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Textes et prétextes

La rédaction de la RAL,M est toujours heureuse de pouvoir mettre en ligne, en français et en espagnol, des textes de qualité appartenant à tous les genres: poésie, narration, essai, études... de l'art, de la musique. Je crois que nous tenons nos promesses.

Publier - Vous connaissez le travail du Chasseur abstrait: rencontrer ici même, dans la RAL,M, les auteurs qui s'y donnent le mieux et concevoir alors qu'ils sont publiables et que c'est par un juste retour qu'il faut fabriquer les livres, les diffuser et les donner à distribuer.

 

Nous y sommes !
Serge MEITINGER

Où ? À quoi ? Mais à la « crise » bien sûr, avec un grand K. Enfin ! depuis le temps que ça mijotait ! Après une série très lisible déjà de signes avant-coureurs, comme dès 1995 la mise en faillite de la Barings britannique par Nick Leeson, l’affaire dite Jérôme Kerviel fit soudain voir chez nous qu’une véritable folie furieuse était érigée en système et adoubée par les plus éminents qui eussent dû être pourtant les plus clairvoyants, les plus vigilants, les plus prudents.

Un roman, paru à l’automne 2007, avait tenté de donner consistance littéraire au personnage du « traideur », de faire connaître et comprendre les enjeux d’une frénésie qui n’affecte pas seulement des jeunes gens moulés par leur névrose familiale et/ou leur décevant parcours sentimental. Il s’agit du trop volumineux (580 pages) Cendrillon d’Éric Reinhardt, écrivain encore jeune, qui s’est donné pour but (louable et bien peu manifesté finalement dans la littérature française contemporaine comme sur les étals des libraires) de traiter dans et par la fiction des problèmes réels et concrets, les plus actuels, les plus brûlants, de notre société et même de notre « civilisation ». Il n’y réussit qu’à moitié parce qu’il se laisse longuement détourner par son narcissisme d’auteur se mettant en scène avec complaisance (à la Sollers) en des pages suant l’ennui. Toutefois, à partir de la page 282 et pendant une bonne dizaine de pages, l’auteur nous décortique avec maestria la mécanique perverse et affolante de la spéculation sur les indices boursiers, nous révélant comment on peut gagner (et perdre) des centaines de millions en anticipant les plausibles mouvements à la hausse comme à la baisse des cours des divers « produits dérivés », issus du mixage des titres, traites et créances mondiaux.


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Librairie du gay savoir
Serge MEITINGER
Espace d’auteurs : Librairie du gay savoir

Bruce Benderson : Sexe et solitude, traduit de l’anglais par Thierry Marignac, Paris, Rivages poche/ Petite Bibliothèque, 2001, 114 p.

Parti jeune, mince et joyeux pour se prostituer sur la route, à l’époque où Kerouac et City of Night de John Rechy lui fournissaient les modèles, l’auteur se retrouve au tournant du siècle, la cinquantaine velue et ventrue une fois venue, à se faire des plans webcam avec des internautes qui signent « JEUNE DÉSIRE VIEUX » et s’exhibent comme des momies se dépêtrant lentement et maladroitement de leurs bandelettes. Bruce Benderson qui a illustré dans sa vie comme dans son œuvre une certaine subculture gay, plus ou moins underground, établit le constat d’un changement radical de dimensions propre au mode de vie américain qui, on le sait, ne tarde jamais à s’imposer ailleurs et partout. Il déplore la disparition progressive de tout espace public digne de ce nom au profit de l’enfermement dans les familles et desdites familles dans le quadrillage hygiénique et hygiéniste des banlieues résidentielles ; la diabolisation hystérique de « toute relation physique entre les générations » ; le « triomphe de l’archétype protestant », mâtiné de puritanisme, qui souhaite « la solitude à domicile, face à face avec Dieu », même si c’est par le truchement incertain et impur des écrans bleutés de l’Internet !

À l’époque de sa belle jeunesse, les villes américaines, telles qu’il les vivait en avide explorateur de ses appétits, offraient des coins et recoins, des coulisses ou des arrière-cours, d’innombrables cachettes plus ou moins judicieuses où se tapir avec l’objet de ses désirs, quel qu’il fût, cueilli à fleur de macadam, pour se satisfaire dans l’exaltation partagée que suscite le sentiment de l’interdit et du risque encouru.


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Poèmes politiques
Entretien avec Magda Cârneci
Rodica Draghincescu

Magda CARNECI est directrice de l’Institut Culturel Roumain de Paris. Poète, essayiste, traductrice. Elle a fait un doctorat en histoire de l’art à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris (1997). Membre de la célèbre « génération 80 » de la littérature roumaine dont elle a été un des théoriciens, elle s’est impliquée activement dans la vie politique et culturelle roumaine pendant et après la Révolution de décembre 1989. Depuis 2007, elle est la directrice de l’Institut Culturel Roumain de Paris. Elle a publié plusieurs volumes de poésie en roumain (Hypermatière, Un silence assourdissant, Chaosmos et Poèmes politiques), mais aussi en français (Psaume, 1997), en néerlandais (Chaosmos, Amsterdam, 2004) et en anglais (Chaosmos (USA, 2006). En langue française, elle a publié les recueils Psaume (1997) et Trois saisons poétiques (2008), des proses et des essais dans les ouvrages collectifs Paris par écrits (2002) et Le Sacré aujourd’hui (2003). Elle a également co-dirigé l’ouvrage collectif Perspectives roumaines. Du postcommunisme à l’intégration européenne (Paris, 2004). En 2007, elle a publié l’ouvrage Art et pouvoir en Roumanie 1945-1989 (Paris ; L’Harmattan). Membre du Parlement Culturel Européen (ECP), elle est souvent invitée à des colloques et des débats internationaux portant sur l’Europe de l’Est et sur l’Europe culturelle.

Rodica Draghincescu : Magda Cârneci, où, quand et surtout comment, avez-vous rencontré la poétesse Magda Cârneci pour la première fois ? En quoi cette rencontre vous a-t-elle marquée ?

Magda Cârneci : Comme de nombreux enfants, à l’âge de douze ans, je suis tombée amoureuse sans espoir d’un garçon plus âgé. C’est ainsi que je me suis mise soudainement à parler en vers et à répondre en chansons aux questions de tous les jours. Et j’ai été la première à m’en étonner. Je me trouvais à Homorod, quelque part en Transylvanie, dans une colonie de vacances et de création littéraire. J’avais gagné un prix littéraire national, comme d’autres adolescents de la Roumanie socialiste d’alors. C’est dans cette colonie que j’ai regardé pour la première fois différemment le ciel noir et étoilé, après avoir escaladé le toit du bâtiment où étaient logées les filles, et que j’ai entendu, je ne sais comment, « la musique des sphères » et que je me suis sentie brusquement projetée jusqu’au centre vivant de l’univers. S’est peut-être alors produit un processus propre à l’imagination poétique, subitement éveillée par l’énergie émotionnelle, pour qu’elle puisse embrasser ses possibilités réelles, qui, sinon, seraient restées latentes. Je crois que chacun dispose en principe de ces possibilités, qu’elles sont pour ainsi dire une sorte de « droit de naissance », des qualités insuffisamment utilisées par l’être humain actuel, non encore achevé, toujours en devenir. Les poètes anticipent ou manifestent ces pouvoirs à travers leur propre créativité, puisqu’ils sont prédisposés à les deviner, à les explorer et à les assumer, avec tous les risques et le ridicule qu’ils peuvent impliquer.


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  Atelier d'écriture - Rodica Draghincescu publie chez Le chasseur abstrait un Cahier de la RAL,M nº 6. Voir.
Les carrés gris sur fond gris de Régis Jauffret
Benoît Pivert
Carré gris sur fond gris - Janine Ferraz - j-ferraz.com

S’il fallait donner une couleur aux Fragments de la vie des gens[1] de Régis Jauffret, ce serait assurément le gris. Les tranches de vie offertes aux lecteurs, épaisses de quelques pages, ont le gris des ciels bouchés de nuages, le gris d’un jour de spleen ou des murs d’une cellule de prison. Pour tout dire, Jauffret a la passion de la grisaille. Tel un furieux iconoclaste, il fait voler en éclat les images radieuses pour ne retenir de la vie qu’une seule couleur, la couleur de l’ennui.

Adieu donc le paradis coloré de l’enfance. Sous la plume de l’auteur, il n’en reste plus rien. L’inconvénient d’exister commence dès la naissance. Depuis le berceau, l’unique condition humaine est la captivité. On vous colle un prénom comme on vous colle un matricule. Toute enfance est une domestication, les enfants sont comme des teckels, des rats d’agrément dont le pelage d’une blancheur éclatante fait la fierté de leur propriétaire [2]. La liberté de l’enfance ? Un beau mythe que l’auteur pourfend allègrement puisque les enfants ne connaissent jamais l’absence de contraintes, tenus qu’ils sont dès leur plus jeune âge de jouer une partition spécialement écrite pour eux. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils obtiendront de l’amour. Pas un instant, Jauffret ne croit à la douce innocence de l’enfance. Comme conscients déjà de la sinistre mécanique du divertissement, ses enfants ne se laissent pas prendre « aux jeux ». Ils ne jubilent pas lorsqu’on agite sous leur nez des petits jouets en caoutchouc, des canards, des kiwis, d’horribles cygnes crasseux avec de la mousse de savon séchée sur le bec [3]. La lucidité n’attend pas le nombre des années. Ils ont déjà compris malgré leur jeune âge que la vie est une sinistre farce dont les règles dramatiques s’apprennent sur les bancs de l’école ; ils n’aimaient pas ce rôle qu’on leur faisait jouer, ces vêtements, ces coupes de cheveux, et toutes ces pitreries auxquelles ils devaient se soumettre quand on les amenait à l’école [4]. Mais les adultes sont inflexibles. Même le plaisir est programmé. Bon gré, mal gré, il faut se plier aux simagrées destinées à feindre le bonheur, on les obligeait à s’ébattre malgré tout, à se livrer à des jeux qui les ennuyaient [5]. Régis Jauffret vous paraît excessif ? Regardez plutôt le tableau de Bruegel, Les jeux d’enfants (1559-1560). Commentant la toile, Froukje Hoekstra note : les enfants sautent en l’air dans des couvertures, ils se lancent des soucoupes ; la petite fille au premier plan joue à la marchande des quatre saisons. Pourtant aucun d’eux ne rit [6].


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Le Corbusier et l’Italie
Ettore Janulardo

Introduction

Les attitudes du régime fasciste face aux thèmes de l’architecture et de l’urbanisme ont oscillé entre la perspective de “décongestionner les villes” et les interventions massives dans les centres urbains majeurs.

En favorisant l’urbanisation dans la région des marais asséchés du Latium, on a créé des lieux urbains au développement significatif : Littoria (aujourd’hui Latina), Pontinia, Sabaudia ; tandis que, dans les villes principales, les bâtiments publics étaient censées montrer le visage “romain” et hiérarchique du régime, pour compléter et justifier l’oeuvre d’assainissement.

La ville devint alors, sous le régime fasciste, le carrefour d’un débat qui ne pouvait qu’être global : politique, urbanistique et “mythologique”, parce que touchant les origines mêmes de cette idéologie qui se veut totalitaire. Bien qu’apparemment contradictoires, ces deux types d’action politico-urbanistique (création de villes nouvelles et décongestionnement des centres urbains majeurs) ne font que répondre aux mêmes visions composites et hétéroclites du fascisme mussolinien, superposant le souvenir confus de la civilisation romaine à la réalité plate de la praxis dans une complexe société moderne.


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L’écriture du « mourir » dans Poésies de Claude Roy
Samir Mestiri

Introduction

A la définition de la modernité poétique comme rupture entre ce qui précède et ce qui a suivi est préférée une modernité comme pensée du devenir et de la répétition. Cette modernité n’est pas datable à une chronologie déterminée ou un fondement l’inaugurant tout bonnement. Au contraire : elle relève d’une façon particulière d’inventer du nouveau sur un substrat ancien, d’écrire sur, à partir, contre d’autres œuvres. Inventer en reprenant, c’est ce mouvement immobile qui semble définir, chez Claude Roy, le poème de la giration et de la répétition[1] par excellence, celui de la mort perçue non isolément comme un évènement tragique, mais comme faisant partie intégrante d’un ensemble bien soudé où tous les éléments de la vie semblent se répéter et coexister dans l’harmonie et la sérénité (Quatre thèmes imbriqués et indissociables sont récurrents chez Claude Roy[2] : l’amour, la mort, la vie, le temps) : 

Je dis de toi et de la rose

Mes poèmes sont évidents

Je dis toujours la même chose

La vie l’amour la mort le temps

Prenant les phrases toutes faites

Les vérités de tous les jours

Je ne suis ni ange ni bête

Mais je me répète toujours.[3]


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La Dame de Shalott

Alfred Tennyson

Traduction de Joachim Zemmour

Chant premier

 

Il y a là une rivière.

Sur l’une et l’autre berge,

S’étirent à l’infini des champs d’orge

Et de seigle.


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Femme-cercueil
Marta CYWINSKA

Femme-cercueil (ouverte)

Moi de nouveau femme à huit planches
chacune dans une porte sans cadole
J’avais une tête qui maintenant
chemine une trajectoire aux épingles
entre un le Jupiter et le Saturne
J’avais des mains qui maintenant
découpent un voile de mariée
avec cinq paires de ciseaux de recul
j’avais des seins qui maintenant
s’entassent entre les roues
d’un train-train quotidien dérailllé
J’avais des hanches à une cloche en verre
accroupi sous un poème de Sylvia Plath
Et encore des jambes encore encore :
une table fin-de-siècle entrecoupé
par une comète galopante sans bouger

Femme-cercueil (fermée)

Je descends sur les échelons en granite
racrochée aux photophores des faux mineurs
sur les têtes tâchées d’une araignée
Ma tête ramenée ,je l’appelle
par un geste extrait d’une chanson de geste
Mes seins débout, debout les militaires
qui attendent toujours l’hilarité
d’une troisième guerre mondiale
et encore les hanches cassées
lors d’un saut de l’arbre paradisiaque
le dernier
et je n’ai point de jambes qui marcheraient
le long du chemin foulé par All you need is...

Cécilia AMBU

Graham Greene a écrit : " Le désespoir est le prix qu'il faut payer lorsqu'on s'est fixé un but impossible ".
C'est cet idéal, cette représentation de la future existence qui constituent cette éternelle insatisfaction ; ce qui me fait crier : je n'avais pas rêvé de ça !
Comment briser cette fatalité ? Par l'Art, peut-être. Cet Art, comme une vision plus directe de la réalité, est fondé sur les capacités productives du sujet : cette création de l'imagination qui fait que l'on se sent vivant. Et toujours la fameuse question du sens de l'existence, ce choix moral qui détermine notre avenir.
Regardez ! L'Art est sûrement un pansement à mes blessures, douce enveloppe du traumatisme : réaliser notre propre identité par l'écriture, cet exutoire presque salvateur…
Enfin le règne de la subjectivité, cet idéal d'accomplissement de soi où la réalité est à la hauteur de nos désirs, à la hauteur de cet affolement de nos sens.
L'effondrement, l'accablement, la douleur, l'affliction, la détresse, la tristesse, l'ennui, le tourment, autant de mots pour définir mon désespoir… cet achèvement du cœur…

UNE VISITE

J’étais assise sur ce canapé.
Je relevais mon visage.
A cet instant, je le vis.
Il se trouvait là, assis et m’observait.


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UN IDÉAL

Homme équilibré, tu suscites l’ennui
Homme heureux, tu déploies le désir meurtrier
Sois artiste ! Jette les couleurs sur la toile
Mais n’oublie jamais : seule la noirceur est maîtresse de ton existence


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UN TRAUMATISME

Le corps est atteint d’un mal immémorial. Seul peut-il dire la déchirure brûlante qui hante son existence. Conscience affaiblie dans un dédoublement toujours plus pressant, le corps souffre et la honte d’exister toujours plus exacerbée ouvre une plaie béante dans une conscience malheureuse. Regards tranchants et dévisageants, le corps se tasse, atteint un stade inexistant dans l’oubli d’être : il n’est plus, il aimerait ne plus être. Rongé par la honte d’être, le corps s’oublie, il baisse son regard vers l’abîme du malaise, il pleure des larmes invisibles, et, noyé dans sa matière, cherche désirablement une issue où il pourrait enfin rejeter son mal, enfin oser inspirer sans retomber dans la honte de l’être.


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CLOZAPINE

Substances psychotropes, vous apaisez mon être intérieur
Camisole chimique, arrêt de la pensée
Vous brisez mon indépendance
Rejoindre l’inaccessible, détruire les murs.


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Les conflits africains au cinéma
à propos du film Blood diamond
Paul Ekoumbamaka

Zwick (Edward), Blood diamond, Etats-Unis, Warner Bros Pictures, 2007.

Ce long métrage-142 min- du réalisateur américain Edward Zwick se situe tout d’abord au carrefour des genres cinématographiques : il est en effet film de guerre, film historique et film d’aventures. Le récit qui s’ouvre sur un prologue éclaire déjà sur les contextes thématico-géo-historique du film. Il s’agit entre autres de la guerre, et notamment de la guerre civile pour le contrôle des mines qui a secoué la Sierra Leone dans les années 1990. C’est sans doute le spectacle de cette guerre civile qui a rendu nécessaire la réalisation de ce long métrage dont le scénario repose sur le modèle classique de la quête. Dans le cas d’espèce, les personnages principaux de ce film sont à la recherche d’un objet précieux qui est le diamant rose.

D’une fable simple mais extraordinairement excitante, Blood Diamond est l’histoire d’un pêcheur, Salomon Vandy qui est enlevé de sa famille par des rebelles, puis forcé de travailler dans les mines diamantifères, où il trouve le plus gros diamant qu’il cache en pleine forêt, dans la zone contrôlée par des rebelles. Considéré lui aussi par les troupes gouvernementales comme un rebelle, il est jeté en prison où se trouve déjà Danny Archer,un trafiquant de diamant. Mis au courant de l’existence et de la pierre précieuse et de sa détention par Salomon Vandy, Danny Archer va proposer à Salomon, à leur sortie de prison, d’aller à la recherche du diamant rose. Ils sont à cet effet aidés de Maddy Bowen, une journaliste américaine.

Pour relater cette histoire, Edward Zwick a tout mis en œuvre pour donner au spectateur l’impression de vivre la guerre se dérouler sous ses yeux. C’est pourquoi, le procédé du hors champ par exemple est systématiquement absent de ce film notamment dans les scènes de violence et de tuerie. Le réalisateur tient à faire vivre au spectateur la cruauté des événements. Rien n’est suggéré à ce niveau. On voit les rebelles tirer à bout portant, les balles transpercer les corps qui tombent en cascade et le sang qui jaillit. La scène du meurtre du prisonnier surpris avec le diamant volé est significative : le chef des rebelles après avoir récupéré la pierre, sort son pistolet et loge une balle dans le cœur du prisonnier qui tombe raide mort. La scène d’amputation des bras par les rebelles n’est pas non plus suggérée. L’on voit le bras d’une victime se détacher du reste du corps sous l’action de la hache- outil primitif-, qui vient fortement rappeler une scène de boucherie, et finalement l’animosité de l’acte. Ce sont de telles scènes qui donnent à ce film tout son ton grave.


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Anti-Franquisme
Marcos Ana, Quichotte vivant
Cristina Castello

Dites-moi ce qu’est un arbre/ Dites-moi le chant d’une rivière quand il se couvre d’oiseaux - Marcos Ana

Almodóvar filmera la vie de l’homme qui a passé le plus de temps dans les geôles du franquisme. Sans rêves de vengeance, Marcos Ana continue de lutter contre le fascisme. Son histoire est témoignage des oiseaux sans ailes de cette barbarie ; c’est aussi une fête de tendresse qui hisse la Bonté au-delà de toute horreur.

Marcos Ana, poète et Quichotte. Un emblème universel de la lutte pour la liberté —88 ans, aujourd’hui— lui qui a été incarcéré dans les prisons du franquisme entre 1939 et 1961. Il a connu la frayeur dans sa peau, dans son cœur, et au travers des yeux de ses compagnons ; il a découvert l’opprobre aux mains des tortionnaires : des mains étrangères à la vie qui seulement le dimanche cessaient de massacrer, parce qu’alors les bourreaux priaient dans l’Église, avec le chapelain. Mais il a aussi connu des ravissements : dans les cachots du fascisme espagnol, Marcos Ana a « adopté » —comme l’on adopte un bébé— une fleur innocente, née dans la fêlure ténébreuse de la paroi la plus cruelle.

Juché aux barreaux et châtié durement pour cette raison, il s’extasiait sur chaque pleine lune dont —grâce à son obstination— il pouvait jouir. Tel qu’un contrebandier, grille à grille, il distillait la poésie de Neruda et ses propres vers, comme une litanie qui invoquait la liberté. Il avait seulement 19 ans quand il a chu dans cet enfer du Régime, et vingt-trois de plus quand —comme une salve d’oiseaux heureux— il a pu quitter la cage pour embrasser la clarté de la lumière.


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Le sang des femmes
Monique MERLO

« Le sang des femmes », Françoise Rodary, Jean-Michel Guyot, édition Aréopage, 134 pages, 17 euros. En librairie.

Noyé dans le grand spectacle des Mots Doubs, le prix Pergaud est allé cette année à un petit livre sans prétention et pourtant très estimable. Sous forme romancée,« Le sang des femmes » évoque le souvenir des sages-femmes qui opéraient dans les campagnes du Doubs à la fin du XIXème siècle. L’ouvrage est d’ailleurs dédié « à toutes celles et ceux qui exercent ce beau métier ».

Les deux auteurs Françoise Rodary et Jean-Michel Guyot tiennent là leur premier « bébé », plutôt réussi. Tous deux sont originaires de Besançon. Il est professeur d’allemand. Elle a été institutrice de campagne en Franche-Comté, puis documentaliste, avant de s’installer à La Nouvelle-Orléans, où elle est bibliothécaire.

Françoise Rodary et Jean-Michel Guyot ont visiblement pris plaisir à travailler ensemble pour tisser avec une belle aisance les fils d’une intrigante énigme.

Nous sommes dans un village du Haut-Doubs en 1883, un village de taiseux, durs à la tâche, où les « humeurs » des femmes ne doivent pas passer la porte des fermes. Ici les familles sont nombreuses, et les tables bien garnies comme l’église le dimanche. Et si dans la touffeur de l’été le sang s’échauffe parfois sous les ombrages on ne parle pas de « ces choses-là ».

Lorsqu’on découvre le petit corps d’un bébé mort, la sage-femme Julie Violet est appelée sur les lieux. Dès les premières pages, sur les pas de Julie, formidable observatrice de la société paysanne, le lecteur se laisse prendre par l’atmosphère particulière du roman, ce retour sur un passé pas si lointain, et ces secrets si lourds à porter....

Etc.iste
Thomas Vinau
Le FRIC (suite)
Jean-Pierre Lesieur

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C’est la vingtième fille bien moulée dans son pull de laine rose
qui laisse deviner les seins c’est la vingtième fille à répondre
ça : un disque.
Pas de la poésie... Pas de la poésie... Pas de la poésie...
Depuis HOMERE elle dure, perdure, passe de siècle en siècle évitant de ci de là une épave éponge alcool qui lui donne ses lettres de noblesse maudite.


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A 2 años del fallecimiento del poeta Samuel Brejar
Francisco Azuela

El 18 de octubre de 2008 se cumplen 2 años del sensible y sentido fallecimiento en Francia del poeta y dramaturgo Samuel Brèjar. Un hombre que pasó por la vida legando el mejor de sus esfuerzos en las letras y difundiendo la literatura latinoamericana y del mundo.

El poeta Brèjar padeció una lamentable, penosa y larga enfermedad. Su excelente compañera y esposa Noëlle Yabar-Valdez, siempre estuvo pendiente de los cuidados de su salud. Juntos fundaron y dirigieron revistas literarias internacionales como Rimbaud Revue (Semestral Internacional de Creación Literaria), en la que presentaron una amplia producción de Literatura y Poesía con textos inéditos de poetas y escritores de América Latina y Europa y una selección de poemas, ensayos, estudios, crónicas, narraciones, entrevistas, críticas, reseñas de libros y de revistas, traducciones, reproducciones de arte contemporáneo y fotografías. Neruda Internacional, en español, gemela de la revista en francés Rimbaud Revue, en la que publicó a muchísimos poetas y escritores de distintos países. Revista SUR, suplemento en español de Rimbaud Revue.


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En el principio era el Verbo, y el Verbo era con Dios y el verbo era Dios. - San Juan. C.1.1
La palabra una vez dicha no puede volver a ser tragada jamás.- Hassane Kouyate
La palabra exige que uno se la tome. - Lacan

La primera maravilla del mundo : la palabra
Carmen Vascones

En el principio fue la falta pidiendo imagen sin semejanza al semejante. Dios no era el problema sino el humano. No sabía que hacer uno con el otro. El reflejo enceguece, se opaca la mirada, se distorsiona al que se ve. Cada cual se empapa de ilusión. Desacuerdos del principio. Lo humano dijo lo que no se dijo. Se tiran la palabra como fruto prohibido, y la serpiente que no habla se le hace decir que todo estaba permitido, algo así como que no había nada que temer. Pero la muerte aparece desnuda en el bocado sin pudor.

A sabiendas uno y una no fueron UNO, se resisten y se atraen, se crea espacio y tiempo. El verbo juega a tantear la existencia. Desde el comienzo la vida desafiando a la muerte. Probando el cuerpo con cada sentido. La sabiduría esta cubierta de piel y desengaño.

La historia de la humanidad conoce el verbo vivir para la vida pero desconoce al yo soy contigo en el NOS. “El Uno del Nos”. Desunidos. Tarea de atar cabos. Desde el génesis al éxodo la historia que cuenta y no cuenta contigo según sea la “vivencia de la verdad” 1. (Lacan)


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  El actuante o Una vida inominada - Carmen Vascones propose un recueil inédit.

1

Alguien se observa

decidió no matar

 

En la realidad

otro está listo a disparar

 

-Encañona al desertor-

 

En un instante uno es héroe

y aquel tendido en el suelo

es un enemigo menos

 

¿Quién lo llora ?

¿quién festeja la derrota ?


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Moridor
Antonio Leal

Yo,

que puedo evocar el minuto más alto de tu cuerpo,

sitiar a cada palmo, como una ciudad, tu piel dormida,

con el hinchado velamen del deseo, ir mares sin tiempo,

al salvataje de tu nombre en el naufragio de mis venas.


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Rolando Revagliatti

Volar
Antes de mi vida
Destinos
Luce
Reunidos


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Nous avons aussi mis en ligne:

Thierry CHARTON - Le petit Mehdi
Claudio CURUTCHET - Poèmes
Daniel de CULLA - El cid en octavas
Dorin POPA - Poemas (pdf)
Farid CHETTOUH - Poèmes (pdf)
Harmonie BOTELLA - Mots qui volent
Eugenia DELAD - La mort creuse, en machant feuilles de laurier
Astrid FOUCHÉ GARDÈRE - Plume et mots (pdf)

 

 


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Chaque mois, une page éditoriale

Octobre 2010. La nouvelle RAL,M est née. Qu'est-ce qui a changé? Et bien le Chasseur abstrait a maintenant son propre site. Les catalogues et les nouvelles des auteurs publiés sont donc transférés dans ce nouveau site. La RAL,M revient a sa vocation première : la publication en ligne et les revues "papier". Et redevient entièrement le chantier littéraire et artistique dont les auteurs, quels qu'ils soient, ont besoin. Et c'est aussi l'endroit où Le chasseur abstrait rencontre ses futurs auteurs. Pour plus d'informations, consulter la nouvelle ligne éditoriale de la RAL,M :

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