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Revue en ligne
samedi 16 décembre 2017
Revue d'art et de littérature, musique
Directeur: Patrick CINTAS
Éditeur: Le chasseur abstrait

Pascal LERAY lit et joue des extraits du Portrait de la série en jeune mot - à paraître chez Le chasseur abstrait éditeur. Version stéréo (CD) :

  mp3 - 128 kbps - 44Mhz - 9’ 24" - Télécharger (9Mb)

 

oOo

 

 

Alain ROBBE-GRILLET est mort. La dette est immense. Je me suis déjà amusé à la reconnaître en publiant ici d’abord une "Lettre ouverte à Alain ROBBE-GRILLET" ; puis, sur le même chemin, songeant que je pouvais un jour lui succéder à l’Académie française, j’ai écrit mon discours de réception à partir du siège que lui-même n’avait pas honoré d’au moins un hommage à Maurice Rheims. Méditant maintenant sur le temps qui a passé et sur l’influence que cet artiste complet a exercée sur moi depuis, je me dis, pour reprendre une parole d’André BRETON, qu’il avait une bonne étoile à exhiber et qu’elle vient de s’éteindre pour fixer à son tour le cauchemar littéraire. N’étant pas de la famille, je ne pleurerai pas, mais cette trace romanesque m’envahit jusqu’à une certaine douleur dont les travaux d’approche me fascinent impatiemment.

Patrick CINTAS.

 

 

Le poète, essayiste et journaliste bolivien Carlos FRANCK est mort le 11 janvier dernier à Cochabamba. Il a vécu 35 ans au Costa Rica où il créa la revue littéraire Hipocampio et dirigea des suppléments dans plusieurs revues littéraires comme Arte y Literatura. Son oeuvre poétique se compose de "Bella por el Cobalto" et "Nunca sé dónde voy pero siempre llego" (extraits traduits ici). Il laisse un recueil inédit. Il écrivit de nombreux essais et articles journalistiques. Il vivait à Cochabamba depuis 1998. En 2000, la Revue Neruda International, en France, publia son essai "Lo Clásico y lo Romántico" (une analyse comparative de la poésie de Vallejo et de Neruda traduite ici en français). Dans ce même numéro, l’écrivain bolivien Edgar Ávila Echazú publie un essai intitulé "Carlos Franck, poète de la clarté profonde".

"... Je demeurerai là où naissent les murs
sans portes ou ce seront des portes cadenassées
comme si j’étais le dernier homme
ou l’ange tombé droit et le premier"

 

 

 

 

 

 

 


ÉDITO
de Patrick CINTAS


 

 

I - Pourquoi Le chasseur abstrait ?

Le chasseur abstrait ne répond pas en effet à une « demande » du marché. Ce marché est saturé de propositions « littéraires » en tous genres. Seuls quelques éditeurs, sur les plus de 1500 qui agissent en France, tirent leur épingle du jeu et imposent la marche à suivre. Il s’ensuit depuis longtemps une organisation puissante qu’on appelle la « chaîne du livre » et une méthode d’édition particulière d’ailleurs définie par la Loi et des usages régaliens. Cette « économie du livre » n’atteint certes pas les dimensions d’une véritable industrie, mais son emprise sur la société est telle que tout autre dogme est violemment rejeté par ses acteurs. Cette économie révèle des comportements « culturels » tout à fait semblables à ce que les religions de tous poils tentent de faire subir à une société dont le rêve est pourtant parfaitement démocratique. Mais ici, la révélation tient à des comptes tenus au jour le jour et non pas à la parole divine.


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II - Les choix du Chasseur abstrait.

Robert Laffont précisait à qui voulait l’entendre qu’il ne défendait pas la littérature, mais le livre. C’est le cas de tous les éditeurs ayant pignon sur rue, sauf exception. Un éditeur ne publie que des livres. L’auteur passe au second plan, du moins tant qu’il n’a pas atteint une certaine notoriété. L’édition a besoin de livres qui se vendent et non pas d’auteurs qui promettent d’entrer un jour dans le saint des Saints de la littérature. En clair, l’édition n’entretient des rapports qu’avec le livre. L’auteur a plutôt intérêt de manquer de personnalité s’il souhaite qu’un jour son nom soit apposé sur l’emballage comme n’importe quelle marque commerciale. Ainsi se défend le livre. Et va la vie.


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Infos

 

Le chasseur abstrait sera présent sur le stand de la région Midi-Pyrénées (T22). Nous présenterons notre atelier de lecture, DIRE LE TEXTE, en compagnie de Pascal LERAY, Jack YANTCHENKOFF, Valérie CONSTANTIN, Jean-Claude CINTAS, Marta CYWINSKA, ROBERT VITTON, Marie SAGAIE-DOUVE & Patrick CINTAS.
Nous accueillerons aussi quelques-uns des auteurs du Cahier de la RAL,M "HAÏTI", en préparation, ainsi que les participants à l'atelier d'écriture de Rodica DRAGHINCESCU à l'occasion d'un Cahier qui leur est consacré. Des signatures et des performances sont au programme.

 

Présentation de
DIRE LE TEXTE
Atelier de lecture du Chasseur abstrait
AVEC

Pascal LERAY
Portrait de la série en jeune mot

À quel moment de ton existence Pierre BOULEZ fait irruption ? Je veux dire : après quoi ?

L’irruption de Pierre Boulez dans mon existence, je m’en souviens précisément. J’étais dans ma première année d’université. Je me réfugiais souvent au rayon « musique » de la bibliothèque universitaire (l’équipement était trop petit, on devait souvent s’asseoir par terre : je restais près du rayonnage et recopiais ce qui m’intéressait). J’ai compulsé des livres sur le jazz, sur la musique indienne, sur la musique contemporaine. - J’ai fini par tomber sur les Relevés d’apprentis de Pierre Boulez. J’étais fasciné par les tableaux de série, par cette notion de série appliquée à la musique. Sur France musique(s), j’écoutais des oeuvres en m’interrogeant : « Est-ce sériel, cela ? Et où est la série ? ». J’ai fini par m’arrêter sur la conclusion de l’article « Éventuellement » : « affirmons, à notre tour, que tout musicien qui n’a pas ressenti – nous ne disons pas compris, mais bien ressenti – la nécessité du langage dodécaphonique est INUTILE. Car toute son œuvre se place en deçà des nécessités de son époque. » Dans la marge, un étudiant avait inscrit au crayon, très lisiblement, une inscription jaillie du fond du coeur : « Connard ! » Mais l’expérience dont je revenais à peine moi-même – un rejet brutal et inexpliqué de toutes les musiques que j’avais aimées jusqu’alors, le besoin sans possible contredit d’aller à autre chose – me paraissait trouver ici une réponse satisfaisante. Je n’ai pu vraiment écouter la musique de Pierre Boulez que quelques mois plus tard, à travers une gravure du Marteau sans maître. Peu après, je faisais l’acquisition de l’oeuvre complète de Webern. Cette musique est devenue pour moi comme une montagne à gravir. Peu à peu, j’ai appris à l’entendre. Tout ce temps, son existence a exercé sur moi une pression extrême. Rappelons que Pierre Boulez s’est régulièrement appuyé sur l’injonction d’Artaud : « Organiser le chaos ». C’est, je crois, cette visée qui m’est la plus précieuse, dans la démarche sérielle.


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Jack YANTCHENKOFF
Passer outre

Tu n’es pas un musicien ordinaire. Ta musique consiste en la réunion d’un texte, d’une voix et d’une partition musicale. Tu te distingues du slam et de tout autre mode de récitation. Parle-nous de cet art qui n’appartient qu’à toi.

Cet art qui n’appartient qu’à moi vraiment ?… Sachant en parler, il n’aurait plus lieu d’être ! Mais je peux tout de même lâcher que je ne suis pas un musicien ordinaire parce que je ne suis pas un mouton. Il y a un combat à mener et mes bidouillages sont mes armes. Pas question de se contenter de déblatérer n’importe quoi sur n’importe quel support musical ou autre. Ce n’est pas une entreprise commerciale, mais une voie spirituelle qui donne un sens à ma vie, et sérieusement, ce qui nous amène inévitablement à un résultat personnel, original. Mais ce n’est pas le but. Le social ne m’intéresse pas non plus. Il m’est insupportable que l’on me dise ce qu’il faut faire. Pendant tout mon parcours et quelles que furent les circonstances, je SAVAIS que cela aboutirait à un isolement. Et sur cet excellent terrain pour sonder ses individualités, j’évolue, construis et adore en toute liberté. Faire par et pour moi-même après avoir dénigré références et esprit de compétiition. Mon engagement est total. La Musique, la Littérature, portes du TEMPLE des FUSIONS où je me concentre dans diverses manipulations ; m’approprier un récit et un récitant et en jouer, sans aucune véritable ambition si ce n’est celle de persévérer dans mes choix ce qui en plus me maintient, mentalement, disons, équilibré par de précieux garde-fous. Une idée égoïste me stimule : l’état de grâce retrouvé PENDANT l’élaboration. Ensuite, le charme est bloqué et c’est cela que nous écoutons.


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Valérie CONSTANTIN
Travailler un texte en profondeur

Tu cites Lewis Carrol qui demandait ce qu’est un livre sans images. Quelle est ta réponse ?

Alice pose cette question… car les enfants aiment cette immédiateté de lecture de l’image. C’est la lecture première, celle qui arrive avant celle des mots. Un livre illustré est ce livre qui se lit avec le regard et qui laisse voguer l’imagination sans effort, sauf celui de se glisser dans un monde déjà dessiné, déjà cadré, imposé en somme. C’est le support de l’écrit, car, lui, demande un effort de lecture, de compréhension, un effort intellectuel, abstrait plus difficile. On imagine mal, en tout cas au jour d’aujourd’hui, un livre pour enfants sans images… d’ailleurs pour les plus grands aussi avec la BD, par exemple.

Par contre, pour le livre de peintre, le problème est très différent. Ce type de livre est plutôt une rencontre entre deux mondes, entre deux écritures, où chacun peut pré-exister. Un dialogue entre le texte et l’image. Un espace de création où les mots de l’écrivain sont le prétexte à un prolongement du travail artistique du peintre. Une rencontre qui peut être faite de complicité, de plaisir, ou au contraire un choc, un combat qui peut être parfois rude et violent. C’est une mise en espace d’un texte, une mise en scène. C’est une œuvre plastique à part entière où le plasticien travaille le rapport entre le fond et la forme, entre le texte et l’image. C’est un duo entre la poésie et la peinture.

Et le livre sans images… c’est celui de l’écriture littéraire, poétique, dont les paragraphes, les phrases, les mots créent l’espace. C’est un lieu où l’imagination, la compréhension ont le champ libre, sans garde-fous qui jalonnent le chemin. C’est le livre classique qu’on lit le plus souvent. C’est la rencontre d’un artiste, de son monde, de ses idées, à l’état brut et de manière abstraite.


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Jean-Claude CINTAS
Chantpoèmes

La poésie, ça sort de l’enfant et ça se continue dans l’homme. Cet homme devient poète ou autre chose. Que lui arrive-t-il vraiment ? La poésie naît de la chanson, c’est-à-dire d’une pratique enfantine de la magie des mots. Qu’en penses-tu ?

J’ai toujours eu le sentiment d’être adulte avant d’être enfant. D’ailleurs, je ne cesse de devenir enfant. La poésie sort sans doute de l’état d’enfance. Certainement ? J’en étais habité. Pourquoi ? Comment ? Réincarnation d’une âme divine… Peut-être ! J’ai le sentiment que cela ne vient pas que de moi, car mon milieu social ne m’y prédestinait pas.

Très jeune, j’ai écrit des centaines de textes que je qualifiais déjà de chantpoèmes. Pour un texte (ou une création), quel qu’il soit, son avenir n’est pas de rester écrit. Ou alors, ce texte est déjà mort. Écrire (ou créer), c’est pour être entendu. Mieux encore : être écouté, bu, craché, absorbé… Pour qu’il soit, le texte se doit d’être dit, crié, chanté, parlé, pleuré, bougonné, murmuré, susurré, peint, sculpté, calligraphié, typoésié, dégueulé, pénétré, enculé… Jamais tu en tout cas ! Ou alors seulement dans les silences que suggère le texte. Le porteur de voix ne doit rien interpréter. Il doit dire, crier, chanter, parler, pleurer, bougonner (et la liste reprend)… Ce texte devient alors un chantpoème… Comme le blues l’est. Musique ou pas. (Boxeur)


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Marta CYWINSKA
Le rêve en action

Ta poésie, c’est la surprise au bout du texte. On est frappé par ta facilité à dire différemment ce qui pourrait se dire beaucoup plus longuement.

En commençant à écrire en français, je me suis fait emprisonner dans un enchaînement de surprises, en sortant du cocon de ma langue maternelle, je me suis laissé déchirer, battre, souffrir, provoquer pour pleurer, mais c’est une des plus sublimes souffrances. J’éviterais peut-être de chuchoter le mot « facilité », car d’après moi, il n’y a aucune facilité dans le fait de « crisper » les mots : mais par contre, cet acte a une dimension thanatologique et annonce la peur devant la fragilité constante des mots qui les mène vers la mort. Dire de trop, c’est maltraiter les mots, leur donner un coup de pied vers les temps du Marquis de Sade. Et puis, pour revenir à cet aspect thanatologique de l’acte de la « facilité » poétique, je dois avouer qu’écrire en raccourci, c’est mourir chaque fois qu’un poème se met au monde. C’est une confusion quasiment fanatique entre l’acte de mourir et de naître.

Tu écris directement en français. D’où tires-tu cette richesse ? T’arrive-t-il de rêver en français ?

Écrire directement en français, ce n’est pas une question de choix, mais un élan qui me domine. Un de mes maîtres, Émile Cioran, a dit que si un texte n’existe pas en français, il n’a aucune valeur. Cette richesse m’a appris à m’éloigner des biens matériels… donc il ne s’agit pas d’une richesse, mais d’une soif constante des mots, d’une gourmandise presque maladive qui me mène de plus en plus vers une boulimie verbale. J’assume des mots en ruisseaux qui sortent de moi en cascade. D’ailleurs, tous les surréalistes jouent aux personnages borderline, à condition que l’Autre respecte les règles de jeu en interdisant l’entrée de la poésie dans la vie quotidienne. Mes rêves… ils semblent sortir d’un dictionnaire onirique franco-polonais, d’un bestiaire des êtres revêtus d’une énorme peau de loup parlant français et de la tête d’une licorne en pourpre…


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Robert VITTON
Désespère !

Pierre SEGHERS a dit de toi : Voilà la poésie ! Une invention sans cesse renouvelée, un jeu des images et un langage à la fois direct et porté sur la musique, une profonde tendresse, enfin une poésie de coeur et de gorge. C’est un manifeste : invention, images, langage, musique, tendresse, cœur, gorge… Peux-tu développer ces thèmes pour nous ?

Bagnard, au bagne de Vauban
Dans l’îl’ de Ré
J’mang’ du pain noir et des murs blancs
Dans l’îl’ de Ré
A la vill’ m’attend ma mignonne
Mais dans vingt ans
Pour ell’ je n’serai plus personne
Merde à Vauban…

Un couplet de Merde à Vauban, paroles mises en musique et chantées par Léo Ferré. C’est ma première rencontre avec l’univers de Pierre SEGHERS. Je pense que cet homme de résistance et d’action, poète et éditeur d’envergure qui nous a quitté en 1987, a perçu tout au long de mon écriture mon amour démesuré pour les mots, mes exigences techniques, mes indignations, mes sensibilités exacerbées, mes souffles impétueux, mes cris d’écorché vif… Tout créateur n’est-il pas un trouveur, un imagier, un fabricateur d’insolite, un faiseur de chants, un relieur d’idées dans les hauts et les bas de sa saison ? J’y travaille.


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Marie SAGAIE-DOUVE
Le silence

Nous nous sommes un peu chamaillés toi et moi à propos de la question de savoir si ta poésie est plutôt lyrique ou plutôt narrative ou épique. Personnellement, moi qui en littérature ai beaucoup de maîtresses et peu de maîtres, je penche pour le roman, une poésie du roman. Pas de chansons, une narration capable de créer l’héroïne.

La réception de mes textes dépasse le domaine de ma compétence. Devenu maître du jeu, le lecteur, à l’aide d’indices repérés sur le chemin, crée son texte, sur le dispositif qui lui est proposé. En revanche, si l’on entre dans le processus, l’émotion y joue un rôle d’importance, sur un mode archaïque, privilégiant les figures du conte et quelques mythes. Le récit, tentation de la mémoire, organise le bric-à-brac en rythmes et sons. Les images fonctionnent comme des scènes furtives. Leur lien incertain rappelle les associations du rêve. Au lecteur d’éclaircir ce rébus, d’être touché par le désenchantement de l’épique dans cet espace de l’esquisse, de l’étude réduite au fragment glissant vers la prose dans Lignes de fuite. Le travail porte sur le sujet - ou ce qu’il en reste - dans une énonciation saccadée voire déjantée.


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Patrick CINTAS
Essayer

Vous avez dit : « Si j’étais un grand écrivain, je le saurais. »

Or, je n’en sais rien. Tirez vous-même la conclusion.

Êtes-vous au moins un écrivain ?

Je suis un essayiste. Pas un jongleur. Plutôt un guetteur fasciné.

Pourquoi essayer au lieu d’écrire ?

C’est simple. Je ne sais pas écrire. Je ne sais que composer. Je veux dire que je peux composer un morceau au piano et que je ne sais pas l’exécuter. Je compose un livre et je ne sais pas pour autant l’expliquer. Mon texte n’est pas une réponse. Il n’y a d’ailleurs pas de question. La question n’est donc pas écrire ou ne pas écrire. Le texte ne répond pas plus à une attente. Il ne répond à rien. En tous cas, pas que je sache. Cette ignorance confine à l’herméneutique. J’essaye donc de connaître les sources de l’inspiration. Le texte s’y frotte avec un bonheur plus ou moins relatif. Ce qui ne crée aucun style, aucune littérature. Et alors je m’intéresse de près à cette rhéologie du texte. On peut dire que mes livres, si s’en sont, sont entre moi-même et ce qu’est le texte. Entre l’apprentissage de l’inconnu que je suis pour moi-même et les soubresauts du texte que j’aligne quelquefois avec une facilité déconcertante. Une certaine fascination s’empare de moi lorsque je me relis, mais c’est par pure curiosité. Ce n’est pas de l’admiration. Cette curiosité n’est pas celle d’un écrivain. C’est celle d’un essayiste. L’esprit y est tributaire de l’hypothèse et non pas de la foi. Aucune mystagogie là-dedans. D’autant que ce moi n’est pas moi. Ni l’autre d’ailleurs. Personnage peut-être. On pourrait aussi parler d’interprétation à mon propos.


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Les Lettres en Midi-Pyrénées
Des réponses

Sur le site du Centre régional des Lettres Midi-Pyrénées
Centre régional des Lettres Midi-Pyrénées

 

 

 


Rencontres poétiques
de Rodez
Prix Antonin ARTAUD 2008
en mai


 

Les rencontres poétiques de Rodez seront l’occasion de présenter notre atelier d’écriture, CORTO. Nous présenterons les livres des poètes publiés par Le chasseur abstrait. Outre ceux cités plus haut : Serge MEITINGER, François RICHARD, avec le photographe Christophe LAURENTIN et Abdelmajid BENJELLOUN .

Enfin, le Cahier "HAÏTI" sera bouclé. Le Cahier HAïTI a pris de l’ampleur sous la houlette de Fred Edson Lafortune et de James Noël. Pour nous tous, ce sera sans doute le chantier le plus ambitieux et le plus beau. La langue française habite ailleurs, il n’y a plus de doute. Une fête pour la poésie et un moment de répit pour cette nation blessée qui foisonne comme une frondaison.

 

Présentation de
CORTO
Atelier d’écriture du Chasseur abstrait

 

La base de l’atelier d’écriture sera une collection du Chasseur abstrait intitulée CORTO en raison de la taille de ses livres, vingt pages maximum. Nous y publierons aussi bien des textes exemplaires que des essais en tous genres : des textes bien sûr, de la musique, du graphisme, etc. Quelques manuel pratiques verront le jour au fur et à mesure de l’extension de l’atelier dans le territoire le plus large possible

Les Rencontres poétiques de Rodez seront l’occasion pour nous de présenter cet atelier et ses relations avec l’autre atelier, DIRE LE TEXTE, atelier de lecture. Ainsi, le Chasseur abstrait se dote d’un outil à la fois de communication et de création. Il a fallu du temps pour atteindre ce niveau de relation avec le public. Nous avons le vent en poupe, d’autant que nos collections se peuplent d’oeuvres aussi diverses qu’intéressantes. L’objectif de la RAL,M, "Revue d’Art et de Littérature, Musique", est atteint puisque ces trois domaines sont maintenant à la portée à la fois de la publication et de la création.

 

parutions en avril-mai
pour les Rencontres poétiques de Rodez


François RICHARD - Loire sur tours - photographies de Christophe LAURENTIN.

Abdelmajid BENJELLOUN - Cette petite étoile frémissante du matin.

Cahiers de la RAL,M - nº8 - Haïti.

 

 

 


Cahiers de la RAL,M
Anthologies


 

 

Les anthologies annoncées dans le numéro 33 de décembre 2007 vont voir le jour dans le courant de l'année. En voici deux: le Cahier "HAÏTI", exceptionnel par son ampleur, que nous bouclerons avant les rencontres poétiques de Rodez en mai; et Seulement, le Cahier où Rodica DRAGHINCESCU présente le meilleur de son atelier.

 

Cahier Haïti
Juste JONEL

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur le projet du Cahier Haiti ?

Patrick CINTAS - Les Cahiers de la RAL,M sont une extension de notre site internet, la « Revue d’art et de littérature, musique », la RAL,M. Nous y publions des dossiers sur un auteur, sur un livre, un thème. Chaque Cahier est accompagné d’un supplément de livres standards. Par exemple, le Cahier « Femme(s) & Créativité » - 34 auteurs et 332 pages - a donné lieu à la publication de plusieurs livres : La mangrove du désir de Denise Bernhardt, Travers&e de Marie Sagaie-Douve, Gisèle et Dix mille milliards de cités pour rien de moi-même et Les fées de Robert VITTON. Plus de 1500 pages en tout. C’est un travail de longue haleine. Il est aussi évolutif. C’est un concept. Il en sera de même pour le Cahier Haïti.

Quelle est l’origine du projet ? Comment est-il réalisé ? Son but ?

L’idée de ce projet est une "anthologie" qu’on m’a proposé de rééditer. Ce n’était pas éditable, parce que limité à quelques poètes et que des poètes français sans importance y prenaient curieusement place. Notre ambition était de construire une véritable anthologie, car il s’agit d’un sujet d’envergure : la poésie et l’art d’une nation. Nous sommes en train de compiler les propositions avec James Noël et Fred Edson Lafortune. Je ne souhaite pas publier un « trombinoscope », mais véritablement un ouvrage collectif donnant l’image la plus fidèle possible d’une littérature guère pratiquée en France, à part quelques grands noms, comme Jean METELLUS qui a aimablement accepté de participer.


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Seulement
Atelier d’écriture
de Rodica DRAGHINCESCU
à paraître en mars

L’écriture est un long dialogue avec soi-même ... apud Nathalie Sarraute

Bien sûr, il y a des gens qui écrivent pour seulement écrire et communiquer, écrire et partager leur écriture. D’autres écrivent sans rien se proposer. Ecrire dans l’enchantement d’écrire. Ecrire. Pour accoucher de soi-même sans douleurs. Accoucher le soi-même de soi-même sans douleur. Ou l’accoucher de l’Autre qui simultanément nous accouche de lui-même ! Inventer la posologie du sens unique mais pourtant commun. Créer des liens, nourrir l’Autre et s’en nourrir.

 Ecrire ? Il y a quelques décennies le journal Libération demandait à des écrivains de renom pourquoi ils écrivaient  ? A cette question encore à la mode, Samuel Becket répondit : « Bon qu’à ça » Eloquent, son humour noir et définitif avait résumé le fond et la forme d’une pensée et d’une œuvre à part.

Ecrire c’est créer une présence, remplir ce qui nous manque. « Tout commence à partir de ce manque » dit le poète belge Eric Brogniet. Ecrire. Sur le vide de la vie ? Sur la vie du vide ? Décrire le vide plein, l’absence noire. Redéfinir le vide vidé, l’absence blanche. Ecrire de la poésie ou de la prose ? Qu’importe ?! La poésie protège les mystères des prosateurs, elle les garde chiffrés mieux que tout autre énoncé. Les poètes habillent et habitent les frontières des vérités (absolue et relative), (ren)forçant le fini par l’infini et le visible par l’invisible. Leur nature est non de dissimuler mais bien de laisser deviner leurs symboles. Car qu’est la culture sans poésie ? L’humanité sans poésie est une fin quelconque.


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Nouvelles parutions
chez Le chasseur abstrait


Deux livres de poésie ce mois-ci. Le silence et les mots chez Serge MEITINGER et le silence et l'attente chez Marie SAGAIE-DOUVE.

 

 

Un puits de haut silence
Serge MEITINGER

Collection djinns - poésie

Dos carré collé. 21x15cm. 260 pages. Couverture plastifiée.
-

Poésie est silence. Elle fait silence dans les mots. Ses vocables, proférés en esprit et en gorge, creusent des trous, des blancs béants, dans le brouillard adipeux du bavardage ordinaire. Cailloux lisses ou anguleux qui se cognent aux parois en ricochant, qui glissent, coulent et roulent et ne trouvent pas de fond. Rendre à la parole sa rondeur massive, son poids rugueux et imprescriptible, sa densité charnelle, charnue, c´est remettre les mots à égalité avec les choses, avec le monde.

30 premières pages

Chaque fois que prend le chant, ça s´origine dans le présent du chant : commencement où il y a naissance. En vérité, nous ne cessons de naître, le seul instant qui nous soit disponible et mesuré étant l´actuel, unique. Tel est le mystère de notre incarnation, cette naissance continuée dont l´éclosion est, à chaque jaculation, proprement incalculable. Point, germe, élément, arc sifflant la mort, lyre vibrant la vie, boue, fer et ciment, étoile, source : « Naissance reste cela même qui ne cesse de venir ».

Un panneau de Jérôme Bosch, que je découvris au Palais des Doges, à Venise, présente par un jeu de cercles clairs et concentriques, nettement décentrés pourtant, l´ascension, comme en un puits de lumière, des élus vers l´Empyrée. Le plus saisissant toutefois est qu´ils paraissent tout aussi bien tomber que monter ! Et il faudrait forger une notion de portée métaphysique qui serait un « tomber-monter » où le sens de l´espace-temps se reverse en une unique leçon de lumière.

Serge MEITINGER

En boutique

 

 

Wandering Wanda
Marie SAGAIE-DOUVE

Collection ada - poésie

Dos carré collé. 21x15cm. 90 pages. Couverture plastifiée.
Illustrations de Valérie CONSTANTIN

Le silence touche le processus. Il sert aussi de ponctuation. Il crée le rythme, forme le sens. Il représente l’avant des mots, leur écho, leur résonance, le vide qu’ils laissent – comme après un coup de gong. Leur impact laisse silencieux le texte. L’aspect musical reste décisif, telle une respiration, une mise en relief qui fait effet sur le dire, plutôt que le non-dit, lequel demeure second comme évidement par où s’élaborent, dans l’implicite, mes textes.

30 premières pages

A l’origine, plutôt compacts comme « ce qui vient » dans le cabinet de l’analyste ou le silence de la chambre d’écriture. L’attente fait partie du jeu, mobilise par à-coups des matériaux contrastés, sollicite ce qu’il y a de latent dans l’acte qui met en jeu la langue, lequel ne laisse de prendre à la gorge. Quelque chose - qui s’est inscrit - se révèle.

Marie SAGAIE-DOUVE

En boutique

 

 

à paraître

mars
pour le Salon du livre de Paris


Pascal LERAY - Émilie Guermynthe - roman

Pascal LERAY - Portrait de la série en jeune mot - roman

Marie-SAGAIE-DOUVE - Lignes de fuite - récit

Patrick CINTAS - Anaïs K. - roman

Robert VITTON - Les nuits rouges - poésie - Illustrations de Valérie CONSTANTIN

Robert VITTON - Qu'es-aco? - poésie - Illustrations de Valérie CONSTANTIN

Marta CYWINSKA - Astrolabe - poésie - Illustrations de Valérie CONSTANTIN

Marta CYWINSKA - Première nudité - poésie - Illustrations de Valérie CONSTANTIN

Valérie CONSTANTIN - Les enfants n'aiment pas la mort - graphisme - Texte de Patrick CINTAS

Valérie CONSTANTIN - Territoires - graphisme

Cahiers de la RAL,M - nº6 - Seulement - atelier d'écriture de Rodica DRAGHINCESCU

Cahiers de la RAL,M - nº7 - Dire le texte - atelier de lecture du Chasseur abstrait

 

avril-mai
pour les Rencontres poétiques de Rodez


François RICHARD - Loire sur tours - photographies de Christophe LAURENTIN

Abdelmajid BENJELLOUN - Cette petite étoile frémissante du matin

Cahiers de la RAL,M - nº8 - Haïti

 

 


EN LIGNE
Nouveautés


 

Le Salon du livre de Paris mobilise l'équipe du Chasseur abstrait à tel point que les mises en ligne sur le site sont repoussées au mois d'Avril. Dans le même temps, Le chasseur abstrait s'installe sûrement dans sa profession. C'est un dur moment à passer, mais ne l'avons pas tous souhaité? Le numéro d'Avril sera donc copieux et surtout, ce sera l'occasion de fêter les quatre ans de présence de la RAL,M sur le Web. Le site va subir des changements cette année, pour le rendre compatible avec la croissance du Chasseur abstrait. Vos commentaires sont attendus pour servir d'édito à ce numéro anniversaire.
POETES L'ÉCRIVAIN
écrivain, écrivant...
même combat...

EUMOLPE, dit écrivain ou gribouri, parasite de la vigne. Actuellement la lutte contre ce parasite ne pose plus de problème en France où il a pratiquement disparu. [Wikipedia]

— D´où vous vient, lui dis-je, cette manie ? Il y a à peine deux heures que nous sommes ensemble, et, au lieu de parler comme tout le monde, vous ne m´avez débité que des vers. Je ne m´étonne plus si le peuple vous poursuit à coups de pierres. Je vais faire aussi ma provision de cailloux, et, toutes les fois que cet accès vous prendra, je vous tirerai du sang de la tête.
[Eumolpe] secoua les oreilles et répondit :
— Jeune homme, ce n´est pas d´aujourd´hui seulement que l´on me traite de la sorte : je ne parais jamais sur le théâtre, pour réciter quelques vers, sans recevoir un pareil accueil du public. Quoi qu´il en soit, pour n´avoir pas aussi maille à partir avec vous, je consens à me sevrer de ce plaisir tout le reste du jour.

[...]

J´ai inventé, dit Eumolpe, un expédient qui mettra dans un grand embarras ces coureurs d´héritages. — En même temps il tira de sa valise les tablettes où étaient consignées ses dernières volontés, qu´il nous lut en ces termes : — Tous ceux qui sont couchés sur mon testament, à l´exception de mes affranchis, ne pourront toucher leurs legs que sous la condition expresse de couper mon corps en morceaux, et de le manger en présence du peuple assemblé. Cette clause n´a rien qui doive tant les effrayer ; car il est à notre connaissance qu´une loi, encore en vigueur chez certains peuples, oblige les parents d´un défunt à manger son corps ; et cela est si vrai que, dans ces pays, on reproche souvent aux moribonds de gâter leur chair par la longueur de leur maladie. Cet exemple doit engager mes amis à ne point se refuser à l´exécution de ce que j´ordonne, mais à dévorer mon corps avec un zèle égal à celui qu´ils mettront à maudire mon âme.

Pétrone - Satiricon.

 

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Prochain numéro le 10 mars 2008.
Et du 14 au 19 mars

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