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Revue en ligne
jeudi 23 novembre 2017
Revue d'art et de littérature, musique
Directeur: Patrick CINTAS
Éditeur: Le chasseur abstrait

 

Nouvelles parutions chez Le chasseur abstrait - articles et textes de Jean-Paul GAVARD-PERRET, Patrick CINTAS, Cristina CASTELLO, Serge MEITINGER, Robert VITTON, Paul de MARICOURT, Michel MELLET - Galeries de GUILLERMO ROUX, Jean-Paul GAVARD-PERRET - Musique avec Jack YANTCHENKOFF, Ayser VANÇIN, Mathieu CHARDET, Alexandre THOLLON, Antonio MIRANDA, Xulio FORMOSO, Elga PEREZ-LABORDE, George DURAND, Patrick CINTAS, Francisco del CAMPO. Site d'Onuma NEMON.

©nizar mouakhar

 

Le travail déjà accompli autour de Robert VITTON. Et ce n'est pas fini.

 

 

 

à paraître le mois prochain

 

coordination: Valérie CONSTANTIN

FEMME(S) & CRÉATIVITÉ

avec la participation de nombreuses auteures de la RAL,M

présentation et extraits dans le numéro du 15 mai

 Le cahier sera accompagné...

 Dans la Collection djinns:  La mangrove du désir de Denise BERNHARDT,  Fables de Daniela HUREZANU, Diptyque suivi de Suite pour voix de Marie SAGAIE-DOUVE. D'autres djinns sont prévus dans ce cadre mais ne sont pas encore prêts (en traduction notamment).

 Dans la Collection ada:  Les fées de Robert VITTON, illustré par Valérie CONSTANTIN.

  Il n'est pas trop tard pour participer.

 

 

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D’un coup de dés, l’espace du poème depuis Mallarmé

Patrick CINTAS

avec Ann-Sarah Laroche

Bibliothèque de Toulouse (exposition)
et Les Abattoirs (Man RAY à l’auditorium Jean Cassou)

L’exposition s’est terminée hier. Qu’à cela ne tienne ! Voici un petit compte rendu de la visite qu’Ann-Sarah LAROCHE, commissaire de l’exposition, a bien voulu guider. Ainsi que le texte et les photos de l’exposition, à défaut d’un catalogue qui eût constitué un beau souvenir. Téléchargement ici.

Il n’est pas rare qu’on expose de la mode pour la glisser adroitement dans le cercle privé des arts, glissement qui s’opère plus précisément de la sociologie à la critique d’art et de la pathologie ordinaire de la rue à celle plus orphique des véritables créateurs. Stéphane MALLARMÉ eut sans doute la joie de délimiter le terrain des postures, reléguant le "journal" à ses coupes sombres dans la matière quotidienne et suggérant péremptoirement la possibilité d’un livre tel qu’il ne fût pas le seul à pouvoir l’écrire tant il eût acquis des étoiles et de leurs distances. Ainsi qu’on voit à quel point il est difficile de montrer MALLARMÉ, non pas sans le dénaturer par la descente d’un cran de ses exigences, mais en en parlant avec des moyens dont tout le monde peut comprendre le lexique et la syntaxe : en exposant le cosmos de ce génie qui change l’éternité sans en toucher maladroitement la complexité à la fois infime et infinie, la bibliothèque de Toulouse ouvre ses collections exemplaires au public désireux de s’informer justement et d’étudier avec délices sans se priver d’un hermétisme cette fois conquis par la grâce des objets exceptionnels que seules des vitrines interdisent au toucher. C’est donc dans un univers de son et d’objets qu’on nous propose d’approcher, sinon de comprendre au moins plus clairement, ce que fut cet homme et ce qu’il en est encore de lui qui, de loin et si profondément, fit plus qu’enseigner ce que sans doute il perçut de définitif et de parfaitement naturel dans notre existence et sur ses terres.


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L’ART ET LES MUSÉES
Patrick CINTAS

Coulisses des musées, pour une ouverture des réserves ?
Journée débat du 18 avril 2007
Auditorium du Louvre
Informations : 01 40 20 55 55
Réservations : 01 40 20 55 00
Programme (pdf)

L’ouverture au public de lieux et d’espaces qui lui étaient jusqu’alors fermés s’affirme actuellement comme une tendance caractéristique de nos pratiques culturelles collectives.

On peut en effet se poser la question : jadis, le moindre objet d’art avait son intérêt artistique et il conserve encore sa valeur historique en regard des sociétés du passé. On travaillait bien, toujours avec talent, même si le génie manquait souvent à l’ouvrage. On se targue d’avoir retenu l’essentiel de ce génie et ce sont les témoignages de l’existence qu’on a relégués dans les réserves. Les choses paraissent si claires que ce gisement sans doute poussiéreux n’aurait plus qu’un intérêt archéologique ou pire : sentimental. Il n’est d’ailleurs pas interdit, au contact de l’objet sans génie appartenant encore à son passé par ses usages et son apparence, d’en tomber amoureux. Avec le secret espoir de desceller, comme dans Pyramides, le coup de génie qui a échappé aux conservateurs scrupuleux de notre Histoire et même de celle des autres. Il n’est pas d’institution sans ce risque et, passé le risque, sans cette joie d’enfant bien légitime. Ouvrir les réserves, quand il s’agit de celles qui ne nous concernent plus d’aussi près que ce qui les relègue, c’est se mêler de sociologie, d’histoire, d’archéologie, au fond de philosophie. Il ne manque que la place et les moyens de surfacer l’ensemble jusqu’à l’ordre et la propreté, pourquoi pas la rentabilité ? L’aventure est tentante, non seulement en vertu du vieux principe qui veut que faire feu de tout bois n’est ni méchant ni bête et peut induire d’autres aisances, éducatives notamment, mais parce que tout simplement la culture est d’abord celle de la curiosité. Ce qui serait mis en marche par une ouverture concertée et normalisée des réserves des musées dont personne ne doute qu’elles sont immenses, c’est la joie de l’étude et la satisfaction de savoir. Mais cette fois, dans les limites d’un possible qui ne repousse jamais les murs au-delà des bornes, l’usage ne serait plus réservé aux connaisseurs, mais à tous ceux qui brûlent de connaître, y compris pour charpenter des romans dont le succès se fait ardemment attendre bien sûr.


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Enfense
Jean-Paul GAVARD-PERRET

Au commencement était le verbe. Au commencement fut donc le mensonge où nous fûmes immergés comme nous fumes noyés par les mères, et pliés par les pères, depuis le premier jour dans l’argile du ventre et l’écume de la loi par l’oralité de la plaie béante. Des premiers feux au dernier mot lui aussi dérouté, nous sommes donc livrés à la seule errance car jamais on efface la peur au ventre. Ce sont ces voix qui parlent, se couchent en nous, nous enivrent de leur mensonge dans ce centre miné, en cette panacée. Nous sommes ainsi refaits par les " mots salauds " qu’a évoqués Artaud. Nous sommes ces garnements au totem étranglé comme un membre dans une poche, au totem crevant de ventre face à un sexe-mère ouvert par la clé d’un patron-minet qui lui-même nous cloua dans sa tête. Mais voilà le danger : qui les renie s’y accole au plus près, pénètre dans les fissures de leur roche et leur fosse commune d’où semble jaillir une perfide infiltration de lumière. Ainsi la secousse des corps livrés à l’éternel retour, à cette jouisseuse de flûteuse de Haarlem. A l’infini la dérive qui érode le temps et empêche de le vivre sinon à brûler sur le squelette. L’empreinte humide des bouches reste béante, huileuse, c’est l’onguent qui écorche notre honte d’être le jet coulé, le dégluti.


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Guillermo Roux, pintor
Cristina CASTELLO
El poder de la belleza

Con la boca hacia arriba, las máscaras griegas representaban la alegría. Y con la boca hacia abajo, la tragedia. Para el artista plástico Guillermo Roux, de refinamiento ético y estético notable, la belleza, en sí misma, es un valor. ¿Y si intentáramos que la vida fuera una oda a la alegría ? Schiller estaría gozoso.

Son muchos los signos de la belleza. Pero, para gozarla, hay que vivir a conciencia despierta. Para sentir -como el ave fénix de la leyenda, con sus 365 plumas- la mañana de la vida, la obstinación del atardecer y el enigma de la noche.

Y es verdad que el concepto de belleza parece abstracto. Pero no. Para William Yeats, era sinónimo de piedad, a Oliverio Girondo lo acercaba a Dios y para Miguel Hernández, era coraje : “confluyen situaciones bellas miles en un solo minuto de valor”, escribió. Por eso -aunque muy grato- no es la única forma de deleite, visitar las pirámides de Egipto, ver el coloso de Rodas, los jardines colgantes de Babilonia, o cualquiera de las siete maravillas del mundo. Sólo hace falta tener gula de luz, voracidad de ojos abiertos y una furia enorme de ventanas para adentro : hacia nosotros mismos. Porque la belleza es, creo, la tarea del hombre en este mundo.

Emparentada con el concepto de placer, es más abarcadora que él. Pensadores y poetas asocian la belleza a la trascendencia, y/o a la sensibilidad, y/o a la inteligencia. Lo placentero, en cambio, tiene que ver con lo agradable, con la alegría de vivir y hasta con el ocio, cuando éste nos gratifica. No tiene la magnitud ni la hondura de lo bello. Pero es como un cosquilleo. Tiene ruidito de tostadas crujidas al alba y olor a plantín de lavanda al mediodía. Es un alborozo -más que necesario- que nos gratifica los sentidos. Por eso bien vale la pena -también en este caso- abrir nuestras ventanas al placer. Incluso al más simple.

Y no es difícil. Ya lo dijo Oscar Wilde : “los placeres sencillos, son el último refugio de los hombres complicados”. De los que son capaces del deleite. Como Guillermo Roux. (Cristina Castello)


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Librairie du gay savoir
Serge MEITINGER
Espace d’auteurs : Librairie du gay savoir

Anonyme : Roman d’un inverti-né, préface d’Émile Zola, commentaires du Dr Laupts en introduction et en postface (Éditions À rebours, Lyon, 2005)

C’est un texte appareillé et même corseté, dûment encadré, que cette confession anonyme envoyée à Émile Zola par un jeune aristocrate italien et que le célèbre romancier autorisa le Dr Laupts (pseudonyme de G. Saint-Paul) à publier, en 1896, dans les Archives d’Anthropologie criminelle et de psychologie normale et pathologique. Tel était souvent le sort des confessions sexuelles au XIXe siècle : elles ne pouvaient trouver « publication » qu’avec la caution de la science qui, tout en avalisant brutalement les normes, accordait à ces cas la froideur classificatrice d’un savoir en mesure de dire le bien, le vrai et le juste. Pourtant le jeune homme (de vingt-trois ans) qui écrit directement en français et qui rapporte ici les données existentielles les plus intimes de son inversion ne s’était pas adressé à Émile Zola sans intention précise. Il voulait donner au romancier naturaliste des documents de première main pour qu’il pût faire de ce thème biographique, de ce drame humain, un sujet, une portion d’intrigue, un personnage en action. Il se présente donc d’abord comme un « personnage en quête d’auteur », mais le plus intéressant est qu’en cours de route, pris, échauffé, emporté par le jeu de l’écriture, par sa confession impudique, il devient progressivement l’auteur de sa propre intrigue jusqu’à ménager le suspense du coup de théâtre ou du coup d’éclat final qui est un vrai dénouement. Le titre de « roman » donné à cette autobiographie, sans doute par Zola lui-même, est tout à fait adéquat. Outre le délicat problème des conventions morales et de la sensibilité de l’époque qui lui était déjà si hostile, il est possible que le romancier ait reculé devant un travail d’écriture qui avait déjà franchi, sans son aide, le pas du romanesque.


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La terrasse
Robert VITTON
Espace d’auteurs : Le zinc

La petite école... La grande. La fuite par les buissons. Notre amour pour Baudelaire. A une passante... La rue assourdissante autour de moi hurlait.... Toujours quelque chose à pétrir, le collégien. Pâte à modeler, mie de pain... J’ai retrouvé sa main laborieuse et inquiétante. Ce livre recousu, rafistolé, il me l’a offert... Les Fleurs du Mal ! Une belle amitié. Que fais-tu dans la vie ? Comme tout le monde... Rien ! Dans la vie comme dans l’existence. L’existentialisme... Tu t’en souviens ? Le point commun entre Sartre et Camus c’est que tous les deux sont morts. Et nous avec. Je le croise sur l’avenue... Que d’années... Une ruelle. Un guéridon près d’un juke-box.. T’es tout’ nue sous ton pull... Y’a la rue... Deux cafés. C’est de l’encre. Toujours tes vers de douze pattes ? Moi, je buvais, crispé comme un extravagant... J’ai trop de souvenirs. J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans... Mille ans... Miracle à Milan. Du balai ! C’est invivable. J’ai relu Nerval. J’ai déposé trois caisses de livres à la bibliothèque municipale. Je fais, je refais ma vie, ma vie me défait. C’est la vie ! Personne ne m’attend. Ce qui me console c’est que je n’attends personne. Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! Des chiffres sur une page arrachée de son calepin. J’y vais, me dit-il, j’ai un enterrement. Un proche ? Comment savoir ? Il m’a inscrit mon propre numéro de téléphone. J’ai appris son suicide par une fille de notre classe. Quarante ans après... Sur mon chemin pour m’annoncer la nouvelle. Il s’est pendu à une grille, la nuit... La tour Saint-Jacques.


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Le corbeau à l’aile cassée
Paul de MARICOURT
Espace d’auteurs : Haïkus

Télérama s’en est fait récemment l’écho : le haïku est la petite bête à 17 pieds qui monte, qui monte, qui monte dans le coeur des poètes français... Pour ma part, je l’aborde avec des gourmandises d’enfant ; il est ma gaufre au sucre, mon trèfle à 4 feuilles, mon petit rien.

Un haïku tient sous une photo, dans un carnet de voyage, sur un ticket de métro, dans une boîte à trésors...Il est pour moi l’unité de base poétique, cohérente, incompressible, s’agglomérant en recueil à thème ou rythmant une prose poétique...

Mais trêve de bavardage ! Ecrire des haïkus, c’est d’abord vivre et ressentir. Je cours parfois dans le parc de Fontainebleau, tandis que mon fils - Pierre, 7 ans - me suit ou me précède à dos de VTT. Ainsi, avant hier, nous avons tous deux vu un corbeau à l’aile cassée.

Je n’ai pas tenté de secourir l’animal, au grand désespoir de mon fils. J’ai trop de souvenirs d’enfance d’oiseaux tombés du nid que je recueillais, pour les voir crever trois jours plus tard, infoutu que j’étais de répondre à leurs besoins. Passons ! La nature est raide, c’est ainsi mon bonhomme...

Couchant les herbes

De son aile dépliée -

Le corbeau blessé


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Atelier de Rodica DRAGHINCESCU
Michel MELLET
Le mois prochain : Anita RUTILI


L’infini ©p.cintas

GOUTTE DE ROC

 

Voyager à l’infini

Affronter des tempêtes sans frémir

Se ruer vers l’aventure, se battre à volonté

Echapper à son destin

Etre Simbad le marin


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 Atelier d'écriture de Rodica DRAGHINCESCU

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News

La RAL,M avance, Le chasseur abstrait croît.

 

Enfin une bonne nouvelle: ONUMA NEMON est sur l'Internet:

DÈS le début nous avons désiré la recherche invétérée d'une anhumanité hors les corps, un territoire des Inscriptions généralisées au-delà de l'écriture et de l'artistique, la communauté des mutants et surtout l'autonomie absolue grâce à la suppression des intermédiaires.

Radiophonies du bout du monde, polygraphie, cryptages nocturnes des radio-amateurs, voyage au Pays des Morts, société secrète de lycéens mais surtout terre des Enfants.

Le buissonnement anarchiste de toutes ces greffes neuronales et de ces lieux fraternels, tout ce brassage utopique trouve sa raison vibrante dans ce site créé grâce à l'aide de Didier Morin, Alexandre Ronsaut et Isabelle Revay. Plus de représentation ni de bavardages : on lance la flèche au plus vif!

On trouvera deux choses ici :

- les états préparatoires ou marginaux de la Cosmologie, ses "assouplissements", exercices techniques datés et parfois coulés dans des formes archaïques (parmi tout un vrac de bondieuseries Saint-Sulpiciennes où chacun triera), qui relèvent de la réclusion de cette époque-là, ensemble jamais montré avant 1984. Ceci valant comme documentation, avec une présentation des domaines d'expression séparément (photographie, son, dessin, etc.).

- l'aboutissement de cette quarantaine d'années de travail avec les "États du Monde", stade définitif de la Cosmologie dont nous donnerons les textes au fur à mesure avant une publication en volumes, et dont la singularité absolue est d'être constituée d'inachèvements successifs repris dans un immense mouvement poétique, un "train de bois flottants" changeant sans cesse de Voix et de registre dont le but ouvertement déclaré est de fournir en même temps lecture populaire et lecture savante, et dont nous indiquerons par la suite les Extensions plastiques, cinématographiques, sonores...

Les quelques articles recensés fournissent amplement le détail de l'Œuvre et le site Louis Watt-Owen en est le meilleur lien possible.

Onuma Nemon

Il y a beaucoup de matière dans ce site. Nul doute que c'est ici le véritable lieu de cette oeuvre remarquable. À l'embrasser, il ne peut en être autrement. Postérité assurée. Et épanchement.

Patrick CINTAS.

 

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Livres reçus

Le nombre de livres reçus devient trop important pour que je puisse en assumer la chronique seul. Marie-Françoise SÉJOURNÉ et Alain LE ROUX ont gentiment proposé de m'aider. Vous pouvez désormais choisir votre "critique". Voici les coordonnées où envoyer vos livres, au choix:

Marie-Françoise SÉJOURNÉ


    3 bis, rue Damrémont
    75018 PARIS
    Téléphone: 01 77 10 93 97 & 06 73 90 47 39

Alain LE ROUX


    27, allée Morvan Le Besque
    29280 PLOUZANÉ

Patrick CINTAS


    12, rue du docteur Jean Sérié
    09270 Mazères
    Téléphone: 05 61 60 28 50 & 06 74 29 85 79

Il va sans dire que d'autres collaborations sont attendues...

 

Ce mois-ci, quelques CDs reçus:

 

Canções perversas

poèmes d’Antonio MIRANDA
musique de Xulio FORMOSO
arrangements de George DURAND
interprétation d’Elga PÉREZ-LABORDE & George DURAND

Notre ami Antonio MIRANDA est un grand poète brésilien que nous avons déjà présenté ici. Voici un disque sublime inspiré de PER VER SOS et de ses antipoèmes comme les appelle Elga PÉREZ-LABORDE, professeure de littérature à l’Université et ici interprète merveilleuse de cette poésie sale peut-être. George DURAND prête aussi sa voix impeccable pour tisser le chant du mal. La musique est de Xulio FORMOSO qui caresse le texte avec une véritable perversité de troubadour. Un beau travail d’équipe qui s’ajoute à d’autres à consulter sur le antoniomiranda.com.br/xulio_formoso/xulio_index.html - site d’Antonio Miranda, richissime.

George DURAND

 

 

Out of time

Alexandre THOLLON
produit avec le soutien de JCC communication
durée 41mn

Alexandre THOLLON joue de l’harmonica. Son interprétation de "Pictures of a woman" est particulièrement réussie. Rien que de l’acoustique et des musiciens de chair et d’os pour l’accompagner dans ces beaux enregistrements : pianos, violons, altos, violoncelles, contrebasse, flûtes, piccolo, cor, trombonne, darbouka... De quoi remplir l’espace de belles partitions tonales jusqu’au bout des ongles et du souffle. Un bon moment aussi, avec la qualité et, pourquoi ne pas le dire, une grande classe.

Textes de Jean-Claude Cintas parus en 2001 dans le livret du CD de l’harmoniciste Alexandre Thollon « Out of time ». Rappelons que Jean-Claude Cintas a réalisé, pour cet album, l’ensemble des photos, le design et le suivi de la direction artistique des musiques.

1. « Travel in a twilight world »

Un piano évocateur introduit le thème en ré dorien et en ré mineur que le soliste harmoniciste soutient d’un vibrato maîtrisé et chatoyant. Puis le violoncelle intervient avec majesté et profondeur. Se succèdent alors pour la partie mélodique, de l’harmonica, glissandos, bendings et overblows qui supposent une parfaite maîtrise du souffle. Le « voyage dans un monde nébuleux » est alors entamé. A chacun d’y trouver son parcours...

 

2. « Pictures of a woman »

Cette composition est de Pete Pedersen, harmoniciste américain, jazzman de grande renommée. Ce morceau très technique alterne des passages sautillants évoquant la gaieté sous forme d’une gigue enlevée à d’autres plus mélancoliques montrant la possibilité de l’instrument et les qualités d’interprétation d’Alexandre Thollon. Des images évocatrices de la femme se succèdent...

 

3. « Carte juste »

Après une introduction atonale, le thème en fa dorien poursuit ce morceau architecturé autour d’un rythme hindou à sept temps. Viennent ensuite s’associer progressivement l’harmonica, une darbouka, deux flûtes, un violoncelle, une contrebasse et un piano. Cette pièce basée sur une rythmique complexe demeure à l’écoute simple, évidente et limpide. On en oublie, grâce à une orchestration bien enveloppée, la difficulté rythmique qui la soutient. Etonnant...

 

4. « Altaïr »

Quelques notes de piano cristallines débutent cette pièce qui s’annonce comme le thème majeur de cet album. Puis le violoncelle assoit l’arrivée de la mélodie qu’interprète l’harmoniciste avec une rare sensibilité. Ce thème magnifique qui ne demande qu’à devenir un « tube » ou un « standard » laisse glisser bendings et autres passages harmoniques d’exception pour imposer le climat d’une mélancolie heureuse. « Altaïr » n’est autre que le nom d’une étoile qui se situe dans la constellation de l’aigle, aigle que Jupiter incarna pour délivrer une déesse. Etoile visible d’une grande partie de la surface du globe, elle a toujours guidé les hommes à travers les âges. Ici, Alexandre Thollon nous guide, mieux encore, nous entrouvre les portes d’un regard sur soi. A chacun d’y laisser son imagination voguer au fil de ce thème harmonieusement cadencé par l’arpège lancinant du piano. L’harmonica est en duo permanent avec l’archet du violoncelle complice et dont les consonances arabisantes ne manquent pas de nous transporter…

 

5. « Barkhanes »

« Barkhane » est une dune de sable qui se déplace en forme de croissant sur un terrain non sablonneux. Après l’introduction à capella de l’harmonica, l’œuvre se construit de façon atonale. C’est une sorte de personnage qui évolue au fil des notes. La dune se déplace, se transforme, s’enrichie, se casse, se reconstruit, subit diverses influences. Autour du quintette à cordes, l’harmonica se promène souverain, accidentellement soutenu par un piano espiègle contemporain. A suivre...

 

6. « El cant del occels »

« Le chant des oiseaux », Noël catalan, demande le recueillement, la communion entre les hommes. L’arrangement spécialement écrit pour la circonstance pour un quatuor à cordes, évoque le frétillement des chants et le battement d’ailes des milliers d’oiseaux qui s’ébrouent dans la forêt en une sorte de communion indisciplinée mais fraternelle. Ce thème entendu un jour à la radio (interprété par Pablo Casal) s’est imposé à Alexandre Thollon comme une évidence. Il se devait de l’interpréter lui aussi. C’est maintenant chose faite. Une occasion unique aussi de montrer les qualités de l’instrument dans un registre grave (jusqu’au ré grave) rarement usité. Chante Alexandre, chante !

 

7. « La corrida de toros »

(Œuvre de Pete Pedersen enregistrée pour la première fois). Après une introduction homorythmique, un mode diminué inversé, sorte de mode andalou, plante le décor d’une corrida ou le jeu permanent du beau geste et de la mort s’opposent sans cesse. Aux moments d’observation s’opposent ceux de l’action. Je t’aime, moi non plus. Jusqu’à ce que le toréador-harmoniciste porte l’estocade finale ; enlevée et magistrale !

 

8. « Clichés pour un siècle révolu »

Ce titre laisserait à penser que le siècle passé était fait uniquement de clichés. Il n’en est rien. Cette pièce est, dans cet album, celle qui nécessite le plus d’instruments : un quintette à cordes, un cor, un trombone, deux flûtes, un piano et bien évidemment le souffle intense de l’harmonica. C’est le dialogue d’une mélodie langoureuse et belle répondant aux violons lancinants et aux flûtes aériennes. L’espace, au fur et à mesure, s’agrandit et s’ouvre à une suite d’images, de clichés, sorte d’hommage aux compositeurs du XXème siècle. Tout y passe. Différentes directions musicales s’entrechoquent et s’enrichissent entre elles comme constat d’un siècle extrêmement créatif. Peut-être l’annonce d’un nouveau siècle pour l’harmonica qui mériterait d’obtenir ses lettres de noblesse d’instrument à part entière. Qu’on se le dise...

J.-C. Cintas

 

 

Vers chantés, vers enchantés

Mathieu CHARDET
musique d’Ayser VANÇIN
durée 64mn

Nous avions déjà signalé "Le nuage amoureux", récitation de Mathieu CHARDET sur des musiques d’Ayser VANÇIN, avec Nazim HIKMET à la poésie. Ici, la palette poétique s’élargit, de Louis ARAGON à Jules SUPERVIELLE en passant par Francis CARCO, Paul VERLAINE, Nazim HIKMET, Maurice CARÊME, Maurice MAETERLINCK et Mathieu CHARDET lui-même. Tout y est si justement juste et agréable à l’oreille et au coeur qu’on ne peut qu’y deviner une formation classique avec ce que cela suppose de résistance à des difficultés jamais contournées. Nous nous sommes rencontrés à Saint-Sernin, environnés de briques rouges et de pluie sommaire, et nous avons apprécié la beauté du talent de ces amis de la Poésie.

La bohème de Francis CARCO

 

 

Et pour terminer dans la joie, "Aguardiente", extrait de mes "RHAPSODIES":

-------------------------------Si je n'étais pas si pauvre,

Et si la maison de mon père avait un sens, si ma vie entière
Était un chant et non pas une histoire, ma mie nous nous
Aimerions sans savoir qui de nous est la femme, qui l'homme

Et pourquoi l'enfant.
chant 17 - Chanson d'Ochoa

Patrick CINTAS

 

Prochain numéro le 15 mai 2007 avec le Cahier FEMME(S) & CRÉATIVITÉ.

 

Encore beaucoup d'auteurs à mettre en ligne, qui m'excuseront du retard... Et puis nos parutions, nos parutions!... VITTON, HUREZANU, SAGAIE-DOUVE, RUANO, AZUELA, MARICOURT, RICHARD, BENJELLOUN, LAFORTUNE, BERNHARDT, PALMA, LERAY, YANTCHENKOFF, CYWINSKA, qui d'autre? PORTELA? MEITINGER? Astu! KHELOUZ...?

 

 

 

 

2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

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