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La puissance symbolique
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 Article publié le 5 octobre 2014.

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La force holistique du symbole fait toute sa magie.
Magique, le symbole ? Il faut pour le croire lui prêter une efficience autre qu’holistique, une puissance intrinsèque, alors que c’est bel et bien dans sa force holistique que réside toute son efficace.
Holistique, fédérateur, le symbole : il agit sur l’inconscient de qui le reçoit, l’accueille puis l’adopte comme signe de ralliement pré-linguistique.
Les initiés peuvent discuter de sa portée symbolique - nous sommes d’emblée dans une tautologie - , dérouler les notions que le symbole agrège implicitement, mais je le répète : sa portée, c’est-à-dire sa visée - et derrière toute visée, il y a un viseur-concepteur désireux de manipuler les foules crédules en jouant avec les symboles - est tout autre : c’est d’abord un signe puissant de ralliement qui permet à l’individu crédule de signaler son appartenance à un corps symbolique plus grand que lui.
Tautologique, le symbole n’a qu’une portée limitée : il symbolise une vision du monde fermée sur elle-même qui ne peut réellement s’expliciter que par le biais du langage, et ainsi s’ouvrant au monde, bien qu’il en ait, rallier des adeptes et conquérir l’espace-temps, s’imposer comme la référence ultime, la seule voie, la seule issue.
Cette limite-limitation est précisément l’effet recherché : il s’agit d’évoluer en vase clos, dans l’absolu d’une conscience fermée à l’altérité.
Impossible limitation qui marque la limite de tout symbole.
Le serpent se mord la queue et avale de travers, se recrache en mots inadéquats à l’absoluité recherchée.
Esotérique donc, et exotérique, fatalement.
Une marque, un logo : achetez-moi, vous me reconnaissez, c’est moi, et je suis le meilleur ! Les symboles religieux n’ont pas été totalement remplacés par les logos de grandes marques de bien de consommation : les grands symboles perdurent, mais ils sont concurrencés par une myriade de petits symboles qui pullulent en idoles modernes.
Reconnaître une marque, l’identifier à son logo, faire savoir aux autres qu’on a choisi telle ou telle marque pour son excellence : prosélytisme bas, de faible intensité.
Le petit crocodile n’a pas fini de fasciner les m’as-tu-vu.
La portée symbolique d’un symbole : tautologie : le symbole explicité, condamné à la redite langagière.
La portée-visé holistique du symbole fédérateur.
La portée magique que l’initié prête au symbole est empruntée : observation des astres, des phénomènes naturels, dons des dieux.
Qu’un dieu, un esprit, une force naturelle, tellurique parle dans un ensemble de symboles, tels les runes, voilà ce qui fait question : des lettres racontent une histoire occulte traduite en langue courante. Libre à vous d’y croire et de faire confiance au traducteur !
La portée historique du symbole, elle, est ambiguë.
Il est des symboles honnis, exécrés, il en est d’autres largement diffusés et licites.
La croix gammée, la croix chrétienne et le croissant vert se disputent le marché. Ajoutons au lot la bannière étoilée du made in USA. Sans oublier le marteau et la faucille passés de mode.
Signes de reconnaissance et de ralliement pour les uns, objet d’exécration pour les autres.
La croix chrétienne… Combien de meurtres de masse et d’abominations ne couvre-t-elle pas de son ombre ? Ainsi du croissant, ainsi du svastika nazi, de la francisque, du marteau et de la faucille.
La bannière étoilée trouve son équivalent musical dans les versions qu’en donna en son temps Jimi Hendrix interprétant le Star Spangled Banner. Rafales de mitrailleuses et explosions de bombes au napalm, sonnerie aux morts et déchirements des corps mutilés s’entendent dans cette musique prodigieusement visuelle.
La bannière claque au vent, se tord et se déchire.
C’est bien la seule fois où, dans le monde musical, un symbole n’est pas utilisé pour rallier ou troubler, mais se trouve exposé à sa misère, renvoyé à sa déréliction historique, mis devant le fait accompli des crimes perpétrés en son nom.

Jean-Michel Guyot
20 septembre 2014

 

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