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 Article publié le 14 septembre 2014.

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Mais comme il s’avance. Vêtu d’azur dans un sombre jardin abandonné. Il croit pouvoir atteindre à ce trésor que la nuit doit bien receler quelque part pour lui seul. Depuis le temps que ce lieu meuble son rêve. (je le veux plus fort, cet être, soudain savant, et tout de suite, enfin puissant d’une somme de connaissances qu’il lui faudra pourtant payer par nombre de souffrances ou d’attentes sans issus...)
Toute cette sensation générée, cet avant-goût de fumisterie, d’imposture, un déversement d’ordures pressant les cloisons ou la muraille. Tout cet envers en travail derrière le beau cadre où on simulait pour lui depuis des mois la belle comédie de la joyeuse entente. Comme une sorte de comédie farcie de confiance et d’une attention toute factice... à coups de petits fours et de coquettes petites sorties.
Le retournement ne pouvait pour lui être que difficile. Périlleux vertige.
Puis ce grand visage d’ange qu’il perçoit, face à lui, non pas diminué par la distance, mais rendu immense. Plus énigmatique encore. Immense et si proche.
Ce grand visage blanc. Cette pâleur de mort. Tout son passé revenant vers lui pour lui chanter l’air long des remords assez puissants pour le faire se retourner sur son plumard trempé de sueur. Au sujet de vieux épisodes exhumés un à un de sa torpeur... tous ranimés par sa songerie...
 Cette horreur profonde de la trahison, il la revit avec une sorte de patiente volupté... car sa douleur, dans le gourbis où il réside, lui est encore une sorte d’élévation, pour lui plus altière et plus superbe encore que la musique que son transistor éraillé laisse filtrer.
 Naufrage d’un traîne couillon retourné sur le flan à l’attention des caméras du monde.
Il commençait à réaliser à quel point on était en train de le leurrer... surtout qu’on lui sortait finalement toujours le même type d’anecdotes... les mêmes pantins bariolés des mêmes histoires... Les mêmes figures fausses par lesquelles la société trouve toujours moyen de se divertir... et puis toujours revenaient ces mannequins prélevés à un passé imaginaire... ce qui ne peut aller sans lassitude... ni doute sur l’intérêt et l’effort manifesté en sa présence. Il n’était pas normal qu’on lui ressorte toujours les mêmes histoires.
Le radotage de la gentille famille autour de lui menaçait de se retourner en aigreur à son endroit. Sitôt qu’on se mettrait à lire la lassitude en son regard.
Au départ il crut pouvoir donner toute sa confiance. Puisqu’on avait l’air de toujours avoir quelque chose à lui dire. Des petites précisions toujours neuves à ressortir... et toujours en lui souriant de la plus jolie façon.
 Il manquait d’un certain recul encore. Puis d’un certain sens critique parallèle à l’instruction que l’on reçoit de la vraie vie. Cette marâtre rêche et rude et sans merci pour nos gentilles espérances. Une à une déplumées pour la cuisine, qu’elles ne puissent plus décoller vers un ciel assez pur où pouvoir sans fin se perdre...

 

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