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L'art de ménager ses effets avec mesure
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 Article publié le 31 août 2014.

oOo

L’art de ménager ses effets avec mesure. Mais sans trop se dévoiler tout de même.
Un équilibre sûr et tout entier pétri de séductions.
Montrer un pied. Puis un mollet. Sa cuisse. Puis soudain avec un cri sa motte entière ! Cela tout en estimant ne devoir s’être ainsi exposée qu’en obéissant moins à sa volonté qu’au hasard pressant d’un courant d’air.
Comme on glisse et qu’il n’y soit de notre faute, non, aucunement, se faire pétrir avec délice, telle qu’un lourd fruit mur qu’une bouche goutterait jusqu’au suc en y pointant la langue jusqu’à en toucher ou palper savamment son noyau sur tout son relief.
Puis, suite à cet épanchement, reprendre où elle fut laissée sa conversation ordinaire, ses précisions sur tel ou tel point d’actualité... un air gourmand aux lèvres difficile à effacer pourtant. Les dents blanches paraissant derrière des lèvres de sang. Des crocs de petit animal carnassier.
L’art de jurer tout l’appui de ses sensations...
Une flamme. Un flambeau en soi. Écarté par le souffle du vent. Avant de vous revenir tout droit, comme nourri de destruction grasse... ainsi se fit-elle revêche, face à lui...
C’était là le travail très simple de son esprit isolé.

Plus conquise pour deux ronds. Dehors enfin le vilain drôle plus si drôle une fois qu’il a servi !
Elle amorçait la transformation. Au cœur de son petit cerveau des modifications, des impulsions morbides commençaient à l’emporter sur l’assise semblait-il solide de son calme habituel... elle commençait à être possédée... l’esprit des familles triomphait sur tous les tableaux...
Tout en continuant de simuler les attentions sentimentales, les manières rassurantes, elle amorçait alors de fait de forts singuliers élans de nervosité coupante...
Il lui apparaissait alors, cet être qui l’avait possédée physiquement, avec toute la lourdeur intolérable d’un tyran. Un imposteur qu’un nouveau jeune homme devrait se charger de chasser... Comment avait-il pu profaner son petit corps fragile, ce monstre odieux si atroce ?
Elle se mit à le haïr. Lui aussi.
 Elle ne voulait plus le voir face à lui. Sa présence lui était un supplice.
Comme s’il matérialisait ses défaites, sa rémission, voir son impossibilité à rester à digne...
Il était grand temps qu’elle retrouve ses confidentes... pour au moins avoir l’occasion d’exprimer toute sa rage sans plus se sentir détenue par un geôlier sournois (son futur mari sans doute, l’horreur !... Il était temps d’en reprendre une bonne tranche, de ces médisances sans lesquelles le plat du jour est si fade).
Et cela, toute cette haine larvée avait lieu suite à un déversement de lettres passionnées qu’elle lui avait écrites...
Car elle lui écrivit beaucoup dans les premiers temps de leur relation.
Tout un déluge de protestations mielleuses, en fait... Ces lettres se développaient en romans.
Et il fallait y chercher à la loupe les signes d’une faiblesse dans le sentiment qui les aurait générées...
L’illusion était fignolée, il n’y avait pas à dire... un savant travail bien charpenté. mais sous les pétales, l’habituelle vipère était bien là, lovée, à siffler, bien à l’aise et gorgée de venin...
Ces lettres, qui pourtant devaient lui avoir donné bien de la confiance, tant elles étaient chargées de superlatifs et d’impérissables épithètes touchant cette passion supposée. Ces lettres, si un lecteur extérieur les avaient lues, de fait ces petites lettres sonnaient bien faux...
Pas de doute. Pas moyen d’être sûr de soi à partir de là.
Lorsqu’on s’invente un rôle, parfois on parait y tenir soi-même... c’est qu’il diffère croit-on la charogne en nous de nous faire déjà sentir tout entière son âcre odeur.
On y tient donc. A son grand rôle. Il ne faut pas qu’il nous échappe. Celui qui nous ferait durer sur la scène à fouler l’azur où l’on doit bien trouver le moyen de gesticuler en attendant un meilleur sort. Bien hypothétique d’ailleurs ce précieux sort miraculeux.
Le grand refrain des illusions.
Il n’était pas besoin d’avoir beaucoup étudié pour lire l’affectation. La fausseté. Dans ces lettres qui ne contenaient rien surtout de sincère.
Elles se dégonflaient d’elles-mêmes ces lettres sous le regard d’un examen sérieux (consciemment dégagé de toute niaiserie.)
D’où je suis je vois ces lettres luire, étinceler des phrases qu’elles comportèrent.
Car à tout prendre pour moi ce furent bien des lettres capables de consoler jusqu’aux séjours des captifs...

 

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