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 Article publié le 31 août 2014.

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L’Europe est un continent harassé.

La dénomination « Vieux Continent » ne signifie pas seulement une longue histoire qui a irrigué une bonne partie de la planète, créatrice de ce que l’on appelle, souvent, le modèle occidental. Elle est porteuse, également, du sens premier, celui d’un âge avancé, non point synonyme de sagesse, mais tout simplement - et problématiquement - de vieillesse.

 Au temps monarchique, les Bourbon et les Habsbourg s’affrontent fréquemment, se partageant les différentes régions de l’Europe. Mais auparavant, l’Italie donne le « la » d’une ère nouvelle, post-médiévale, appelée Renaissance, et qui apporte un souffle nouveau dans bien des domaines.

 Le siècle des Lumières, au XVIIIe, est porteur, lui aussi, d’une régénérescence du continent, à travers des idées novatrices et de grands bouleversements politiques.

 Le XXe siècle, au contraire, opte pour la dévastation à grande échelle, marquée par deux guerres mondiales qui provoquent une décimation des peuples en conflit, des guerres d’abord nées en Europe avant de s’étendre sur plusieurs aires géographiques.

 Le catéchisme des Trente Glorieuses se répand partout, notamment en France, alors qu’il n’y a rien de surprenant à relever un pays après l’avoir connu en ruine. La reconstruction, mécaniquement, produit un effet dynamique sur l’économie. Et parfois, aussi, sur les esprits.

 Si par le passé des talent brillants ont apporté ce qu’Alfred Nobel considère comme un bienfait pour l’humanité – La Fontaine, Bach, de Vinci, Rembrandt, Purcell … - , illustrant souvent des rapports intelligemment connivents entre l’aristocratie et les créateurs, il n’en est plus de même depuis. Il faut donc inventer de nouveaux schémas, de nouvelles structures.

 Pourquoi ne parlerions-nous pas d’économie culturelle ?

 Jamais, pour l’instant, l’Europe n’a osé prendre ce pari : prendre des risques dans le champ culturel.

 De Lisbonne à Glasgow, d’Athènes à Paris, ce sont des occidentaux à la fois semblables et distincts qui se côtoient pacifiquement, désormais. Il existe même une fraternité silencieuse entre toutes ces langues – le portugais, l’espagnol, le français, l’italien, l’anglais – et donc toutes ces cultures. La taille du continent exige de vastes structures qui doivent être, dans le même temps, savamment pensées.

 Qui dit économie culturelle dit consortium ou plate-forme culturelle. Oui, pourquoi ne pas matérialiser cette dénomination dans chaque pays ? Par exemple, sous le vocable « gymnase » ? Et que l’on puisse dire : et si on allait au « gymnase » ?

 Plate-formes ou consortiums d’interdisciplinarité : recevoir en un seul et même endroit tous les domaines de l’art : des expositions de peintures aux causeries littéraires, en passant par des espaces de performance, des salles de concert, des salles de cinéma, des espaces dédiés à la photographie …

 Autour, agencés ou accolés, des lieux de restauration, pour que ce vaste ensemble conjugue naturellement nourritures spirituelles et nourritures terrestres.

 Ce sont ainsi architectes, ouvriers, artisans, designers qui seraient à l’oeuvre, à l’origine de ces édifices esthétiques et fonctionnels, dont les courbes, déjà, évoqueraient l’identité, la nature. Une main d’oeuvre hétéroclite et complémentaire pour un tout unique.

 Quant aux investissements, ils seraient essentiellement privés. Reprenant la tradition du mécénat, ils prendraient la forme d’un multi-mécénat ou d’un mécénat à échelle européenne, réunissant les esprits les plus volontaires et les plus pragmatiques.

 L’Europe a besoin de se réinventer, de se réenchanter. Ses habitants ne doivent pas avoir peur d’eux-mêmes. S’appuyer sur l’ancien ou le patrimoine pour ériger du nouveau, voilà sans doute la voie la plus pertinente.
 
 L’enjeu est de taille : l’envie, la curiosité et l’innovation doivent, sinon triompher, du moins l’emporter sur le reste.

 Et si on osait ce pari ?

 

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