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 Article publié le 31 août 2014.

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Tout accablé d’un oppressant malheur, tu m’adresses
Par ce billet tout effacé et rayé par tes larmes,
Tandis que naufragé, rejeté par la vague écumante,
La demande que je te relève des morts par les mots ;
Lorsque la Sainte Vénus ne veut pas que ton sommeil
Ait lieu dans le désert perpétuel d’un lit vide ;
Quand les douces muses des poètes anciens
Ne te charment plus, ton cœur veille anxieux.
Je me sens gratifié par ce mot d’ami dont tu me nommes
Et de ce que tu veuilles des Miennes les Dons des Muses de Vénus ;
Mais pour que tu saches mes propres tourments, Manlius,
Que tu ne me crois pas oublieux de l’office de l’hôte,
Sache aussi dans quels flots ma noyé la Fortune ;
N’attends pas d’une misère les dons d’un bonheur.
Quand pour la première fois je vêtis la toge blanche,
Quand en mon corps tout neuf le printemps fleurissait,
Souvent je m’ébattais ; non sans que la déesse qui mêle au chagrin
Une douceur amère, n’exauce avec constance mes vœux.
Mais de ces tendres jeux, le deuil de mon cher frère
M’a privé. O mon frère si cher tu as fait fuir ma joie,
Tu as tué en moi l’idée même de fête, o mon frère !
Notre maison a péri, quand on t’a mis au tombeau.
Avec toi ont pris fin toutes les allégresses
Qu’entretenaient en nous ton doux attachement.
Depuis qu’il s’est enfui, j’ai évacué de ma pensée
Toutes mes études et toutes les délices de mon âme.
Tu m’écris, c’est une turpitude de rester Véronais
Pour Catulle, quand ici des hommes de marque
Dans le désert de son lit, réchauffent leurs membres froids ;
Non Manlius, pas une turpitude, mais un grand malheur.
Donc pardonne moi, si, à ta supplique, je ne t’offre pas
Ce que m’a pris le deuil. N’ayant pas tant de livres
Avec moi, et si peu à t’offrir qu’en chiche quantité.
Car je vis à Rome , c’est là-bas qu’est bâtie ma maison,
Là qu’est mon séjour, là-bas qu’est mon existence ;
De mes nombreuses boites à livres, qu’une m’a suivi.
Aussi je t’en prie, ne m’accuse pas de malignité ;
Et ne sois pas animé de rancœur contre moi,
Si je n’ai pas satisfait à ta double demande.
J’y aurai répondu vivement avec joie, si j’avais pu le faire.

 

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