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 Article publié le 20 juillet 2014.

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Mais heureusement que pour neutraliser en lui l’excès d’amour propre, Louise sut face à Fernand se montrer hésitante. Soudain plus si sûre d’elle quant à leur avenir commun. De la mesure. De la mesure et du tact féminin. Une très belle maîtrise. Pour communiquer ce vague de nos impressions... s’en servir pour faire vaciller leur assurance, à ces mâles qui nous abusent.
Il faut à chaque instant, -et toutes les fières bougresses rompues aux usages du monde le savent bien-, il faut à chaque instant faire comprendre aux mâles à quel point le fait de nous avoir ainsi à leur disposition équivaut déjà à une forme sans égal de grâce divine. Un sacre au moins impérial...
 La stratégie en fut rodée sur le précédent bonhomme. Il n’y avait plus qu’à recommencer le même schéma sur ce nouveau candidat au supplice. Ainsi il fallait donc, suite à des serments récités d’une voix blanche, ou bien lors de tout l’emportement d’une étreinte à faire crouler la literie, se montrer soudain, par contraste, d’un seul coup, une fois le petit matin survenu, flottante et sans plus aucune volonté claire de s’engager... au visage que soit effacée toute expression un peu trop nette... comme au sortir d’une cuite on ne penserait pas à tenir des propos similaires à ceux débités lors de l’enthousiasme de la soirée passée. Puisque pour explication on avait l’âme bercée de musique et de vin alors... telle une mioche emportée par un doigt de vin dans un verre d’eau.
Mais cependant quelle idée étrange cela aurait été de devoir justifier de tels emballements... on n’en demanderait pas autant aux enfants revenus de l’enthousiasme d’un manège.
Une fois que l’on a remis sa petite culotte, il n’est plus question de se montrer si conquise.
C’est qu’on a déversé à l’oreille de notre dupe tout ce qu’il a voulu entendre pour l’enhardir. Le faire bander assez ferme pour nous faire vibrer en profondeur. Le rendre brutal et doux, hardi suffisamment au plaisir... oui, le faire bander rude pour qu’il nous donne de grands coups. Mais ensuite, c’est bien terminé : à peine un soupir de sainte traverse nos lèvres. Surtout à la pensée de toute cette perdition que l’on se plaît alors à réfuter. Avec une moue de dégoût même.
Voir une forme de haine mal travestie en reconnaissance, enseigne d’auberge salie d’averse, et plus du tout si riante.
Surtout en présence de nos parents.
L’heure d’une conduite bien sage et reconnaissante revient alors.
Cela jusqu’à ce que le désir s’en revienne à nouveau nous chauffer sévèrement sous la glace de nos airs doctes de réserve.
Un matin il revient vers nous, le jeune homme, et nous nous ennuyons tant alors, qu’on lui passe tout dans son comportement. Mais pour cette fois. Car sans compagnon à nos jeux, l’ennui serait plus insoutenable qu’une réclusion.
Élan du désir vers le dégoût, puis du dégoût vers le désir. Phénomène si bien détaillé par tant d’écrits éloquents. Nous n’y reviendrons pas.
Dans le domaine des sentiments... c’est bien connu, rien de stable ne peut être assuré... il faut même et surtout, et c’est bien obligé, parvenir à maîtriser ce vague. S’en faire un nuage protecteur. De ce souffle discret... devenir virtuose au grand clavier des pâmoisons sans haleine. En tous cas toute une existence féminine ne suffirait pas à nous rendre virtuoses à maîtriser parfaitement ce clavier si délicat. Cette harpe des soupirs sans appui par trop fixe. Nous naviguons donc sur la ligne de flottaison de tout ce si constant dégoût des entrevues obliques et d’un appétit de luxure mal maquillé en jolie romance.
Le mélange est bien subtil.
Procéder toujours avec l’aérien floconneux des réflexes. Des réflexes similaires à ceux des joueurs de bonneteau sachant tromper le monde qui les encercle dans sa cohue.
Au juste, les sentiments proprement dits sont d’ailleurs tout au plus des petites fuites, des riens, des vesses, des vides certes, mais des vides que l’on doit toujours savoir dompter, maîtriser, faire servir à composer la majesté bigarrée de nos artifices.
Des bulles de savons parfaites et joliment chatoyantes (… nos chères conversations)... que nous puissions continuer de voguer dans l’air du soir de la salle d’eau. Sans glisser sur son frais dallage comme embué... Entre les murs couverts de carreaux noirs.
L’ambiance fraîche et nue des complicités certaines du soir.
Le tout du cadre si rassurant pour notre sécurité. On serait libres alors, libérés de ces mâles si pesants... libres de pouvoir ranger nos corps fragiles, ainsi que dans un fourreau, au fond précieux de nos couvertures.

L’étendue désertique de nos sentiments réels. Cette étendue laisse ça et là dans sa sécheresse une chèvre crever sans subsistance... perdue qu’elle est, la pauvre, à constamment se nourrir de pauvres fétus rabougris qu’un incendie laissait encore ça et là sur le sol noir.
On y erre un temps. On s’y perd. Dans cette solitude de nos passions feintes. On sourit au grand miroir de notre néant.
Cela lorsqu’on n’a pas ressenti une vraie douleur... on peut continuer ainsi de se payer de mots, de voguer dans les gratuités, sans piger où l’on se rend... cela nous forme déjà une belle existence de roman feuilleton.
On est étourdis tellement de phrases dans les salons bourgeois, que le constat d’une vraie souffrance serait un mystère bien prenant. Voir une distraction adorable... (elle songe à cela, comme elle s’amuserait à se frôler le bras de la lame d’un couteau. Une brûlure glacée qu’elle recherche).
 Un de ces chers supplices à vous faire devenir un cadavre ambulant, à vous survivre à vous même. Tout en déambulant dans les ruelles noires ou plus rien ne luira pour vous. Puisqu’on n’a plus voulu de vous de tous les côtés... mais que voulez-vous, cela, c’est la vie.
Et les matelots près de l’eau qui luit de se mettre à railler votre allure. À vous flairer des bizarreries suspectes.
Les perdants sont toujours la risée de la meute.
(ce que G. se vit infliger, et qui lui permit de retrouver sa solitude... et d’errer encore et toujours. Seul comme il se doit... puisque seul seulement on peut encore croire trouver la clef)
(mais Louise continue pour elle seule de laisser filtrer sa voix douce :
On croit poser le pied sur un sol solide. On croit s’égarer sur des pavés rudes et francs.
On écoute l’autre. Ce type étrange que l’on est parvenu à se rendre bien docile. Toute heureuse de pouvoir assouvir nos caprices... avec bien encore un peu de crédulité à dédier à ses phrases... mais passés ces protestations sans suite, il faut bien en revenir, de tout ce déluge de protestations.
Feindre même de ne plus le reconnaître pour ce qu’on le prenait jusque là.
 Ne serait-ce que par ce qu’il fait soudain trop frisquet dans l’air du soir... Et qu’il faut bien rentrer se mettre au chaud. Renouer son écharpe. Pouvoir à nouveau frayer prêt des beaux quartiers. S’asseoir aux tables les mieux éclairées. Mordre au rêve de toute cette existence superbe à nous attendre là.
Entrer chez les bons faiseurs. Se donner l’air si docile des personnes admises dans les meilleurs lieux... Avec ce faisant cet air gourmand, vainqueur, celui signifiant qu’on a de fait encore bien des choses à réussir dans toute cette belle vie radieuse qui nous tend les bras...
Une vie parfaite. Sans accrocs. Sans faute de goût à aucun instant (même y déféquer avec bruit s’y ferait en harmonie avec les sphères...)
Elle est juste là, à nous tendre les bras, absolument, cette vie si sublime... on s’apprête toujours à la vivre toute entière... et sans limites. Dommage seulement qu’elle n’est aucun consistance. Non plus que le vieux brouet du dimanche, juste avant que la semaine ne reprenne son mouvement funeste.
Car il ne doit plus y en avoir, de limites. Et ce n’est pas à un malotru totalement étranger à notre monde de s’en venir décider pour nous de ce que l’on souhaite. La liberté d’une jeune fille est le bien le plus sacré qui soit.
(notons, pour revenir à ce que ressent G., que ce type de désillusion peut être salutaire, car, s’il nous renvoie à notre solitude... cela n’est jamais sans bénéfice pour notre développement personnel... or, si l’on cherche à se sentir merveilleux, en toutes occasions, il ne faut pas se faire trop difficile...)
Puisque toute leur relation ne reposa après tout sur rien un certain temps...
Tout cela flottait. Avec énormément de musique. Divin et dans un grand bain de rêve irresponsable.
Louise accomplissait en fait une marche en funambule au dessus de tous les vertiges.
Tout en croyant être en train de marcher. Comme ça. Sur le parquet. Comptant sur l’appui du frais dallage.
Ou bien dans la rue, sur tous les petits trottoirs de cette pâle cité sans usage.
Car mettre en confiance un autre être est un envoûtement fort dangereux dans son opération.
Il nécessite une certaine maîtrise.
Une opération alchimique, même, dirons-nous, très sérieuse et très savante et dont les origines se perdent aux temps des origines... elle nécessite un travail assidu et parfaitement équilibré.
On joue avec l’image que l’autre se fait de lui même, ainsi que de nous... on joue sans fin avec des reflets. On fait reluire les choses sous les mots... on manie sans fin les cartes.

Ce sont de grands miroirs avec lesquels on joue... mais non pas distants ou abstraits dans une galerie... non, de fait, des miroirs bien reliés à la chair, au sang d’un autre être dont on se plairait à dévaluer l’image qu’il se ferait de sa propre personne...
 Cela n’est pas sans risque. Car si l’autre s’attache à vous, on sera du même coup responsable d’une tragédie intérieure. On aura fait répandre le sang. (tout au moins les résonances de cette tragédies ne nous atteindront guère, il suffira après tout de n’y plus penser).
Mais toute cette expérience doit s’accomplir avec grâce... et la petite cruche bourgeoise effectue toute l’opération avec des gloussements d’aise à se sentir si virtuose en tout cela... et tout en se remuant sans fin dans l’appartement.
Son petit panier vibrant au dessus de l’abîme avec la grâce d’un pendule exact. On la trouvait jolie depuis toujours. C’était naturel tout cela. Autant qu’un rêve plein de figures familières et prévues...
Tout un spectacle...
Car il fallait maintenir l’équilibre entre son contentement actuel, les idées qu’il faut se faire, les prévisions touchant l’avenir, toutes les illusions les plus indispensables à la réussite d’une vie somptueuse (les idées les plus fleuries soient-elles...) et puis encore les prévisions plus sérieuses touchant l’avenir le plus solide... mais un homme au bon revenu, surtout... l’avenir... un homme solide... des abdominaux de bronze.
...et puis qui présente bien, avec toute l’énergie concevable. Il s’emparerait enfin de son petit corps fragile. Juste au moment où elle chuterait... juste au moment où les hargneux pourris et toute l’engeance des immondes de leur entourage se mettrait à l’emporter pour l’estourbir dans une cave... Comme dans les films.
Comme on se tire d’un faux pas.
Un programme à mettre au point. Tous ses plaisirs y seraient répertoriés...
Pour toujours profiter à la fois des plaisirs du lit, (et bien à fond), tout en se donnant l’air le reste du temps de n’être pas franchement acquise...
Agir en couleuvre, en salamandre... ne pas se laisser saisir. Fuir la pression trop ferme d’une décision.
C’est là tout l’art des séductions, éprouvé par des existences entières de courtisanes.

Maintenir les distances... rester un masque... avoir le regard fuyant des personnes plus tellement sûres... pour pouvoir se donner du plaisir sans retenue, tout en allant singer les saintes face à l’autel... C’est une très sûre recette éprouvée par des millénaires d’hypocrisie rassise sur ses principes. De la soie et du satin où loger son corps et dormir.
Et puis il ne manquerait plus que ça, qu’on éprouve des scrupules.
C’est là un programme pour lequel il faut faire preuve de la pus grande présence d’esprit. Un projet de vie, ardent fier et noble. La plus belle solidité aiguillée par toutes les raisons.
Ainsi le pianiste, procédant par le clavier à ses variations savantes sur un beau thème, s’efforce-t-il de parfaire ces effets précis d’imprévus dans les tonalités, cela pour mettre au point des effets sans lesquels toute son exécution respirerait la redite et le convenu le plus insipide.
Ainsi, la traîtrise, la tartufferie bourgeoise procède-t-elle toujours suivant certains motifs qu’elle s’efforce de faire varier, et elle les développe, avec le plus grand soin, par des actes crapuleux recouverts de bon vouloir, des intentions louches travesties sous une gaze de bonne conscience.
Et tout autour, la société, qui n’est qu’une façade, encourage dans tous ses méandres ce type souterrain de duplicité... puisque la formule fonctionne depuis si longtemps et qu’elle a les plus sûres conséquences... la plus sûre étant que chacun reste à sa place sans faire d’histoire (comme aux gares où tous les passagers doivent se ranger sur le bon quai en vue de prendre le train prévu).
 (et par ce livre ce qui m’intéresse surtout est de saisir l’apparence de ce geste empêché).
C’est une ombre qui nous connaît... tant et si bien qu’elle nous évite de basculer dans le crime. Ce gouffre si connu. Toutes ces redites. Histoire de nous éviter des épisodes ingrats, tels la prison, la rédemption, toute cette lourdeur de circonstances sordides dont on tisse les histoires à faire peur aux mômes. Louise déploya en conséquence les artifices les plus éprouvés de sournoiserie féminine... cela afin de maintenir la balance entre ces deux penchants...
...être à la fois dévote et perverse ne pose généralement aucun problème à certaines consciences...
de la dévotion doit, c’est là une vérité éprouvée, naître une certaine soif... un besoin... une attraction. Vers le mal. Car sans le mal la dévotion chute, puisqu’elle n’a plus rien à étouffer sous l’ampleur de son pardon.


Qui était cet homme, aperçu dans la nuit ? Il survint. Égaré, ne convoitant plus que la tombe. Si pâle dans son grand désespoir. Elle n’était pas parvenue à lui échapper. Cependant elle réservait sa vengeance, elle le promettait... il n’était pas question qu’elle ne puisse pas s’esquiver... il ne faudrait pas s’offrir de trop à la convoitise d’un nouveau venu... échapper à ces mains épaisses.
...au contraire même, ces deux extrêmes peuvent se nourrir dans une conscience entièrement dévouée depuis toujours à ses seuls caprices.
 Car, tout en s’adonnant au plaisir le plus fiévreux, on peut le mettre en résonance avec autre chose en soi. Une chose inerte, et qui résiste...
Tout ce plaisir a fleuri en elle. Elle ne veut plus le revoir. L’autre. C’est inutile parfaitement.
Car le rôle de cet individu n’a plus son utilité à présent que le drame est achevé.
(le concert des voix intérieures la rappelle d’ailleurs à sa raison... la porte est bien fermée désormais... persona non gratta... plus question de se perdre en unions sans suite ni fondement... et les confidentes, ravies, l’encouragent à se montrer ainsi toujours plus ferme)
(n’est ce pas plus exquis comme cela. Avec un air de convenances masquant avec soin la furie de ses appétits... de pouvoir se croire plus sérieuse et plus sage...)
Partagée ainsi entre cette force des appétits et le soin des apparences, l’âme de la jeune fille parvient ainsi à flotter, dans une brume pour elle aromatique, très exquise à traverser...
Elle a ouvert en grand sa fenêtre.
Elle se perçoit à présent telle une vieille femme, les coudes appuyés à la table rustique.
Comme sa mère. Ses anciens amants ont disparu. Tous évanouis un à un dans l’air noir.
Dans les rues ils se sont perdus. Elle gardera d’eux un souvenir imprécis, jusqu’à ce que la mort vienne en cueillir à son front les dernières lueurs... (il demeure un vertige... ces amis, ces amants d’autrefois... elle voudrait les revoir. Avec en elle à mûrir la vieille nostalgie d’une autre époque. D’un autre lieu. Nostalgie. Mélancolie russe. Puissance de la sensation creusant en vous tout l’effroi serein des automnes pleins de rousseurs.
Ainsi que des flaques noires si promptes à vous jaillir dessus au passage d’un corbillard.
Elle ne souhaite pas vivre quoi que ce soit de plus précis. Ce serait là éblouir par trop sa conscience. La blesser en l’éblouissant. Projeter sur la confusion de son choix une forme de clarté comme on crache une injure... Mais ça n’est pas là la question.
Toute à l’illusion agréable de cet état... cependant elle se refuse à considérer qu’un jour il faudra en revenir à des réalités... à des faits tout cons. Bêtes et logiques. Solides et précis, sans plus aucune poésie. C’est à dire à des choses des événements aux reliefs dénués du vague qu’elle affectionne tant dans ses absences. Remordre à des factures. Des termes à payer. Des plans obsèques. Des instants de doute sur soi et tout le reste...
Oui, les factures de la vie... les épisodes plus tristes. Les périodes moins exaltantes où il faut bien trouver en soi l’aliment capable de nous faire tenir debout sans trop prendre l’eau...
Des réalités coupantes. Blessantes. Plus du tout si distinguées...
Des bris de verre sur les paumes.
 Plus des rêveries perdues dans un songe bien vague et bien diaphane de corolles de robes épanouissant leurs reliefs sous le grand lustre du salon. Une bonne fois c’en serait fini de ces douceurs.
Il sera bien alors temps de s’esquiver. Encore une fois. Tout en se vidant de cette assurance. Comme on s’avoue soudain incapable du moindre sérieux pouvant vous rendre apte à un exercice précis.
De dire " -non, ce n’est pas ce que je voulais, personnellement seul le petit plaisir du flirt me convenait, le sérieux de la vie ? Mais c’est très sale tout ça, non... cela n’est pas pour moi...
d’ailleurs, voilà maman qui vient, non, je vous assure, il faut que je l’aide pour les courses, excusez moi, monsieur, mais je n’ai plus rien à vous dire... " en bref le refrain habituel des ruptures frontales sans équivoque.
Reconnaissant son peu de suite, elle sera alors bien confuse, mais obligée, contrainte et forcée, de vider alors la place pour ne plus y revenir. Libre à elle alors dans la nuit, de tirer les rideaux sur l’éclat indiscret du réverbère, pour à nouveau se toucher tout à loisir.
Effacer la honte sous ses doigts.
On reconnaît là, comme au travers d’un symbole mobile et parlant, toute la salacité quiète de la façade sociale, façade qu’il va bien falloir avoir le courage de faire sauter à un moment, et si ce ne peut être par des moyens poétiques, il faudra en revenir à la bonne vieille méthode de la poudre et du feu, et du feu réel... cela y pourvoira. Puisqu’un désespoir ruminé est malsain s’il ne se transmue en acte ou en révolution, passé un certain temps de fermentation, ce désespoir finit par empoisonner celui qui le contient en soi depuis des années...)
Des esprits privilégiant le flou. Le brumeux. Le nébuleux des confidences sans suite. Son visage mignon prendrait alors face à celui auquel ses paroles s’adressèrent cette apparence des averses.
Ou bien des brouillards. Ou des eaux d’un fleuve perdu dans la nuit. Plus de contour. Plus d’ossature.
Une surface vague et sans précision.
 Au final elle se muera en phénomène atmosphérique de courte durée. Évoquant davantage au cœur de celui qui reste, détrompé et seul à racler ses os pour soi seul, un nuage trompeur et passager. Plutôt qu’une personne réelle composée de chair et d’os. Mais comme Louise se sent esprit, lieu, abandon, détour sans suite, gare couverte de nuit,(elle se connaît) ce reflet de ce qu’elle représente ne peut parvenir à la heurter plus franchement. Puisqu’il est aussi exact dans son constat, qu’une solution à un problème facile habituel aux bancs scolaires.

 

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