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Poètes et mouchoirs
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 Article publié le 13 juillet 2014.

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Prenons Virgile par exemple.
On le voit bien entrer au temple
Pour recevoir la clé des champs.
Et il en ressort cependant !
Le voilà entré dans l’Histoire.
Nous n’y pouvons rien, c’est notoire.
Il en meurt, mais beaucoup plus tard.
J’ai vu passer tout le brancard.
Venu d’Allemagne en touriste
Au pays des colonialistes.
Bien traduit avec tous les mots.
Le monologue c’est très beau.
Ça en dit long sur la patience
Et met au vert l’inexpérience.
On n’en fait plus des comme ça.
Aujourd’hui le couci-couça
Fait la Une et crée l’opulence.
C’est même sans équivalence
Depuis que le bon menuisier
Surpris dans son bel atelier
Ne vaut pas mieux que le poète
Qui tout pareil pète et répète.
Ce que dure rose est en dur.
Voyez comme passe les murs
L’artiste qui a fait fortune.
Il monte même à la tribune
Et nous prodigue ses leçons
Comme le cul de Robinson
Que l’horizon aussi explique.
C’est l’époque qui communique.
Un bon coup de publicité
Et ma foi le tour est joué.
Le placement est lourd sans doute
Mais le populo n’y voit goutte.
On rapplique avec Cyrano
Et on le met sur un vélo
Pour le pousser sur le théâtre
De l’État qui paye l’emplâtre.
Et pas donné le substitut !
On le fourre dans l’Institut
Avec son épée d’opérette
Et ça passe pour un poète
Qui fait des vers avec les trous.
Le con se donne rendez-vous
Et seul il compose les fientes
D’une saynète fort méchante
Qui fait de lui un général
Ou un arbitre de football
Si dans son camp est la baballe.
On arrive en demi-finale
Et on se tire avant la fin.
On laisse en rade le biffin
Et on prend de bonnes vacances
A l’abri des sillons de France
Avec la femme et les enfants.
Du déshonneur on se défend
Avec Churchill ou bien Poutine.
Et qui encule la Marine ?
Ceux qui votent pour son baba ?
Le retraité qui l’a en bas
Ne baise plus par cette voie.
Du non-amour il est la proie.
Il aime la sécurité,
Le bien et la propriété.
Le loisir est sa vraie dépense.
Il se fout de ses conséquences
Sur le guignard qui chôme dur
Marqué par les deleatur,
Le plus pourri de tous les signes
Qu’à la naissance on nous assigne,
De la faute et de ses emplois.
Jouer sans se coincer les doigts
Voilà ce que c’est la retraite.
Alors, vous pensez, les poètes,
Si ça donne aux petits-enfants
Des idées de rentre dedans,
On se fout pas mal de leur crève !
Pas de mouchoirs pour les vieux rêves !
Mouchez-vous avant de crever
Et laissez-nous, les vieux, rêver.

 

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