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Abel Ferrara, la fureur de filmer
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 Article publié le 13 juillet 2014.

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Des corps masculins costumés dans un décor urbain, profondément urbain où la tôle et le béton se disputent l’espace, dans une cartographie en damier. La prison, aussi – jail - , matérialisée par les barreaux, des barreaux derrière lesquels continuent les transactions illégales, foncièrement illégales, des transactions, donc, qui abolissent en quelque sorte les frontières de l’espace. Et ses formes.

La poudre répand sa polysémie, partout, tandis que le silence, plus lourd qu’un revolver et que les impacts des balles, est à la fois lumineux et menaçant. Pendant ce temps, les gueules font avancer leurs carcasses respectives, parmi lesquelles celle de Christopher Walken dont le débit est économe, dont le débit est précis, dont les traits du visage sont hermétiques et hiératiques, la clarté de ses yeux délivrant à elle seule l’essentiel du signifiant et de sa patine …

Le visage est travaillé par le temps, largement, cependant qu’une cicatrice domine une partie du derme, stigmate, sans doute, d’une rixe ou d’une joute. Gagnante, bien évidemment. Car il faut toujours gagner, toujours vaincre, pour demeurer le roi, à New-York.

Autour du linceul, maintenant, c’est tout un code d’honneurs qui se déploient, tout en rendant honneur à celui qui vient de s’éteindre et que certains voudraient étreindre.

Les profils sont bas, ainsi que les regards, alors que les tensions, lourdes et contenues, ont grand peine à se dissimuler. D’autant que la vengeance se heurte à l’inattendu, à une raison bien étrangère à l’unanime intuition. Avers et revers d’une grande famille partie sur une investigation personnelle et revenue sur ses propres erreurs …

On dirait un huit clos à ciel ouvert où tout est sobre, du cercueil aux rideaux, des costumes aux visages glabres, des échanges à la cérémonie … funéraire.

C’est un rythme différent, maintenant, qui s’affirme, incarné par la figure polymorphe de ce lieutenant de police qui ne connaît pas le repos. L’enquête l’intrigue. Il s’en charge. Il veut aller jusqu’au bout. Jusqu’au bout de tout, quitte à tout brûler, quitte à se brûler. Le repos de l’investigateur chez une amie vivant dans un logement spartiate et qui lui administre sa petite dose, sa conduite de tête brûlée après avoir déclenché le gyrophare, la découverte de la petite dose en sachet sur les lieux d’un accident, le maintien de son petit garçon par ses bras puissants alors qu’il est tranquillement à la maison, l’alcool au comptoir qui irrigue tous ses vaisseaux et lui assure une décontraction exacerbée matérialisée par un rire ontologique, la destruction par son flingue de l’autoradio en train de délivrer des résultats sportifs contraires à ses paris … et sa marche rampante, accompagnée d’une voix de supplication qui ne cesse de s’amplifier avec l’écho, au sein de ce sanctuaire où finalement tout a commencé …

Les péchés, les vices initiaux enclenchent le moteur de la rédemption qui doit trouver le coupable, celui qui souille encore la matière ou matrice divine.

Mais auparavant, c’est l’asphalte qui l’attend, un asphalte large et éclairé, un asphalte détrempé sur lequel la nuit ruisselle, auparavant, c’est une automobile à l’intérieur de laquelle deux jeunes femmes conduisent en toute placidité, devant lui, auparavant, c’est une procédure peu commune, qui a trait au vice, une démarche autoritaire et facétieuse qu’il met sans tarder en place, là, en arrêtant les deux jeunes filles, et en cherchant absolument la moindre erreur. Le mâle ne leur veut que du bien, finalement. Un bien étrange … bien.

La plus proche s’appelle Candeur. La plus éloignée, Lubricité. Et ce joli cocktail est parfait, oui, parfait pour déployer en toute impunité le théâtre, le grand théâtre de l’onanisme …

Un mauvais lieutenant ?

 

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