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Le poids fidèle des responsabilités
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 Article publié le 24 mai 2014.

oOo

Mais il avait bien fallu se reprendre.
Elle aurait été responsable. Aurait vu sa lignée se fracasser dans le pire des chaos.
Tout le destin familial perdu corps et âme ! Roulé par des profondeurs d’une perdition sans retour ! Un exil dont on ne revient pas !
De quoi se donner à rêver bien des nuits au sujet des pires désastres d’apocalypse au sang vécus par anticipation.
En y repensant... Elle observe sa mère, avec la chaleur et la soumission d’une frêle enfance ayant soif de refuge.
 (Avec même cet air de reconnaissance que les chiennes ont pour un maître dont les brutalités n’ont plus à trouver de motif, depuis qu’elles paraissent être nécessaires à ce que tout se passe toujours pour elles et autour d’elles pour le mieux et surtout sans surprise).
Une fois son intérêt tari pour le précédent jeune homme... une fois son maigre désir vidé de sa glande... Une nouvelle humeur s’infusa avec autorité dans son sang.
Il fallut reprendre un autre point de vue...
En elle la gentillesse et les égards charmants firent place envers ce dernier à l’expression des ingratitudes les moins délicates. Elle ne concevait pas en elle cette présence d’autant de tranchant. C’était étrange. Elle se découvrait un fond de cruauté que jusqu’à ce moment elle ne se connaissait pas, même quand en jouant dans la cour elle méprisait si fort les garçons. Autrefois. Sous un autre ciel.
 C’était comme une arme en elle. A creuser une plaie qu’elle ne concevait pas jusqu’à cette époque. Cela la rendait hargneuse et irritable. Il fallait en retourner le tranchant contre quelqu’un, c’était forcé... elle ne pût se retenir d’en user sur quelqu’un.
Une lame en elle dont il fallait pour ne plus en être irritée, pour ne plus en subir à tout moment la brûlure, qu’elle l’oriente vers quelqu’un d’autre. Elle trouva alors ce jeune homme (G.).
il se présenta face à elle. Le hasard vous présente. Leurs yeux confondirent tout d’abord leurs lueurs.
Mais nous sommes ici parvenus à un temps où ces passions s’abolissent. Une autre ère s’ouvre à présent pour eux.
 Cela la surprit, même, de se sentir si vindicative. Exigeante. Acariâtre. Très inventive en perfidies. Autant de fait qu’une viande avariée... elle qui se jugeait jusqu’à présent juste bien douce et bien gentille et bien élevée.
Elle sentait alors en elle une lame dont elle aurait poussé l’effet sur quelqu’un d’extérieur... pour se débarrasser de son tranchant qui la brûlait... incendiant ses fibres.
Elle ne se savait pas dangereuse à ce point. Ça non. Quand elle embrassait son papa sa maman lors du dernier échange de la soirée lui permettant de retrouver son compagnon à l’étage pour à point se faire mettre au milieu d’un nid douillet de satin.
Elle ne concevait pas à quel point cette douleur remontait en elle depuis des zones archaïques.
Une ombre que depuis son enfance elle se savait détentrice.
Des strates en elle témoignant d’époques troubles où régnait la barbarie des empoisonnements. Des haines recuites. Des couteaux dissimulés. Des rires masquant l’horreur d’une mauvaise pulsion. 
Une ombre d’un passé qui n’était pas le sien. Et dont pourtant il lui faudrait tenter de sortir malgré tout... Mais, face à cette menace qu’elle porta en elle, la seule réponse qui lui vint fût de retourner vers l’extérieur une sorte de fureur...
cette arme en elle devait enfin servir à blesser quelqu’un.
il lui fallait une cible pour surmonter en l’évacuant en l’air cette ordure qui la minait toujours sans répit.
Elle ne se savait pas peuplée d’autant de boucaniers, de pirates brutaux. Toute cette violence en elle la stupéfia.
 Il lui fallait reprendre un peu d’ascendant, quel qu’en fût le prix... fusse en faisant payer sa confiance au jeune homme enjôlé pour le moment par ses douceurs.
(ainsi des hommes d’équipage, lassés de s’être conformés des mois à l’austère discipline du bord, conjuguée à la menace des courants et du ciel, se plaisent ils une fois rendus aux rivages de nuit, de vider leurs querelles intérieurs, en faisant fuser de leurs lèvres des chansons scandées d’injures douces et d’agressions sonores, voisinant d’obscures tendresses, des pulsions interdites, puis surtout l’injure enfin formulées aux autorités si pénibles du bord)...

 

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