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Pauvre France
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 Article publié le 17 mai 2014.

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Quoi ! des cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers !

Le noeud du problème russe, c’est le christianisme. La grande épopée des Karamazov conserve toute la fraîcheur de ses points de vues et images du monde russe. Regarder la Russie sans Dostoevsky, c’est lourdement se tromper d’instrument de mesure. La question n’est pas, Gérard, d’aimer ou non Poutine. Les grandes nations, celles qui exercent une influence sur les autres, grandes et petites, sont aussi de grandes comédies, divines pour quelques-unes. On peut s’intéresser à la question russe simplement en entrant en conversation avec Dostoevsky et la lecture des Karamazov en est sans doute la meilleure introduction. Et la petite Russie ? Qu’en est-il de cette nation qui d’empire est devenue ce que beaucoup appellent, par dérision ou suite à une analyse pertinente, « petite Russie » ?

Contrairement à ce qu’a affirmé un peu vite Nicolas Sarkozy, la France n’est pas un pays de tradition chrétienne. D’ailleurs, aucune épopée ne vient en témoigner. Le Panthéon, dérisoire tombeau des gnosies nationales, ne contient aucune épopée. Il y a Hugo, mais Hugo est tourné vers l’homme condamné : fatalité des dogmes, des lois et des choses. Cette vision n’a rien de chrétien, loin de là ! On songerait plutôt à l’Islam, qui porte en effet les stigmates de l’ananké. La France a toujours ressenti comme une terrible privation l’absence d’épopée dans son aristocratique analecte, montagne Sainte-Geneviève à Paris. Ronsard y culbuta la muse. Voltaire s’y ridiculisa. Scarron préféra s’en tirer honorablement. Sans sentiment religieux, pas d’épopée. C’est la régle.

Non ce n’est pas le christianisme qui fonde la question française. Cela se saurait autrement que par les affirmations précaires d’un petit politicien sans ailes pour les battre. La question française ne connaît pas la religion. La France s’en est servi, certes, mais la religion n’a jamais fait partie de son arsenal social ni politique. Et ce n’est pas l’épopée qui signale la France. Voyez Molière — qu’il écrivît ou pas à la place de Corneille. C’est incontestablement un corpus littéraire de première importance. Il n’y a qu’à le lire. Et c’est lui qu’on cite d’abord pour parler de la France. De quoi s’agit-il ? De christianisme ? Non. Pas même de religion. On a affaire à un moraliste. Mais pourquoi ? Pourquoi pas un Dostoevsky français ?

Car Molière est d’abord un propagandiste. Comme Turoldus. À l’inverse de Cervantés. Il est même financé par son objet. Il en devient non seulement riche et reconnu, mais aussi et surtout représentatif. Alors que Dostoevsky est un fils, Molière fait figure de père. Celui qui enseigne, et non point celui qui sait.

Au fond, la question française, c’est le monarchisme. Sa constitution en témoigne assez. Et non seulement ses textes, mais ses moeurs, ses habitudes, les petites histoires du quotidien médiatique dont se nourrit le peuple réduit à une population tant par la force des élus que des fonctionnaires, lesquels forment la structure de la société de consommation. Pas étonnant alors que la poésie française contemporaine soit si pauvre en art et si riche en revendications d’un mode de vie agréable et libre sans tomber dans le libertaire (Ouf !).

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