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 Article publié le 4 mai 2014.

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La petite histoire a la vie longue. Mais je ne dirais pas « longue vie à la petite histoire » .

Le schéma narratif classique peuple les livres depuis bien longtemps. Que l’on raconte des histoires aux enfants pour les conduire au sommeil ... pourquoi pas ? Exercice utile et ludique qui permet aux parents de faire fonctionner leur imagination – vous l’aurez compris, je parle ici d’improvisation – et leur mémoire – ils ont tous en souvenir telle ou telle fable, tel ou tel conte, tel ou tel récit. Et aux enfants de prendre goût aux mots. Si par la suite, les adultes continuent de lire des histoires, ne sont-ils pas, finalement, des enfants ?

De surcroît, il suffit de lire la presse, de se connecter ou d’allumer la poste de télévision pour entendre le défilement de la petite histoire, sous la forme du récit personnel ou du fait divers. Une litanie incessante, inextinguible, qui semble inépuisable …

Pourtant, depuis Gustave Flaubert, puis avec Marcel Proust et Louis-Ferdinand Céline, la narration ne cesse de s’ouvrir, pour investir d’autres parties de l’espace-temps. Certes, il y a des personnages, mais le narrateur projette puissamment sa subjectivité, ce qui aboutit à une grande plasticité narrative. Avec les auteurs du Nouveau roman, je pense notamment à Claude Simon, Michel Butor et Alain Robbe-Grillet, cette plasticité évolue et s’accentue encore. L’aventure du récit supplante le récit d’une aventure, et les souvenirs, mêlés aux fantasmes et aux impressions, aboutissent à la construction du réel.

Impressions. Voilà un mot essentiel. En effet, elles suffisent amplement à déclencher l’acte de création. Désormais, les longs passages descriptifs – belle tradition française – sont aussi importants que les dialogues, les focalisations sur un paysage ou un objet aussi cruciales sinon davantage que le concept de personnage.

Ainsi, partir d’un mobilier, d’un espace domestique ou d’un cadre urbain s’avère évident, tant ces forces matérielles, résultats du cortex humain, en appellent à l’intervention de la narration. Allons plus loin : c’est bien de l’invisible que la fiction peut naître, de ces innombrables gestes effectués par les hommes sur l’espace, un espace modelé selon leur volonté … qui deviennent subjectivement lisibles, par un narrateur inspiré.

Alors, la question du sujet est évacuée. Reste ou demeure la seule, éternelle et véritable problématique : que vais-je écrire ? que vais-je faire ?

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