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Robert Vitton - Le forge-mètre
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 Article publié le 1er juillet 2014.

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Petite mise au poing
par Patrick Cintas

Avec Le métromane, La part des choses, Le cabinet d’orgue, Le lundiste, Les vôtres et les leurs, cinq longs poèmes travaillés avec les dents et à la source, Robert Vitton vient de signer cinq des meilleurs textes parus en France cette année.

Il ne suffit pas d’aligner quatre mots en travers de la page pour faire un poème, mais on voit ça tous les jours : beaucoup pensent, sincèrement ou pas, que c’est ce qui fait d’eux des poètes.

Le bagage universitaire produit souvent des aventures désopilantes. Les prétentions à la simplicité confinent à l’étron philosophique. Et de moins modestes intentions, on voit vraiment ça tous les jours, prennent le chemin de Béréchid.

Il faudrait arrêter le massacre.

Mais ce n’est pas demain la veille. Essayez de souffler dans une trompette. Vous serez déçus de n’en tirer aucun son digne de vos rêves. Il doit se passer à peu près la même chose aux commandes d’un aéroplane. Par contre, prenez une plume (on appelle ça comme ça tous les jours maintenant) et alignez votre émotion de l’instant. Hé bé ça ressemble à de la poésie, dites donc ! À croire que la trompette n’a rien à voir avec l’art. Et sans parler des zincs !

C’est le grand tort de la Poésie : elle est facile.

À lire certains "poètes" médaillés, on a plutôt l’impression de notes échappées d’un carnet de "pensées" et autres fragments de l’activité intellectuelle. D’autres médaillés du monument aux morts de la Poésie préfèrent la beauté garantie par le plus grand nombre. Et on se marre. Mais le monocle rit jaune.

Il va falloir quand même se mettre dans la tête que la Poésie n’est pas ce qui tombe de la nappe du repas universitaire et que tout ce qui est facile à comprendre est étranger à la passion.

Droit dans ses savates qui ne le bottent pas, Robert Vitton a établi depuis longue lurette (et belle aussi, disons-le) non pas les règles du travail poétique, car c’est un anarchiste sans pudeur, un insolent incorrigible, mais le cadre d’où le poème ne sort pas sinon ce n’est plus un poème mais tout ce qu’on voudra d’autre, sauf un poème, je l’ai déjà dit.

Un comportement qui impose la difficulté et donc l’apprentissage. Il semble d’ailleurs que Robert Vitton, qui ne supporterait à aucun prix qu’on lui botte le cul, se soit fait mal lui-même en connaissance de cause, ce qui ne doit pas être une mauvaise méthode vu le résultat.

Il y a des poètes qui s’usent. Il y en a même qui s’usent tellement vite qu’on a envie de rigoler quand on les revoit, les mêmes mais usés. Robert Vitton ne s’est usé que les yeux et les savates. Sinon, le poème vittonien continue sa route en montant, ou en remontant parce que Robert Vitton aime la difficulté. Il aurait fait un bon athlète, mais à la condition qu’on construise les stades en pente, comme sa gorge qui a du souffle (je cite Seghers, à peu près...) et tout ce qu’il sait descendre pour le bien de la poésie et des autres aussi parce qu’il n’est pas chien pour un sou.

[>> Espace de Robert Vitton...]

 

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