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Poésies de Pascal LERAY
Au nom de l’e.

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 Article publié le 6 avril 2014.

oOo

Et si l’e avait eu le toupet (la toupie) d’exister l’r et l’n ne lui auraient rien pardonné.

L’i aurait crié, c’est sûr, voyant cela. et pourquoi donc pourquoi se répète chaque fois bien que pas là (en l’absence d’e) ?

Comme si le reste n’était rien et n’avait pas à exister.

Dire pourquoi le sang.

Rien. Rien. Rien. Non. Pas le sang.

Rien. Pas rien. Je t’explique. Rien. Rien.

Non. Rien. Non. Le sang. Rien. Non.

Il fallait expliquer.

Rien. Rien. Le sang. Rien. Rien. Rien.

Rien. Ré-expliquer. Rien. Rien. Le sang.

Le sang. Le sang. Dire pourquoi rien.

Ensuite, j’expliquais clairement les choses.

Rien. Rien. Rien. Rien. Rien. Rien.

Rien. Je t’explique. Rien. Rien. Rien.

Le sang. Rien. Rien.

Je faisais bouillir des pâtes en lettres.

À la fin, je ne pouvais plus les manger.

Je triais. Je recherchais des messages dans les paquets.

J’ai longtemps été l’amant d’un mot alors que je couchais sciemment avec un autre.

Tout ce temps, c’est l’e qui me regardait - fixement.

Seul l’r dans le mot rien existe. Ni l’n ni l’e n’y sont audibles. Quant à l’i peut-on le détacher ? Ce qu’on ne peut détacher est-il réel ?

La prononciation - du fait de mon défaut initial de mâchoire remplacée par une boite de conserve (les endives brunes) - n’était que question :

r serait la blessure ou la plaie, n la liquidité, le caractère liquide ou l’argent (les " pascals "), i est le cri d’évidence et e - l’être.

Mais je n’allais pas faire le malin si longtemps puisqu’il fallait que j’exprimasse le sang. Avec 4 lettres et pas les bonnes, qui plus est.

Et aussi le mot rien. Quand rien était un mot. Quand je le savais si bien que je m’en gaussais. " Uh, uh ! Tu n’es qu’un mot de 4 lettres ! "

Moi aussi j’aurais bien exprimé le givre à bien y réfléchir ! Mais je n’avais que les 4 lettres du mot rien et aussi le mot rien, c’est vrai.

Quant à dire le sang avec ça, je crois que je m’en suis pas mal tiré. On n’y a vu que du feu.

C’est bizarre, je sais. On aurait dit du givre.

J’aurais déposé l’n sur une table. Je l’aurais oublié ensuite. Il n’y a rien de plus facile que d’oublier l’n, même pour moi. Ne pas parler.

Je me suis figuré que rien qu’avec l’r, je pouvais exprimer toute la chose. Mes interrogateurs, croyez bien qu’on n’y aurait vu que du feu.

Notez que nul n’est obligé de prononcer l’e de nrie. C’est un choix personnel, un choix de langue ou de lèvres, il est trop tôt pour dire.

Vous écrivez " nrie ". Et avec ça vous obtenez du sang, c’est magique. Tant que manque l’e, vous ne pouvez rien faire. C’est magique ça aussi.

Ensuite l’e. Au fond, tout aurait été bien mieux si l’on avait commencé par là, peut-être. Mais il fallait que je dise le sang avec ça.

On me les a quand même données après, les voyelles : d’abord l’i parce que mon problème de mâchoire contractait la tension de l’i, voyez ?

Ce n’est pas un problème, ça. On m’a demandé de patienter un moment. J’étais stupide. Je n’avais pas droit aux voyelles. Pas de mâchoire.

Ensuite j’ai eu droit à l’r qui correspondait assez à ma structure nerveuse. Ne croyez pas que je la connaisse bien : nous nous fréquentons.

J’avais tous les éléments en main. On m’a donné un n d’abord car je n’étais qu’un non ce qui est commode pour signifier rien. Ensuite. Non.

Il pleuvait ce jour-là. Il y avait le mur. Le banc. Et rien. La communication était universelle. Le mot rien était tout. Et j’étais un agent du FBI. Payé et racketté. Endigué et conduit. Formé surtout. Pour compter rien. Rien. Rien. Mais et. Rien. Le sang. Je ne sais plus. Rien ? L’effroi. Rien. Rien. Rien. Ce n’était. Rien : une. Goutte : rien. Toute la nuit et tout le jour. Rien : une. Goutte rien. Rien. Un train. Coule. Rien. Rien parfois. Rien au toucher. Rien. Lentement ; rien, rien etc. Rien. Au toucher. Rien. Lentement. Le sang. Rien. Une goutte. Au toucher. Rien. Neuf. Rien. Rien ou. Presque rien ou. Peu. Peu de rien au toucher. Au sang : rien. C’est net. Rien. Le FBI. Rien. Rien. Touche. Toute la nuit et tout le jour. Coule. Une goutte. Rien. Coule. Rien. Une série. Rien. Une série de gouttes de. Jour de. Nuit de. Rien : nuit. Mais calme. Rien. Calme comme l’effroi. Le sang. Le sang. Rien. Le train va plus que lentement maintenant. Rien. Le sang. Le rain. Rien. Toute la nuit. Le sang et. Tout le jour. Le sang et le. Train. Le train : un train. Rien et : tout le jour. Le sang. Le sang. Rien. Rien. Toute la nuit et tout le jour. Rien. Et tout le jour aussi. Rien. Aussi. Rien. Le train a continué. Continué. Rien. Rien. La nuit. Rien. Puis le train. Et rien. Pli. Le train. Pli. Pli. Le train. Pli. Pli. Pli. Le train. Rien. Et le train a continué à rouler toute la nuit. 12 fois. Et l’effroi. Rien. Rien. Rien dedans. L’effroi. Le sang. Non. Rien. Rien. Rien. Au suspens. Une goutte. Rien. Suspens. Rien. Goutte. Non. Au sexe. Rien. Rien. Rien et le sang. Rien. Le sang. Le sang. Rien (mais : une goutte). Rien. Rien. Rien. Au suspens. Au sang, là. Rien. Le sang tombe. Rien. Une goutte. Rien. Rien. Rien. La soif. Rien. Rien. Une goutte. Rien. Rien. Rien. La goutte ne fait pas l’orage. Au sang. Rien. Le sang. Le sang. Le sang. Le sang. Le sang. Le sang. Rien. Le sang. Le sang. Le FBI. Le sang. Rien. Rien. Rien. Une goutte. Une goutte. Rien. Rien. Rien. Une. Rien. Rien. Rien. Une. Rien. Rien goutte. Rien. Sang. Rien. Goutte. Rien. Goutte. Rien. Rien. L’effroi. Par le sang et par rien. Par rien seul. Et le sang. Rien. Le sang au sexe. Rien. Rien. Rien. Rien. Sur le sexe. Rien. Le sang. Presque rien. Du sang au .sexe. Au sexe par le sang. Rien. Rien. Rien. Au sang. Rien. Au sang par rien. Le sexe. Rien. Rien. Rien. Rien. L’effroi. Rien. Treize.

 

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