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Stilus ou le style
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 Article publié le 1er avril 2014.

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L’écrivain ou l’auteur est reconnaissable, identifiable de par la forme.

Nos souvenirs scolaires sont pétris d’approches analytiques de la forme, et parfois de quelques anecdotes : Stendhal souhaitait imiter le Code civil, François Mauriac parlait comme il écrivait, Gustave Flaubert voulait inventer un roman purement formel, capable de tenir debout, à lui seul …

Qu’ils soient dans le schéma narratif classique ou dans la narration ouverte, les auteurs se préoccupent tous du style. Jusqu’à l’obsession, parfois. Ce maître mot fait l’unanimité.

Quand on ouvre un livre de Jean de La Fontaine, puis quand on lit une page de Marcel Proust … suivie d’un paragraphe de Louis-Ferdinand Céline, on reconnaît immédiatement l’identité des auteurs : de la musique classique, de longues vagues narratives, une langue composite faite de plusieurs niveaux de registre.

Maintenant, quand on ouvre un livre de Claude Simon, c’est une vaste fresque ou description narrative qui s’affirme, un matériau constitué d’histoire et de littérature.

A partir de sa langue maternelle, l’auteur effectue un travail de sape qui peu à peu, au fil des obstacles franchis - « l’exercice problématique de la littérature » comme disait Jorge Luis Borges – fait apparaître le langage ou le style propre.

Le style est une conquête.

Par la suite, le mouvement même à l’intérieur du style est synonyme d’automatismes. Une certaine mécanique revient, une certaine mécanique est récurrente. Et les évolutions se succèdent, épurant, épurant toujours le langage inventé qui devient orfèvrerie.

De l’orfèvrerie stylistique.

Chaque mot est choisi, chaque signe de ponctuation est à sa place, et la phrase, d’une longueur variable, s’achève. Avant d’être suivie par une nouvelle phrase, entraînant le mouvement du flux narratif.

Au-delà, ce qui fait l’identité du style, c’est peut-être l’intervalle entre les mots. Cet espace vierge, c’est un pont ou une passerelle indispensable qui autorise la formation de la phrase. C’est aussi, sans doute, la subjectivité de l’auteur, c’est aussi le cours de sa vie. Et le lecteur doit l’absorber avant de l’interpréter, à sa manière. Pour tenter de cerner une globalité. Un style matérialisé par des espaces occupés, les mots, et des espaces vierges, le vide. Pour tenter d’entrer, en somme, dans une écriture panoramique.

 

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