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 Article publié le 16 février 2014.

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Autant le susurrer d’emblée, la langue jetée ici relève de l’expérimenter.

Au crépuscule d’un monde, nombre de vocables, pris à contre-jour, n’évoquent plus rien de l’existence, ou la saturent par excès de sens, Dévastés, liquidés ou muséifiés.

D’où la maladroite tentative d’opérer des écarts de langue.

 

Par l’ici.

Tenter d’ouvrir l’obscur. Vers l’inappropriable charriant de folles eaux. :

« Ici, comme ailleurs, il faut nous refaire une langue… », disaient-ils. Dans les décombres mêmes de la désuétude.

*

Si la « déconstruction » nous est encore vive, c’est en deçà de son affadissement éthéré, comme une manière de donner du jeu aux assemblages surexposés.

 

Laisser jouer entre les pièces un possible d’où ceux-ci procèdentmais que, par là même, ils recouvrent.

Guérir la langue blessée, anémiée, en la rechargeant de significations hybrides, bizarres, barbares. En la revitalisant. En la réénergisant.

 

*

 

Nous sommes intoxiqués, c’est le moins que l’on puisse dire.

Quoi que l’on fasse, où que l’on aille. 

 

Pénétrant les opérations d’immunisations que nous opérons, la fureur capture sans phrase.  

 

 Les flux pathogènes nous traversent et nous usent.

Point de repos, point d’oasis ou d’île absolue.

 

*

 

Médias du monstrueux, nous sommes,

malgré nous,

les messages de l’urgence.

L’urgence impérieuse, avant tout, de ralentir, à même les flux de l’infinie mobilisation. 

Accueil, écho et rayonnement ambigu.

 

*

 

Loin des sourds coursiers de l’absolu. Simplement de ces êtres, ayant aux oreilles les détonations de ce temps.

L’étonnement se fait effroi, et chaleur de l’existence.

 

*

 

Un autre usage de la pensée, appelant des gestes multipliés. Une pensée qui ne serait plus obsédée par la misérable spécificité, dignité ou supériorité qu’elle serait censée nous conférer, mais serait ouverte à la possibilité de rendre plus vaste le champ de l’expérience, à élargir les sympathies avec les autres êtres du monde.

 

 

*

Il est question du commun, du co-munis.

 

De la charge et de la décharge du « nous ».

 

Il est question du commun, au moment où la Terre et les mondes se trouvent exposés à un danger global : la communauté redevient envisageable d’une manière élargie.

 

C’est-à-dire en deçà de la seule et petite « humanité » que plusieurs siècles d’humanisme ont isolée, immunisée, mutilée, placée en position d’exception.

 

*

 

Un vocabulaire alors se cherche, de nouvelles narrations émergent. 

A l’aide d’accessoires mâchouillés et d’arguments indisciplinés.

 

 Nous ne pouvons plus nous réfugier dans un discours antédiluvien pour parler cette contemporaine légion aphone.

 

Cela peut agacer. Cela agacera. Nous ne pouvons faire autrement.

 

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