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 Article publié le 9 janvier 2006.

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Scène première

Fausto

Sur la muraille, la nuit. Une sentinelle : Fausto.

 

 

FAUSTO

 

 I

 

Mes poumons ! Je les hais, de rire

Pleins des froids brouillards automnaux

Par quoi détale le satyre.

Et seul j’arpente des créneaux

De pierres chaînées, tours très hautes

Dans mon crâne, fou par les fautes

Enfants, et par le repentir

Qui reparaît, fou d’en découdre

Avec le mal fané, la foudre

S’enracinant dans un soupir.

 

II

 

Au paratonnerre éclabousse

De feux vibrants, poitrine d’or !

Et cependant le cri s’émousse,

Éclat trembleur qui rompt le corps.

Le soleil en son anse couche

Proche qu’est la nuit, et la louche

Flamme qui s’éteint veille au soir,

À peine vue ! toute la force

Ancrée aux monts, creusant le torse

Rêveur qui verse dans le noir.

 

III

 

Gardien, je dors, ayant bu, l’âme

Rompue, membres brisés, gardien.

Et je couche auprès d’une femme

Interdite, et si douce. O bien

Des fois la femme se déchaîne,

Brise le vin, répand ma peine

Sur les dalles, d’un coup s’en va

Comme un jeu de l’esprit s’épanche.

Folle vision ! Gardien, la hanche

Sûre, le sein haut, ventre las.

 

IV

 

Flatte le ventre de ma cruche

O ma main, plutôt que d’armer

Le sommeil inquiet de la ruche.

Ma main, tu as le droit d’aimer

Le vin, les femmes et l’espace

Crevé, et la lune à la place

Du soleil. Bas salaire, o nuit !

Le vin a la couleur des pierres

Que j’entoure, mortier et lierres

S’étreignant comme ciel de lit.

 

V

 

Et je bois le vin que je paye,

Monologue morose, épars

Avec le peu de mots que veille

Ma conscience, comme les fards

De ta peau, traits, couleurs et taches,

Maigre trésor, trésor ! Tu caches

Le reste, et quel reste o amour !

Cœur sentinelle et la plus belle

Récompense me vient d’elle,

Charmeuse au sommet de mes tours.

 

VI

 

Je me penche, profonde terre,

Dans les profondeurs de la nuit.

Mes mains s’accrochent à la pierre

Et je ne vois pas, sombre puits

À mes pieds, loin de moi la source.

Sûr du contenu de ma bourse,

Je m’étire et m’aveugle, col

Tendu. Je mesure le vide

Réel dont je suis tant avide,

Moins toutefois que d’alcohol.

 

VII

 

Car toi, Alcool, Dieu d’étranges

Phénomènes dont je suis fou,

Quitte ou double reflet, toi l’ange

Ou le démon, dieu à tout coup,

Je te bois sans laisser de trace.

Ni vu, ni connu, pas de place

Pour le châtiment. Fou de Dieu

Que je suis, idole pansue !

Ce qui est bu est bu, foutue

Existence, amer repos, feu !

 

Il fait feu de son arme. Il s’affole.

 

VIII

 

J’ai tué un hibou ! l’alarme

J’ai donnée ! Je serais châtié !

Mais non. J’ai rêvé. C’est le charme

D’un incube ce soir. Allé

A la rencontre pour descendre

Aux enfers une fois, des cendres

Plein la bouche, et non pas le vin

Que je croyais boire sans peine.

J’ai tenu sa main dans la mienne.

Chaude, elle annonce le matin.

 

Entre Marie-Pipi la sorcière, belle et laide.

 

 

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