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Décider versus être décidé…
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 Article publié le 14 juillet 2013.

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Essai de déconstruction de la notion de décision

 

-1-

Agir. Décider d’agir : une dialectique : le temps vécu : le temps d’aimer, le temps de vivre, le travail.

A première vue, il se passe ceci : je décide d’agir, et puis j’agis.

J’agis et puis je prends de nouvelles décisions, en fonction des résultats obtenus. 

La vie est un continuum : les décisions que je prends à un moment donné de ma vie sont bien sûr précédées par des décisions et des actions antérieures.

Mes décisions actuelles sont prises et mes actions en cours sont menées en fonction de ma situation présente qui est la résultante d’actions et de décisions plus anciennes. 

Alors agir d’abord, décider ensuite ou bien décider d’abord et agir ensuite ?

La vie étant un continuum, ce sont les deux cas de figure qui se présentent en même temps : j’agis, après avoir décidé d’agir, mais aussi je décide d’agir en fonction d’actions antérieures.

 

-2-

 

On prend certaines décisions quand on est décidé…

C’est le seul moyen de rompre le cercle vicieux dialectique décrit plus haut.

En effet : agir, c’est toujours agir dans le sens de mes intérêts bien pesés ou alors c’est faire n’importe quoi.

Mais une action rationnelle pèse les moyens en vue de fins, qui, elles, débordent la pure rationalité : c’est ma vie entière qui est en jeu : je dois faire la part belle à mes émotions et à mes sentiments, sinon je me mutile.

Agir, décider, décider, agir… Ca tourne dans ma tête, et le vertige qui en résulte paralyse la pensée.

Il faut en finir avec cette dichotomie et cette alternative. Mais comment ?

A la base, il y a le problème de la valeur : à quoi est-ce que j’accorde le plus d’importance ?

On peut baser son action sur une hiérarchie des valeurs.

On se surprendra fréquemment à agir alors en désaccord avec notre système de valeurs.

Ce ne sont pas les valeurs qui doivent conduire l’action et inspirer les décisions…

Quoi donc, alors ?

La rationalité économique, la moralité et un système de valeurs : voilà ce dont tout le monde dispose pour décider et pour agir, sans pour autant que les actions et les décisions satisfassent pleinement, parce qu’elles peuvent être en désaccord avec nos valeurs, notre moralité ou même heurter la raison raisonnante.

Je puis décider de ce qui est important dans ma vie et ne pas agir en conséquence.

Décider de ce qui est important, ce n’est pas encore prendre des décisions qui engagent des actions.

Alors, en fonction de quoi agir ?

On ne décide quelque chose que lorsque l’on est décidé. Ni la rationalité, ni un système de valeurs, ni la moralité n’épuisent le champ des possibles.

Agir, c’est passer outre et faire fi de tous les arguments qui incitent à l’inaction. Il existe une multitude de raisons de « ne pas ».

A contrario, agir selon la moralité, la pure rationalité, en fonction d’une hiérarchie des valeurs, c’est restreindre le champ des possibles.

L’action est prise au piège de la décision quand celle-ci s’inspire d’autre chose que d’elle-même.

Les décisions, prises sous le coup d’actions antérieures, elles-mêmes prises en fonction de décisions inspirées par autre chose qu’elles-mêmes, ces décisions n’en sont pas : elles sont contraintes.

Décidément, on ne décide quelque chose que lorsque l’on est décidé.

 

La décision n’est décisive que si elle est décisoire : c’est la souveraineté.

La souveraine netteté qui en résulte équivaut à une soudaine netteté : les actions soudaines et les décisions mûrement réfléchies ne font plus qu’un, parce que c’est l’action qui est décisive.

On n’agit bien que lorsque l’on est décidé à agir. Action et décision ne font alors qu’un.

Pour être en mesure d’être décidé, il faut faire en sorte de ne pas être en mesure de décider.

Un choix s’impose. Et puis nous l’imposons.

Proposer, c’est disposer des possibles, à défaut d’en disposer : autrui est nécessaire à qui veut être décidé.

Ce qui s’impose à moi seul, je le propose à autrui qui en dispose à sa guise. Autrui peut décider d’en rester à la décision, peut décider de ne pas être décidé. C’est son choix qui s’impose à lui, qu’il me propose et dont à mon tour je dispose…

On ne décide d’agir que le jour où l’on est décidé

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