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Tentative de tirer le portrait de l'auteur en vieux chien
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 Article publié le 5 février 2013.

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Ce que je vois d’une voix rauque. Le crayon du chien promenant le ciel sur la ligne à déterminer en laisse. La plus courte est dit-on la meilleure. Elle est l’abandon qu’on tire à je continu ou discontinu à renifler les touches qui font le trottoir. Ce sont des signes au pied des murs. Absence taguée de mûriers qu’on entend rouge noir des saisons bien ou mal crayonnées par le chien corniaud d’un clavier. Ce que j’entends par là sourdement, je l’entends canne en main. Vous claironne que je sens et vois globuleusement et l’avale après l’avoir mâché sans son chien. Promenant ce gros animal de mon être qui lève la patte d’un sourd aboiement, s’écrase le tube d’où sortent les mots, demis mots, sans mots pas vraiment les dire choses. Et bien sûr inversement les arbres, fleurs, les décrire donc planter les choses pas. Ce que je sens d’un œil qui chantonne l’espace mince et tricote des pas de l’âne ânonne mot à mot l’asphalte entre les cuisses d’or de ces métamorphoses dans le caniveau. Folio foulé par vitres et rideaux. Levée d’urine entre les pattes du soleil tiré à quatre épingles d’un bleu sale et bleu entre couleur et dire entre les doigts motus. Rue plante avec faisceau, langue du blanc cassé clapote l’eau-béton de l’air, enté d’écorce rude noire haussée d’un diesel touche à tout. Ce je, promène le pas de l’âne d’un chien qui tire sur l’asphalte dit-on la plus courte et longue dans le temps d’un bleu sale bien sûr sous la langue. Si ça vous chante, clame ce silence bleu et le jet d’or du chien, entre Amour et Psyché d’avoir évoqué l’âne de la tentative, et range ses pinceaux dont la voix s’est cassée à force de mâcher les mots de ce bleu sale. Et ce rugueux béton et cette rude écorce et cette tentative. Arrête et cesse de tirer ciel dur et bleu et trop bleu sous la langue. Arrête donc de la tirer à toi et donc à dia, et laisse entendre ce qu’à voir l’odeur nous invitait lors du déclenchement des mots que l’on voulait entre la chose et nous mais qui est chose en nous et le mot de la chose nous. La chose étant plutôt advenue hic et nunc que peinte et chantée mâchée d’après nature, tirée par l’évocation de quelque scène entrevue vue ou dite par un tiers payant. Ce chien n’est pas un singe ni ce ciel ni l’âne. L’urine attestant le blanc cassé des murs claironnés de jaune par le beau soleil de cet asphalte bleu et surtout vocal et jusqu’au bout des doigts et que la laisse blesse et tire en haletant tirant langue pendue. Portrait de ce qui tire ici comme le comme d’écouter son œil aux articulations, qui ne sont plus des mots d’être des mots et non pas des instantanés de souvenirs mais bien cela à temps. Cela non pas rêvé, mais en moi continue, advient est dans les choses. Aveuglément crié d’urine au bord des murs l’odeur des mots à voix avec la consistance des choses des arbres à la si rude écorce de l’asphalte bleu, rehaussé d’un diesel. N’est pas, ne sont un singe, le ciel et le bleu ni moi ne suis un singe. Ce moi est le singe de moi et la laisse tirée par ma canne de mots tic tac dans les gamelles que je me ramasse du monde et en rêve et à temps. L’espace aussi de dire ce que ça nous dit de planter arbres, fleurs, murs et l’asphalte, ciel compissé par le mot giclé par son odeur dorée et son bruit blanc. Je dis que d’un soleil gicle chien et asphalte et tire sur la laisse pour compte de choses mêmes, là sur blanc. Là bleu babouin de cul à quoi ciel mal y pense. Et sur les murs, écrit, le scripteur est un âne en noir silence est d’or. Claironnant une odeur. Peignant un goût mâché de tire à l’arraché d’images faites mots. Le bleu tire et nous laisse la chose des mots avec le marque-page du monde en encart. Sons et odeurs. Le tout, couleurs mâchées gâchées et peau touchée touchante, asphalte, ciel dessous et crépité. Monsieur son chien s’appelle je aboyant, moi-tirant, a essayé disons tenté disons de lui tirer le sien peut-être le portrait.

 

Je pends comme la chauve-souris de mon propre " je "
V. Khlebnikov

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